ISBN : 2070368173
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 3.41/5 (sur 46 notes) Ajouter à mes livres
Au village de Claquebue naquit un jour une jument verte, non pas de ce vert pisseux qui accompagne la décrépitude chez les carnes de poil blanc, mais d'un joli vert de jade. En voyant apparaître la bête, Jules Haudouin n'en croyait pas ses yeux, ni les yeux de sa femme.... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 20 décembre 2007

    Woland
    "La Jument verte", qui consolida définitivement la réputation de Marcel Aymé lorsqu'elle sortit, en 1933, doit son titre à un tableau, fait d'après nature par le grand peintre Murdoire, de la jument à la robe verte née, au milieu du XIXème siècle, à la ferme Haudoin.
    De génération en génération, le tableau a abouti chez Ferdinand Haudoin, le second fils de Jules Haudoin, lequel le lui a légué pour équilibrer la part d'héritage qu'il lui laissait. Vétérinaire et petit-bourgeois, Ferdinand n'est pourtant pas à plaindre. Econome de ses pulsions sexuelles comme de son argent, il est, et de loin, le plus riche des trois frères Haudoin. Il a même racheté à son frère, Honoré, la ferme que lui avait laissée leur père.
    Comme il en a laissé la jouissance à Honoré et à sa famille, Ferdinand s'y rend régulièrement le dimanche, avec sa femme et ses trois enfants. Il faut dire que jamais il ne s'est désintéressé de son petit village natal de Claquebue où, en ce début de la IIIème République, les affrontements en cléricaux et anti-cléricaux battent leur plein.
    En principe, Ferdinand est républicain et anti-clérical. Mais pour complaire au député Valtier, dont il espère des merveilles pour la réussite de son aîné, Frédéric, il se met en tête de convaincre Honoré - authentique et farouche anti-clérical, celui-là - de favoriser l'élection à la mairie de Claquebue de leur veil ennemi familial : Zèphe Maloret, anti-républicain et clérical notoire.
    Hors de lui, Honoré se décide alors à expliquer à son cadet les raisons qui l'ont poussé à exacerber plus encore les antiques rancoeurs familiales - des raisons qui ne touchent pas moins qu'à l'honneur de leur propre mère, contrainte de céder à un soldat prussien du fait d'une dénonciation faite, au temps de la guerre de 1870, par Zèphe Maloret en personne.
    Ferdinand rentre chez lui, rongeant son frein et, après un vague débat intérieur, éprouve le besoin d'écrire à son aîné pour tenter une fois de plus, de le convaincre. Pour mieux appuyer sa thèse, ne voilà-t-il pas qu'il a l'idée d'évoquer dans sa lettre la tragique infortune de Mme Haudoin Mère ...
    ... et ne voilà-t-il pas que, suite à une distraction passagère du brave facteur Déodat, la lettre du vétérinaire disparaît mystérieusement ...
    Qui a bien pu s'en emparer ? Et dans quel but ? ...
    L'un des meilleurs textes de Marcel Aymé, fin, matois et supérieurement construit, à peine saupoudré çà et là d'une verve typiquement gauloise qui, à l'époque de la parution, dut en émoustiller plus d'un. Un roman chaleureux et bon enfant, où défilent des personnages truculents en diable et où s'affirme, une fois de plus, la confiance inébranlable - quoique parfois cynique - de l'écrivain en la nature humaine. ;o)
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    • Livres 4.00/5
    Par nastasiabuergo, le 09 mars 2012

    nastasiabuergo
    Si Marcel Aymé avait tenu la cadence qu'il donne à son livre dans les premières pages jusqu'au bout, il aurait sans conteste signé le plus pêchu et le plus sarcastique roman de la littérature française, dans la catégorie des tout grands, comme "Voyage au bout de la nuit". Mais, le léger fléchissement de la verve, me laisse un petit goût d'inachevé, un peu comme ces boxeurs qui gagnent aux points alors qu'on les sait capables d'un K.O. Il demeure un roman bien agréable à lire, souvent drôle, franchouillard, à la gouaille campagnarde, où l'auteur ne se prend pas au sérieux et exprime les refoulements de la libido de ses personnages à travers le regard d'une jument (déjà c'est fort), mais en plus verte (encore plus fort), de laquelle jument il ne reste plus qu'un portrait (là c'est le pompon) exécuté par un jeune artiste libidineux lui-aussi. L'orgueil, l'étiquette et les choix politiques sont passés au crible du désir sexuel par cette étonnante jument psychanalyste des mœurs sexuelles familiales. A priori, c'est surprenant, mais tout bien réfléchi, ce n'est peut-être pas si idiot. A vous de lire car ceci n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand chose.
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    • Livres 1.00/5
    Par coraline83100, le 11 juillet 2011

    coraline83100
    Chronique amoureuse et familiale, qui s'étend de la fin du 2nd empire à la période du boulangisme, entrecoupée des réflexions de la fameuse jument verte (élément fantastique qui met le réel en relief). La campagne et les moeurs rurales sont évoquées avec une gaillarde bonne humeur, simplicité et naturel.
    Les changements de focalisation sont prévenues par "Les propos de la jument", personnage intérieur à l'histoire qui nous rapporte des faits qu'elle seule a pu voir ! C'est dans ces passages que l'on trouve un bon nombre d'épisodes érotiques retraçant la façon dont la famille Haudouin faisait l'amour.
    Ces passages enlèvent un peu de son charme au livre.
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    • Livres 3.00/5
    Par Kroustik, le 26 janvier 2012

    Kroustik
    Un bon livre, original, à part, soit les m
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Citations et extraits

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  • Par marina53, le 22 mai 2012

    Il était à peine plus heureux avec ses enfants et, pour en garder trois, il avait fallu en faire six. Mais les enfants, c'était moins gênant. Il pleurait un bon coup le jour de l'enterrement, tordait son mouchoir en rentrant et le mettait sécher sur le fil. Dans le courant de l'année, à force de sauter sa femme, il arrivait toujours bien à lui en faire un autre. C'est ce qu'il y a de commode dans la question des enfants et, de ce côté-là, Haudoin ne se plaignait pas trop. Il avait trois garçons bien vifs et trois filles au cimetière, à peu près ce qu'il fallait.
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  • Par gill, le 21 février 2012

    Au village de Claquebue naquit un jour une jument verte, non pas de ce vert pisseux qui accompagne la décrépitude chez les carnes de poil blanc, mais d'un joli vert de jade. En voyant apparaître la bête, Jules Haudouin n'en croyait ni ses yeux ni les yeux de sa femme.
    - Ce n'est pas possible, disait-il, j'aurais trop de chance.
    Cultivateur et maquignon, Haudouin n'avait jamais été récompensé d'être rusé, menteur et grippe-sou. Ses vaches crevaient par deux à la fois, ses cochons par six, et son grain germait dans les sacs. Il était à peine plus heureux avec ses enfants et, pour en garder trois, il avait fallu en faire six. Mais les enfants, c'était moins gênant. Il pleurait un bon coup le jour de l'enterrement, tordait son mouchoir en rentrant et le mettait à sécher sur le fil. Dans le courant de l'année, à force de sauter sa femme, il arrivait toujours bien à lui en faire un autre....
    (premières lignes du premier chapitre)
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Générique du dessin animé "les contes du chat perché" datant des années 1990.








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