ISBN : 2253933473
Éditeur : Le Livre de Poche (2002)


Note moyenne : 4/5 (sur 9 notes) Ajouter à mes livres
Dans tous les domaines où prévalaient autrefois l'intelligence, le bon sens, l'esprit critique et constructeur, c'est par quelque singularité facilement accessible à la sensibilité bourgeoise qu'un homme se fait maintenant apprécier.
Dans son milieu, on ne juge p... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par BVIALLET, le 29 avril 2012

    BVIALLET
    Une suite d'entretiens philosophiques, un peu dans la tradition classique, sous la forme de dialogues (de sourds quelquefois...) entre l'auteur et un certain Monsieur Lepage, petit bourgeois borné et réactionnaire qui condamne avec la plus grande vigueur les dérives de la littérature et de la poésie moderne, toutes deux égarées dans les marécages du romantisme, du surréalisme, de l'existentialisme et de toutes sortes de perversions en isme. D'après lui, tout a commencé par les romantiques pour en arriver à sa bête noire, le grand pervertisseur, Charles Baudelaire et aller ensuite de mal en pis avec des auteurs comme Valéry, Gide ou les poètes hermétiques. Progressivement, le mal s'est étendu à la peinture avec Picasso et consorts puis à toutes les formes d'art avant de contaminer jusqu'à la substance même de la civilisation. Résultat : le bourgeois ne croit plus du tout en lui-même et en arrive à bêler à l'unisson de ses pires ennemis : les communistes.
    Un essai politico-socio-philosophique assez particulier marqué au coin du bon sens et dans lequel Marcel Aymé se garde bien de prendre parti. Mais c'est un esprit fin, roublard, un peu anar et un tantinet retors. Il profite de ces dialogues faussement socratiques pour asséner quelques vérités bien envoyées tout en montrant le ridicule d'une théorisation tranchée et même poussée jusqu'à l'absurde. Ecrit en 1949, ce texte assez court (150 pages) n'a pas pris une ride. La sottise et le pédantisme tiennent toujours le haut du pavé aujourd'hui...

    Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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    • Livres 3.00/5
    Par gill, le 22 février 2012

    gill
    Cet essai est un propos supposé entre l'auteur et Mr Lepage, un interlocuteur imaginaire quelque peu obtus et réactionnaire.
    Ces réflexions sur les milieux intellectuels, bourgeois et artistiques permettent à Marcel Aymé d'égratigner, avec un sourire souvent moqueur et parfois cruel, la société de son époque et, de considérer avec ironie les nantis et les bien-pensant.
    Cet ouvrage paru en 1949, n'a pas pris une ride et démontre, s'il le fallait, de la modernité de l'oeuvre de Marcel Aymé.
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Citations et extraits

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  • Par lanard, le 15 juillet 2010

    Page 117 :
    Autrefois, l’art était tout bonnement une façon de faire. Il y a un peu plus de trois cents ans que le mot a commencé à se draper dans un brouillard majestueux et par la suite, il s’est tellement sublimé qu’il est devenu je ne sais quelle angoisse cosmique. quel infini indivisible dont le principe imprégnerait certaines créations de l’homme. Tout ça me paraît fleurer la mysticité et ressemble fort à une invention de cuistres laïques en mal de religion. L’Art majuscule, prétexte à com­bien de doctrines, théories, invocations, prédica­tions, et qui a ses rites et ses augures, je lui trouve un air de famille avec le Bon Dieu. Et quant à l’art sans majuscule, quant à ce participe divin dont les initiés éprouvent si vivement la présence dans un poème ou dans un tableau, ne vous semble-t-il pas qu’il est au chef-d’œuvre ce qu’est l’âme à la chair d’un chrétien? Je vous dis que ce ne sont pas là des façons claires de parler. Quand on parle de l’Art, tout le monde se comprend et personne ne sait au juste de quoi il s’agit. Voilà bien le pire danger. Se comprendre à demi-mot entre initiés tout en ne comprenant rien, c’est, je crois, le véritable mal du siècle — un mal qui n’est peut-être pas particulier à la bourgeoisie, mais dont elle est tout de même seule à crever.
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  • Par gill, le 22 février 2012

    On devrait pouvoir dire à propos de la littérature ce que la déclaration des droits a dit de la liberté de l'individu. Quoi de plus simple et plus logique ?
    "La liberté de la littérature finit où commence celle des autres activités humaines."
    - Ce serait une définition bien vague, dis-je. Si la littérature devait s'insérer entre les autres activités humaines, j'ai idée qu'elle serait plutôt à l'étroit. Son rôle deviendrait bien effacé.
    - Pourquoi donc ? Elle serait l'huile qui graisserait les rouages de la machine sociale. Elle aurait là un rôle plus estimable, du reste beaucoup plus difficile à tenir, que celui de la nébuleuse divinité qu'elle s'est assignée depuis cent cinquante ans. Il y faudrait au moins autant de talent et de génie et, à coup sûr un sens plus profond et plus complet de l'humain..
    Je crois aussi que l'art n'aurait rien à y perdre. Mais je vous concède que ma définition n'est pas tout à fait au point. Disons plutôt : "la liberté de la littérature finit où commence celle des autres activités de l'esprit." Voilà qui n'est pas mal...
    (extrait du chapitre VII)
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  • Par BVIALLET, le 29 avril 2012

    Pourquoi diable, dans leurs assemblages invertébrés et insignifiants, croient-ils devoir supprimer les points et souvent jusqu'aux majuscules qui pourraient imposer à l'esprit du lecteur l'idée de pause, de respiration ? Ne savent-ils donc pas que la musique est d'abord ponctuation ? 
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  • Par BVIALLET, le 29 avril 2012

    Mais les riches sont souvent insatiables. Il ne leur suffit pas d'être installés dans leurs abus et d'en jouir avec lucidité. Il leur faut encore le frisson du pauvre. C'est un luxe qui finit par leur coûter cher et, en premier lieu, leur confort intellectuel. 
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  • Par BVIALLET, le 29 avril 2012

    Un être inouï, formidable, dira-t-on. « Vous savez qu'il joue de l'accordéon? » Et sur cela seulement qu'il joue de l'accordéon ou qu'il prend de la coco ou qu'il est inverti, on le tiendra pour un homme de génie.
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Vidéo de Marcel Aymé

Générique du dessin animé "les contes du chat perché" datant des années 1990.











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