ISBN : 2213607060
Éditeur : Fayard (2000)


Note moyenne : 4.25/5 (sur 24 notes) Ajouter à mes livres
Son nom est lié à la peine de mort. Robert Badinter, avocat, ministre de François Mitterrand et ultérieurement président du Conseil constitutionnel, a fait plier la Constitution. Pour que des cas comme ceux de Buffet et Bontems n'existent plus. ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 06 mai 2012

    lehane-fan
    Badinter – abolition de la peine de mort : un nom et un combat désormais indissociables , ancrés à jamais dans la mémoire collective .
    S'il fut toujours un abolitionniste convaincu , Robert Badinter jettera véritablement toutes ses forces dans la bataille fin 72 . Buffet – perpétuité pour assassinat - et Bontems – 20 ans de réclusion pour vol qualifié - , tous deux détenus à la centrale de Clairvaux , prirent en otage une infirmiere et un gardien dans le but d'obtenir une libération anticipée . Assaut des forces de l'ordre , Buffet décide , seul , d'égorger ses deux monnaies d'échange ! Bontems , bien que reconnu innocent de ces deux homicides volontaires , suivra cependant son compagnon d'infortune sur l'échafaud le 28 Novembre 72 , Pompidou ayant alors refusé de le gracier . Début des hostilités pour Badinter qui , durant 9 ans et fort de son indéracinable volonté , s'opposera victorieusement à la grande veuve au travers de procès en appel tous gagnés , commuant ainsi la peine de mort requise en détention à perpétuité . Un engagement personnel forçant le respect et l'admiration à une époque ou le pouvoir en place supportait docilement , faisant fi de sa propre conviction , une opinion publique farouchement opposée à sa disparition !
    Il aura donc fallu pres de deux siecles pour aboutir à la supplique du sieur le Peletier de Saint-Fargeau , premier requéreur en 1791 ! Deux siecles durant lesquels de grands noms se succédèrent , tous portés par une détermination et une ténacité sans failles . Lamartine , Jaurès , Briand , Hugo qui en 1848 proclamait : " L'abolition doit etre pure , simple et définitive "  . Autant d'illustres personnages qui , en leur temps , oeuvrerent inlassablement à la disparition de cette faiseuse de veuves . Un bouquin passionnant que je craignais , à tort , tres technique , et qui se lit pourtant d'une traite tant le propos et l'approche faite sont tout sauf rébarbatifs ! Badinter écrit juste , sans fioritures ni emphases , et vous convie talentueusement à devenir le spectateur privilégié d'un engagement , d'une époque . Les années 70 , Giscard est au pouvoir . Pourtant hostile à la peine capitale , il ne s'y opposera que tres rarement , préférant ceder à la vox populi plutot que de s'aliener ses potentiels électeurs à la veille d'un second mandat sollicité face à Mitterand en 81 . Ce dernier , totalement à contre-courant des sondages d'époque , affirmera son entiere et complete opposition à la peine capitale , allant meme jusqu'à promettre son abolition si d'aventure il était élu...Badinter deviendra l'avocat emblématique de procès aussi retentissants que symboliques comme le furent ceux de Christian Ranucci ( affaire du pull-over rouge ) et de Patrick Henry qui , au sortir d'une garde à vue , n'hésita pas à condamner mortellement les tueurs d'enfants . Vous avez dit cynique ? Autant d'affaires insupportables que Roger Gicquel résumera par cette phrase désormais devenue culte : "  La France a peur " . A noter que bon nombres d'opposants à la peine capitale furent également de droite , le cran d'assumer ses convictions personnelles n'étant l 'apanage d'aucun parti . Philippe Seguin monta courageusement au créneau , allant alors à l'encontre meme de sa propre famille politique . Un périple législatif mouvementé , harassant , fait de grands espoirs et assorti d'autant de tragiques désillusions jusqu'à cette date fatidique du 10 Septembre 1977 ou l'on fit monté une derniere fois un condamné sur l'échafaud . Il avait 31 ans , s'appelait Hamida Djandoubi et eut ce triste privilege...C'est le 30 Septembre 1981 , au terme d'une décénnie judiciaire incroyablement riche et agitée , que Badinter assista à l'adoption définitive de cette loi sur L'abolition tant désirée...
    Un livre essentiel pouvant fortement servir d'axe de réflexion dans certains pays tels que , allez , au hasard , La Chine , l'Iran , la Corée du Nord , et tant d'autres...
    L'abolition , un cours d'histoire magistral dispensé par l'un de ses acteurs incontournable ! Eeeet coupez !! Elle est bonne , on la garde...
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    Critique de qualité ? (30 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par fleurdusoleil, le 17 novembre 2011

    fleurdusoleil
    Robert Badinter, grand avocat et universitaire, s'engage dans un combat de grande ampleur en 1972, lorsqu'il se trouve face à ce qu'il appelle une grande injustice. le procès, tristement célèbre, de Claude Buffet et Roger Bontems ( prise d'otages à la maison centrale de Clairvaux qui se terminera par la mort d'un surveillant pénitentiaire et d'une infirmière de la croix rouge ) se conclura inévitablement par la condamnation à mort des deux accusés. Pourtant, dans cette affaire seul Buffet a fait couler le sang. Bontems n'est que complique. Mais la justice a tranché, ils ont commis l'irréparable ensemble, ils mourront de la même façon. Ça sent la chasse aux monstres ! Robert Badinter n' a pas su éviter la peine capitale à Bontems et se rend compte que ce châtiment est disproportionné et utilisé de manière aléatoire.
    Son destin est dorénavant tout tracé. Il va se battre contre un système jusqu'à présent inattaquable et va tout mettre en oeuvre pour rendre justice à l'Humanité. Il est intolérable, dans un pays civilisé, de surcroit vanté "Pays des droits de l'Homme", d'avoir encore recours à cette méthode de justice archaïque, barbare et injustifiable.
    Pendant près de dix ans sa vie va être une lutte de tous les jours, sur tous les fronts. Il va devenir pour les médias et le peuple "Monsieur Abolition". Il sera décrié, insulté, menacé, mais rien ne va empêcher ce grand défenseur de l'Humanité d'aller au bout de son combat.
    Son premier but, faire prendre conscience au peuple que de tuer un homme n'est pas rendre la justice. La mort d'un assassin n'amènera pas l'apaisement. Ces hommes et femmes ne sont pas des monstres, ils sont humains comme chacun et nous n'avons aucun droit de vie ou de mort sur nos semblables.
    Puis il s'attaque à la partie la plus épineuse, le gouvernement. de fausses promesses en rétractations, il se heurtera souvent à une politique qui ne veut surtout pas déplaire : jamais le bon moment, toujours des projets à réviser, à réétudier...
    Dans ce récit, c'est avec beaucoup d'humilité et d'émotion qu'il retrace son parcours. Il revient sur ses grandes victoires ( la première avancée fut de sauver la vie de Patrick Henri ), ses erreurs, ses déboires politiques ( qui furent nombreux ). Dans l'intimité de sa vie d'avocat, d'homme et de père, il explique ses profondes convictions. Il revient sur les rencontres décisives lui permettant de faire échos à ses idées.
    Sa force de conviction, son acharnement et sa ténacité porteront leurs fruits. En 1981, L'abolition de la peine de mort sera votée. Au revoir, Madame Guillotine !


    Lien : http://lacaveauxlivres.blogspot.com/2011/11/labolition-robert-badint..
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par pages-de-lecture, le 25 février 2010

    pages-de-lecture
    C'est un excellent récit écrit à posteriori, en 1999 par Badinter, l'auteur a donc un certain recul. J'ai aimé ce point de vue, la description de la lutte contre la peine de mort (que je n'ai pas vécue, étant née bien après L'abolition) par cet homme de conviction. C'est un livre très fort, j'ai adoré les descriptions des procès où se joue rééllement la vie d'homme. le contexte politique est pour chaque période bien retranscrit. J'avais vu le téléfilm, il y a environ un an, sur L'abolition c'est ce qui m'a donnée envie de lire ce livre et je ne regrette pas de l'avoir lu. le style est abordable et assez poignant. N'ayant pas connu ces années, j'ai été choquée par l'attachement de la société française ("l'opinion publique") à la peine de mort (la France était la seule nation européenne à conservé cette peine dans la législation pénale), je savais que la loi avait été votée, alors que l'opinion publique (qui s'exprime à travers de sondages) n'y était pas favorable mais je ne pensais pas que l'opposition était aussi forte. Je vous conseille ce livre.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Yuko, le 18 octobre 2011

    Yuko
    De l'avocat au Garde des Sceaux, Robert Badinter a toujours porté en lui d'intenses convictions abolitionnistes... Ayant par trop souvent eu à défendre la vie d'un homme des lames meurtrières de la guillotine, il a incarné toute sa vie, le difficile combat contre la peine de mort. Avocat convaincu et expérimenté, rongé par le remord d'avoir du faire face à la mort d'un homme qui n'a pas tué - Bontemps - puis habité par le feu de la défense pour Patrick Henry... L'homme politique, l'avocat, le citoyen se retrouvent ici réunis pour une seule et même cause : Parvenir à convaincre, défendre, militer, parfois contre l'opinion publique elle-même, du bien fondé de la vie... et de son impossible compatibilité avec cette machine destructrice qu'était la peine de mort avant 1981.
    Ce livre, d'une intensité narrative incroyable, aux mots vivants et à l'atmosphère forte, retrace le combat de cet homme, ardent défenseur des droits humains et de celui le plus inaliénable de tous : le droit à la vie !
    Un récit fort, vibrant et magnifique, écrit d'une main de maître et qui, 30 ans après L'abolition de la peine de mort en France, conserve toute sa dramatique actualité...

    Lien : http://art-enciel.over-blog.com/article-l-abolition-de-robert-badint..
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par PCousson, le 15 mai 2012

    PCousson
    Un livre très intéréssant , voir même plus , sur ce tournant de l' après 10 Mai 1981 . Mais surtout sur le parcour et sur l' implication de Mr Badinter dans de nombreux procés , et pas les moindres , gravés dans nos mémoires .
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Citations et extraits

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  • Par Yuko, le 18 octobre 2011

    Cette émergence-là, d'une passion qui n'avait pas sa place dans une enceinte parlementaire, donnait à mes paroles une tonalité singulière. Ce n'était pas un discours ministériel, tant s'en faut. Ce n'était pas non plus une plaidoirie, comme beaucoup le dirent qui ne m'avaient jamais entendu plaider. C'était pour moi une sorte d'ultime appel, au-delà de l'hémicycle, à libérer notre Justice de l'emprise de la mort.
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  • Par Yuko, le 18 octobre 2011

    "L'avocat ne mérite pas l'habit de lumière, disaît mon maître, enfant du Sud-Ouest et grand amateur de corridas (que je réprouvais pour ma part). Il est tout au plus bon à porter le deuil de son client. D'ailleurs, il est déjà prêt,dans sa robe noire !" Et il ajoutait en souriant de l'excès du propos : "Tandis que l'avocat général [Le procureur], lui, mérite bien sa robe rouge : elle est couleur de sang".
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Vidéo de Robert Badinter

Robert Badinter avocat, ancien Garde des Sceaux et sénateur socialiste des Hauts de Seine est l'invité de Patrick Cohen dans le 7/9 de France Inter (8h40 - 17 mai 2011).











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