Trente ans après l élection de Mitterrand et sa nomination à la Chancellerie, Robert Badinter évoque dans ce livre son activité place Vendôme. Nommé garde des Sceaux , il propose « au nom du gouvernement de la Répu... > voir plus
Ecrit par un lettré, ce livre de souvenirs et de mémoires décrit l'ambiance du premier septennat Mitterrand. La figure de R Badinter se construit progressivement, dans une forte conception de la justice comme un des pouvoirs de la Vè République.
Discret sur ses relations avec le Président, modeste, effacé , R Badinter redonne ses lettres de noblesse à l'engagement politique.
On aime moins les annexes
Dans un ouvrage de souvenirs d'une haute tenue intellectuelle, l'ancien garde des Sceaux nous propose de revivre son expérience ministérielle à travers les chantiers qu'il a menés, au-delà de l'emblématique abolition de la peine de mort
Puisque la preuve était établie que lorsque vacillait ou s'éteignait la flamme de la liberté, la France plongeait dans la honte ou la barbarie, je mesurais toute politique à cette aune.
Un cabinet ministériel, c'est une équipe de football. Soudée par l'amitié, consciente des enjeux collectifs, elle peut accomplir de grandes choses et marquer bien des buts. Qu'elle soit rongée par des rivalités personnelles, que le souci des carrières l'emporte sur l'esprit d'équipe, et son efficacité s'altère ou disparaît.
Je mesurai vite que dans la condition ministérielle je n'aimais guère que le pouvoir de décider, si souvent limité fût-il dans son exercice. Le propos de Mendès France : "Gouverner, c'est choisir", s'avère exact, même si la marge de choix est resserrée par des contraintes de tous ordres.
Certes, le président savait mon expérience politique limitée et, par quelque remarque ironique, exprimait volontiers ses doutes sur mon habileté. Mais, au-delà de tout rapport d'amitié, je bénéficiais d'un double crédit : j'étais travailleur et secret, vertus cardinales à ses yeux.
La grandeur et l'influence de la France sont pour moi à la mesure de son rôle au service des libertés. Qu'elles brillent chez elle d'un éclat sans pareil, alors son influence dans le monde se révèle supérieure à sa puissance réelle.
Robert Badinter avocat, ancien Garde des Sceaux et sénateur socialiste des Hauts de Seine est l'invité de Patrick Cohen dans le 7/9 de France Inter (8h40 - 17 mai 2011).