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ISBN : 2757828088
Éditeur : Points (2012)


Note moyenne : 3.81/5 (sur 16 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"Le sujet de ce livre est la France.
Le but est de comprendre ce que ce mot désigne aujourd'hui et s'il est juste qu'il désigne quelque chose qui, par définition, n'existerait pas ailleurs." Ainsi commence "Le Dépaysement". Mais pour répondre à cette question, à ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (4)

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    • Livres 4.00/5
    Par brigetoun, le 13 décembre 2011

    brigetoun
    Voir les endroits dévitalisés, ne pas laisser venir la nostalgie repliée, la cocarde, le nationalisme, l'imagerie touristique, mais chercher ce qui fait qu'un paysage, que des mots, qu'une évocation nous donne le sentiment d'être français, sans aucune fermeture, comme une petite note perçue, dans son cas, comme souvent, lorsque l'on est plongé dans une ville étrangère.
    Texte fait de voyages et rencontres motivés par l'écriture de ce livre, et de la reprise d'articles, livrets pré-existants.
    Texte qui n'évite pas les lieux emblématiques mais sans en faire marquage. Texte circulant comme au hasard à travers le territoire, cherchant ou trouvant sans le chercher le tissage, les correspondances, les noeuds. Texte guidé aussi par les rivières, par amour pour elles, et pour cr qu'elles sont : circulation, fluidité des passages.
    Langue nourrie de classicisme et qui sait se faire d'un lyrisme tranquille. Une promenade intelligente. Des notations salubres, un refus de ce qui s'oppose à ce sentiment d'être français : l'affichage d'une identité française, figée, excluante.
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    • Livres 2.00/5
    Par BVIALLET, le 19 avril 2012

    BVIALLET
    « Le dépaysement », sous-titré « Voyages en France », n'est en aucun cas un guide touristique ni même le récit du périple personnel d'un voyageur attaché à rencontrer lieux, monuments et habitants. Reste à définir ce qu'il est et là ce n'est pas si facile. L'auteur lui-même, semble ne pas trop savoir où il voulait en venir. Les lieux choisis arbitrairement sont pour la plupart improbables et assez peu « touristiques » : Culoz, Varennes, Barr, Salins, Font de Gaume ou Origny Saint Benoît. Mais pas uniquement, car l'auteur s'intéresse également à des sites classés et reconnus comme Fontainebleau, le Pont du Gard ou des villes aussi importantes que Bordeaux, Toulouse, Nîmes ou Paris. Mais s'il s'intéresse à ces lieux, c'est toujours pour les présenter par leurs côtés les plus insolites ou les plus improbables : une fabrique de filets et de pièges à Bordeaux, une passe à poisson à Toulouse, la cité universitaire de Paris, les jardins ouvriers de Saint-Etienne ou le familistère de Guise (un des chapitres les plus intéressants d'ailleurs). L'ennui c'est que l'ensemble donne une impression de complet fouillis. Un micro-évènement historique succède à une description géographique, à des considérations sur les Eduens, à une méditation sur la poésie de Rimbaud ou à une analyse des paysages peints par Courbet.
    On ne contestera ni l'érudition ni le travail de recherche de l'auteur, respectable universitaire, mais on lui reprochera un style qui se veut élégant, précieux et ciselé et qui n'est malheureusement que pédant, tarabiscoté et amphigourique au point qu'il faille relire souvent deux fois certaines phrases pour vaguement comprendre la pensée de l'écrivain. « Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire en viennent aisément » ! Et là ce n'est pas le cas, d'où une impression d'ennui qui saisit très vite le lecteur. Et comme si cela ne suffisait pas, le texte est truffé de mots anglais non traduits (downtown, skyline, nextdoor et j'en passe) et de toutes sortes de vocables pompeux ou sophistiqués (certains sont d'ailleurs des néologismes particulièrement barbares) comme individuation, photonique, obituaire, délinéation, serlienne, prépanoptique, figural, muséal ou véridicité. Un jargon universitaire qui est loin d'être un plus. Ah ! Avec Bailly, comme on est loin des récits de voyage des grands de la littérature (Stendhal, Stevenson, Chateaubriand ou Nerval) et comme ce monsieur nous les fait regretter ! Un livre à éviter ne serait-ce que parce qu'il ne donne à personne l'envie de visiter notre beau pays.

    Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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    • Livres 5.00/5
    Par brusc, le 28 octobre 2011

    brusc
    C'est par hasard, sur le site Mediapart, que j'ai découvert ce livre et cet auteur. Écrivain, poète, enseignant à l'école de paysage de Blois, Jean-Christophe Bailly s'intéresse aux liens qui se nouent entre les lieux et les hommes, les décrypte sans toujours vouloir apporter toutes les réponses. Dans "Le Dépaysement : Voyages en France", il nous propose un périple "ordinaire" à l'intérieur de nos frontières dans des lieux banals ou chargés d'histoire et de symboles. de Gentilly à la Cité universitaire, du Pont du Gard à Nîmes en passant par Guise et son phalanstère jusqu'aux sources de la Loue peintes par Gustave Courbet .... que disent les lieux que nous aimons ou qui nous indiffèrent, de notre identité, de notre individualité ? Qu'en est-il des passages d'un univers à l'autre, des frontières ? Que disent les mots, comment faire une approche sensible de ces références géographiques et humaines ? La lecture de cet ouvrage est à la fois prenante et exigeante. J.C. Bailly aime les mots précieux, les références subtiles, les relations incertaines. Ce livre est d'abord un questionnement. C'est ce qui en fait toute la richesse.
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    • Livres 1.00/5
    Par les-bibliotheques-valentinoises, le 03 mai 2012

    les-bibliotheques-valentinoises
    Par la compilation de souvenirs de voyages en France, Jean-Christophe Bailly cherche à définir ce qu'est la France. A chaque lieu visité correspond un texte. le tout crée un ensemble décousu, où Jean-Christophe Bailly accumule les poncifs. Sauf si vous connaissez une maison ou une rue décrite vous serez intéressé par quelques pages de ce livre, sinon le reste est d'un ennui mortel !
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Critiques presse (3)


  • LaViedesIdees , le 20 février 2012
    Dans un livre inclassable, poétique et politique, Jean-Christophe Bailly interroge l’identité de la France par le voyage.
    Lire la critique sur le site : LaViedesIdees
  • Telerama , le 27 juillet 2011
    Inlassablement, Bailly laboure les pays et les gens. Ses Voyages en France sont les carnets d'un voyageur en liberté, d'une curiosité insatiable et contagieuse. On se laisse guider avec bonheur.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • Bibliobs , le 30 juin 2011
    Pendant plus de trois ans, Bailly a voyagé au fil des noms de lieux, de villes ou de rivières. Il procède dans son livre à la façon d'un peintre, par petites touches précises. Il regarde un motif et, de là, dévide une pelote de signes, de visages et d'histoires.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs

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Citations et extraits

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  • Par BVIALLET, le 19 avril 2012

    La petite Istambul côtoyée par des Serbes, les boutiques de confection sépharades succédant dans la rue du Château d'eau à la double haie bruyante et joyeuse des salons de coiffure blacks (où toujours, autour des clients et de ceux qui en effet les coiffent toute une foule de village s'amoncelle palabrante) encadrant elle-même jusqu'à hier un pâtissier au millefeuille renommé qui vient d'être remplacé par un spécialiste des macarons, des Chinois bien sûr en nombre et des Pakistanais, l'entier couloir de restaurants indiens du passage Brady avec Ganesh dans tous ses états, le fond maghrébin présent comme partout avec une forte marque kabyle voire chleuh, j'en oublie forcément, les Portugais par exemple, monde ou mondes auxquels il convient d'ajouter bien sûr les Français, présents tout autrement que comme un reste et représentés d'abord, du côté des boutiques, par une importante délégation auvergnate mais, du côté des passants que l'on croise, venant pour une part du peuple et pour l'autre de la petite bourgeoisie jeune et branchée (dans une proportion toutefois insuffisante pour affecter profondément la vie du quartier), plus des indépendants, peu assignables à telle catégorie, telle est la composition, extraordinairement mouvante, des environs des portes Saint-Martin et Saint-Denis où tout le monde ignore superbement la grande inscription LUDOVICO MAGNO pourtant repassée à l'or, et où personne ne se soucie du fait que juste sous la porte Saint-Denis, à l'entrée du faubourg, le Petit Pot Saint-Denis eut autrefois pour client régulier Gérard de Nerval qui venait y boire de l'alcool de poire. 
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  • Par brigetoun, le 13 décembre 2011

    Comme à chaque fois que l'on entre sur ce terrain, la menace du voeu pieux se fait sentir et serre de près les phrases comme une mendiante, mais ce que je veux dire, à la fin de ce livre, est simple : c'est qu'il faut sortir l'identité du carcan du national (et de tous les autres carcans, à commencer par ceux des religions) et en faire le principe actif d'un passage disséminé, qui serait celui d'une république à venir. C'est à ce prix seulement, dans l'espace d'une redistribution simple et audacieuse, que la valence nationale (que l'on pourrait définir comme un accord entre les êtres et leur monde) pourra se retrouver, non comme une citadelle ouvrant ses portes à quelques élus, mais comme une aire d'expérimentations
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  • Par valetudinaire, le 20 février 2012

    quelqu'un, presque un enfant encore, là-bas derrière une lampe, et peut-être qu'il lit ou écrit, il n'y a en lui et autour de lui aucun bruit, il fait tomber des pierres dans son silence, il est à lui-même son propre puits, il se déchire tout entier, il n'est plus là, il ne reste, impénétrablement, que sa mémoire.

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  • Par brigetoun, le 13 décembre 2011

    C'est pourquoi, sans doute, j'ai amené la République. À priori on serait en droit de se demander ce qu'elle vient faire là, et pourtant je pense qu'il est requis de la nommer, dans la mesure même où son idée (contiguë à celle de nationalité telle que l'avance Hugo) est celle d'une immense tolérance, d'une immense capacité de liaison, celle d'une fédération des disparités – tout ce qu'elle modère ou régule dans les pulsions centrifuges se retrouvant exalté dans une ardeur centrale conçue comme un foyer. Or, on le voit bien, de cette République-là, qui est celle d'une fondation, rien ne reste qui soit vraiment vivant.
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  • Par brigetoun, le 13 décembre 2011

    Les jardins ouvriers, quel que soit leur mode associatif, ne relèvent pas du régime de la propriété privée – et c'est cela que d'emblée ils rendent visible, c'est cela que l'on ressent, confusément, quand on les longe, et qui se précise quand on s'y promène. Et s'ils ont quelque chose d'un fragment discret d'une utopie, ce n'est pas seulement pour cette raison, c'est aussi parce qu'ils ajointent souplement à cette élision de la propriété privée la sensation – et les gestes concrets – d'une appropriation. Chacun est chez soi dans ce qui pourtant n'est pas à lui, et cela n'a rien à voir, même s'il y a une ressemblance dans le statut, avec la simple location.
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