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Henrý Kiljan Albansson (Traducteur)
ISBN : 2847201254
Éditeur : Gaïa (2008)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 90 notes)
Résumé :
Roman également connu sous le titre : Karitas, sans titre.
Au début du XXe siècle en Islande, Karitas, jeune femme issue d'une famille modeste, jure qu'elle sera seule maîtresse de son destin. Vouée à saler le poisson comme ses sœurs, elle rêve de changer de vie et de devenir peintre. Entre ses espoirs et la dure réalité de la vie, Karitas s'acharne et construit sa vie, laissant vibrer les premiers cris féministes dans un pays où la tradition est un manif... >Voir plus
Critiques, Analyses & Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
sandrine5724 juillet 2014
  • Livres 5.00/5
Islande, début du XXè siècle. Steinunn, veuve d'un pêcheur disparu en mer, décide de quitter l'Ouest isolé de l'île pour permettre à ses six enfants de faire des études en ville. La famille part donc pour le Nord et, après un très long voyage, s'installe à Akureyri pour une nouvelle vie. Olafur et Pall, les deux aînés, vont à l'école, la mère, Halldora et Bjarghildur découpent et salent le hareng sur le port et Karitas s'occupent des repas, du linge et de Pétur le benjamin. L'idée de Steinunn est de mettre le plus d'argent possible de côté afin que ses enfants, chacun à leur tour, puissent bénéficier d'une instruction. Tous vont donc suivre leur voie grâce à l'argent gagnée par la famille, tous sauf Karitas qui, elle, va bénéficier de l'aide d'une bourgeoise de la ville. Car depuis que son père lui a offert un carnet de croquis quand elle était petite, Karitas dessine et se rêve peintre. La dame, peintre elle-même, a repéré son talent et lui offre de passer cinq ans à l'Académie des Beaux-Arts de Copenhague. Quand fraîchement diplômée elle revient en Islande, Karitas n'a d'autre choix que de se joindre aux travailleuses du hareng. C'est là que sa route croise celle de Sigmar, l'homme le plus beau du pays...

Karitas, magnifique saga islandaise, est le roman de femmes fortes qui en ce début du XXè siècle aspirent à un autre destin que celui de leurs ancêtres. Steinunn, d'abord, qui veut offrir à ses enfants la chance de s'instruire, et pas seulement les garçons, ses trois filles aussi feront des études. L'Islande vient d'accorder le droit de vote aux femmes de plus de 40 ans et Steinunn voit là un avenir glorieux possible avec des femmes médecins, et pourquoi pas parlementaires. Et puis il y a les soeurs, avec leurs caractères bien trempés, leurs désirs, leurs volontés. Parmi elle, Karitas, l'héroïne lumineuse du roman. Habitée par sa passion, elle pense peinture, elle respire peinture, elle vit peinture. L'art est en elle, c'est un don mais aussi une croix à porter car l'art dévore tout et s'accommode difficilement des contingences de la vie quotidienne, surtout celle d'une femme, d'une mère de famille. Mais pour Karistas, il n'est pas question de renoncer et c'est cette volonté de fer, cet amour dévorant pour son art, cette passion proche de la folie qui font d'elle une femme exceptionnelle, une pionnière dans un monde fermé qui accepte difficilement le talent féminin, et dans une société de rudes travailleurs qui voient d'un mauvais oeil ce qui est considéré comme une perte de temps. D'autant que Karitas se tourne vers l'art abstrait. Alors peindre oui, mais des portraits, des paysages et certainement pas ces formes qui ne ressemblent à rien, et surtout peindre quand on a le temps, c'est-à-dire quand il ne faut pas pour cela négliger l'essentiel : les enfants, les conserves à préparer pour l'hiver, les draps à blanchir, les murs à lessiver...
L'histoire de cette famille itinérante et de cette artiste flamboyante est aussi l'histoire du pays qui est magnifiquement décrit par Kristin Marja BARDULSDOTTIR qui sait comme personne décrire la mer, les montagnes, les fjords et n'oublie pas d'ancrer son histoire dans les traditionnelles sagas scandinaves où trolls, fées et mauvais génies tentent de déstabiliser des héros forts et courageux.
Une lecture enrichissante et passionnante, un coup de coeur.
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nadejda
nadejda12 août 2012
  • Livres 5.00/5
«Karitas sans titre» est habité par de belles femmes fortes, courageuses qui luttent pour s'en sortir et doivent s'entraider car la vie est rude sur cette terre sauvage d'Islande où il n'est pas rare de rencontrer encore des elfes et des trolls. Elles y sont pour la plupart, seules, restées veuves ou parce que les hommes doivent s'absenter durant de longues périodes lors des campagnes de pêche.
Encore enfant Karitas est encouragée à dessiner par son père qui reconnait chez sa fille un don que lui-même possède et lui offre un cahier de croquis. Son père aurait pu la guider, lui qui dessinait si bien, mais il partit un matin et ne revint pas le soir. Il fait partie de ces «beaux et jeunes pères qui partent à la rame avant le lever du soleil, pleins d'optimisme, et qui ne rentrent pas à son coucher comme ils l'avaient promis» emportés par la mer.
Nous sommes en 1915 et l'émancipation des femmes est dans l'air du temps (le droit de vote leur a été accordé depuis peu au Danemark et en Islande) . La mère, Steinunn décide de partir dans le Nord, à Akureyri pour que tous ses enfants, sans exception, reçoivent une éducation et sachent lire et écrire. C'est un véritable défi que lance cette femme qui élève seule ses six enfants : Trois garçons, Olafur, Pall et Pétur et trois filles, Halldora, Bjargildur et Karitas.
Elle va se battre et les entraîner à tous se battre pour survivre en travaillant dur. Leur vie tourne autour du salage de harengs seul travail disponible qui permet à toutes de s'en sortir auquel s'ajoutent tricot et couture et tous les travaux domestiques.
p 82 «Nous nous serrons les coudes, dit lentement Steinunn en appuyant sur ses mots... et souvenez-vous toujours de vous soutenir les uns les autres dans la bataille de la vie, c'est notre devoir de nous entraider, c'est ainsi qu'ont prospéré les familles en Islande et c'est pourquoi la nature n'a pu venir à bout de nous. Nous luttons, nous les Islandais, nous luttons.»
Karitas va se démarquer de ses frères et soeurs et croire pouvoir réaliser son rêve, puisqu'un heureux hasard lui permettra d'être soutenue pour aller suivre les cours de l'Académie Royale des Beaux-Arts de Copenhague. Mais le chemin ne sera pas facile pour elle malgré ce début prometteur. La route sera longue avant qu'elle ne parvienne à se consacrer totalement à sa vie d'artiste qui reste exceptionnelle pour une femme à cette époque, elle rencontre de l'incompréhension et choque encore...
"Tu partiras vers l'art. Il t'a appelée. Ce sera un long voyage et sur ta route se trouveront trolls et embûches. Et lorsqu'enfin tu atteindras la montagne bleutée qui s'élève, magnifique au milieu des autres massifs bleu-noir, tout se refermera derrière toi et tu seras prisonnière à vie. Mais cette captivité t'apportera souvent plus de bonheur que la liberté." p 116
Beau livre où s'intercalent dans le récit des dessins et tableaux de Karitas, cités et traduits en mots qui font de ce livre une galerie évocatrice de son parcours et montre de quoi sont fait ses exercices, scènes ou objets familiers, portraits de proches liés à des moments pleins d'émotions.
J'espère rapidement pouvoir lire la suite annoncée dans un passage de ce volume où Sigmar, son mari, demande à Karitas «... que cherches-tu ?»

Elle lui répond «Je recherche le chaos .... le chaos arrive, il est tout au fond de moi, il viendra lorsque j'aurai pu peindre longtemps en étant seule avec moi-même.» p 248
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Moan
Moan22 avril 2013
  • Livres 5.00/5
Ouvrir ce livre, c'est partir pour l'Islande au début du XXème siècle et suivre Karitas, la narratrice, troisième fille de la famille.
Par tableaux successifs, elle nous parle de sa famille :
Sa mère veuve avec six enfants qui quitte l'Ouest de l'île pour le Nord afin de permettre à ses enfants de faire des études.
Arrivée dans le Nord à Akureyri, après avoir fait pratiquement le tour de l'île en bateau, toute la famille devra travailler dur à la préparation et à la salaison du poisson quand les bateaux arrivent de la pêche, à l'entretien de la maison qui n'a ni eau, ni électricité ou encore comme employée dans les maisons bourgeoises.
Karitas fera une rencontre qui lui permettra de partir cinq ans à Copenhague à l'Académie de Beaux arts...
Cette saga familiale, au rythme soutenu, parle de femmes très fortes , de paysages magnifiques. C'est un régal, je ne me suis pas ennuyé une seconde.
Et , je ne résiste pas , je vais aller demain à la librairie chercher le second tome !!!
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spleen
spleen31 décembre 2013
  • Livres 4.00/5
Encore un auteur islandais, décidément ce petit pays est riche en bons écrivains.
Est-ce la vie difficile avec ce climat qui pour moi est si hostile qui les inspire autant ou une certaine qualité dans les relations avec l'art, la poésie ou la littérature que l'on peut imaginer comme une échappatoire vers des cieux plus cléments?
En tout cas dans les romans que j'ai déjà lus, il est toujours question de livres et de poèmes et avec ce nouveau roman de peinture et tableaux.
Cette fois, ce ne sont plus les marins ou les bergers qui sont au devant de la scène mais Karitas, jeune fille puis jeune femme .
Fille de marin et femme de marin, le destin de Karitas n'est guère plus enviable que celui des hommes mais grâce à la volonté farouche de sa mère de donner à ses enfants un autre avenir que celui tracé par les habitudes et leur condition sociale , la mer ou la terre, Karitas part en Norvège à l'académie Royale des Beaux Arts.
C'est sans compter, lors de son retour en Islande alors qu'elle rêve d'une carrière de peintre moderne, les préjugés de l'époque, nous sommes dans les années 1920, où la peinture est considérée comme un loisir pour gens fortunés et l'autorité de son mari qu'il n'entend pas être contestée par une femme , puis l'arrivée des enfants incompatibles avec une vie d'artiste.
Trolls et revenants hantent ses nuits à la lisière de la folie mais le monde des femmes est fort, solidaire et il y a de belles descriptions de ces islandaises au caractère farouche comme leur pays, à l'âme sauvage comme les magnifiques paysages.
Libres dans leur tête si elles ne le sont pas pour les autres ...
Jolies pages entre les chapitres où sont esquissés les dessins de Karitas et où se surprend à les crayonner aussi dans sa tête !
Un roman envoutant...
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dedanso
dedanso14 janvier 2016
  • Livres 4.00/5
Voilà typiquement le genre de livre que je n'aurais jamais acheté par moi-même. Et j'aurais eu bien tort... Je remercie donc Marjorie d'Exploratology et indirectement Mladoria sans qui je n'aurais pas connu ce concept de livre-box.
Karitas est d'abord un livre sur la condition de la femme au début du XXème siècle. Celle-ci doit s'occuper de tenir la maison (ménage, linge, cuisine, préparation des denrées pour l'hiver) et d'élever les (nombreux) enfants. Les hommes peuvent éventuellement bénéficier d'une certaine éducation, mais pour ce qui est des femmes, cela est beaucoup plus rare. Dans le meilleur des cas, elles intègrent l'école de sage-femmes ou le collège d'enseignements ménagers... Alors c'est pour vous dire que notre pauvre Karitas, passionnée de peinture, était mal partie !
Karitas, c'est la beauté sauvage de l'Islande. La nature y étant peu clémente à cette époque, la vie des femmes, et des Hommes en général, n'est guère facilitée. C'est une nature époustouflante qui m'a été donnée à lire, toujours belle, parfois hostile. Une nature encore sauvage, indomptée (le passage de l'ascension du glacier est magnifique).
Karitas, c'est aussi une oeuvre sur la famille. La vie de celles-ci s'articule autour des saisons de pêche et du salage du hareng. Les femmes d'un côté, les hommes de l'autre. Les chambres communes, le soutien des femmes les unes envers les autres, les mises en nourrice fréquentes, le froid et les longues nuits qui resserrent encore un peu plus les liens entre les familles... Mais cela n'empêche pas les rivalités, la plus flagrante étant celle qui unit Karitas à sa soeur Bjarghildur.
Enfin, Karitas c'est aussi (et surtout) un questionnement sur la relation de l'artiste à son art. Autant vous dire qu'en 1930 en Islande, la peinture n'était pas considérée comme un métier, ni même comme un passe-temps convenable pour une femme. Et l'on suit donc le cheminement de Karitas en se demandant sans cesse si elle va réussir à vivre de sa passion pour l'art ou bien si sa vie familiale et le poids des convenances prendront finalement le dessus. L'esquisse d'un rêve étant le 1er tome d'un diptyque, nous restons un peu sur notre faim...
Je ne peux terminer cette critique déjà longue sans évoquer la dimension fantastique que l'auteur donne parfois à son récit. Il ne s'agit que de petites touches parsemées dans le texte mais qui participent activement à l'image que l'on se fait de l'Islande d'alors, un paradis sauvage dans lequel de méchantes fées se révèlent parfois à l'Homme.
Je dois également saluer la forme de ce roman qui alterne les très courts chapitres racontés à la 1ère personne (qui sont plutôt la description d'un moment et d'une situation précis ayant inspirés une oeuvre de Karitas) et ceux qui sont racontés d'un point de vue omniscient.
La lecture est parfois ardue à cause des noms propres islandais et du fait que l'auteure intègre du discours direct à même le texte, sans rien pour préparer le lecteur : "Je rentrerai à l'école secondaire le printemps prochain, fit le fraîchement confirmé d'une voix inhabituellement basse. Eh bien. Tous à l'école. Sûr que je pourrai donner de bonnes nouvelles de vous lorsque je serai rentré dans l'Ouest. Steinunn pénétra dans la pièce avec une lueur de victoire dans les yeux."
Je vais arrêter là, en espérant que quelques uns d'entre vous auront réussi à me suivre jusqu'ici. Vous aurez alors compris que cette oeuvre étonnante, toute nouvelle pour moi, a été une lecture passionnante !
Challenge ABC 2015/2016
Challenge Multi défis 2016
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Citations & extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda13 août 2012
Linge étendu au lever du soleil, 1924 huile sur toile



Le soleil émerge de la mer.

La surface de l'océan est rouge acajou.

Le ciel violet foncé.

Les deux couleurs s'illuminent, si lentement que nous ne le percevons pas, mais nous sentons combien notre esprit devient de plus en plus clair à chaque minute, jusqu'à ce qu'il nous abandonne, aspiré par un rayon qui s'est formé sur la mer étale, se précipite à une vitesse vertigineuse dans cette boule d'or rouge en fusion.

Le bonheur emplit nos coeurs.

(...) Le matin est doux et délicieux.

Puis le soleil se lève, majestueux, comme un prince de conte de fées qui s'éveille d'un enchantement.

Le fjord et les montagnes deviennent des pierres précieuses.

Nous sommes comme hypnotisés, osons à peine respirer tant que se déroule ce somptueux spectacle de création du monde.

Enfin je bouge la tête, regarde la campagne vers l'intérieur du fjord, vois la citadelle des elfes flamboyer, notre maison orange près de l'estuaire et mon linge sur les fils, jaune doré et enjoué.
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dedansodedanso03 janvier 2016
Nous nous serrons les coudes, dit lentement Steinunn en appuyant sur ses mots lorsque la photographie eut été encadrée et accrochée au mur, et souvenez-vous toujours de vous soutenir les uns les autres dans la bataille de la vie, c'est notre devoir de nous entraider, c'est ainsi qu'ont prospéré les familles en Islande et c'est pourquoi la nature n'a pas pu venir à bout de nous. Nous luttons, nous, les Islandais, nous luttons.
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mesrivesmesrives25 janvier 2016
La matinée est bien avancée. La lumière ensommeillée se glisse par la fenêtre à l'est, paresseuse au plus sombre de l'obscurité hivernale. Je suis seule dans la petite chambre. Ecoute, n'entends rien d'autre que les cris des oiseaux de mer. J'ai le sentiment d'être abandonnée. Me lève en sursaut, me précipite en chemise de nuit dans la cour herbeuse. L'océan s'ouvre devant moi aussi loin que porte le regard.
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litolfflitolff03 décembre 2010
Tu partiras vers l'art. Il t'a appelée. Ce sera un long voyage, et sur ta route se trouveront trolls et embûches. Et lorsqu'enfin tu atteindras la montagne bleutée qui s'élève, magnifique, au milieu des autres massifs bleu-noir, tout se refermera derrière toi et tu seras prisonnière à vie. Mais cette captivité t'apportera souvent plus de bonheur que la liberté.
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GODINHOGODINHO02 février 2015
" La matinée est bien avancée, la lumière ensommeillée se glisse par la fenêtre à l'Est paresseuse au plus sombre de l'obscurité hivernal. Je suis seule dans la petite chambre. Ecoute, n'entends rien d'autre que les cris des oiseaux de mer. J'ai le sentiment d'être abandonnée. Me lève en sursaut, me précipite en chemine de nuit dans la cour herbeuse . L'océan s'ouvre devant moi aussi loin que porte le regard "
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