La réunion de ces textes et interviews en un petit volume permet de s'interroger de manière plus théorique que lors des riches débats que nous avons eu lors de la campagne référendair sur la ”constitution européenne”.
Pour
Etienne Balibar, la condition sine qua non d'une Europe politique sera « d'être en pratique une construction institutionnelle plus démocratique que ne l'ont été les nations dont elle est issue au point maximum de leur développement, et non pas moins ». « Il n'y a rien de nécessaire à ce qu'existe un jour une citoyenneté transnationale, en revanche il est nécessaire qu'une telle citoyenneté représente un progrès démocratique dans des domaines fondamentaux : la reconnaissance des droits sociaux, la participation aux affaires publiques et les possibilités de contrôle du pouvoir politique, etc. C'est la condition pour que les institutions supranationales apparaissent acceptables, et même désirables, à la population, c'est à dire à la masse des citoyens »
Cela implique de se poser la question de savoir ce qu'est une constitution et de rouvrir le problème de l'acte constituant en innovant dans l'histoire de l'idée même de constitution.
Le livre traite aussi de la problématique de l'État-nation, de la territorialisation de l'espace et des « frontières intérieures » c'est à dire de la reconnaissance ou non des populations immigrées « c'est l'institution frontalière elle-même, en particulier les différences qu'elle comporte entre les frontières de sécurité et de simples délimitations administratives, qui produit l'étranger comme un type social et un fait anthropologique »
Etienne Balibar traite aussi des « différences dites culturelles ou religieuses » en affirmant sa position d'une construction active et critique de l'universel.
Par ces multiples thèmes, ce petit livre, nous aide à réfléchir à quelle autre Europe nous voulons.