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Michel Pagel (Traducteur)
ISBN : 2070398412
Éditeur : Gallimard (2011)

Note moyenne : 3.36/5 (sur 80 notes)
Résumé :
Au III° millénaire, le Terre n'est plus peuplée que de cinq millions d'habitants. Le Soleil a changé de forme et s'est rapproché de notre planète, entraînant une formidable diminution des terres émergées, envahies désormais par la jungle où des reptiles colossaux ont remplacé les mammifères. Comment survivre dans ces conditions, surtout quand des bandes de pirates recherchent sans relâche les trésors engloutis ?
Un classique de la science-fiction écolo... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Musardise
01 août 2016
  • 3/ 5
Cette première rencontre avec J.G. Ballard s'est malheureusement révélée un rien décevante. Et pourtant, l'argument avait de quoi me séduire : une ancienne métropole peu à peu submergée par la montée des eaux et envahie par une végétation géante aussi bien qu'excentrique, aux apparences antédiluviennes, abritant une faune dangereuse. Et là, quelques humains, parmi lesquels Kerans, le héros, qui tentent plus ou moins d'étudier ces nouveaux phénomènes climatiques auxquels est soumis leur monde.
On pourrait penser, a priori, que le roman tient de la veine écologique de la science-fiction. Ce n'est pas vraiment le cas, mais peu importe, après tout. le récit prend en revanche une tournure clairement onirique, à grands renforts de descriptions et de métaphores tout aussi poétiques que, disons-le tout net, psychanalytiques. La présence des ruines omniprésentes, de la végétation envahissante, de l'eau inquiétante, contribuent à créer une ambiance à la fois mystérieuse, chatoyante mais délétère, impressionnante mais étouffante, et, au final, extrêmement morbide. Les rêves et l'environnement prennent le dessus sur les humains, les renvoyant, d'abord dans leur sommeil (puis, plus tard, également à l'état de veille), à une nature terriblement attirante en même temps que repoussante et à une évolution à rebours, qui les ramèneraient aux premiers temps du monde. Mais si j'ai été sensible à cette atmosphère de fin du monde, malgré un style que j'ai parfois trouvé un rien emphatique, il m'a semblé que le roman ne développait pas suffisamment le thème principal - cette régression à la fois géologique et mentale -, bref, qu'il n'allait pas au terme de son parcours. Non pas que la fin ouverte m'ait dérangée, mais il m'a indéniablement manqué quelque chose ; peut-être une réflexion un peu plus poussée sur le sujet.
M'ont aussi un peu ennuyée les chapitres avec le personnage très peu fréquentable de Strangman, sorte de pirate avec des penchants sadiques, qui a évidemment toute sa place dans ce monde apocalyptique. Mais le texte finit alors par se perdre dans la description de ses allées et venues et celle, franchement longue, des sévices (bon, rien de complètement insupportable, que les âmes sensibles se rassurent) qu'il inflige à Kerans. Il m'a semblé également que la psychologie des personnages aurait gagnée à être davantage développé et que, peut-être, une narration à la première personne aurait enrichi le roman.
Du coup, j'ai tout de même envie de tenter La forêt de cristal mais je crains de me heurter aux mêmes écueils. Ce qui est certain, c'est que je ne m'arrêterai pas là dans ma fréquentation de J.G. Ballard. I.G.H. et Vermilion Sands restent à coup sûr dans ma ligne de mire.
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finitysend
02 avril 2012
  • 5/ 5
Un réchauffement climatique imputable à des explosions solaires ( et non aux activités humaines ... !! ) a provoqué une énorme montée des eaux .
De ce fait et sous nos latitudes nous allons de lagunes tropicales en villes au trois quarts submergées .
Avec des personnages qui survivent grâce aux système d'et à une bonne dose de marginalité .
Le milieux naturel triomphe de la civilisation et les changements s'imposent aux personnages .. les contraignent .. bousculent LEUR VIE INTERIEURE .. les marquent et les influencent.
Un récit très poétique et très réussis .
Le personnage principal ( un biologiste ) se décidera à s'enfoncer dans le sud alors que c'est le mouvement contraire qui prévaut chez les gens moins curieux ou tout simplement doués de bon sens ...
Un très bon roman ..
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hellza24
29 septembre 2014
  • 4/ 5
Amoureux des décors post-apocalyptiques, bienvenue ! Ici, le monde a subit ses premières transformations 60 à 70 ans en arrière : une élévation progressive des températures a rendu les zones tropicales inhabitables, les zones tempérées tropicales, ainsi de suite, ne laissant bientôt plus que les pôles à peu près "vivables".
Des expéditions sont organisées pour rendre compte de l'état des villes : certains envisagent la réoccupation de certains sites sous une dizaine d'années. Kerans est un des membres civils accompagnant les militaires : il est le médecin officiel de l'unité et dirige la station d'essai. Voilà des mois qu'ils stagnent dans la partie émergée de ce qui fut jadis une capitale. Au moment de partir, une angoissse le tenaille : où est sa place ? Doit-il retourner vers le nord avec le reste de l'unité ? Certains se posent les mêmes questions, ressentent l'appel du sud. La folie, le sens de la vie, l'inné : tout se mélange dans la châleur tropicale, visions d'une humanité en plein déclin.
J'ai adoré accompagner l'auteur dans les dédales de cette cité engloutie. L'auteur nous plonge dans un tableau de Max Ernst, on en ressort à la dernière page.
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elessar
11 novembre 2012
  • 2/ 5
-L'histoire-
Un futur proche, suite à un enchainement de catastrophes, de grands bouleversements climatiques ont changé radicalement le visage de la Terre. Augmentation de la température et montée des eaux ont transformé le monde. Dans un Londres abandonné et changé en lagune tropicale, quelques personnes, scientifiques et militaires restent encore pour rendre compte des changements. Mais alors qu'ils doivent abandonner la ville derrière eux, fuyant les orages violents et la nouvelle montée des températures qui s'annonce, certains décident de rester, poussé par un instinct enfoui au fond d'eux et venu des méandres du temps.

-Mon avis-
Que dire sur ce roman. le principe de départ m'avait attiré, une apocalypse, de grands changements climatiques, des personnes qui cherchent à survivre dans un environnement hostile. le 4e de couv était alléchante. Et le roman commence, l'atmosphère est lourde, oppressante, étouffante, pesante, suffocante, écrasante… de ce côté, rien à dire, l'atmosphère est bien rendu, servie par une écriture sans style et très distante on ressent cette atmosphère à chaque page. C'est peut-être là le problème, on ressent tellement cette atmosphère qu'elle finit par dégouliner des pages, ramper hors des mots et envahir le lecteur. Et chaque page devient un peu plus lourde, un peu plus oppressante.
Un roman d'ambiance alors ? Peut-être, mais uniquement, car le plus gros problème pour moi, c'est qu'il ne se passe rien, les personnages, creux au possible, se laissent porter par cette ambiance et subissent avec le lecteur l'ennui profond de ce monde englouti. Pas un instant je n'ai été intéressé par eux, et jamais je n'ai ressenti la moindre empathie à leur égard. du coup, lorsqu'il se passe enfin quelque chose à 50 pages de la fin, lorsqu'enfin les personnages semblent sortirent de leur torpeur, je n'ai pas réussi à sortir de la mienne et je ne me suis pas du tout senti concerné par leur sort.
Rarement j'ai ressenti autant d'ennui à la lecture d'un livre, c'est vraiment la première fois depuis que je n'ai plus de lectures imposées par l'école/collège/lycée que je peine autant à finir un livre. J'ai plusieurs fois eu envie d'arrêter ma lecture et ne l'ai poursuivie que pour être sûr que je ne ratais rien.
Très grosse déception pour moi ce premier essai avec JG Ballard. Je pense attendre un moment avant de m'y remettre.
Lien : http://imaginelec.blogspot.f..
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ElizabethBennet
28 juin 2014
  • 2/ 5
Paru en 1962, le Monde englouti est l'un des premiers grands romans de science-fiction post-apocalyptique, et son auteur est certainement l'un des écrivains les plus visionnaires qui soient.
Loin des effets tonitruants et pompiers des blockbusters hollywoodiens, Ballard choisit de situer son intrigue bien après la catastrophe : non pas au moment où les villes disparaissent sous les eaux, mais plusieurs années plus tard, lorsqu'il ne reste déjà presque plus rien de l'humanité et de la Terre telle que nous l'avons connue.
C'est peut-être ce qui explique le caractère détaché, un peu lointain, de ses personnages, des êtres énigmatiques qui semblent apprécier de voir le monde moderne à son crépuscule, comme s'ils en savouraient la déliquescence : loin de se révolter contre la fin du monde, ils paraissent l'attendre et l'encourager.
Toutefois, malgré ce parti pris intéressant et original, ce roman peine à entraîner son lecteur dans le monde qu'il dépeint : les personnages sont précisément trop froids pour que l'on puisse s'attacher à eux. le style, ronflant, d'une précision scientifique qui confine souvent à la cuistrerie, contribue aussi à rendre la lecture moins fluide et moins agréable, d'autant que le manque criant de péripéties et de rebondissements (sauf à la toute fin du livre) accentue le côté soporifique du roman.
Et pourtant, il y a derrière ce récit une réflexion sur la psychologie humaine et le sens de l'Histoire tout à fait passionnante, mais elle se pare d'un vernis jargonneux qui décourage même les lecteurs les plus téméraires.
Dommage, car l'une des réussites de cet ouvrage est sans conteste la mise en place progressive d'une atmosphère de huis clos, renforcée par l'aspect étouffant, oppressant, de l'environnement dans lequel évoluent les personnages. Malheureusement, à trop vouloir accentuer cette tonalité suffocante, on finit par empêcher le lecteur de respirer, et celui-ci n'a plus qu'une idée en tête : refermer ce roman pour obtenir, enfin, un peu d'air !
Retrouvez cette critique plus détaillée en cliquant sur le lien ci-dessous !
Lien : http://ars-legendi.over-blog..
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Citations & extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
MusardiseMusardise01 août 2016
Telle une immense lésion purulente, la jungle gisait exposée sous l’hélicoptère à cabine ouverte. De massifs bouquets de gymnospermes géants s'étendaient sur les toits des bâtiments submergés dont ils gommaient les contours blancs rectangulaires. Çà et là, un vieux château d'eau en béton jaillissait du bourbier, les restes d'une jetée de fortune flottaient près d'un immeuble de bureaux en ruines, envahis d'acacias au feuillage touffu et de tamaris fleuris. D'étroits cours d'eau, changés en tunnels de lumière verte par des voûtes végétales, s'écartaient en sinuant des grandes lagunes et finissaient par rejoindre les chenaux larges de six cents mètres qui parcouraient les anciennes banlieues. La vase recouvrait tout, s'agglomérait en de gigantesques bancs contre un viaduc de chemin de fer ou une suite d'immeubles en arc de cercle, se déversait à travers une arcade engloutie tel le contenu fétide de quelque moderne Cloaca Maxima. La plupart des petits lacs en étaient désormais emplis, disques de boue jaune recouverts de moisissures d'où émergeait un enchevêtrement touffu de formes végétales rivales - jardins murés d'un Éden aliéné.
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MusardiseMusardise03 août 2016
Tandis que le grand soleil se rapprochait, toujours battant, emplissant presque le ciel, l'épaisse végétation qui longeait les falaises de grès se vit brutalement repoussée pour révéler les têtes - noir et gris pierre - d'énormes lézards du Trias. Paradant jusqu'au bord des pentes abruptes, ils rugirent en chœur, tournés vers l'astre et le vacarme, peu à peu, enfla jusqu'à ne plus faire qu'un avec le martèlement volcanique des explosions solaires. Kerans, qui sentait battre en lui, tel son propre pouls, la puissante attraction hypnotique des reptiles hurlants, s'avança dans la lagune dont les eaux semblaient désormais former une extension de son système sanguin. Alors que s'accroissait encore la sourde pulsation, les barrières séparant ses cellules du milieu environnant lui parurent se dissoudre, et il se mit à nager, disséminant son être au sein des eaux noires vibrantes...
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MusardiseMusardise02 août 2016
Un peu plus tard dans la nuit, tandis que Kerans dormait sur sa couchette de la station d'analyses et que les eaux noires de la lagune dérivaient à travers la cité engloutie, le premier rêve lui vint. Il avait quitté sa cabine pour monter sur le pont, et contemplait maintenant, par-dessus le bastingage, le disque noir lumineux de la surface. À quelques dizaines de mètres d'altitude, tourbillonnaient dans le ciel les voiles denses de gaz opaque, à travers lesquels il discernait les vagues contours étincelants d'un gigantesque soleil. Tonnant dans le lointain, l'astre jetait un éclat terne et palpitant sur la lagune, illuminant par à-coups les longues falaises de grès qui remplaçaient l'anneau d'immeubles aux blanches façades.
La profonde vasque de l'eau, reflétant ces flamboiements intermittents, luisait d'une opalescence floue diffuse, lumière déchargée par une myriade d'animalcules phosphorescents qui s'aggloméraient en des nuages denses, telle une succession de halos engloutis, entre lesquels un fantastique écheveau fait de milliers de serpents et d'anguilles entrelacés déchirait la surface.
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MusardiseMusardise11 août 2016
Kerans observait les remous paresseux qui se créaient autour du cinéma, les quelques branches et touffes d'herbe qui dérivaient sur un courant nord-ouest, tandis que le soleil ardent masquait le miroir en fusion de la surface. L'eau martelait le portique à ses pieds et battait lentement contre son esprit, y créant un cercle sans cesse élargi d'interférences, comme si elle l'avait traversé dans le sens opposé à son propre courant. Tout en regardant une succession de vaguelettes lécher le toit pentu, il souhaita pouvoir abandonner le colonel et s'avancer tout droit dans les flots, dissoudre son être et les omniprésents fantômes qui le guettaient, tels des oiseaux sentinelles, dans le frais berceau de leur calme magique, dans cette mer à l'éclat vert dragon, hantée de grands serpents.
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hellza24hellza2429 septembre 2014
A une vingtaine de mètres sous le canot, une allée grise s'allongeait entre les immeubles, toute droite, reste de quelque grande artère d'autrefois. Les carcasses bossues de voitures rouillées stationnaient toujours sur les bas-cotés. Un cercle de constructions intactes et par conséquent peu embourbées, entourait la plupart des lagunes, au centre de la ville. Dépouillés de toute végétation, si ce n'est quelques massifs de touffes de sargasses, les rues et les magasins avaient été presque entièrement préservés ; tout cela ressemblait à un tableau reflété par un lac, qui, on ne sait comment, avait perdu son modèle original.
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Videos de James Graham Ballard (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de James Graham Ballard
ames Graham Ballard was a British novelist and short story writer who was born 15 November, 1930 and raised in the Shanghai International Settlement..His experiences during that time formed the basis of his novel Empire of the Sun which was later turned into a movie by Steven Spielberg starring 13-year-old Christian Bale, as well as John Malkovich and Miranda Richardson. J G Ballard died on April 19 2009, aged 78 after a lengthy battle with cancer
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