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> Roger Pierrot (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253010677
Éditeur : Le Livre de Poche (1975)


Note moyenne : 3.88/5 (sur 250 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Enfant, Lisbeth tenta d'arracher le nez de sa cousine, Adeline. L'une était belle et l'autre laide. La jalousie redouble quand Adeline épouse le baron Hulot d'Ervy, un libertin, mais le frère d'un maréchal de France. Reléguée au fond d'un salon Empire défraîchi, cette p... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Cosaque, le 05 décembre 2014

    Cosaque
    Avec ce roman Balzac poursuit son exploration de la société de son temps (et moi la mienne dans l'oeuvre De Balzac), en l'occurrence la bourgeoisie parisienne triomphante de la première moitié du 19e siècle. Si jusqu'à présent ce que j'ai lu de cet auteur avait toujours un aspect sombre et âpre, avec la Cousine Bette le portrait de l'humanité qu'il nous dresse est d'une noirceur désespérante. Dès l'ouverture, le ton est donné : un nouveau riche fier de sa réussite commerciale profite de la situation difficile dans laquelle se trouve une épouse fidèle pour tenter de l'acheter ; cette tentative n'est pas seulement dictée par un simple désir libidinal mais surtout par celui d'assouvir une vengeance sur le mari de la dame ainsi transformée en prostituée. Ce début m'a franchement surpris par la rapidité et la violence avec laquelle on se trouve jeté dans l'action. En outre cette introduction indique clairement quels seront les éléments moteurs du récit : sexe, argent, haine.
    Tout le long de la lecture j'ai senti comme une urgence, une impatience à montrer les turpitudes qui se trament. Impression d'urgence accrue par le fait que l'histoire qui s'étale sur près de 500 pages n'est pas subdivisée, le roman est d'un seul tenant, il n'y a pas de pause. Je suis loin de connaître l'ensemble de l'oeuvre De Balzac, mais il semblerait que le fait de ne pas ménager d'étape dans la lecture soit une de ses caractéristiques, est-ce dû à la publication sous forme de feuilleton ? Je ne sais pas, mais quoi qu'il en soit le récit est haletant et comme fiévreux. Et de la fièvre, les personnages qui se démènent comme des âmes damnées dans cette histoire, en sont atteint. J'avais parfois le sentiment d'épier la vie d'un hôpital psychiatrique où les malades s'agitent poussés par des pulsions qui les dépassent.
    Le plus bel exemple de ce type de personnage complètement possédé par un désir insatiable, c'est le baron Hulot d'Evry. Voilà un homme plutôt comblé par la vie et la société, qui va sacrifier fortune, position sociale, famille, honneur, santé physique et mentale pour satisfaire son appétit libidinal de jeunes femmes ; et plus on avance dans le roman et plus elles sont jeunes au point de se rapprocher de la pédophilie vers la fin. Malheureusement pour lui, la société qui est en train de se constituer en ce début de XIXe (et sous le régime de laquelle nous vivons toujours), est celle du marché, de l'offre et de la demande, ainsi sa tendance « pathologique » est donc encouragée car pécuniairement rentable, tant pis s'il se détruit, il est libre.
    À toute demande sur le marché répond une offre appropriée, et c'est là qu'interviennent les femmes qui ont un capital physique exploitable dans le cadre d'une prostitution de luxe. D'une manière détaillée Balzac révèle le professionnalisme avec lequel les courtisanes parisiennes opèraient pour appâter le chaland dans toutes les occasions festives de la vie parisienne d'alors. le costume occupe certes une part importante de la mise en valeur du produit, mais à celui-ci doit s'ajouter le jeu du décolleté, de la bretelle glissante mais également du sourire et de l'oeillade. Balzac nous fait assister aux préparatifs de la principale courtisane (Valérie Marneffe) que nous suivons dans ce roman ; nous la voyons qui s'entraîne, à parfaire les mimiques qui feront mouche devant son miroir, avec une méticulosité et une compétence tout à fait impressionnante, digne des professionnels de la scène. Ces postures aguicheuses constituent une gestuelle technique qui ne fait que répondre à l'attente des hommes, elle ne correspond à aucune réalité intérieure, c'est une sorte de mécanique. Ce pauvre Baron Hulot succombe totalement au charme de cette enveloppe de femme, à l'instar de Nathanaël dans l'homme au Sable de Hoffmann qui tombe fou amoureux d'un automate de forme féminine. Si Hulot se laisse détruire par la terrible Valérie Marneffe, il en est d'autres qui savent négocier chaque clause de la prestation, s'établit ainsi un contrat commercial où chacune des parties trouve son intérêt.

    Ce roman a par moment quelque chose qui le rapproche du documentaire dans le sens où il ne semble ne rapporter que des faits bruts. Il y a peu de digressions (sur la vertu, la femme, le vice, la religion...) qui interrompent le fil de l'action, à une exception notable en plein milieu du roman, subitement l'auteur apparaît, pour nous signifier qu'il existe et que derrière tous ces personnages qui s'agitent pour notre plaisir il y a quelqu'un qui s'épuise et souffre à leur insuffler vie.
    « Un grand poète de ces temps-ci disant en parlant de ce labeur effrayant [l'écriture] : « Je m'y mets avec désespoir, je le quitte avec chagrin. Que les ignorants le sachent » ».
    Remarque qui apparaît après deux pages sur la nécessité pour l'artiste de traquer l'inspiration, de la piéger pour l'obliger à se plier aux exigences d'une forme artistique, qu'elle soit poétique, littéraire, picturale ou sculpturale.
    Pour le reste nous sommes dans l'action et uniquement dans celle-ci. Action qui peut prendre des tournures théâtrales ; la Cousine Bette fait la part belle aux dialogues. Certaines séquences m'ont fait penser à des scènes de vaudeville d'un Labiche ou d'un Courteline. Je pense notamment à l'épisode où Valérie Marneffe enceinte offre un repas aux cinq pères potentiels. Elle réussit le tour de force de faire en sorte que chacun d'entre eux se croient le géniteur de l'enfant qui va naître, ce qui donne une séquence où nos cinq cocus sont tout fiers de la naissance d'un mâle ; car en plus elle leur a fait croire, en se basant sur « des signes que seules les femmes sont capables de percevoir », que l'enfant à venir serait un garçon.

    Les situations ont, dans cette oeuvre, plus d'importance que les personnages, car si nous voyons se dessiner le destin des individualités qui forment le noeud de l'intrigue, Balzac nous fait surtout le portrait d'un monde, d'une époque qui voit l'avénement d'un système qui s'il ne crée pas la folie humaine la favorise avec un cynisme consommé. Il nous donne à voir les débuts du capitalisme, et comment il agit sur les mentalités. C'est ainsi que nous voyons des individus se transformer volontairement en produits de consommation. Quant à ceux qui ne parviennent pas à s'insérer dans l'engrenage de l'offre et de la demande, soit parce qu'ils sont intoxiqués et totalement dépendant d'un produit comme le baron Hulot soit parce qu'ils sont trop dignes, nobles ou simplement conscients de leur humanité comme la Baronne Hulot, ils sont détruits ou réduits à la folie. Destruction mentale qui est particulièrement sensible dans la confrontation entre Crevel (archétype du nouveau riche, brutal et content de lui) avec la Baronne Hulot (femme intègre, pleine d'espérance et si naïve). Pour sauver un membre de sa famille la baronne accepte finalement de s'offrir à Crevel contre monnaie sonnante et trébuchante, seulement Crevel ayant déjà une maîtresse qui le satisfait pleinement refuse l'offre de la Baronne. Toutefois il essaie de trouver une solution pour sortir la baronne de ce mauvais pas, en lui proposant un « plan ». Il connaît un ami financièrement bien pourvu mais qui trop fraîchement débarqué de sa province n'a pas eu le temps d'acquérir la maîtresse de premier choix qui correspondrait au standing de vie parisienne auquel il peut prétendre, madame Hulot pourrait éventuellement faire l'affaire. Accepter de se vendre à un homme qu'elle connaissait était déjà un viol qu'elle s'imposait, mais qu'en outre elle se voit d'abord rejetée puis reléguée au statut de marchandise, est une humiliation si violente qu'elle provoque une commotion nerveuse qui laissera des traces (un tremblement nerveux du bras droit) jusqu'à sa mort. Ce qui il y a de remarquable dans cette scène, c'est l'incrédulité de Crevel devant la réaction de la Baronne, il n'a rien compris, il pensait simplement rendre un petit service en facilitant une transaction tout ce qu'il y avait de rentable : un bon plan, un tuyau. Cette scène est d'une cruauté assez rare, elle pourrait figurer dans un roman noir tout ce qu'il y a de plus trash.

    La cousine Bette est une oeuvre d'une actualité brûlante par la logique du cynisme marchand qui nous est révélée dans toute sa crudité. Cet ouvrage pourrait aisément être réactivé dans une adaptation cinématographique mais transposée à notre époque. Balzac a signé il y a moins de 170 le scénario d'un film toujours atrocement contemporain.
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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 29 octobre 2011

    Woland
    Oh ! le beau mélo ! Sans rire, on se croirait chez l'incroyable et ébouriffant Ponson du Terrail. Jugez vous-même : une épouse fidèle (baronne Adeline Hulot d'Ervy) mais trompée de façon infâme par son mari, une espèce de vieux beau qui ruine sa famille et provoquera plus tard la mort de la digne épouse (baron Hulot d'Ervy) ; leur fille (Hortense), jeune personne "sage" et présentée comme bonne qui s'empresse de "voler" sans vergogne à sa cousine, la fameuse Bette du titre, l'homme dont celle-ci lui a pourtant avoué être amoureuse ; l'"Amoureux" en question (comte Wenceslas Steinbok), un noble polonais émigré et tombé dans la misère doublé d'un artiste-graveur exceptionnel ; un rival du baron dans le monde libertin (Célestin Crevel) qui, pour se venger de Hulot, lequel lui a pris une jeune maîtresse, entend se faire payer en nature tôt ou tard par la malheureuse Adeline ; une petite bourgeoise affairiste (Valérie Marneffe) qui s'empresse de tomber dans les bras du volage baron afin d'améliorer son ordinaire personnel et, au passage, celui de son maquereau de mari ; un beau baron brésilien (baron Montès) dont la jalousie, bafouée par Valérie, se retournera de façon horrible contre celle-ci et son époux ; et puis, bien sûr, la cousine Bette (Lisbeth Fisher), tour à tour admirable et monstrueuse, un cerveau rendu machiavélique par les injustices subies au nom de sa laideur et de sa pauvreté, et qui mènera presque la famille Hulot d'Ervy et surtout sa cousine, Adeline, à l'abîme avec, il est vrai, l'aide puissante de la Marneffe.
    Oh ! oui ! Ponson du Terrail n'aurait pas fait mieux question mélo - et pourtant, il s'y connaissait !
    Et pourtant, voyez-vous, "La Cousine Bette" est un fabuleux roman, l'un des meilleurs selon nous De Balzac. La grâce et la fougue du génie s'y révèlent sans effort, transformant ce qui est, effectivement, au départ, un horrible mélo en un drame qui vous étreint le coeur. Certes, comme d'habitude, on regrettera quelques égarements du style - mais on était dans la première moitié du XIXème siècle et le Romantisme régnait en maître - mais on n'est pas près d'oublier ni la flamboyante, subtile - et complètement détraquée - Valérie Marneffe, ni cette énigme, tour à tour émouvante et hideuse, que restera la cousine Bette. Eût-elle eu un peu plus d'amour dans son enfance qu'elle ne serait pas morte désespérée par une vengeance qui lui échappait.
    Quant à la fin réservée au baron, cet infâme vieux beau à qui l'on est en droit de préférer un Crevel - eh ! oui ! - ce vil remariage avec une servante-maîtresse après la mort, causée par le chagrin, de sa première épouse, elle est d'une justesse et d'un cynisme en tous points remarquables.
    Une fois encore, on ne peut que constater l'incroyable compréhension de la nature féminine qui était celle De Balzac. Car, à y bien regarder, il arrive que le lecteur (la lectrice ?) se laisse émouvoir par Mme Marneffe et par son amie Bette. Il y a, dans ces deux femmes, si pervers que soient leurs actes, une volonté de rébellion qui n'est que la conséquence de la façon dont les hommes et la société les considèrent. C'est en cela que Balzac est précieux et unique, chez les écrivains mâles de son époque. ;o)
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    • Livres 5.00/5
    Par nathalie_MarketMarcel, le 08 juillet 2013

    nathalie_MarketMarcel
    Les personnages surtout sont très réussis. Si les vertueux ont l'esprit étroit, les autres peuvent être d'une franche immoralité. Madame Marneffe et son époux, tous deux retors, habiles à manoeuvrer les hommes. J'ai beaucoup aimé cette dame (en dépit du rôle très négatif qu'elle tient, comme étant vraiment la femme de mauvaise vie) car elle annonce les pièces de boulevard et les héroïnes pleines de ressources, jonglant avec les hommes. Elle est superbe. Aussi Josépha, la cantatrice, femme entretenue mais grande dame comme une vraie. le Brésilien, farouche et sauvage et négrier – alors que les personnages positifs sont tous qualifiés de « républicains », qu'ils ont servi la grandeur de la France lors de l'Empire. le personnage de Wenceslas, le sculpteur, incapable de l'abnégation et de la force de travail nécessaires à la création, permet à Balzac de développer ses réflexions sur l'artiste (le modèle, c'est lui, bien sûr).
    Le roman s'inscrit pleinement dans son siècle. Sont loués ceux qui ont traversé la Révolution, qui se sont battus pour Napoléon et ont permis le rétablissement de la France après Waterloo, ceux qui, malgré les défauts de cette monarchie constitutionnelle bourgeoise sans grandeur, s'évertuent à bien gouverner la France. Les bourgeois sont d'ailleurs abondamment moqués pour leur désir de singer l'aristocratie et leur mauvais goût. Crevel a son portrait par Pierre Grassou et Josépha par Bridau – ce qui est significatif dans la hiérarchie des artistes de la Comédie humaine.
    Le roman est aussi capable d'ironie à l'égard des romans vertueux. Comme César Birotteau est le roman d'une faillite et d'une réhabilitation, La Cousine Bette se veut le roman de la chute d'une famille et de son rétablissement. Ou presque. Car ça ne marche pas si bien que ça. Et le Vice ne se repend pas toujours.
    La langue est alerte, volontiers brutale à certains moments. Certaines scènes ont tous les attributs du théâtre.
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    • Livres 4.00/5
    Par jsgandalf, le 30 avril 2012

    jsgandalf
    « La cousine Bette » est l'antithèse de Pons, ou lui est la gentillesse personnalisé, elle est la méchanceté dans toutes sa bassesse et sa mesquinerie. Jamais Balzac n'a brossé un portrait de femme aussi négatif. Bien que sa cousine soit malade, elle manigance pour détruire des couples et se marier, mais rien ne se passe comme elle le voudrait. Plus le temps passe et plus elle devient mauvaise. Encore un livre considéré comme un chef d'oeuvre.
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    • Livres 4.00/5
    Par DD78, le 27 juillet 2013

    DD78
    C'est la lecture de "Eugénie Grandet" qui m'a poussé à me replonger dans l'oeuvre De Balzac. Et si je m'attendais ici à retrouver le style net et direct de ce roman, l'écriture de "La cousine Bette" m'a bien surprise: quel changement de rythme ! Quelle richesse dans le scénario de ce roman dit "de vengeance" ! Je m'attendais à trouver une douce et nette peinture de la bourgeoisie parisienne du XIXème siècle, mais c'est en fait un tourbillon de personnages et de vie, s'enchainant avec rapidité et entrain !
    Il faut dire ce roman était à l'origine un feuilleton, d'où la nécessité de l'auteur d'employer ce mouvement et ces changements incessants afin de captiver le lecteur. Cependant, cela n'empêche nullement les personnages de prendre toute leur dimension: le caractère vicieux et intéressé de la courtisane Valérie; la pureté finalement tachée d'Adeline; la cruauté et la méchanceté si bien cachées de la cousine Bette.
    Bref, un super roman.
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Citations et extraits

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  • Par charlenev, le 03 juillet 2015

    Poussé par la terrible pression de la misère maintenu par Bette dans la situation de ces chevaux à qui l'on met des oeillères pour les empêcher de voir à droite et à gauche du chemin, fouetté par cette dure fille, image de la Nécessité, cet espèce de Destin subalterne, Wenceslas, né poète et rêveur, avait passé de la Conception à l'Execution, en franchissant sans les mesurer les abîmes qui séparent ces deux hémisphères de l'Art. Penser, rêver, concevoir de belles oeuvres, est une occupation délicieuse. C'est fumer des cigares enchantés, c'est mener la vie de la courtisane occupée à sa fantaisie.
    L'oeuvre apparaît alors dans la grâce de l'enfance, dans la joie folle de la génération, avec les couleurs embaumées de la fleur et les sucs rapides du fruit dégusté par avance.
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  • Par charlenev, le 03 juillet 2015

    Ces combats de ses instincts et de sa raison la rendait injuste et tyrannique. Elle se vengeait sur ce jeune homme de ce qu'elle n'était ni jeune, ni riche, ni belle, puis après chaque vengeance, elle arrivait en reconnaissant ses tords en elle même, à des humilités, à des tendresses infinies. Elle ne concevait le sacrifice à son idole qu'après y avoir écrit sa puissance à coup de hache.

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  • Par charlenev, le 03 juillet 2015

    Mais produire ! Mais accoucher ! Mais élever laborieusement l'enfant, le coucher gorgé de lait tous les soirs, l'embrasser tous les matins avec le coeur inepuisé de la mère, le lécher sale, le vêtir cent fois des plus belles jaquettes qu'il déchire incessamment, mais ne pas se rebuter des convulsions de cette folle vie et en faire le chef d'oeuvre animé qui parle à tous les regards en scuplture, à toutes les intelligences en littérature, à tous les souvenirs en peinture, à tous les coeurs en musique, c'est l'Exécution et ses travaux. La main doit s'avancer à tout moment, prête à tout moment à obéir à la tête.

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  • Par charlenev, le 03 juillet 2015

    L'inspiration, c'est l'Occasion du Génie. Elle court non pas sur un rasoir, elle est dans les airs et s'envole avec la défiance des corbeaux, elle n'a pas d'écharpe par où le poète la puisse prendre, sa chevelure est une flamme, elle se sauve comme ces beaux flamands, blancs et roses, le désespoir des chasseurs. Aussi le travail est-il une lutte lassante que redoutent et que chérissent les belles et puissantes organisations qui souvent s'y brisent. Un grand poète de ce temps-ci disait en parlant de ce labeur effrayant : "je m'y mets avec désespoir et je le quitte avec chagrin.
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  • Par charlenev, le 03 juillet 2015

    La baronne mit un doigt sur ses lèvres et Hortense regretta cette plainte, le premier blâme qu'elle laissait échapper sur un père si héroïquement protégé par un sublime silence.
    - Adieu, mes enfants, dit Mme Hulot, voilà le beau temps revenu. Mais ne vous fâchez plus.

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- Honoré de Balzac,"Eugénie Grandet", le livre de poche -
Tout est grand dans ce célèbre roman, sans que rien ne bouge. Eugénie est une sorte de sainte selon l'homme, toujours fidèle à une même pensée, mais toute naturelle. [...] Au rebours on trouvera dans Eugénie tous les stratagèmes du coeur, et un vrai courage à affronter le terrible homme aux gants de cuir. On a tout dit sur Grandet. On a moins remarqué ce mot de reine, lorsque Eugénie se trouve maîtresse d'une immense fortune et assiégée d'intrigues. Elle répond : Nous verrons cela » comme son père faisait. [...] Ainsi l'âme de Grandet finit par être sauvée. Alain, Propos sur Balzac.

- Victor Hugo, "L'Homme qui rit", Gallimard -
À travers la destinée extraordinaire de Gwynplaine, L'Homme qui rit, Victor Hugo brosse un tableau épique de l'aristocratie anglaise des années 1700. À la fois roman d'aventures, exposé historique et social, drame injouable et poème visionnaire, ce roman est le plus fou de tous ceux de Hugo. C'est aussi le plus riche des obsessions de son auteur. le bateau pris dans la tempête, le pendu servant de vigie, la cabane-théâtre des saltimbanques, les tirades philosophiques d'Ursus, les machinations du traître, la chirurgie monstrueuse, le portrait de la princesse perverse, l'or des palais et le scandale à la chambre des lords sont, plus que des morceaux de bravoure, des morceaux d'anthologie.








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