> Patrick Berthier (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253146226
Éditeur : LGF - Livre de Poche (1999)


Note moyenne : 3.56/5 (sur 36 notes) Ajouter à mes livres
Entre la boutique et les travaux d'aiguille, la vie n'est pas très gaie pour Virginie et Augustine, les deux filles de la Maison du chat-qui-pelote.

Mais voilà qu'un peintre, empruntant au hasard la rue Saint-Denis, est séduit par la pittoresque boutique... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 29 septembre 2010

    Woland
    Balzac, dit-on, commença sa "Comédie Humaine" par ces "Scènes de la Vie Privée", au nombre desquelles sont ici regroupés, outre "La Maison du chat-qui-pelote", qui donne son titre au recueil, les trois textes suivants : "Le Bal de Sceaux - La Vandetta" et "La Bourse."
    Ecartons d'ores et déjà "La Vandetta", où l'auteur sombre dans les abîmes du mélodrame le plus affreux sans jamais parvenir à passionner son lecteur. Les personnages - des Corses - y sont non pas incroyables mais si stéréotypés, si alourdis par la dignité et les traditions de leur race insulaire, qu'ils en deviennent de véritables caricatures. Qui pis est, l'action se met au diapason puisque Ginevra Piombo, la malheureuse et attachante héroïne, tombe amoureuse, au bout d'une cascade de coïncidences improbables, du fils de l'assassin de son frère (!!!). Son père, plus rigide dans son malheur et sa haine qu'un pilier en béton armé, l'anathémise évidemment de sa malédiction et, comme pour lui donner raison, le jeune couple, car Ginevra et Luigi Porta se sont mariés en tout bien tout honneur, devient très vite la proie d'une malchance acharnée. Tant et si bien que Ginevra et son bébé (oui, il y a aussi un bébé et n'allez pas prétendre que ça vous étonne Wink ) finissent par en mourir. Alors, terrible comme l'Ange de la Mort (restons dans le ton), Luigi se précipite chez son beau-père pour lui annoncer l'épouvantable issue ...
    Avec ça, "La Vandetta" constitue la nouvelle la plus longue du volume. A croire que Balzac ou bien s'est délecté à l'idée de faire pleurer Margot, ou bien avait besoin de remplir un maximum de lignes. Je préfèrerais la dernière hypothèse : elle expliquerait les longueurs et surtout l'aspect trop "léché" du récit.
    En revanche, "La Maison du chat-qui-pelote", réflexion intelligente - et toujours d'actualité même si on n'en parle pas - sur la nécessité d'épouser un homme ou une femme ayant les mêmes goûts intellectuels et ayant reçu une éducation similaire à la vôtre (ce que, dans la Bretagne des terres, on résume souvent par l'adage "Il faut se marier dans sa cour"), franchit très bien l'obstacle d'une lecture au XXIème siècle. Tout le malheur de la jeune Augustine Guillaume, fille de commerçants parisiens bien établis et qui se marie avec un artiste-peintre de grand talent mais aussi d'origine aristocratique, Théodore de Sommervieux, provient du mépris avec lequel elle-même et son mari ont traité le bon sens. Une fois leur première année de couple écoulée, Sommervieux se lasse et commence à courir dans les salons qu'il fréquente. Augustine, bien sûr, ne comprend pas, cherche à savoir ... et souffre plus ou moins en silence. Là aussi, la Mort rafle la mise.
    Dans "Le Bal de Sceaux", Melle de Fontaine, fille d'un émigré revenu à la cour de Louis XVIII, s'est mis en tête de n'épouser qu'un pair de France déjà fait ou en passe de le devenir. Belle, instruite, pleine de charme en dépit d'un orgueil souvent trop envahissant, elle repousse sans cesse des prétendants qu'elle juge inférieurs sur tel ou tel plan. Un jour, à l'occasion d'un bal, elle remarque un jeune homme séduisant, distingué, etc ... qui semble donc posséder tout ce qu'elle recherche et qui, selon son raisonnement, s'il n'a pas encore la pairie, détient par contre tout ce qu'il faut pour l'obtenir, surtout s'il l'épouse, elle dont le père a l'oreille du Roi. Mais le jeune homme, quoique d'excellente famille, s'est vu contraint, pour soutenir financièrement les siens, de prendre un emploi de vendeur dans un magasin de nouveautés. Et Melle de Fontaine ne saurait, bien sûr, se commettre avec un vulgaire calicot ...
    "La Bourse" enfin, seul texte ayant une fin heureuse, démontre que les apparences sont souvent trompeuses et les mauvaises langues, bien vipérines. le héros, là encore, est un peintre, dénommé Hippolyte Schinner. Suite à un malaise durant lequel elles l'ont secouru, il se lie avec deux de ses voisines, Mme et Melle Leseigneur de Rouville, que la mort de leur époux et père a réduites à une misère digne, mais affligeante. Peu à peu, le doute s'installe dans la cervelle d'Hippolyte : ces dames ne tiendraient-elles pas table ouverte afin de gagner au jeu les subsides qui leur permettent de survivre ? ...
    Certes, la qualité de ces trois intrigues n'empêche pas Balzac d'étaler ici et là - et avec sa largesse habituelle - son amour des clichés et des images souvent outrancières. Mais on sent bien qu'il se discipline : son génie naturel, en s'affirmant, parvient à limiter les dégâts. Et puis, l'époque n'en redemandait-il pas, de ce style et de ces émotions excessives, de ces larmes si vite apparues à l'oeil d'un tel ou d'une telle ? Au-delà, on retrouve l'une des qualités exceptionnelles de l'écrivain : l'empathie qui le liait aux femmes et à la condition qui leur était faite. Il n'est pas jusqu'à "La Vandetta" qui ne le rappelle en évoquant les "actes respectueux", cette acte passé devant notaire et qui permettait à une jeune fille (ou à un jeune homme) d'affirmer sa volonté d'aller, dès sa majorité, contre celle de son père ou tuteur.
    Les femmes, l'écrivain Balzac comprend, par une sorte d'instinct protéiforme, qu'elles sont condamnées à subir. C'est leur constance, leur patience, ce courage tranquille dont elles savent faire preuve face à l'adversité, qu'il admire et vénère en elles. En fait, par-delà les siècles, Balzac demeure l'un des rares auteurs de sexe masculin capable d'exprimer avec la même impartialité les sentiments les plus intimes des hommes et des femmes. Il ne choisit jamais un camp : il observe, analyse, communie et retranscrit. C'est en cela que réside toute la puissance de sa "Comédie Humaine." ;o)
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    • Livres 5.00/5
    Par alaiseblaise, le 11 avril 2011

    alaiseblaise
    Baudelaire affirmait : «Chacun, chez Balzac, même les portières, a du génie.»
    «La maison du chat-qui-pelote» (quel beau titre !) est une des six Nouvelles parues en 1830 dans les «Scènes de la vie privée» qui débutent l'immense oeuvre «La comédie humaine». Elle serait inspirée par la vie d'une des soeurs De Balzac.
    La vie de la famille Guillaume, drapier à Paris à «La maison du chat-qui-pelote» (nom de l'enseigne du magasin) s'écoule comme un ennuyeux fleuve tranquille. Peu d'événements viennent troubler ou même égayer cette paisible et économe famille de commerçants... sinon l'inventaire du magasin... une fois l'an !
    Les Guillaume veulent marier Virginie, leur fille aînée à Joseph Lebas, le premier commis de la petite entreprise, promis à la succession de l'affaire. Oui, mais voilà, ce Joseph là est bien amoureux, mais d'Augustine la plus jeune.
    Oui, mais voilà, cette Augustine là est bien amoureuse mais de Théodore de Sommervieux, un jeune aristocrate artiste peintre.
    «Il est des mésalliances d'esprit aussi bien que des mésalliances de moeurs et de rang.» prévient Madame Guillaume, la mère d'Augustine.
    Cette phrase résume le thème de cette nouvelle : la lutte des classes et l' amour comme étude des moeurs.
    J'ai noté pour vous quelques répliques amusantes des personnages «balzaciens».
    «Est-ce donc bien amusant de voir en peinture ce qu'on rencontre tous les jours dans notre rue !»
    «Nai-je pas entendu dire ce soir à ce jeune écervelé que si l'argent était rond, c'était pour rouler ! S'il est rond pour les gens prodigues, il est plat pour les gens économes qui l'empilent et l'amassent.»
    Ou bien, «Un homme à talent rendra sa femme malheureuse.»
    Cette courte nouvelle d'une cinquantaine de pages sera une entrée encourageante à lire Balzac.
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    • Livres 4.00/5
    Par crapette, le 21 mars 2011

    crapette
    Emballée par les descriptions: Paris et la rue Saint-Denis au début du dix-neuvième siècle, la boutique de Monsieur Guillaume à l'enseigne du "Chat qui pelote", le visage revêche de sa femme, et l'adorable minois de la plus jeune de ses filles, tout fait image.
    Emue par le destin tragique de la jeune Augustine qui se brûla les ailes en se mariant avec un peintre dont elle ne partageait ni la culture ni le cynisme.
    Intéressée par le message De Balzac : une sévère mise en garde contre l'institution du mariage.
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    • Livres 4.00/5
    Par choupynette, le 22 février 2010

    choupynette
    Je me suis donc lancée dans une nouvelle, parue en 1829, et récemment portée à l'écran dans les adaptations des Nouvelles du XIXème siècle sur France 2. La Maison du chat-qui-pelote est un respectable établissement faisant commerce de draps. Réputé, Mr Guillaume, son propriétaire, a fait fructifier une affaire déjà solide. Ses deux filles, Virginie et Augustine auront deux destins bien différents. La première épousera le premier commis, Mr Lebas, dont elle est amoureuse mais qui, lui, aime la soeur cadette d'une beauté rare. Cette dernière sera séduite par un artiste issu de la noblesse.
    Balzac, dans cette nouvelle d'une cinquantaine de pages est un tableau sans concession de la bourgeoisie "commerçante" et bigote, des passions éphémères, de l'éblouissement amoureux, et du gouffre qui sépare les classes sociales. Alors certes le style est parfois ampoulé et sent même occasionnellement franchement le renfermé, mais il y a dans ces pages des éclairs d'écriture qui valent bien des paragraphes un peu ennuyeux! C'est avec une certaine fascination que l'on assiste aux désillusions de la jeune Augustine, qui se brûlera aux "feux des cieux", elle qui "a poussé dans la vallée".
    Une lecture à la fois plaisante et d'une grande qualité, et dont le thème est intemporel. Je ne sais pas si je me lancerai dans un roman, mais les Nouvelles de Balzac me plaisent décidément beaucoup!

    Lien : http://ya-dla-joie.over-blog.com/article-la-maison-du-chat-qui-pelot..
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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 29 septembre 2010

    [...] ... La fougue de passion qui possédait Théodore fit dévorer au jeune ménage près d'une année entière sans que le moindre nuage vînt altérer l'azur du ciel sous lequel il vivait. Pour ces deux amants, l'existence n'eut rien de pesant. Théodore répandait sur chaque journée d'incroyables fioritures de plaisir, il se plaisait à varier les emportements de la passion par la molle langueur de ces repos où les âmes sont lancées si haut dans l'extase qu'elles semblent y oublier l'union corporelle. Incapable de réfléchir, l'heureuse Augustine se prêtait à l'allure onduleuse de son bonheur : elle ne croyait pas faire encore assez en se livrant toute à l'amour permis et saint du mariage ; simple et naïve, elle ne connaissait d'ailleurs ni la coquetterie des refus, ni l'empire qu'une jeune demoiselle du grand monde se crée sur un mari par d'adroits caprices ; elle aimait trop pour calculer l'avenir, et n'imaginait pas qu'une vie si délicieuse pût jamais cesser. Heureuse d'être alors tous les plaisirs de son mari, elle crut que cet inextinguible amour serait toujours pour elle la plus belle de toutes les parures, comme son dévouement et son obéissance seraient un éternel attrait. Enfin, la félicité de l'amour l'avait rendue si brillante que sa beauté lui inspira de l'orgueil et lui donna la conscience de pouvoir toujours régner sur un homme aussi facile à enflammer que Monsieur de Sommervieux. Ainsi son état de femme ne lui apporta d'autres enseignements que ceux de l'amour. Au sein de ce bonheur, elle resta l'ignorante petite fille qui vivait obscurément rue Saint-Denis*, et ne pensa point à prendre les manières, l'instruction, le ton du monde dans lequel elle devait vivre. Ses paroles étaient des paroles d'amour, elle y déployait bien une sorte de souplesse d'esprit et une certaine délicatesse d'expression ; mais elle se servait du langage commun à toutes les femmes quand elles se trouvent plongées dans la passion qui semble être leur élément. Si, par hasard, une idée discordante avec celles de Théodore était exprimée par Augustine, le jeune artiste en riait comme on rit des premières fautes que fait un étranger, mais qui finissent par fatiguer s'il ne se corrige pas. Malgré tant d'amour, à l'expiration de cette année aussi charmante que rapide, Sommervieux sentit un matin la nécessité de reprendre ses travaux et ses habitudes. Sa femme était d'ailleurs enceinte. Il revit ses amis. Pendant les longues souffrances de l'année où, pour la première fois, une jeune femme nourrit un enfant, il travailla sans doute avec ardeur ; mais parfois, il retourna chercher quelques distractions dans le grand monde. La maison où il allait le plus volontiers fut celle de la duchesse de Carigliano qui avait fini par attirer chez elle le célèbre artiste. Quand Augustine fut rétablie, quand son fils ne réclama plus ces soins assidus qui interdisent à une mère les plaisirs du monde, Théodore en était arrivé à vouloir éprouver cette jouissance d'amour-propre que nous donne la société, quand nous y apparaissons avec une belle femme, objet d'envie et d'admiration. Parcourir les salons en s'y montrant avec l'éclat emprunté de la gloire de son mari, se voir jalousée par les femmes, fut pour Augustine une nouvelle moisson de plaisirs ; mais ce fut le dernier reflet que devait jeter son bonheur conjugal. Elle commença par offenser la vanité de son mari quand, malgré de vains efforts, elle laissa percer son ignorance, l'impropriété de son langage et l'étroitesse de ses idées. Dompté pendant près de deux ans et demi par les premiers emportements de l'amour, le caractère de Sommervieux reprit, avec la tranquillité d'une possession moins jeune, sa pente et ses habitudes un moment détournées de leur cours. ... [...]

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  • Par Woland, le 29 septembre 2010

    [...] ... En 1800, vers la fin du mois d'octobre, un étranger, accompagné d'une femme et d'une petite fille, arriva devant les Tuileries, à Paris, et se tint assez longtemps auprès des décombres d'une maison récemment démolie, à l'endroit où s'élève aujourd'hui l'aile commencée qui devait unir l'aile de Catherine de Médicis au Louvre des Valois. Il resta là, debout, les bras croisés, la tête inclinée et la relevait parfois pour regarder alternativement le palais consulaire, et sa femme assise auprès de lui sur une pierre. Quoique l'inconnue parût ne s'occuper que de la petite fille âgée de neuf à dix ans dont les longs cheveux noirs étaient comme un amusement entre ses mains, elle ne perdait aucun des regards que lui adressait son compagnon. Un même sentiment, autre que l'amour, unissait ces deux êtres, et animait d'une même inquiétude leurs mouvements et leurs pensées. La misère est peut-être le plus puissant de tous les liens. L'étranger avait une de ces têtes abondantes en cheveux, larges et graves, qui se sont souvent offertes au pinceau des Carraches. Ces cheveux si noirs étaient mélangés d'une grande quantité de cheveux blancs. Quoique nobles et fiers, ses traits avaient un ton de dureté qui les gâtait. Malgré sa force et sa taille droite, il semblait avoir plus de soixante ans. Ses vêtements délabrés annonçaient qu'il venait d'un pays étranger. Quoique la figure jadis belle et alors flétrie de la femme trahît une tristesse profonde, quand son mari la regardait, elle s'efforçait de sourire en affectant une contenance calme. La petite fille restait debout, malgré la fatigue dont les marques frappaient son jeune visage hâlé par le soleil. Elle avait une tournure italienne, de grands yeux noirs sous des sourcils bien arqués ; une noblesse native, une grâce vraie. ... [...]
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  • Par Woland, le 29 septembre 2010

    [...] ... Hippolyte n'écoutait pas. En voyant ces deux figures [Mme et Melle de Rouville], si nobles, si calmes, il rougissait de ses soupçons et attribuait la perte de sa bourse à quelque hasard inconnu. Cette soirée fut délicieuse pour lui, et peut-être aussi pour elle [Adélaïde]. Il y a des secrets que les âmes jeunes entendent si bien ! Adélaïde devinait les pensées d'Hippolyte. Sans vouloir avouer ses torts, le peintre les reconnaissait, il revenait à sa maîtresse plus aimant, plus affectueux, en essayant ainsi d'acheter un pardon tacite. Adélaïde savourait des joies si parfaites, si douces qu'elles ne lui semblaient pas trop payées par tout le malheur qui avait si cruellement froissé son âme. L'accord si vrai de leurs coeurs, cette entente pleine de magie, fut néanmoins troublée par un mot de la baronne de Rouville.

    - "Faisons-nous notre petite partie ?" dit-elle, "car mon vieux Kergarouët [ami de la famille] me tient rigueur."

    Cette phrase réveilla toutes les craintes du jeune peintre, qui rougit en regardant la mère d'Adélaïde ; mais il ne vit sur ce visage que l'expression d'une bonhomie sans fausseté : nulle arrière-pensée n'en détruisait le charme, la finesse n'en était point perfide ; la malice en semblait douce et nul remords n'en altérait le calme. Il se mit alors à la table de jeu. ... [...]
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  • Par Woland, le 29 septembre 2010

    [...] ... - "Eh ! bien, monsieur de Beaudenord ?

    - Il n'est pas noble. Il est mal fait et gros. A la vérité, il est brun. Il faudrait que [M. de Manerville, autre prétendant précédemment évincé, et lui] s'entendissent pour réunir leurs fortunes, et que le premier donnât son corps et son nom au second qui garderait ses cheveux, et alors ... peut-être ...

    - Qu'as-tu à dire contre monsieur de Rastignac ?

    - Madame de Nucingen en a fait un banquier," dit-elle malicieusement.

    - "Et le vicomte de Portenduère, notre parent ?

    - Un enfant qui danse mal, et d'ailleurs sans fortune. Enfin, mon père, ces gens-là n'ont pas de titre. Je veux être au moins comtesse, comme l'est ma mère.

    - Tu n'as donc vu personne cet hiver qui ...

    - Non, mon père.

    - Que veux-tu donc ?

    - Le fils d'un pair de France.

    - Ma fille, vous êtes folle !" dit monsieur de Fontaine en se levant. ... [...]
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  • Par Couperine, le 04 mai 2010

    Par une matinée pluvieuse, au mois de mars, un jeune homme, soigneusement enveloppé dans son manteau, se tenait sous l’auvent de la boutique qui se trouvait en face de ce vieux logis, et paraissait l’examiner avec un enthousiasme d’archéologue. À la vérité, ]ce débris de la bourgeoisie du seizième siècle pouvait offrir à l’observateur plus d’un problème à résoudre. Chaque étage avait sa singularité. Au premier, quatre fenêtres longues, étroites, rapprochées l’une de l’autre, avaient des carreaux de bois dans leur partie inférieure, afin de produire ce jour douteux, à la faveur duquel un habile marchand prête aux étoffes la couleur souhaitée par ses chalands. Le jeune homme semblait plein de dédain pour cette partie essentielle de la maison, ses yeux ne s’y étaient pas encore arrêtés. Les fenêtres du second étage, dont les jalousies relevées laissaient voir, au travers de grands carreaux en verre de Bohême, de petits rideaux de mousseline rousse, ne l’intéressaient pas davantage. Son attention se portait particulièrement au troisième, sur d’humbles croisées dont le bois travaillé grossièrement aurait mérité d’être placé au Conservatoire des arts et métiers pour y indiquer les premiers efforts de la menuiserie française. Ces croisées avaient de petites vitres d’une couleur si verte, que, sans son excellente vue, le jeune homme n’aurait pu apercevoir les rideaux de toile à carreaux bleus qui cachaient les mystères de cet appartement aux yeux des profanes.
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