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Pierre Barbéris (Éditeur scientifique)
ISBN : 2253006300
Éditeur : Le Livre de Poche (1972)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 1461 notes)
Résumé :
Raphaël de Valentin est un jeune marquis malchanceux, ruiné et solitaire, au bord du suicide. Il doit sa survie à un antiquaire, chez qui il trouve par hasard un talisman, une "peau de chagrin" censée exaucer le moindre de ses désirs. Désespéré par son odieuse vie, le jeune homme décide de céder aux caprices et aux excès.

Il s’accapare la richesse et l’amour qui le fuyaient jusqu’alors. Mais chaque vœu exprimé rétrécit la peau de chagrin, et diminue l’existence de Raphaël.

Vieilli, malade, il est terrifié par le pouvoir de cette peau qui emporte avec elle des fragments de sa jeunesse. L’usage inconsidéré qu’il fait de son talisman l’obligera à combattre sa nouvelle dépendance, pour éviter l’accomplissement de cette étrange et inquiétante prophétie.
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Critiques, Analyses & Avis (66) Voir plus Ajouter une critique
Eve-Yeshe
Eve-Yeshe25 octobre 2015
  • Livres 5.00/5
je ne résumerai pas l'histoire, on la connaît. je vais donc dire ce que ce roman m'inspire, en insistant sur le fait qu'il est difficile de parler d'un roman d'un "auteur" qu'on aime beaucoup, car on a peur de ne pas être à la" hauteur" ...
Raphaël de Valentin est un personnage particulier dans l'oeuvre De Balzac, « Raphaël le débauché » qui brûle la chandelle par les deux bouts en signant un pacte avec le diable. Il veut réussir sa vie et surtout ne plus être pauvre, car l'argent semble être la seule réponse dans la vie. Est-ce qu'obtenir ce que l'on désire passe uniquement par la nécessité d'être riche ?
Balzac pose différentes questions avec ce roman : le bonheur réside-t-il dans la richesse, dans l'avoir ou ne va-t-il pas plutôt se nicher dans l'être ? Posséder, l'argent mais aussi l'autre, ou exister ? Est-ce que l'amour s'achète ?
On retrouve aussi la différence entre être et paraître, les biens terrestres et les biens spirituels, et l'auteur nous pousse à réfléchir sur la nature et l'origine du bonheur : Raphaël met sur le compte de la peau de chagrin l'exaucement, la satisfaction du moins de ses désirs, comme si tout devait venir de l'extérieur, l'homme n'y étant personnellement pour rien, ce qui va conduire à la société de consommation, avoir toujours plus, posséder encore et toujours, dans une fuite à l'infini.
Balzac nous fait réfléchir aussi sur la place de l'homme dans la nature, la nécessité d'une communion entre les deux, l'homme étant en interdépendance avec la nature.
J'aime l'écriture De Balzac, même si parfois, il nous noie sous les détails. Elle est fluide, aérienne. On a l'impression de voir la scène sur un écran, justement grâce à ces détails. On a le son et l'image. On peut rêver. Je voyais Foedora se déplacer dans l'espace, traitant les autres avec mépris, ignorant l'un, favorisant l'autre pour entretenir les rivalités. Elle n'existe que par sa cour et ses artifices.
le personnage de Pauline est plus simple, elle n'est pas calculatrice, attendant exigeant tout des autres comme le fait Foedora. L'une est naturelle parfois même nunuche par sa sincérité alors que l'autre est dans le virtuel, dans l'apparence, personnifiant ainsi ce que Balzac veut faire passer comme message (l'être et le paraître, la réalité et le virtuel dirait-on de nos jours, le principe de réalité et le principe de plaisir (clin d'oeil aux disciples de Freud !!).
Il décrit de belle manière, la superstition, l'obsession par une idée, une pensée qui l'envahit, l'excès de pouvoir que Raphaël accorde à la peau de chagrin, qui en rétrécissant, raccourcit sa vie, le fait vieillir prématurément, lui vole sa vie, comme s'il y avait un conflit entre le désir et la longévité.
J'aime beaucoup cet auteur, je lis chacun de ses romans, avec lenteur, en dégustant comme une friandise, même s'ils ne sont pas tous égaux, j'ai besoin de prendre mon temps, car j'ai envie très souvent de noter des phrases entières pour m'en souvenir…
Je dois à Balzac une découverte importante : comme je l'ai déjà dit, à treize ans environ, j'ai reçu « Eugénie Grandet » à la distribution des prix (une cérémonie qui me laisse de très bons souvenirs, n'en déplaise à certains ministres…) et cela fut un coup de foudre, c'est le livre qui a changé ma vie comme dirait François Busnel (La Grande Librairie); je découvrais les grands auteurs pour la première fois, c'était l'entrée dans la cour des grands….
Ensuite, Balzac m'a fait rêver avec le beau Lucien Chardon de Rubempré, ou avec « le lys dans la vallée », et cela marche encore, heureusement car j'ai toute « la Comédie Humaine » à dévorer ou à relire selon les cas…..
Donc encore un coup de coeur… j'espère que ma critique vous aura donné envie de lire ce roman si ce n'est déjà fait…
Challenge « 19e siècle »
Lien : http://eveyeshe.canalblog.com/archives/2015/10/2..
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ladyoga
ladyoga20 novembre 2013
  • Livres 3.00/5
On oublie trop souvent que l'auteur de la Comédie humaine a excellé dans le registre fantastique. La Peau de Chagrin est une de ces excellentes variations romantiques sur le thème du pacte diabolique. Lorsque le texte paraît en 1831 c'est pour Balzac le début de la gloire. le plus romantique des romans De Balzac ? Il est vrai que le héros Raphaël est seul au milieu de la multitude. Seule la nature est en accord avec son être intérieur...
Balzac considérait son roman comme une oeuvre philosophique. En fait la Peau de chagrin est la combinaison de plusieurs genres: conte fantastique, roman philosophique, roman à caractère autobiographique...
On retiendra le fameux passage savoir, vouloir, pouvoir. " Vouloir nous brûle et Pouvoir nous détruit, mais Savoir laisse notre faible organisation dans un perpétuel état de calme».
Balzac a développé trois thèmes dans ce roman, l'argent, l'amour, et la vie.
L'argent en dénonçant Paris, le vice et la compromission.
L'amour avec d'une part une mondaine " la femme sans coeur", d'autre part une figure angélique Pauline.
La vie, on touche à la dimension réellement philosophique du livre : qui sommes-nous ? Qu'est-ce que le désir ? Que s'agit-t-il : de vivre calmement et dans l'absence de trouble ou bien intensément mais en brûlant la chandelle ? Qu'est-ce qui implique l'économie du désir ? Quelle femme justifie qu'on se damne pour elle ? Qu'imagine-t-on de l'autre qui ne vient que d'une projection de nous-même ? Autant de questions que Balzac traite sans jamais donner l'impression de faire le philosophe. La Peau de Chagrin est le symbole de notre existence car elle se rétrécit comme l'espérance de vie de Raphaël.
À présent Monsieur Balzac, j'arrête les flatteries. Votre style est impressionnant certes, mais n'en avez-vous pas trop fait par moment ? Des centaines de lignes pour votre seul plaisir ? Connaissez-vous la relecture? Je ne peux m'empêcher de penser que ce roman aurait pu être encore plus remarquable.
Pour finir, en quoi aviez-vous besoin de dénigrer les Auvergnates ?
« C'était une Auvergnate, haute en couleur, l'air réjoui, franche, à dents blanches, figure de l'Auvergne, taille d'Auvergne, coiffure, robe de l'Auvergne, seins rebondis de l'Auvergne, et son parler ; une idéalisation complète du pays, moeurs laborieuses, ignorance, économie, cordialité, tout y était. »
Votre héros a aimé se ressourcer dans les Monts d'Or au coeur de l'Auvergne. Votre description des paysages rend honneur à notre région mais en bonne auvergnate je n'apprécie pas du tout votre parodie des paysans auvergnats. Vous avez perdu une étoile !
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Nodamin
Nodamin03 avril 2010
  • Livres 4.00/5
chapitre 1 « le talisman »
C'est long. On s'éternise sur des scènes chargées de dialogues emphatiques, dont le niveau d'érudition pour en saisir tout le sens est très loin du mien. Ce niveau de langage m'écrase et je me sens ignare devant ce flot d'éléments qui m'échappent. Bilan, mon esprit s'égare souvent, au risque de rater des passages clés de l'histoire… Passages noyés sous ces pesants étalages, parfois pédants ou moralisateurs, où l'auteur par ses personnages qui discourent de manière si savante mais si peu naturelle, déverse à la louche l'étendue de ses connaissances sur le pauvre lecteur étouffé. A trop vouloir en faire, il s'y perd d'ailleurs parfois lui-même comme le démontrent certaines notes.
Le système de note en bas de page est du reste le bienvenu, pour tenter d'éclairer le bête lecteur béotien. Mais sa fréquence et sa quantité, en font, malgré sa nécessité, une digression de plus dont on se serait bien passé si le texte avait été directement plus accessible.
Je concède tout de même que la question du contexte doit aussi beaucoup jouer, le lecteur de l'époque ayant plus de repères que celui d'aujourd'hui. Il n'empêche que ce procédé d'écriture ampoulé et artificiel me déplait, voire pire, m'ennuie.
J'apprécie cependant les quelques allusions à la musique et particulièrement l'opéra, notamment lors de la scène du diner, avec quelques parallèles bienvenus.

Ceci-dit, ce n'est là qu'un petit tiers du roman. Et dans l'intrigue, j'ai l'impression que nous avons à peine dépassé le seuil de l'introduction. Alors même si le style me lasse, peut-être que l'histoire saura me captiver. du nerf, allons lire la suite. C'est un cadeau, j'irai jusqu'au bout. Et puis, je ne peux qu'en être surprise en bien, à présent ! Enfin, le mot préfacé à la main par mon amoureux me motive plus que tout autre appât !
chapitre 2 « la femme sans coeur »
Non mais j'exige la tête de l'auteur des annotations, raconter de manière aussi peu subtile des évènements aussi primordiaux à venir par la suite, sans préavis, où est l'intérêt ! Surtout celle sur le futur de Pauline et son incidence sur Raphaël tiens, ça m'a scié ça.
Bref, j'ai bien fait de poursuivre, plutôt heureuse surprise que ce deuxième chapitre donc, je me suis sentie beaucoup plus impliquée dans l'histoire. J'ai trouvé la ligne plus agréable et captivante à suivre. Peut-être me suis-je faite au style ou vais-je à l'essentiel en ne cherchant pas forcément à décrypter tout ce que je ne saisis pas, peut-être aussi que pour faire avancer l'histoire l'auteur va un peu plus vite et s'attarde moins sur de longues descriptions et dialogues métaphysiques…
Quoi qu'il en soit, je ne m'attendais pas à ce que ce deuxième tiers soit un flash-back intégral de la vie de Raphaël avant la première partie, par l'intermédiaire de son récit à Emile. du coup, notre peau éponyme est toujours perdue de vue, mais ce développement détaillé des mésaventures passées du héros déroule une belle toile pour une utilisation future.
Autre point, ce roman est centré sur l'argent, soit, son manque, son besoin, mais quand cela vire à l'obsession, ce retour quasi-systématique au sujet même (et surtout) à propos des passions du héros met mal à l'aise.
Et parlons des deux femmes. Leur personnalité opposée est peut-être un peu trop poussé à l'extrême (même s'il en ressort un intéressant jeu de contrastes dans plusieurs de leurs façons de faire), mais le caractère de Foedora est passionnant. Celui de Pauline est un peu moins développé pour le moment, bien qu'elle semble plus classique dans le genre douce-fillette-adorable-et-dévouée. On sent qu'on veut faire d'elle un idéal féminin. Cela ne m'empêche pas de la trouver attachante, c'est depuis son apparition que la lectrice coeur d'artichaut que je suis ne veut plus que Raphaël meure. Avant, cela m'était bien égal à vrai dire, ne trouvant pas le personnage en lui-même des plus attrayants (encore moins depuis qu'il refuse de s'en éprendre parce qu'elle est pauvre ceci-dit, bref).
chapitre 3 « l'agonie »
Et c'est finalement touchée et émue que je repose ce livre à présent achevé. J'ai été absorbée par le lyrisme tragique de l'ultime scène, un final magnifiquement pathétique digne d'un opéra. Prévisibles pourtant, j'ai lu ces dernières pages la gorge nouée, les yeux peut-être même humides, tant les errements de Raphaël et le désespoir de Pauline faisaient peine à voir. Pauline…cette façon dont on la fait oublier durant de longs passages, pour que son retour aux côtés de son mari n'en soit que plus tragique, très réussi. Quant au héros, il n'arrive décidément pas à être attachant auprès de moi, mais Elle, y parvient à merveille. Certes elle a toujours ce côté "charmante-ingénue" agaçant, mais l'amour et le dévouement qu'elle porte à Raphaël me font fondre, et elle ne méritait pas de finir ainsi. Pourtant, ces quelques lignes d'épilogue à son sujet sont tellement extraordinaires, avec ce côté nébuleux augmentant la confusion et le drame…
Toute cette troisième et dernière partie se déroule lorsque Raphaël est riche et marquis. Il a conscience que la peau est à l'origine de la réalisation de ses souhaits et que ceux-ci réduisent sa vie en proportion. Pour éviter d'échapper tout voeu indésirable, il vit reclus, se morfondant, malheureux, dans un état d'esprit au final pire que lorsqu'il était sans le sou : avant obnubilé par le besoin d'argent, maintenant par celui de continuer à vivre. Ce côté est de plus en plus obsessionnel, surtout après ses retrouvailles avec Pauline (rebondissement narratif "quelque peu" gâché par les dix ou quinze annotations préalables annonçant leur rencontre-union-fin tragique). Cette obsession croissante est bien montrée, avec sa manière de chercher par tous les moyens à allonger sa vie : tenter de faire étirer la peau, obtenir les meilleurs traitements de santé… Mais la fatalité vaincra cher monsieur, navrée.
Bref, un livre dont ce n'est pas tant l'intrigue qui compte, mais la manière dont les protagonistes (et la peau, "personnage" le plus influant d'ailleurs) gravitent autours du personnage central, agissent sur son état d'esprit, et où le héros lui-même n'a rien de séduisant. Son histoire a beau être mélodramatique, on ne parvient pas vraiment à le plaindre, et serait même soulagé que sa vie s'achève si seulement Pauline n'avait pas été à ses côtés. Oui, le tragique des situations, aussi bien dans la deuxième que la troisième partie, se crée par la présence des femmes qui entourent ce bien malheureux héros.
Conclusion, j'ai bien fait d'aller au-delà de ce premier chapitre à la lecture très pénible, voici un livre marquant au final, et par son final.
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dourvach
dourvach17 décembre 2014
  • Livres 5.00/5
La misère et la tentation du suicide ont amené le jeune Raphaël de Valentin errant dans Paris à cette rencontre maudite... Drôle d'antiquaire et sa "peau de chagrin" en son pacte faustien... « Si tu me possèdes, tu posséderas tout, mais ta vie m'appartiendra ». Désormais rien à faire, car cette peau de chameau rétrécit à chaque fois qu'un voeu s'accomplit : l'on tombe malade et l'on mourra lorsque le talisman ne sera guère plus gros qu'une tache de café ... Sauf que la richesse, la gloire, la séduction des femmes -- que l'on aura connues avant -- vous laisseront à l'âme un goût de vide... Formidable récit, entre réalisme du pavé parisien (où "l'ancien pauvre" Raphaël cotoiera l'arriviste Eugène de Rastignac) et cette fantasmagorie d'une boutique obscure à l'existence bien incertaine ... Un chef d'oeuvre du fantastique romantique balzacien, publié pour la première fois en 1831. (*)
(*) Cette toute petite "critique" vient d'être intégrée à la liste : "Le romantisme en cent oeuvres : liste OUVERTE, chronologique et universelle" (déc. 2014) sur Babelio.
Lien : http://www.regardsfeeriques.canalblog.com/
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Woland
Woland14 décembre 2007
  • Livres 3.00/5
"La Peau de Chagrin" se fondant sur une intrigue fantastique, je croyais pouvoir y retrouver le Balzac que j'avais aimé dans "La Rabouilleuse." Mais non : ce n'est pas encore pour cette fois !
L'action se répartit en trois parties. Dans la première, un jeune inconnu sort d'une salle de jeux parisienne où il vient de perdre son dernier louis et se dirige vers les quais où il croise bien des misères. Désireux de se suicider, il entend cependant le faire discrètement, quand la nuit sera tombée. Désoeuvré, il entre dans un magasin d'antiquités où un vieillard qui semble surgir de nulle part lui propose un bien curieux talisman, une peau de chagrin raide et durcie sur laquelle, en un triangle inversé, est contenue une inscription promettant la réalisation de tous ses voeux à celui qui acceptera que, lors de l'ultime rétrécissement de la peau, la Mort vienne aussi le prendre.
Sans qu'aucune opération strictement financière ne soit intervenue, le jeune homme se retrouve dehors, avec la peau de chagrin, brusquement et inexplicablement devenue aussi souple qu'un chiffon, au fond de sa poche. Sur le trottoir passent justement trois de ses amis, qui le cherchaient pour le conduire au souper donné par le banquier Taillefer en l'honneur d'un investissement qu'il vient de faire dans un journal. On apprend alors que le jeune inconnu s'appelle Raphaël de Valentin.
Chez Taillefer, le souper sombre très vite dans l'alcool et l'orgie. Balzac restitue des dialogues d'hommes complètement ivres et gagnés par une incohérence absolue. Raphaël et l'un de ses amis, Emile, discutent avec deux prostituées, Aquilina et Euphrasia et c'est pour l'auteur l'occasion d'exposer ses propres idées - au demeurant très justes - sur la place laissée aux femmes par la société de 1830. Puis, Emile demande à Raphaël de leur expliquer pourquoi il voulait se suicider.
Commence alors une seconde partie consacrée à l'enfance et à l'adolescence de Raphaël, partagée entre une mère adorée mais morte trop tôt et un père distant, froid et qui rêve de revivre sa propre vie en imposant un destin d'homme politique au jeune homme. Mais le père décède, les créanciers mangent l'héritage et Raphaël se retrouve à Paris où il tombe amoureux de Pauline, la fille de sa logeuse.
Il fait aussi la connaissance d'Eugène de Rastignac, jeune fêtard qui lui présente la comtesse Féodora, très mystérieuse beauté dont Raphaël devient aussi complètement fou. Hélas ! Sa passion n'est récompensée que par une froideur quasi polaire qui le plonge au désespoir et l'incite à accumuler dettes et folies.
Le récit se termine sur le souhait, formulé in petto par Raphaël, de se voir une grosse fortune. de fait, le lendemain, il hérite d'un oncle. Mais quand il sort la peau de chagrin pour la regarder, celle-ci a rétréci.
La troisème partie découvre le jeune homme pour ainsi dire terré dans le luxueux hôtel particulier qu'il vient de s'acheter et où il tente de se faire oublier par le Destin. Mais quand Parroquet, son ancien professeur, vient lui demander de l'aider à trouver un nouvel emploi, Raphaël, sans réfléchir, forme un nouveau voeu et la peau de chagrin en rétrécit d'autant.
Le même soir, aux Italiens, il rencontre Pauline. Les deux jeunes gens tombent dans les bras l'un de l'autre et, avec une exaltation typiquement balzacienne, s'assurent mutuellement de leur volonté de se marier. La peau de chagrin ... etc ...
Fou de détresse, Valentin la jette dans un puits. Mais les domestiques l'y récupèrent. le jeune homme, en désespoir de cause, s'adresse même aux scientifiques de l'époque pour tenter d'enrayer le rétrécissement de la peau diabolique. En vain, bien sûr. Il décide de tout dire à Pauline et la jeune fille, comprenant que le désir de Valentin envers elle risque fort de le tuer, songe à se suicider. Mais Raphaël la poursuit, l'empêche de se suicider et meurt enfin à ses côtés.
Beaucoup de descriptions - celles du magasin d'antiquités par exemple - sont vraiment superbes : on ne les lit pas, on est dans le magasin, aux côtés De Balzac et de son héros. En revanche, le style ... le style est feuilletonnesque ; à certains moments, on croit lire du Ponson du Terrail. Grandiloquence, élans "sublimes", romantisme véritablement échevelé, tout y est. Sans oublier certains dialogues où - comme dans les feuilletons de l'époque et pour des raisons financières évidentes - il n'y a qu'un seul mot par ligne (mais un mot égalait une ligne ... ;o))
Quant aux personnages ... Eh ! bien, ils sont un peu trop romanesques pour mon goût, je l'admets.
Cependant, chez Balzac, en ce qui me concerne, c'est toujours sur le style que je bute avant tout. Les ridicules que j'y vois me font oublier la puissance et la beauté des idées qui s'y pressent. Je dois faire un effort pour continuer à les percevoir. Bref, c'est épuisant.
Mais ce qui me fait le plus enrager, c'est que je sais qu'il existe au moins un roman De Balzac où il n'a pas usé de tous ces procédés très XIXème. Or, s'il y en a un, on peut penser qu'il y en a peut-être un second, un troisième ... etc ... Quand les rencontrerai-je ? ... ;o)
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Citations & extraits (144) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB04 mai 2010
Quand vous entrez dans une maison de jeu, la loi commence par vous dépouiller de votre chapeau. Est-ce une parabole évangélique et providentielle ! N'est-ce pas plutôt une manière de conclure un contrat infernal vous en exigeant je ne sais quel gage ? Serait-ce pour vous obliger à garder un maintien respectueux devant ceux qui vont gagner votre argent ? Est-ce la police tapie dans tous les égouts sociaux qui tient à savoir le nom de votre chapelier ou le vôtre, si vous l'avez inscrit sur la coiffe ? Est-ce enfin pour prendre la mesure de votre crâne et dresser une statistique instructive sur la capacité cérébrale des joueurs ? Sur ce point l'administration garde un silence complet. Mais, sachez-le bien, à peine avez-vous fait un pas vers le tapis vert, déjà votre chapeau ne vous appartient pas plus que vous ne vous appartenez à vous-même : vous êtes au jeu, vous, votre fortune, votre coiffe, votre canne et votre manteau. A votre sortie, le JEU vous démontrera, par une atroce épigramme en action, qu'il vous laisse encore quelque chose en vous rendant votre bagage. Si toutefois vous avez une coiffure neuve, vous apprendrez à vos dépens qu'il faut se faire un costume de joueur. L'étonnement manifesté par l'étranger quand il reçut une fiche numérotée en échange de son chapeau, dont heureusement les bords étaient légèrement pelés, indiquait assez une âme encore innocente.
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MeduzanticMeduzantic06 septembre 2013
Je me souviens d'avoir quelquefois trempé gaiement mon pain dans mon lait, assis auprès de ma fenêtre en y respirant l'air, en laissant planer mes yeux sur un paysage de toits bruns, grisâtres, rouges, en ardoises, en tuiles, couverts de mousses jaunes ou vertes. Si d'abord cette vue me parut monotone, j'y découvris bientôt de singulières beautés. Tantôt le soir des raies lumineuses, parties des volets mal fermés, nuançaient et animaient les noires profondeurs de ce pays original. Tantôt les lueurs pâles des réverbères projetaient d'en bas des reflets jaunâtres à travers le brouillard, et accusaient faiblement dans les rues les ondulations de ces toits pressés, océan de vagues immobiles. Enfin, parfois de rares figures apparaissaient au milieu de ce morne désert, parmi les fleurs de quelque jardin aérien, j'entrevoyais le profil anguleux et crochu d'une vieille femme arrosant des capucines, ou dans le cadre d'une lucarne pourrie quelque jeune fille faisant sa toilette, se croyant seule, et de qui je ne pouvais apercevoir que le beau front et les longs cheveux élevés en l'air par un joli bras blanc. J'admirais dans les gouttières quelques végétations éphémères, pauvres herbes bientôt emportées par un orage ! J'étudiais les mousses, leurs couleurs ravivées par la pluie, et qui sous le soleil se changeaient en un velours sec et brun à reflets capricieux. Enfin les poétiques et fugitifs effets du jour, les tristesses du brouillard, les soudains pétillements du soleil, le silence et les magies de la nuit, les mystères de l'aurore, les fumées de chaque cheminée, tous les accidents de cette singulière nature devenus familiers pour moi, me divertissaient. (...) Ces savanes de Paris formées par les toits nivelés comme une plaine, mais qui couvraient des abîmes peuplés, allaient à mon âme et s'harmonisaient avec mes pensées.
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zepherinazepherina30 décembre 2010
[...]Je vais vous révéler en peu de mots un grand mystère de la vie humaine. L’homme s’épuise par deux actes instinctivement accomplis qui tarissent les sources de son existence. Deux verbes expriment toutes les formes que prennent ces deux causes de mort : Vouloir et Pouvoir. Entre ces deux termes de l’action humaine, il est une autre formule dont s’emparent les sages, et je lui dois le bonheur et ma longévité. Vouloir nous brûle et Pouvoir nous détruit, mais savoir nous laisse notre faible organisation dans un perpétuel état de calme.
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SachenkaSachenka03 octobre 2015
- [...] après tout, la liberté enfante l'anarchie, l'anarchie conduit au despotisme, et le despotisme ramène à la liberté. Des millions d'êtres ont péri sans avoir pu faire triompher aucun de ces systèmes. N'est-ce pas le cercle vicieux dans lequel tournera toujours le monde moral? Quand l'homme croit avoir perfectionné, il n'a fait que déplacer les choses.
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jeunejanejeunejane01 novembre 2014
Si tu me possèdes, tu posséderas tout,
mais ta vie m'appartiendra. Dieu l'a
voulu ainsi. Désire, et tes désirs
seront accomplis. Mais règle
tes souhaits sur ta vie.
Elle est là. A chaque
vouloir je décroîtrai
comme tes jours.
Me veux-tu?
Prends. Dieu
t'exaucera.
Soit !
+ Lire la suite
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Videos de Honoré de Balzac (82) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Honoré de Balzac
Femmes d'exception, femmes d'influence : Catherine Authier nous présente son histoire des courtisanes au XIXe siècle. http://bit.ly/1iRhNHn Courtisanes, femmes galantes : en quoi le parcours de ces femmes fut-il en tout point exceptionnel ?
À l'heure où le Musée d'Orsay leur consacre une exposition, découvrez avec Catherine Authier le destin de ces femmes d'influence. La courtisane est une figure puissante de l'imaginaire et des sensibilités du 19e siècle. Elle a en effet joué un rôle non négligeable tant sur les plans économique, social que culturel : économique car cette femme indépendante est une "petite entreprise" à elle toute seule et pose le problème des maisons closes, des "insoumises" et de leur statut; social car elle joue le rôle de précurseur dans des domaines aussi importants que le corps, l'hygiène, la maladie, la maternité, la mode vestimentaire, etc.; culturel par sa représentation médiatique voire la politique et par là même le juridique (certaines de ces courtisanes étaient en effet fichées par la police qui n'avait aucun mal à se procurer leurs photographies qui circulaient dans tout Paris). Aussi bien présente dans la littérature (Balzac, Proust) que dans les arts de la scène (théâtre avec Dumas fils, opéra avec Offenbach), elle a donné lieu à une mythification, des clichés, voire des stéréotypes physiques et moraux. Qu'en est-il réellement? Quel rôle ont donc tenu ces femmes dans le Paris du 19e siècle? Ont-elles été des femmes d'influence? Des pionnières dans le domaine de la liberté et des droits de la femme? de nombreux témoignages de courtisanes ponctués d'anecdotes nous permettent de répondre à ces questions en illustrant le propos de l'auteur sur un mythe qui fascine encore dans notre société moderne. Catherine Authier est historienne.
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