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Judith Rosenzweig (Éditeur scientifique)
ISBN : 2253149454
Éditeur : Le Livre de Poche

Note moyenne : 3.44/5 (sur 68 notes)
Résumé :
A l'insu de tous, le peintre Servin cache, dans le débarras de son atelier, un bel officier de la Garde impériale blessé à Waterloo et recherché par la police pour avoir aidé Napoléon à reprendre le pouvoir pendant les Cent Jours.

Or l'élève favorite du peintre, la talentueuse Ginevra Piombo, ne tarde pas à découvrir le proscrit et tombe aussitôt amoureuse de lui. Hélas, ce que Ginevra ne sait pas, c'est que ce joli Corse est le dernier survivant de l... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
araucaria
18 août 2014
  • 4/ 5
Court roman, très noir. Il porte bien son titre. Les protagonistes n'ont rien oublié des outrages et des drames du passé, fiers, orgueilleux, ils sont inflexibles et cette rigidité de caractère va tous les conduire au malheur et à un nouveau drame. Un livre très agréable à découvrir. C'est quand même du Honoré de Balzac, alors il est merveilleusement bien écrit.
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AMR
10 novembre 2016
  • 3/ 5
Dans certaines régions méditerranéennes dont la Corse, la Sardaigne ou encore la Sicile), la vendetta est la poursuite de la vengeance d'une offense ou d'un meurtre, qui se transmet à tous les parents de la victime. Au cours d'un voyage en Corse en 1838, donc après la parution de ce roman, Balzac évoque d'ailleurs "cette île française qui se chauffe au soleil d'Italie, où tout bout comme dans une fournaise et où l'on se tue les uns les autres de père en fils".
Cependant, ce court roman n'est pas seulement une histoire corse, même si l'on peut imaginer une source d'inspiration dans une nouvelle publiée en 1829 par Prosper Mérimée intitulée Mateo Falcone et sous-titrée Moeurs de la Corse. Ce n'est pas non plus uniquement un mélodrame sentimental dans lequel les rejetons de deux familles ennemies tombent amoureux…
Balzac veut aussi mettre l'action sur la période d'épuration qui suit l'abdication de Napoléon puisque l'intrigue proprement dite commence en 1815, soit quinze ans après une sorte de prologue qui relate l'arrivée des di Piombo à Paris et l'aide que leur apporte Napoléon. La tragique vendetta accentue l'atmosphère de haine et de répression de la Restauration. L'ambiance corse avec ses dramatiques clichés pèse sur les réalités françaises qu'elle colore tragiquement. En effet, Balzac, bien que royaliste, reste un homme d'ordre qui désapprouve les désordres de son temps.
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SagnesSy
02 août 2015
  • 3/ 5
"La misère est peut-être le plus puissant de tous les liens"
Balzac, La Comédie Humaine, Etudes de moeurs, Scènes de la vie privée
8. La Vendetta (1830)
Lorsqu'il écrit "La Vendetta", Balzac débute. le thème central du roman est inspiré de Roméo et Juliette (Shakespeare était très en vogue en 1830), mais les détails sont directement empruntés à la réalité, à ce qu'il a pu voir autour de lui, ses transpositions sont assez maladroites et certains détails appesantis. Alors qu'au fond c'est hyper simple (et court, en fait, comme roman) :
Deux familles corses en vendetta l'une contre l'autre, deux descendants qui tombent amoureux l'un de l'autre, refus tranché des parents : c'est non, jamais, impossible. Mais là où ça devient plus étonnant, c'est que Ginevra tient bon. Elle aime et elle choisit l'amour. Ca s'explique en un certain sens, fille unique, ses parents l'ont élevée à Paris, loin des histoires familiales corses et en la maintenant dans l'ignorance du drame initial (ils s'étaient tous entretués). Ses parents la renient, elle se marie, ils sont très heureux mais très vite dans la misère. Ils sont courageux, méritants, unis, mais ils meurent de faim et d'épuisement au moment même où les parents allaient céder et leur venir en aide.
La leçon à tirer d'une telle histoire serait quelque chose comme la passion est destructrice, s'opposer à ses parents n'apporte rien de bon ou quiconque méconnaît son passé est condamné à le revivre, ça fait un peu beaucoup, surtout quand on considère le traitement apporté et l'épilogue affreux.
Mouais.
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alaiseblaise
06 juin 2011
  • 3/ 5
La vendetta c'est la justice privée, hors de l'Etat. Comme dans ce roman De Balzac, en Corse, la vengeance d'un meurtre qui implique toute une famille.
Ici la famille Piombo tue tous les membres de la famille Porta (on ne sait pas trop pourquoi ?). Un seul enfant Porta, Luigi, serait miraculeusement sorti indemne de ce carnage.
Bartholoméo di Piombo, sa femme et sa fille Genevra fuit la Corse pour se réfugier à Paris.
Plus tard la belle Genevra tombe amoureuse d'un bel officier nommé...je vous le donne en mille...Luigi !
Bien sûr, la fille n'était pas au courant du terrible destin des deux familles.
Je vous raconte pas le drame familial chez les Piombo, surtout du côté du père très très possessif !
D'ailleurs, je vous raconte pas la fin non plus !
Ce petit roman «d'apprentissage», même s'il fait un peu «cliché", se lit jusqu'au bout de la curiosité.
Allez, je vous laisse regarder la tête du père Piombo quand sa fille lui présente le fameux miraculé Luigi.
«Bartholoméo di Piombo se leva, chancela, fut obligé de s'appuyer sur une chaise et regarda sa femme, Elisa Piombo vint à lui ; puis les deux vieillards silencieux se donnèrent le bras et sortirent du salon en abandonnant leur fille avec une sorte d'horreur. Luigi Porta stupéfait regarda Ginevra, qui devint aussi blanche qu'une statue de marbre et resta les yeux fixes sur la porte vers laquelle son père et sa mère avaient disparu : ce silence et cette retraite eurent quelque chose de si solennel que, pour la première fois peut-être, le sentiment de la crainte entra dans son coeur. Elle joignit ses mains l'une contre l'autre avec force, et dit d'une voix si émue qu'elle ne pouvait guère être entendue que par un amant : - Combien de malheur dans un mot !»
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exarkun1979
09 août 2012
  • 3/ 5
S'il y a une chose que j'ai appris dernièrement à lire beaucoup De Balzac, c'est qu'il n'est pas du tout partisan des Happy Ending. D'une certaine façon, la vie est parfois comme ça. La vie, ce n'est pas un conte de fée à la Disney.
La Vendetta ne fait pas exception à cela. Ce que l'on voit ici c'est que le bonheur à un prix. C'est ce que l'on apprend du côté de la fille. du côté du père, on apprends que l'orgueil a aussi un prix.
C'est un roman qui est très touchant mais qui souffre d'un défaut. Il est parfois trop prévisible
Ce roman fait partie des Scènes de la vie privée dans la Comédie Humaine.
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Citations & extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria15 août 2014
Un soupir de joie sortit de la vaste poitrine de Piombo qui tendit la main au premier consul en lui disant :
- Il y a encore du Corse en toi!
Bonaparte sourit. Il regarda silencieusement cet homme, qui lui apportait en quelque sorte l'air de sa patrie, de cette île où naguère il avait été sauvé si miraculeusement de la haine du parti anglais, et qu'il ne devait plus revoir.
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araucariaaraucaria16 août 2014
- Ginevra, vous aimez l'ennemi de votre famille, dit enfin Piombo sans oser regarder sa fille.
- Cela est vrai, répondit-elle.
- Il faut choisir entre lui et nous. Notre vendetta fait partie de nous-mêmes. Qui n'épouse pas ma vengeance, n'est pas de ma famille.
- Mon choix est fait, répondit Ginevra d'une voix calme.
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AMRAMR06 novembre 2016
— Tu es Luigi Porta ? demanda le vieillard.
— Oui.
Bartholoméo di Piombo se leva, chancela, fut obligé de s'appuyer sur une chaise et regarda sa femme, Elisa Piombo vint à lui ; puis les deux vieillards silencieux se donnèrent le bras et sortirent du salon en abandonnant leur fille avec une sorte d'horreur. Luigi Porta stupéfait regarda Ginevra, qui devint aussi blanche qu'une statue de marbre et resta les yeux fixes sur la porte vers laquelle son père et sa mère avaient disparu : ce silence et cette retraite eurent quelque chose de si solennel que, pour la première fois peut-être, le sentiment de la crainte entra dans son coeur. Elle joignit ses mains l'une contre l'autre avec force, et dit d'une voix si émue qu'elle ne pouvait guère être entendue que par un amant :
— Combien de malheur dans un mot !
— Au nom de notre amour, qu'ai-je donc dit, demanda Luigi Porta.
— Mon père, répondit-elle, ne m'a jamais parlé de notre déplorable histoire, et j'étais trop jeune quand j'ai quitté la Corse pour la savoir.
— Nous serions en vendetta, demanda Luigi en tremblant.
— Oui. En questionnant ma mère, j'ai appris que les Porta avaient tué mes frères et brûlé notre maison. Mon père a massacré toute votre famille. Comment avez-vous survécu, vous qu'il croyait avoir attaché aux colonnes d'un lit avant de mettre le feu à la maison ?

Quand elle revint chez son père, elle avait pris cette espèce de sérénité que donne une résolution forte : aucune altération dans ses manières ne peignit d'inquiétude. Elle leva sur son père et sa mère, qu'elle trouva prêts à se mettre à table, des yeux dénués de hardiesse et pleins de douceur ; elle vit que sa vieille mère avait pleuré, la rougeur de ces paupières flétries ébranla un moment son coeur ; mais elle cacha son émotion. Piombo semblait être en proie à une douleur trop violente, trop concentrée pour qu'il pût la trahir par des expressions ordinaires. Les gens servirent le dîner auquel personne ne toucha. L'horreur de la nourriture est un des symptômes qui trahissent les grandes crises de l'âme. Tous trois se levèrent sans qu'aucun d'eux se fût adressé la parole.

— Ginevra, vous aimez l'ennemi de votre famille, dit enfin Piombo sans oser regarder sa fille.
— Cela est vrai, répondit-elle.
— Il faut choisir entre lui et nous. Notre vendetta fait partie de nous-mêmes. Qui n'épouse pas ma vengeance, n'est pas de ma famille.
— Mon choix est fait, répondit Ginevra d'une voix calme. […]
—Vous croyez peut-être faire plier ma volonté ? Détrompez-vous : je ne veux pas qu'un Porta soit mon gendre. Telle est ma sentence. Qu'il ne soit plus question de ceci entre nous. Je suis Bartholoméo di Piombo, entendez-vous, Ginevra ?
— Attachez-vous quelque sens mystérieux à ces paroles, demanda-t-elle froidement. — Elles signifient que j'ai un poignard, et que je ne crains pas la justice des hommes. Nous autres Corses, nous allons nous expliquer avec Dieu.
— Eh bien ! dit la fille en se levant, je suis Ginevra di Piombo, et je déclare que dans six mois je serai la femme de Luigi Porta. Vous êtes un tyran, mon père, ajouta-t-elle après une pause effrayante.
Bartholoméo serra ses poings et frappa sur le marbre de la cheminée :
— Ah ! Nous sommes à Paris, dit-il en murmurant.

Chez Bartholoméo comme chez sa fille, toutes les irrésolutions causées par la bonté native de leurs âmes devaient néanmoins échouer devant leur fierté, devant la rancune particulière aux Corses. Ils s'encourageaient l'un et l'autre dans leur colère et fermaient les yeux sur l'avenir. Peut-être aussi se flattaient-ils mutuellement que l'un céderait à l'autre.

Monsieur Roguin lut un papier timbré contenant un procès-verbal rédigé à l'avance et demanda froidement à Bartholoméo quelle était sa réponse.
— Il y a donc en France des lois qui détruisent le pouvoir paternel, demanda le Corse.
— Monsieur... dit Roguin de sa voix mielleuse.
— Qui arrachent une fille à son père ?
— Monsieur...
— Qui privent un vieillard de sa dernière consolation ?
— Monsieur, votre fille ne vous appartient que...
— Qui le tuent ?
— Monsieur, permettez ?
Rien n'est plus affreux que le sang-froid et les raisonnements exacts d'un notaire au milieu des scènes passionnées où ils ont coutume d'intervenir.
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AMRAMR06 novembre 2016
Une journée ne ressemblait jamais à la précédente, leur amour allait croissant parce qu'il était vrai. Ils s'étaient éprouvés en peu de jours, et avaient instinctivement reconnu que leurs âmes étaient de celles dont les richesses inépuisables semblent toujours promettre de nouvelles jouissances pour l'avenir. C'était l'amour dans toute sa naïveté, avec ses interminables causeries, ses phrases inachevées, ses longs silences, son repos oriental et sa fougue. Luigi et Ginevra avaient tout compris de l'amour. L'amour n'est-il pas comme la mer qui, vue superficiellement ou à la hâte, est accusée de monotonie par les âmes vulgaires, tandis que certains êtres privilégiés peuvent passer leur vie à l'admirer en y trouvant sans cesse de changeants phénomènes qui les ravissent ?

La situation de ce ménage eut quelque chose d'épouvantable : les âmes des deux époux nageaient dans le bonheur, l'amour les accablait de ses trésors, la Pauvreté se levait comme un squelette au milieu de cette moisson de plaisir, et ils se cachaient l'un à l'autre leurs inquiétudes. Au moment où Ginevra se sentait près de pleurer en voyant son Luigi souffrant, elle le comblait de caresses. De même Luigi gardait un noir chagrin au fond de son coeur en exprimant à Ginevra le plus tendre amour. Ils cherchaient une compensation à leurs maux dans l'exaltation de leurs sentiments, et leurs paroles, leurs joies, leurs jeux s'empreignaient d'une espèce de frénésie. Ils avaient peur de l'avenir.

La Pauvreté se montra tout à coup, non pas hideuse, mais vêtue simplement, et presque douce à supporter, sa voix n'avait rien d'effrayant, elle ne traînait après elle ni désespoir, ni spectres, ni haillons, mais elle faisait perdre le souvenir et les habitudes de l'aisance ; elle usait les ressorts de l'orgueil. Puis, vint la Misère dans toute son horreur, insouciante de ses guenilles et foulant aux pieds tous les sentiments humains.
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thejozthejoz28 avril 2008
"Ginevra , vous aimez l'ennemi de votre famille, dit enfin Piombo, sans oser regarder sa fille.
-Cela est vrai répondit-elle.
-Il faut choisir entre lui et nous. Notre vendetta fait partie de nous-mêmes. Qui n'épouse pas ma vengeance, n'est pas de ma famille.
-Mon choix est fait" Répondit Ginevra d'une voix calme.
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