> Maurice Bruézière (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253138088
Éditeur : Le Livre de Poche (1995)


Note moyenne : 3.67/5 (sur 92 notes) Ajouter à mes livres
Le Chef d'Oeuvre inconnu propose une réflexion sur l'art et sur l'artiste.
Tout commence chez Porbus, peintre renommé, chez qui le jeune Poussin, peintre néophyte, va rencontrer le grand Frenhofer. Poussin découvre en Frenhofer un génie et apprend que celui-ci c... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (10)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par nastasiabuergo, le 10 mars 2012

    nastasiabuergo
    Voici une brève nouvelle, au sens strict, de par sa construction, mais que Balzac lui-même a placé dans la section "études philosophiques" de sa comédie humaine, et l'on comprend pourquoi. En réalité il s'agit d'une parabole, sur la forme ultime de l'art, sur la quête évanescente et infinie des artistes. Balzac pose (ou repose car elles ont été formalisées bien avant lui) les fameuses et protéiformes questions: Qu'est-ce que l'art? Qu'est-ce que le beau? Qu'est-ce qu'une œuvre d'art? Que recherche l'artiste? Où se situent les limites?
    Balzac avec la lucidité prophétique qu'on lui connaît évoque ici, dès les années 1830, les brûlantes controverses qui agiteront la peinture au tournant du XIXème siècle et jusqu'à nos jours avec l'abstraction, la subjectivité et l'incompréhension du spectateur ainsi que la notion même d'œuvre d'art.
    En somme, pas le meilleur Balzac qu'on puisse rêver mais pas inintéressant, loin s'en faut. Néanmoins, tout ceci n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand chose.
    Il fut tiré de cette nouvelle le film de Jacques Rivette intitulé La Belle Noiseuse (nom du tableau controversé dans la nouvelle) avec Michel Piccoli dans le rôle du vieux peintre Frenhofer et Emmanuelle Béart dans celui de Gilette.
    J'en termine en vous offrant ces deux extraits, le premier reprenant un thème fort chez l'auteur, notamment dans son sublime illusions perdues:
    "Enfin, il y a quelque chose de plus vrai que tout ceci, c'est que la pratique et l'observation sont tout chez un peintre, et que si le raisonnement et la poésie se querellent avec les brosses, on arrive au doute comme le bonhomme, qui est aussi fou que peintre. Peintre sublime, il a eu le malheur de naître riche, ce qui lui a permis de divaguer, ne l'imitez pas! Travaillez! Les peintres ne doivent méditer que les brosses à la main."
    "- le jeune Poussin est aimé par un femme dont l'incomparable beauté se trouve sans imperfection aucune. Mais, mon cher maître, s'il consent à vous la prêter, au moins faudra-t-il nous laisser voir votre toile. (...)
    - Comment! s'écria-t-il douloureusement, montrer ma créature, mon épouse? Déchirer le voile sous lequel j'ai chastement couvert mon bonheur? Mais ce serait une horrible prostitution! Voilà dix ans que je vis avec cette femme, elle est à moi, à moi seul, elle m'aime. Ne m'a-t-elle pas souri à chaque coup de pinceau que je lui ai donné? Elle a une âme, l'âme dont je l'ai douée. Elle rougirait si d'autres yeux que les miens s'arrêtaient sur elle. La faire voir! Mais quel est le mari, l'amant assez vil pour conduire sa femme au déshonneur? Quand tu fais un tableau pour la cour, tu n'y mets pas toute ton âme, tu ne vends aux courtisans que des mannequins coloriés! Ma peinture n'est pas une peinture, c'est un sentiment, une passion!"
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par LiliGalipette, le 18 avril 2010

    LiliGalipette
    Nouvelle d'Honoré de Balzac.
    Le jeune Nicolas Poussin est avide de découvrir et de maîtriser les techniques de peinture de maître Frenhofer. Introduit auprès du peintre par Porbus, il est empli d'admiration. Sa curiosité est éveillée par la mystérieuse toile que peint Frenhofer et qu'il refuse de livrer aux regards. le maître ne parvient pas à terminer son chef d'oeuvre, La belle noiseuse, portrait de femme qu'il veut plus vrai que nature et dont il affirme qu'aucune femme de chair ne surpassera en beauté. Nicolas Poussin propose au maître de comparer sa toile avec sa maîtresse, la belle Gillette. Pour Frenhofer, le verdict est sans appel, sa vierge peinte est au-dessus de toutes les femmes du monde. Pour Poussin et Porbus, à la vue du chef d'oeuvre enfin dévoilé, il n'y a que stupéfaction et désarroi.
    Frenhofer est un personnage faustien, vendu à la peinture pour une femme d'exception et trompé dans le marché insane qu'il a contracté. Génie aux portes de la folie, retranché des réalités et aveuglé par des années de recherche de la beauté, il ne reconnaît plus la grâce vivante. le maître dont le jeune peintre voudrait tout apprendre est un artiste qui ne sait plus rien.
    Balzac fait entrer par la petite porte des artistes peintres de renom. J'apprécie toujours la synesthésie d'un texte, quand les mots en disent plus en passant par les images ou les odeurs. le texte est court, fulgurant comme un trait de peinture sur une toile blanche. A lire sans aucun doute!
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par letteratura, le 31 octobre 2011

    letteratura
    Je continue donc mes livres De Balzac pour le challenge Balzac, mais je n'ai toujours pas tenté de romans, je continue avec deux Nouvelles avec lesquelles je commence à apprécier le style de l'auteur mais je devrais obligatoirement commence un jour, un roman De Balzac mais pas pour le moment.
    Voilà, j'ai lu deux Nouvelles sur le thèmes communs de la peinture et de l'art en général, je l'ai ai beaucoup aimé du fait de beaucoup de facteurs, cependant, je ne les ai pas très compris, surtout Sarrasine qui prend en compte beaucoup de thèmes qui me dépassent, donc, j'aimerais savoir si c'est moi ou c'est normal ?? Sinon, le reste est superbe.
    Commençons par le style des Nouvelles, ils étaient magnifiquement bien écrit, ils étaient composé à partir d'un récit cadre et d'un récit enchâssé comme dans Les dangers de l'inconduite où il y avait la même construction donc, il faut se concentrer, mais sinon j'ai littéralement dévoré le discours de Frenhofer (Le Chef-d'œuvre inconnu) sur l'art où il dit que ce n'est pas la copie de la nature, où il cherche la vie dans la peinture, c'était tout simplement magique à lire, j'admire désormais Balzac au moins pour ça. Donc, j'admire ce style fluide et pas très “classique” comme les autres, on dirait du contemporain, ce que je vient de découvrir, c'est que j'avais dit la même pour l'autre nouvelle aussi, donc ça doit surement être vrai pour moi.
    Les histoires sont vraiment très bien, elles sont superbement construite, on ne comprend pas ce qu'il va se passer, et à la fin, il nous donne quelque chose de complètement loufoque, dont on ne s'attend pas du tout. Ainsi, dans le chef-d'œuvre inconnu m'a vraiment surpris après tant d'éloges de ce chef-d'œuvre non encore découvert. Pour Sarrasine, c'était la même chose, tant d'éloge pour ça, c'est ce qu'on se dit. Donc, comprenez que j'ai adoré ces deux Nouvelles même si j'ai eu quelque problèmes de compréhension, j'espère avoir des réponses à mes questions par un blogueur qui l'a déjà lu.
    Les thèmes qu'ils traitent sont complètement différent malgré l'analogie faite avec les arts, puisque je considère le Chef-d'œuvre inconnu comme une nouvelle comme un éloge à l'art et la peinture sans vraiment dénoncer la société, mais Sarrasine donne un message sur les castrats de la société qui ne se trouvent pas vraiment de la place dans ce monde (je crois…).
    Donc, voici un classique que vous pouvez lire facilement sans que cela vous dépasse, vous pouvez les lire en une traite et je pense que c'est le meilleur pour ne pas être détaché de l'histoire du début à la fin. Bonne lecture à tous le monde !

    Lien : http://litteraire-en-herbe.blogspot.com/2011/10/le-chef-duvre-inconn..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par kikobaus, le 20 juin 2011

    kikobaus
    Le chef-d'œuvre inconnu compte parmi les plus belles pages écrites à propos du processus de création artistique. Il évoque en creux l'apprentissage, alors dispensé par les maîtres, plaçant ainsi chaque peintre dans une logique de filiation. Mais dépasser le maître, "tuer le père" dirait-on dans un anachronisme, demande d'incroyables sacrifices... et n'aboutit pas toujours.
    Finalement en confrontant le peintre à son public, dans cette tension si brillamment restituée par Balzac, l'auteur pose la question centrale du regard : l'art appartient-il à celui qui le pratique ou à celui qui le goûte ?
    Enfin, cette nouvelle place la pratique artistique comme une nécessité vitale pour le créateur, et donc en mesure de lui enlever la vie.
    Que de densité dans ces quelques pages !
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 05 juin 2011

    cicou45
    Balzac nous plonge ici dans l'univers de l'art, et plus particulièrement, dans celui de la peinture. Nicolas Poussin, un jeune peintre arrive à Paris en 1612 dans l'espoir d'y trouver un maître qui puisse lui enseigner les techniques et la maîtrise de la peinture. Pour cela, il s'adresse à François Porbus qui accepte de tenir se rôle. Nicolas fait la connaissance, par l'entremise de ce dernier, du vieux peintre Frenhofer qui est considéré comme l'un des plus grands par ses contemporains et est capable, en quelques coups de pinceau, de donner la vie au tableau de Porbus. Il prétend en effet détenir le secret de la peinture, mystère qu'il a hérité de son défunt maître. Cependant, Frenhofer se retrouve dépité car il est en quête d'un modèle d'une beauté incomparable pour son chef-d'œuvre absolu, La belle noiseuse. Nicolas, naïf et béat d'admiration devant l'œuvre de Frenhofer, lui propose alors sa belle et jeune maîtresse, Gillette, et sacrifie ainsi son amour pour le prix de l'art.
    Celui-ci, après avoir accepté, ne tardera par à dévoilé son œuvre aux deux peintres qui se retrouvent interdits devant le tableau puisque ce qu'ils découvrent ne ressemble en rien au chef-d'œuvre tant attendu !
    Magnifique nouvelle d'Honoré de Balzac où l'on découvre non seulement l'univers de l'art mais aussi celui de la folie et de la déchéance ou encore celui du sacrifice. Mais l'art est-il à ce point si important qu'il mérite que l'on sacrifie tout pour lui comme l'a fait Nicolas en offrant en pâture la femme qu'il aime ?
    J'ai été agréablement surprise par cette nouvelle car j'ai trouvé l'écriture agréable avec des phrases ni trop longues ni trop courtes mais surtout avec une facilité d'approche et de compréhension !
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (4)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Couperine, le 04 mai 2010

    Vers la fin de l'année 1612, par une froide matinée de décembre, un jeune homme dont le vêtement était de très mince apparence, se promenait devant la porte d'une maison située rue des Grands-Augustins, à Paris. Après avoir assez longtemps marché dans cette rue avec l'irrésolution d'un amant qui n'ose se présenter chez sa première maîtresse, quelque facile qu'elle soit, il finit par franchir le seuil de cette porte, et demanda si maître François PORBUS était en son logis. Sur la réponse affirmative que lui fit une vieille femme occupée à balayer une salle basse, le jeune homme monta lentement les degrés, et s'arrêta de marche en marche, comme quelque courtisan de fraîche date, inquiet de l'accueil que le roi va lui faire. Quand il parvint en haut de la vis, il demeura pendant un moment sur le palier, incertain s'il prendrait le heurtoir grotesque qui ornait la porte de l'atelier où travaillait sans doute le peintre de Henri IV délaissé pour Rubens par Marie de Médicis. Le jeune homme éprouvait cette sensation profonde qui a dû faire vibrer le cœur des grands artistes quand, au fort de la jeunesse et de leur amour pour l'art, ils ont abordé un homme de génie ou quelque chef-d'œuvre. Il existe dans tous les sentiments humains une fleur primitive, engendrée par un noble enthousiasme qui va toujours faiblissant jusqu'à ce que le bonheur ne soit plus qu'un souvenir et la gloire un mensonge.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (15 votes positifs)
  • Par brigetoun, le 01 novembre 2009

    En s’approchant, ils aperçurent dans un coin de la toile le bout d’un pied nu qui sortait de ce chaos de couleurs, de tous, de nuances indécises, espèce de brouillard sans forme ; mais un pied délicieux, un pied vivant ! Ils restèrent pétrifiés d’admiration devant ce fragment échappé à une incroyable, à une lente et progressive destruction. Ce pied apparaissait là comme un torse de quelque Vénus en marbre de Paros qui surgirait parmi les décombres d’une ville incendiée.
    Il y a une femme là-dessous, s’écria Porbus en faisant remarquer à Poussin les couches de couleurs que le vieux peintre avait successivement superposées en croyant perfectionner sa peinture...
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par vllc, le 27 mars 2011

    "La mission de l'art n'est pas de copier la nature mais de l'exprimer".
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par Megh, le 19 mai 2011

    C'est cela et ce n'est pas cela. Qu'y manque t-il ? Un rien, mais ce rien est tout.
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir Le Chef-d'oeuvre inconnu par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (223)

> voir plus

Quiz