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> Pierre Barbéris (Préfacier, etc.)
> Patrick Berthier (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070411184
Éditeur : Gallimard (1999)


Note moyenne : 3.51/5 (sur 745 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Chabert ! Un nom dur à porter pour cet homme foudroyé.
Célèbre, certes, mais qui passe désormais pour un imposteur. Car Chabert, colonel, comte d'Empire, est mort à Eylau, et son décès, historique, est consigné dans les actes militaires. Enseveli vivant ! Tel fut... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 22 décembre 2014

    Nastasia-B
    Le Colonel Chabert est l'un des trésors que nous a légué Balzac et auquel je témoigne le plus grand respect. On y sent souffler les accents sublimes qui deviendront, sous la plume d'Hugo, Les Misérables.
    Dans ce petit roman, l'auteur nous mène sur les sentiers d'une quasi résurrection, celle d'un brillant et brave grognard de Napoléon que tout le monde a cru mort et enterré à la bataille d'Eylau. L'histoire se corse lorsque réapparaît le vieux colonel bien des années plus tard et que sa légitime épouse, remariée, devenue comtesse et richissime s'aperçoit que l'essentiel de son bien pourrait être revendiqué par son ancien mari...
    Honoré de Balzac cisèle dans la dentelle une narration impeccable, et dresse un portrait surprenant de l'avoué Derville, qu'on sent mi honnête homme, mi canaille, pouvant verser de l'un ou l'autre côté selon d'où vient le vent, à l'image de Petit-Claud dans les Illusions Perdues, mais qui, pris d'une commisération, rare en cette engeance, et tel que nous le connaissons par ailleurs, dans Gobseck par exemple, va tout mettre en oeuvre pour secourir le vaillant vieux soldat.
    J'en ai assez dit si je ne veux pas trop déflorer cette perle, ce grand chef-d'oeuvre de littérature, mais bien sûr, tout ceci n'est que mon avis, dont la validité ne tient qu'à un coup de sabre, plus ou moins bien placé, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 26 mai 2013

    Nastasia-B
    J'aime quand un choix éditorial s'appuie sur une réelle concordance d'oeuvres. Les petits romans De Balzac se prêtent bien à ce jeu des associations, pas toujours très heureux.
    Ici, il est difficile de prétexter qu'il y ait quoi que ce soit de révolutionnaire car le rapprochement avait été effectué par l'auteur lui-même dans l'effort de catégorisation qu'il avait entrepris pour son chef-d'oeuvre, La Comédie Humaine.
    Néanmoins, ce n'est pas une raison pour ne pas saluer cette décision éditoriale de garder le lien étroit qui unit ces deux brefs romans ayant de nombreux éléments comparables : similitudes ou complémentarités.
    1) Les similitudes ou points communs :
    - un homme de bien est mis en difficulté par la justice, simplement dans le fait de prouver son bon droit.
    - le principal obstacle à l'homme de bien est sa légitime épouse, dame raffinée et assez intéressée aux choses de l'argent.
    - un homme de loi intègre prend le parti de l'homme de bien.
    - un élément du passé datant de nombreuses années explique la mise en difficulté de l'homme de bien.
    - l'homme de bien ne veut absolument pas nuire à son épouse.
    - l'homme de loi est positivement ému par le destin et la personnalité de l'homme de bien.
    - la morale et la justice ne se situent pas forcément du même côté.
    2) Les complémentarités ou parallélismes :
    - dans le premier cas la requête émane de l'homme de bien, dans l'autre elle émane de l'épouse ennemie.
    - dans un cas l'homme de bien est déchu de son statut social, dans l'autre, on cherche à le déchoir.
    - dans un cas, homme de bien cherche à réunir le couple, dans l'autre, il est source de la séparation.
    - dans un cas l'homme de bien est seul face à une épouse entourée de sa famille, dans l'autre, l'homme de bien est entouré de sa famille face à son épouse seule.
    Je ne sais pas si je vous ai convaincu du bienfondé de proposer ces deux romans conjointement. Je n'entrerai pas plus avant dans les histoires en elles-mêmes car je leur ai déjà consacrées l'une et l'autre un avis distinctif. En outre, sachez tout de même que je considère ce livre comme une excellente porte d'entrée chez le si redouté et pourtant bien peu redoutable et génial magicien des mots qu'est notre Honoré de Balzac.
    À tout le moins, c'est mon avis, c'est-à-dire, bien peu de chose.
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    • Livres 4.00/5
    Par Luniver, le 18 décembre 2013

    Luniver
    Imaginez deux secondes votre retour au pays, alors que tout le monde vous croyait mort sur le champ de bataille depuis plusieurs années. Des exclamations de joie seraient les bienvenues, ainsi que quelques larmes de bonheur. Et bien que cela offense votre modestie habituelle, vous accueilleriez cette fois-ci les qualificatifs de béni des dieux et de miraculé avec une certaine indulgence.
    Malheureusement pour le colonel Chabert, cette situation idéale est entravée par plusieurs obstacles : l'administration l'a déclaré mort, et n'est pas d'humeur à changer d'avis aussi facilement ; si le colonel était le bras droit fidèle d'un empereur, il se retrouve aujourd'hui face à un roi, qui ignore tout de lui ; sa femme a épousé son amant, s'est constitué une solide fortune avec l'héritage qu'elle a reçu, et a maintenant deux enfants. Bref, la société toute entière se porte beaucoup mieux avec un Chabert mort qu'avec un Chabert vivant, et n'entend pas se laisser contrarier par la vulgaire réalité des faits.
    Habitué à rugueuse franchise de l'armée, et ayant rempli ses devoirs de soldat et d'époux, le colonel a bien du mal à comprendre pourquoi son comportement n'est pas payé de retour, et les voies tortueuses de la justice ont de quoi le surprendre : on l'encourage à être vivant, mais pas trop, à réclamer l'argent qui lui appartient, mais pas tout, à laisser sa femme qui lui a juré fidélité vivre avec quelqu'un d'autre. le fait qu'il soit dans son bon droit sur toute la ligne ne semble impressionner personne.
    Le portrait que Balzac nous livre est finalement assez cruel : un homme qui a été intègre toute sa vie et qui ne reçoit comme récompenses que manipulation, tromperie et complications juridiques. Ce récit souligne également la fragilité de la position sociale, qui ne tient que par la bonne volonté des pairs. Quand ils tournent le dos au colonel, il ne reste plus que les anciens frères d'arme pour lui offrir un bout de pain.
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    • Livres 5.00/5
    Par experyoshi, le 13 novembre 2013

    experyoshi
    Je voulais prêter ce livre à un ami qui apprend le français, malheureusement je ne me souvenais plus que le style était soutenu, et le lexique assez complexe avec des termes juridiques trop difficiles à comprendre pour un étranger. Malgré cela, j'ai eu envie de relire ce roman. Quelle redécouverte !
    Balzac est un vrai conteur. le colonel Chabert dépeint le retour tragique d'un ancien héros militaire de la garde Napoléonienne. le colonel est enterré vivant à bataille d'Eylau : la description de cette scène est bouleversante et très théâtrale. Méconnaissable et affaibli, le colonel regagne la France pour retrouver son épouse qui s'est remariée. le colonel se débat pour retrouver son identité et une place dans la société qui le rejette totalement…
    Le Colonel Chabert est une tragédie, superbement écrite. On y lit le drame de ceux que la justice refuse de reconnaître. Cette histoire se pose dans un contexte historique particulier : la défaite de Napoléon, la fin de l'Empire et le début de la Restauration.
    Un roman indémodable, une histoire universelle. Magnifique.
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    • Livres 5.00/5
    Par balrog, le 09 novembre 2013

    balrog
    Un drame comme je les aime, court mais captivant. Impossible de ne pas s'attacher à ce Hyacinthe, dit Chabert, car à l'instar du père Goriot, c'est une âme généreuse. Mais on le sais, les justes ne sont pas toujours récompensés, et avec ce livre, Honoré de Balzac nous rappel que parfois, il ne suffit pas d'être bon pour voir la vie nous sourire.
    J'ai beaucoup aimé la façon dont l'auteur dépeint la misère, ainsi que la souffrance du colonel Chabert, qui malgré tout garde sa dignité jusqu'à la fin. Il y a aussi un peu d'humour, avec les membres de l'étude qui ne sont pas les derniers à faire les pitres.
    Merci à Nastasia pour son conseil personnalisé qui a touché droit dans le mille ! Très bon bouquin !
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Citations et extraits

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  • Par aouatef79, le 18 juin 2015

    La seule épigramme permise à la Misère est d 'obliger la Justice et la Bienfaisance à
    des dénis injustes Quand les malheureux ont convaincu la Société de mensonge ,
    ils se rejettent plus vivement dans le sein de Dieu .

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  • Par aouatef79, le 18 juin 2015

    Monsieur , votre patron esr-il visible ?
    Le malicieux saute-ruisseau ne répondit au pauvre homme qu 'en se donnant avec
    les doigts de la main gauche de petits coups eépétés sur l 'oreille , comme pour :
    Je suis sourd .

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  • Par aouatef79, le 18 juin 2015

    Certes ,si les sacristies humides où les prières se pèsent et se payent comme des
    épices , si les magasins des revendeuses où flottent des guenilles qui fleurissent
    toutes les illusions de la vie en nous montrant où aboutissent nos fêtes ,si ces deux
    cloaques de poésie n 'existaient pas , une étude d 'avoué serait de toutes les
    boutiques sociales la plus horrible.
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  • Par aouatef79, le 18 juin 2015

    L 'inconnu resta impassible IL se mit à regarder modestement autour de lui ,comme
    un chien qui, en se glissant dans une cuisine étrangère , craint d 'y recevoir des
    coups .

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  • Par Nastasia-B, le 15 juin 2012

    L'antichambre du Greffe offrait alors un de ces spectacles que malheureusement ni les législateurs, ni les philanthropes, ni les peintres, ni les écrivains ne viennent étudier. Comme tous les laboratoires de la chicane, cette antichambre est une pièce obscure et puante, dont les murs sont garnis d'une banquette en bois noirci par le séjour perpétuel des malheureux qui viennent à ce rendez-vous de toutes les misères sociales, et auquel pas un d'eux ne manque. Un poète dirait que le jour a honte d'éclairer ce terrible égout par lequel passent tant d'infortunes ! Il n'est pas une seule place où ne se soit assis quelque crime en germe ou consommé ; pas un seul endroit où ne se soit rencontré quelque homme qui, désespéré par la légère flétrissure que la justice avait imprimée à sa première faute, n'ait commencé une existence au bout de laquelle devait se dresser la guillotine, ou détoner le pistolet du suicide. Tous ceux qui tombent sur le pavé de Paris rebondissent contre ces murailles jaunâtres, sur lesquelles un philanthrope qui ne serait pas un spéculateur pourrait déchiffrer la justification des nombreux suicides dont se plaignent des écrivains hypocrites, incapables de faire un pas pour les prévenir, et qui se trouve écrite dans cette antichambre, espèce de préface pour les drames de la Morgue ou pour ceux de la place de Grève. En ce moment le colonel Chabert s'assit au milieu de ces hommes à faces énergiques, vêtus des horribles livrées de la misère, silencieux par intervalles, ou causant à voix basse, car trois gendarmes de faction se promenaient en faisant retentir leurs sabres sur le plancher.
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Videos de Honoré de Balzac

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Vidéo de Honoré de Balzac

- Honoré de Balzac,"Eugénie Grandet", le livre de poche -
Tout est grand dans ce célèbre roman, sans que rien ne bouge. Eugénie est une sorte de sainte selon l'homme, toujours fidèle à une même pensée, mais toute naturelle. [...] Au rebours on trouvera dans Eugénie tous les stratagèmes du coeur, et un vrai courage à affronter le terrible homme aux gants de cuir. On a tout dit sur Grandet. On a moins remarqué ce mot de reine, lorsque Eugénie se trouve maîtresse d'une immense fortune et assiégée d'intrigues. Elle répond : Nous verrons cela » comme son père faisait. [...] Ainsi l'âme de Grandet finit par être sauvée. Alain, Propos sur Balzac.

- Victor Hugo, "L'Homme qui rit", Gallimard -
À travers la destinée extraordinaire de Gwynplaine, L'Homme qui rit, Victor Hugo brosse un tableau épique de l'aristocratie anglaise des années 1700. À la fois roman d'aventures, exposé historique et social, drame injouable et poème visionnaire, ce roman est le plus fou de tous ceux de Hugo. C'est aussi le plus riche des obsessions de son auteur. le bateau pris dans la tempête, le pendu servant de vigie, la cabane-théâtre des saltimbanques, les tirades philosophiques d'Ursus, les machinations du traître, la chirurgie monstrueuse, le portrait de la princesse perverse, l'or des palais et le scandale à la chambre des lords sont, plus que des morceaux de bravoure, des morceaux d'anthologie.








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