> Pierre Barbéris (Préfacier, etc.)
> Patrick Berthier (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070411184
Éditeur : Gallimard (1999)


Note moyenne : 3.43/5 (sur 163 notes) Ajouter à mes livres
Chabert ! Un nom dur à porter pour cet homme foudroyé.
Célèbre, certes, mais qui passe désormais pour un imposteur. Car Chabert, colonel, comte d'Empire, est mort à Eylau, et son décès, historique, est consigné dans les actes militaires. Enseveli vivant ! Tel fut... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 18 août 2011

    brigittelascombe
    Imaginez, le XIX° siècle. Vous êtes un colonel, commandant le régiment de la cavalerie d'Eylau, un homme courageux,digne et honnête.
    Suite à un vilain coup de sabre,votre mort a été annoncée à l'empereur un peu trop rapidement. Coup de chance vous survivez et réintégrez vos pénates, vieillard usé et désabusé, neuf ans plus tard. Coup de malchance, votre femme sans scrupule a profité de ce coup du sort pour s'approprier vos biens, se remarier et dans la foulée engendrer deux adorables angelots.
    Reconnaissez l'absurde de la situation, sa cruauté même.
    Que feriez vous?
    Lutteriez vous contre la justice injuste?
    Iriez vous trouver l'avoué Maître Derville de la comtesse Ferraud veuve du colonel Chabert pour parlementer?
    Intenteriez vous un procés à celle qui "décidée à tout pour arriver à ses fins veut vous anéantir socialement" ou vous laisseriez vous grignoter, petit à petit, jusqu'à la moelle comme ce pauvre hère en disant: " J'ai été enterré sous les morts, maintenant je suis enterré sous des actes,sous des faits,sous la société tout entière qui veut me faire rentrer sous terre"?
    Voilà fort bien rendu Le Colonel Chabert, l'un des types sociaux de La comédie humaine,cette fresque géante de scènes de vie,de peintures de la société du XIX° siècle qui a fait la gloire d'Honoré de Balzac après la publication de deux ouvrages philosophiques, puis des Chouans(roman historique) en 1829 et qui a organisé son oeuvre à partir de 1833.
    Une approche psychologique fouillée des sentiments qui vont crescendo pour le colonel :de l'indignation à la colère,puis de la naïveté à la bonté et enfin au mépris et décrescendo pour la comtesse qui va de fourberie en hypocrisie,de rouerie en cruauté puis en méchanceté.
    Un livre qui évoque de par le thème du retour l' excellent film de Daniel Vigne: le retour de Martin Guerre avec Nathalie Baye,Gérard Depardieu et Bernard Pierre Donadieu dans lequel il y aura deux retours dont un premier avec usurpation d'identité mais où contrairement au colonel Chabert, le vrai Martin Guerre se défendra par tous les moyens pour retrouver son du.
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    • Livres 5.00/5
    Par jsgandalf, le 08 mai 2012

    jsgandalf
    Qui est-il cet homme qui rentre dans une étude d'avoué. Il dit être Colonel et devoir parlé à maître Derville. Il raconte comment à la bataille d'Eylau ,il fut laissé pour mort, lui Le colonel Chabert, enfant des hospice ayant voué sa vie à Napoléon. Comment il est revenu en France et pour il est rentré dans l'étude de maître Derville. Pour retrouvé son rang, son honneur et sa femme. Enfin tout ce que cette dernière ne veut pas lui rendre. Ce livre est un vibrant hommage aux grognards. C'est aussi encore une étude de l'avarice, du rang social plus important que tout le reste et un livre d'honneur. Balzac à écrit ici un roman important qui pourrait exister en dehors de La comédie humaine.
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    • Livres 3.00/5
    Par Dadafolie, le 29 janvier 2012

    Dadafolie
    Ce petit roman trainait dans ma bibliothèque, et ce n'est que six mois après avoir lu la cousine bette que je décidais de m'y mettre...
    Pour débuter sur une comparaison avec ma seule autre lecture De Balzac, on notera tout de suite la différence de volume du récit; Le Colonel Chabert, en gros caractères, se monte difficilement à 200 pages tandis que la cousine bette est un gros pavé de 450 pages sauf erreur. le deuxième est donc beaucoup plus complet, mieux construit, plus soutenu par une myriade de personnages secondaires qui, sans occulter les figures principales, restent néanmoins portraiturées avec finesse.
    Le passage de l'un à l'autre choque un peu, il faut le dire; leur écriture se sépare de 10 années (1832 pour Le Colonel Chabert, corrigé d'ailleurs en 1844, et 1847 pour la cousine bette).
    Le Colonel Chabert se laisse néanmoins lire; il est agréable par la sujet qu'il place sur le devant de la scène, à savoir la réintégration des vétérans de guerre dans la société une fois la guerre terminée. Dans ce roman, l'on voit le Comte de Chabert, laissé pour mort durant la guerre qui opposa Français aux Allemands, qui rentre au bercail en espérant revoir sa femme, ainsi que sa confortable fortune. Mais à son arrivée le régime a changé; Napoléon n'est plus, tandis que sa femme, remariée et accouchée de deux enfants, a les pleins droits sur son capital...Entre alors en jeu un avocat en quête d'argent qui propose au colonel de regagner son argent, en tentant par la même occasion de se rapprocher de la comtesse afin de voir quel arrangement le servira le mieux.
    La question de la reconnaissance envers les anciens combattants est soulevée, et l'on assiste à la déchéance d'un homme de loyauté qui avait tout donné à son général, et qui ne reçoit en retour que de bien maigres récompenses.
    Plutôt court, le roman se lit vite, s'apprécie, mais ne laisse pas une grande impression, contrairement à la cousine bette que je lui ai de loin préféré.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Saint-Luc, le 16 avril 2011

    Saint-Luc
    Pour être balzacien, on n'est pas forcément un inconditionnel de tous les opi de La comédie humaine.
    Ainsi du colonel Chabert;
    Pourquoi ?
    Parce que le personnage n'est pas "aimable" au sens littéral, qu'il se défend mal et que surtout à la fin il ne se défend plus.
    Le seul acteur pour lequel on puisse avoir de l'admiration dans ce roman est Maître DERVILLE, l'avoué honnête, le juriste méprisant souverainement sa cliente, qui lui fait horreur.
    Mais on peut aussi avoir une autre approche du Colonel Chabert, peut-être la plus sympathique: voici un homme qui adopte sur le tard de sa vie une attitude de renoncement aux choses matérielles, trouve une voie kharmique qui peut s'apparenter à la sagesse de Boudha.
    Reste qu'à l'époque d'Honoré, une telle attitude n'était pas dans les moeurs, et qu'il n'a certainement pas souhaité montrer ceci.
    Le secret de ce roman, le vrai, le seul secret, c'est la haine de la femme, de sa cruauté, de sa duplicité, de sa soif d'accaparement, cette haine que Balzac n'a jamais cessé d'éprouver et qu'il exhale ici à plaisir.
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    • Livres 5.00/5
    Par nastasiabuergo, le 08 mars 2012

    nastasiabuergo
    Le Colonel Chabert est l'un des trésors que nous a légué Balzac et auquel nous devons témoigner le plus grand respect. On y sent souffler les accents sublimes qui deviendront, sous la plume d'Hugo, Les Misérables. Dans ce petit roman, l'auteur nous mène sur les sentiers d'une quasi ressuscitation, celle d'un brillant et brave grognard de Napoléon que tout le monde a cru mort et enterré à la bataille d'Eylau. L'histoire se corse lorsque réapparaît le vieux colonel bien des années plus tard et que sa légitime épouse, remariée, comtesse et richissime s'aperçoit que l'essentiel de son bien pourrait être revendiqué par son ancien mari...
    Honoré de Balzac cisèle dans la dentelle une narration impeccable, et dresse un portrait surprenant de l'avoué Derville, mi honnête homme, mi canaille, à l'image de Petit-Claud dans les illusions perdues, mais qui, pris d'une commisération, rare en cette engeance, va tout mettre en œuvre pour secourir le vaillant vieux soldat. J'en ai assez dit si je ne veux pas trop déflorer cette perle, ce grand chef-d'œuvre de littérature, mais bien sûr, tout ceci n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand chose.
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Citations et extraits

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  • Par Dexterette, le 25 mai 2012

    J'irai, s'écria-t-il, au pied de la colonne de la place Vendôme, je crierai là : Je suis le colonel Chabert qui a enfoncé le grand carré des Russes à Eylau ! Le Bronze, lui ! me reconnaîtra.
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  • Par Couperine, le 04 mai 2010

    Le colonel, qui déjà cherchait sa femme, accourut et s’assit près d’elle.

    Rosine, lui dit-il, qu’avez-vous ?

    Elle ne répondit pas. La soirée était une de ces soirées magnifiques et calmes dont les secrètes harmonies répandent, au mois de juin, tant de suavité dans les couchers du soleil. L’air était pur et le silence profond, en sorte que l’on pouvait entendre dans le lointain du parc les voix de quelques enfants qui ajoutaient une sorte de mélodie aux sublimité du paysage.

    Vous ne me répondez pas ? demanda le colonel à sa femme.

    — Mon mari…, dit la comtesse, qui s’arrêta, fit un mouvement, et s’interrompit pour lui demander en rougissant : Comment dirai-je en parlant de

    M. le comte Ferraud ?

    — Nomme-le ton mari, ma pauvre enfant, répondit le colonel avec un accent de bonté, n’est— ce pas le père de tes enfants ?

    — Eh bien, reprit-elle, si monsieur me demande ce que je suis venue faire ici, s’il apprend que je m’y suis enfermée avec un inconnu, que lui dirai-je ?

    Écoutez, monsieur, reprit-elle en prenant une attitude pleine de dignité, décidez de mon sort, je suis résignée à tout…

    — Ma chère, dit le colonel en s’emparant des mains de sa femme, j’ai résolu de me sacrifier entièrement à votre bonheur…

    — Cela est impossible, s’écria-t-elle en laissant échapper un mouvement convulsif. Songez donc que vous devriez alors renoncer à vous-même et d’une manière authentique…

    — Comment, dit le colonel, ma parole ne vous suffit pas ?

    Le mot authentique tomba sur le cœur du vieillard et y réveilla des défiances involontaires.
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  • Par gteisseire2, le 24 février 2011

    J'ai été enterré sous des morts, mais maintenant je suis enterré sous des vivants, sous des actes, sous des faits, sous la société tout entière, qui veut me faire rentrer sous terre !
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  • Par nastasiabuergo, le 08 mars 2012

    L'antichambre du Greffe offrait alors un de ces spectacles que malheureusement ni les législateurs, ni les philanthropes, ni les peintres, ni les écrivains ne viennent étudier. Comme tous les laboratoires de la chicane, cette antichambre est une pièce obscure et puante, dont les murs sont garnis d'une banquette en bois noirci par le séjour perpétuel des malheureux qui viennent à ce rendez-vous de toutes les misères sociales, et auquel pas un d'eux ne manque. Un poète dirait que le jour a honte d'éclairer ce terrible égout par lequel passent tant d'infortunes ! Il n'est pas une seule place où ne se soit assis quelque crime en germe ou consommé ; pas un seul endroit où ne se soit rencontré quelque homme qui, désespéré par la légère flétrissure que la justice avait imprimée à sa première faute, n'ait commencé une existence au bout de laquelle devait se dresser la guillotine, ou détoner le pistolet du suicide. Tous ceux qui tombent sur le pavé de Paris rebondissent contre ces murailles jaunâtres, sur lesquelles un philanthrope qui ne serait pas un spéculateur pourrait déchiffrer la justification des nombreux suicides dont se plaignent des écrivains hypocrites, incapables de faire un pas pour les prévenir, et qui se trouve écrite dans cette antichambre, espèce de préface pour les drames de la Morgue ou pour ceux de la place de Grève. En ce moment le colonel Chabert s'assit au milieu de ces hommes à faces énergiques, vêtus des horribles livrées de la misère, silencieux par intervalles, ou causant à voix basse, car trois gendarmes de faction se promenaient en faisant retentir leurs sabres sur le plancher.
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  • Par Raeghar, le 11 avril 2012

    Le malheur est une espèce de talisman dont la vertu consiste à corroborer notre constitution primitive : il augmente la défiance et la méchanceté chez certains hommes, comme il accroît le bonté de ceux qui ont un coeur excellent.
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