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> Pierre Barbéris (Préfacier, etc.)
> Patrick Berthier (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070411184
Éditeur : Gallimard (1999)


Note moyenne : 3.47/5 (sur 601 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Chabert! Un nom dur à porter pour cet homme foudroyé.
Célèbre, certes, mais qui passe désormais pour un imposteur. Car Chabert, colonel, comte d'Empire, est mort à Eylau, et son décès, historique, est consigné dans les actes militaires. Enseveli vivant! Tel fut l... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Luniver, le 18 décembre 2013

    Luniver
    Imaginez deux secondes votre retour au pays, alors que tout le monde vous croyait mort sur le champ de bataille depuis plusieurs années. Des exclamations de joie seraient les bienvenues, ainsi que quelques larmes de bonheur. Et bien que cela offense votre modestie habituelle, vous accueilleriez cette fois-ci les qualificatifs de béni des dieux et de miraculé avec une certaine indulgence.
    Malheureusement pour Le Colonel Chabert, cette situation idéale est entravée par plusieurs obstacles : l'administration l'a déclaré mort, et n'est pas d'humeur à changer d'avis aussi facilement ; si le colonel était le bras droit fidèle d'un empereur, il se retrouve aujourd'hui face à un roi, qui ignore tout de lui ; sa femme a épousé son amant, s'est constitué une solide fortune avec l'héritage qu'elle a reçu, et a maintenant deux enfants. Bref, la société toute entière se porte beaucoup mieux avec un Chabert mort qu'avec un Chabert vivant, et n'entend pas se laisser contrarier par la vulgaire réalité des faits.
    Habitué à rugueuse franchise de l'armée, et ayant rempli ses devoirs de soldat et d'époux, le colonel a bien du mal à comprendre pourquoi son comportement n'est pas payé de retour, et les voies tortueuses de la justice ont de quoi le surprendre : on l'encourage à être vivant, mais pas trop, à réclamer l'argent qui lui appartient, mais pas tout, à laisser sa femme qui lui a juré fidélité vivre avec quelqu'un d'autre. le fait qu'il soit dans son bon droit sur toute la ligne ne semble impressionner personne.
    Le portrait que Balzac nous livre est finalement assez cruel : un homme qui a été intègre toute sa vie et qui ne reçoit comme récompenses que manipulation, tromperie et complications juridiques. Ce récit souligne également la fragilité de la position sociale, qui ne tient que par la bonne volonté des pairs. Quand ils tournent le dos au colonel, il ne reste plus que les anciens frères d'arme pour lui offrir un bout de pain.
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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 01 juillet 2012

    Nastasia-B
    Le Colonel Chabert est l'un des trésors que nous a légué Balzac et auquel nous devons témoigner le plus grand respect. On y sent souffler les accents sublimes qui deviendront, sous la plume d'Hugo, Les Misérables. Dans ce petit roman, l'auteur nous mène sur les sentiers d'une quasi ressuscitation, celle d'un brillant et brave grognard de Napoléon que tout le monde a cru mort et enterré à la bataille d'Eylau. L'histoire se corse lorsque réapparaît le vieux colonel bien des années plus tard et que sa légitime épouse, remariée, comtesse et richissime s'aperçoit que l'essentiel de son bien pourrait être revendiqué par son ancien mari...
    Honoré de Balzac cisèle dans la dentelle une narration impeccable, et dresse un portrait surprenant de l'avoué Derville, qu'on sent mi honnête homme, mi canaille, pouvant verser de l'un ou l'autre côté selon d'où vient le vent, à l'image de Petit-Claud dans Les illusions perdues, mais qui, pris d'une commisération, rare en cette engeance, va tout mettre en œuvre pour secourir le vaillant vieux soldat. J'en ai assez dit si je ne veux pas trop déflorer cette perle, ce grand chef-d'œuvre de littérature, mais bien sûr, tout ceci n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand chose.
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    • Livres 5.00/5
    Par experyoshi, le 13 novembre 2013

    experyoshi
    Je voulais prêter ce livre à un ami qui apprend le français, malheureusement je ne me souvenais plus que le style était soutenu, et le lexique assez complexe avec des termes juridiques trop difficiles à comprendre pour un étranger. Malgré cela, j’ai eu envie de relire ce roman. Quelle redécouverte !
    Balzac est un vrai conteur. Le colonel Chabert dépeint le retour tragique d’un ancien héros militaire de la garde Napoléonienne. Le colonel est enterré vivant à bataille d’Eylau : la description de cette scène est bouleversante et très théâtrale. Méconnaissable et affaibli, le colonel regagne la France pour retrouver son épouse qui s’est remariée. Le colonel se débat pour retrouver son identité et une place dans la société qui le rejette totalement…
    Le Colonel Chabert est une tragédie, superbement écrite. On y lit le drame de ceux que la justice refuse de reconnaître. Cette histoire se pose dans un contexte historique particulier : la défaite de Napoléon, la fin de l’Empire et le début de la Restauration.
    Un roman indémodable, une histoire universelle. Magnifique.
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    • Livres 5.00/5
    Par Blacksad, le 07 avril 2013

    Blacksad
    C'est à Paris, à l'époque de la Restauration, qu'apparaît un ancien grognard napoléonien dans une étude d'avoué crasseuse. C'est à partir de là que commence ce roman, certes petit par la taille, mais grand par les sentiments qu'il inspire. Dans son superbe portrait du Colonel Chabert, Balzac réussit à insuffler à son personnage une majesté sans pareille, qui n'en rend sont histoire que plus touchante, révoltante même. Par l'opposition entre les caractères manichéens de Chabert et sa femme, l'auteur ne fait que sublimer l'aura de son personnage, qui reste probe et droit face à l'injustice qui lui est faite.
    Le Colonel Chabert est mon premier Balzac -il n'est jamais trop tard- et il a réussi à me donner l'envie de continuer à chercher quelques lectures dans La comédie humaine. Je dois dire que j'ai été absolument fasciné par cette lecture, et que j'ai profité de chaque moment. Il restera sans doute un excellent souvenir, alors, merci NastasiaBuergo, d'avoir pu me le conseiller.
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    • Livres 5.00/5
    Par balrog, le 09 novembre 2013

    balrog
    Un drame comme je les aime, court mais captivant. Impossible de ne pas s'attacher à ce Hyacinthe, dit Chabert, car à l'instar du Père Goriot, c'est une âme généreuse. Mais on le sais, les justes ne sont pas toujours récompensés, et avec ce livre, Honoré de Balzac nous rappel que parfois, il ne suffit pas d'être bon pour voir la vie nous sourire.
    J'ai beaucoup aimé la façon dont l'auteur dépeint la misère, ainsi que la souffrance du Colonel Chabert, qui malgré tout garde sa dignité jusqu'à la fin. Il y a aussi un peu d'humour, avec les membres de l'étude qui ne sont pas les derniers à faire les pitres.
    Merci à Nastasia pour son conseil personnalisé qui a touché droit dans le mille ! Très bon bouquin !
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Citations et extraits

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  • Par Nastasia-B, le 15 juin 2012

    L'antichambre du Greffe offrait alors un de ces spectacles que malheureusement ni les législateurs, ni les philanthropes, ni les peintres, ni les écrivains ne viennent étudier. Comme tous les laboratoires de la chicane, cette antichambre est une pièce obscure et puante, dont les murs sont garnis d'une banquette en bois noirci par le séjour perpétuel des malheureux qui viennent à ce rendez-vous de toutes les misères sociales, et auquel pas un d'eux ne manque. Un poète dirait que le jour a honte d'éclairer ce terrible égout par lequel passent tant d'infortunes ! Il n'est pas une seule place où ne se soit assis quelque crime en germe ou consommé ; pas un seul endroit où ne se soit rencontré quelque homme qui, désespéré par la légère flétrissure que la justice avait imprimée à sa première faute, n'ait commencé une existence au bout de laquelle devait se dresser la guillotine, ou détoner le pistolet du suicide. Tous ceux qui tombent sur le pavé de Paris rebondissent contre ces murailles jaunâtres, sur lesquelles un philanthrope qui ne serait pas un spéculateur pourrait déchiffrer la justification des nombreux suicides dont se plaignent des écrivains hypocrites, incapables de faire un pas pour les prévenir, et qui se trouve écrite dans cette antichambre, espèce de préface pour les drames de la Morgue ou pour ceux de la place de Grève. En ce moment le colonel Chabert s'assit au milieu de ces hommes à faces énergiques, vêtus des horribles livrées de la misère, silencieux par intervalles, ou causant à voix basse, car trois gendarmes de faction se promenaient en faisant retentir leurs sabres sur le plancher.
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  • Par Nastasia-B, le 05 octobre 2012

    Savez-vous, mon cher, reprit Derville après une pause, qu'il existe dans notre société trois hommes, le Prêtre, le Médecin et l'Homme de justice, qui ne peuvent pas estimer le monde ? Ils ont des robes noires, peut-être parce qu'ils portent le deuil de toutes les vertus, de toutes les illusions. Le plus malheureux des trois est l'avoué. Quand l'homme vient trouver le prêtre, il arrive poussé par le repentir, par le remords, par des croyances qui le rendent intéressant, qui le grandissent, et consolent l'âme du médiateur, dont la tache ne va pas sans une sorte de jouissance : il purifie, il répare, et réconcilie. Mais, nous autres avoués, nous voyons se répéter les mêmes sentiments mauvais, rien ne les corrige, nos études sont des égouts qu'on ne peut pas curer.
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  • Par LydiaB, le 04 mai 2010

    Le colonel, qui déjà cherchait sa femme, accourut et s’assit près d’elle.

    Rosine, lui dit-il, qu’avez-vous ?

    Elle ne répondit pas. La soirée était une de ces soirées magnifiques et calmes dont les secrètes harmonies répandent, au mois de juin, tant de suavité dans les couchers du soleil. L’air était pur et le silence profond, en sorte que l’on pouvait entendre dans le lointain du parc les voix de quelques enfants qui ajoutaient une sorte de mélodie aux sublimité du paysage.

    Vous ne me répondez pas ? demanda le colonel à sa femme.

    — Mon mari…, dit la comtesse, qui s’arrêta, fit un mouvement, et s’interrompit pour lui demander en rougissant : Comment dirai-je en parlant de

    M. le comte Ferraud ?

    — Nomme-le ton mari, ma pauvre enfant, répondit le colonel avec un accent de bonté, n’est— ce pas le père de tes enfants ?

    — Eh bien, reprit-elle, si monsieur me demande ce que je suis venue faire ici, s’il apprend que je m’y suis enfermée avec un inconnu, que lui dirai-je ?

    Écoutez, monsieur, reprit-elle en prenant une attitude pleine de dignité, décidez de mon sort, je suis résignée à tout…

    — Ma chère, dit le colonel en s’emparant des mains de sa femme, j’ai résolu de me sacrifier entièrement à votre bonheur…

    — Cela est impossible, s’écria-t-elle en laissant échapper un mouvement convulsif. Songez donc que vous devriez alors renoncer à vous-même et d’une manière authentique…

    — Comment, dit le colonel, ma parole ne vous suffit pas ?

    Le mot authentique tomba sur le cœur du vieillard et y réveilla des défiances involontaires.
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  • Par Luniver, le 11 décembre 2013

    Cette Étude obscure, grasse de poussière, avait donc, comme toutes les autres, quelque chose de repoussant pour les plaideurs, et qui en faisait une des plus hideuses monstruosités parisiennes. Certes, si les sacristies humides où les prières se pèsent et se payent comme des épices, si les magasins des revendeuses où flottent des guenilles qui flétrissent toutes les illusions de la vie en nous montrant où aboutissent nos fêtes, si ces deux cloaques de la poésie n'existaient pas, une Étude d'avoué serait de toutes les boutiques sociales la plus horrible.
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  • Par Nastasia-B, le 24 août 2012

    Au fond d'une cour assez spacieuse, s'élevait, en face de la porte, une maison, si toutefois ce nom convient à l'une de ces masures bâties dans les faubourgs de Paris, et qui ne sont comparables à rien, pas même aux plus chétives habitations de la campagne, dont elles ont la misère sans en avoir la poésie. En effet, au milieu des champs, les cabanes ont encore une grâce que leur donnent la pureté de l'air, la verdure, l'aspect des champs, une colline, un chemin tortueux, des vignes, une haie vive, la mousse des chaumes, et les ustensiles champêtres ; mais à Paris la misère ne se grandit que par son horreur.
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