Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique


> Pierre Barbéris (Préfacier, etc.)
> Patrick Berthier (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070411184
Éditeur : Gallimard (1999)


Note moyenne : 3.43/5 (sur 334 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Chabert ! Un nom dur à porter pour cet homme foudroyé.
Célèbre, certes, mais qui passe désormais pour un imposteur. Car Chabert, colonel, comte d'Empire, est mort à Eylau, et son décès, historique, est consigné dans les actes militaires. Enseveli vivant ! Tel fut... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (27)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par NastasiaBuergo, le 01 juillet 2012

    NastasiaBuergo
    Le Colonel Chabert est l'un des trésors que nous a légué Balzac et auquel nous devons témoigner le plus grand respect. On y sent souffler les accents sublimes qui deviendront, sous la plume d'Hugo, Les Misérables. Dans ce petit roman, l'auteur nous mène sur les sentiers d'une quasi ressuscitation, celle d'un brillant et brave grognard de Napoléon que tout le monde a cru mort et enterré à la bataille d'Eylau. L'histoire se corse lorsque réapparaît le vieux colonel bien des années plus tard et que sa légitime épouse, remariée, comtesse et richissime s'aperçoit que l'essentiel de son bien pourrait être revendiqué par son ancien mari...
    Honoré de Balzac cisèle dans la dentelle une narration impeccable, et dresse un portrait surprenant de l'avoué Derville, qu'on sent mi honnête homme, mi canaille, pouvant verser de l'un ou l'autre côté selon d'où vient le vent, à l'image de Petit-Claud dans Les illusions perdues, mais qui, pris d'une commisération, rare en cette engeance, va tout mettre en œuvre pour secourir le vaillant vieux soldat. J'en ai assez dit si je ne veux pas trop déflorer cette perle, ce grand chef-d'œuvre de littérature, mais bien sûr, tout ceci n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand chose.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 27         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Blacksad, le 07 avril 2013

    Blacksad
    C'est à Paris, à l'époque de la Restauration, qu'apparaît un ancien grognard napoléonien dans une étude d'avoué crasseuse. C'est à partir de là que commence ce roman, certes petit par la taille, mais grand par les sentiments qu'il inspire. Dans son superbe portrait du Colonel Chabert, Balzac réussit à insuffler à son personnage une majesté sans pareille, qui n'en rend sont histoire que plus touchante, révoltante même. Par l'opposition entre les caractères manichéens de Chabert et sa femme, l'auteur ne fait que sublimer l'aura de son personnage, qui reste probe et droit face à l'injustice qui lui est faite.
    Le Colonel Chabert est mon premier Balzac -il n'est jamais trop tard- et il a réussi à me donner l'envie de continuer à chercher quelques lectures dans La comédie humaine. Je dois dire que j'ai été absolument fasciné par cette lecture, et que j'ai profité de chaque moment. Il restera sans doute un excellent souvenir, alors, merci NastasiaBuergo, d'avoir pu me le conseiller.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 27         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par belette2911, le 31 juillet 2012

    belette2911
    Ce livre, il faisait partie des livres obligatoires à lire pour l'école.
    Quelle année ? Oh... Ben... Là, je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître...
    Sans exagérer.
    Je me souviens de ma grimace en apprenant que je devais lire du Balzac. De Balzac, moi ?
    Soupirant, je commençai le roman, assez court, du moins.
    Je n'ai pas soupiré longtemps, je vous le jure. Prise dans le roman, je me souviens l'avoir dévoré, pestant et jurant contre l'injustice qui frappait ce pauvre colonel.
    Son épouse indigne ? Elle aurait mérité de vivre ce qu'il a vécu : enterré dans la fosse, considéré comme "mort" alors qu'il était vivant.
    Vous vous imaginez enterré, vous ? Moi, ça me fait froid dans le dos.
    Vous vous imaginez en train de gratter pour sortir de la fosse, vous ? Avec des cadavres vous entourant ?
    Et ensuite, au lieu de l'accueil qui devrait vous être réservé, vous n'êtes plus rien, vous n'existez plus.
    Le cauchemar !
    Lorsque j'avais refermé le livre, je m'étais dit, un peu tard, que je ne devrais plus critiquer les livres avant de les avoir lu. J'en suis sortie sonnée, dégoutée de cette injustice avec l'envie de hurler.
    Aucun regrets de lecture !
    Préjugés... quand vous chevauchez à mes côtés.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 21         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 18 août 2011

    brigittelascombe
    Imaginez, le XIX° siècle. Vous êtes un colonel, commandant le régiment de la cavalerie d'Eylau, un homme courageux,digne et honnête.
    Suite à un vilain coup de sabre,votre mort a été annoncée à l'empereur un peu trop rapidement. Coup de chance vous survivez et réintégrez vos pénates, vieillard usé et désabusé, neuf ans plus tard. Coup de malchance, votre femme sans scrupule a profité de ce coup du sort pour s'approprier vos biens, se remarier et dans la foulée engendrer deux adorables angelots.
    Reconnaissez l'absurde de la situation, sa cruauté même.
    Que feriez vous?
    Lutteriez vous contre la justice injuste?
    Iriez vous trouver l'avoué Maître Derville de la comtesse Ferraud veuve du colonel Chabert pour parlementer?
    Intenteriez vous un procés à celle qui "décidée à tout pour arriver à ses fins veut vous anéantir socialement" ou vous laisseriez vous grignoter, petit à petit, jusqu'à la moelle comme ce pauvre hère en disant: " J'ai été enterré sous les morts, maintenant je suis enterré sous des actes,sous des faits,sous la société tout entière qui veut me faire rentrer sous terre"?
    Voilà fort bien rendu Le Colonel Chabert, l'un des types sociaux de La comédie humaine,cette fresque géante de scènes de vie,de peintures de la société du XIX° siècle qui a fait la gloire d'Honoré de Balzac après la publication de deux ouvrages philosophiques, puis des Chouans(roman historique) en 1829 et qui a organisé son oeuvre à partir de 1833.
    Une approche psychologique fouillée des sentiments qui vont crescendo pour le colonel :de l'indignation à la colère,puis de la naïveté à la bonté et enfin au mépris et décrescendo pour la comtesse qui va de fourberie en hypocrisie,de rouerie en cruauté puis en méchanceté.
    Un livre qui évoque de par le thème du retour l' excellent film de Daniel Vigne: le retour de Martin Guerre avec Nathalie Baye,Gérard Depardieu et Bernard Pierre Donadieu dans lequel il y aura deux retours dont un premier avec usurpation d'identité mais où contrairement au colonel Chabert, le vrai Martin Guerre se défendra par tous les moyens pour retrouver son du.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 4         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par Dadafolie, le 29 janvier 2012

    Dadafolie
    Ce petit roman trainait dans ma bibliothèque, et ce n'est que six mois après avoir lu la cousine bette que je décidais de m'y mettre...
    Pour débuter sur une comparaison avec ma seule autre lecture De Balzac, on notera tout de suite la différence de volume du récit; Le Colonel Chabert, en gros caractères, se monte difficilement à 200 pages tandis que la cousine bette est un gros pavé de 450 pages sauf erreur. le deuxième est donc beaucoup plus complet, mieux construit, plus soutenu par une myriade de personnages secondaires qui, sans occulter les figures principales, restent néanmoins portraiturées avec finesse.
    Le passage de l'un à l'autre choque un peu, il faut le dire; leur écriture se sépare de 10 années (1832 pour Le Colonel Chabert, corrigé d'ailleurs en 1844, et 1847 pour la cousine bette).
    Le Colonel Chabert se laisse néanmoins lire; il est agréable par la sujet qu'il place sur le devant de la scène, à savoir la réintégration des vétérans de guerre dans la société une fois la guerre terminée. Dans ce roman, l'on voit le Comte de Chabert, laissé pour mort durant la guerre qui opposa Français aux Allemands, qui rentre au bercail en espérant revoir sa femme, ainsi que sa confortable fortune. Mais à son arrivée le régime a changé; Napoléon n'est plus, tandis que sa femme, remariée et accouchée de deux enfants, a les pleins droits sur son capital...Entre alors en jeu un avocat en quête d'argent qui propose au colonel de regagner son argent, en tentant par la même occasion de se rapprocher de la comtesse afin de voir quel arrangement le servira le mieux.
    La question de la reconnaissance envers les anciens combattants est soulevée, et l'on assiste à la déchéance d'un homme de loyauté qui avait tout donné à son général, et qui ne reçoit en retour que de bien maigres récompenses.
    Plutôt court, le roman se lit vite, s'apprécie, mais ne laisse pas une grande impression, contrairement à la cousine bette que je lui ai de loin préféré.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 4         Page de la critique

> voir toutes (31)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Cielvariable, le 11 mai 2013

    - Allons ! encore notre vieux carrick ! Cette exclamation échappait à un clerc appartenant au genre de ceux qu’on appelle dans les Etudes des sauteruisseaux, et qui mordait en ce moment de fort bon appétit dans un morceau de pain ; il arracha un peu de mie pour faire une boulette qu’il lança railleusement par le vasistas d’une fenêtre sur laquelle il s’appuyait. Bien dirigée, la boulette rebondit presque à la hauteur de la croisée, après avoir frappé le chapeau d’un inconnu qui traversait la cour d’une maison située rue Vivienne, où demeurait maître Derville, avoué.
    - Allons, Simonnin, ne faites donc pas de sottises aux gens, ou je vous mets à la porte. Quelque pauvre que soit un client, c’est toujours un homme, que diable ! dit le premier clerc en interrompant l’addition d’un mémoire de frais.
    Le saute-ruisseau est généralement, comme était Simonnin, un garçon de treize à quatorze ans, qui dans toutes les Etudes se trouve sous la domination spéciale du principal clerc dont les commissions et les billets doux l’occupent tout en allant porter des exploits chez les huissiers et des placets au Palais. Il tient au gamin de Paris par ses mœurs, et à la Chicane par sa destinée. Cet enfant est presque toujours sans pitié, sans frein, indisciplinable, faiseur de couplets, goguenard, avide et paresseux. Néanmoins presque tous les petits clercs ont une vieille mère logée à un cinquième étage avec laquelle ils partagent les trente ou quarante francs qui leur sont alloués par mois.
    - Si c’est un homme, pourquoi l’appelez-vous vieux carrick ? dit Simonnin de l’air de l’écolier qui prend son maître en faute.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 0         Page de la citation

  • Par NastasiaBuergo, le 15 juin 2012

    L'antichambre du Greffe offrait alors un de ces spectacles que malheureusement ni les législateurs, ni les philanthropes, ni les peintres, ni les écrivains ne viennent étudier. Comme tous les laboratoires de la chicane, cette antichambre est une pièce obscure et puante, dont les murs sont garnis d'une banquette en bois noirci par le séjour perpétuel des malheureux qui viennent à ce rendez-vous de toutes les misères sociales, et auquel pas un d'eux ne manque. Un poète dirait que le jour a honte d'éclairer ce terrible égout par lequel passent tant d'infortunes ! Il n'est pas une seule place où ne se soit assis quelque crime en germe ou consommé ; pas un seul endroit où ne se soit rencontré quelque homme qui, désespéré par la légère flétrissure que la justice avait imprimée à sa première faute, n'ait commencé une existence au bout de laquelle devait se dresser la guillotine, ou détoner le pistolet du suicide. Tous ceux qui tombent sur le pavé de Paris rebondissent contre ces murailles jaunâtres, sur lesquelles un philanthrope qui ne serait pas un spéculateur pourrait déchiffrer la justification des nombreux suicides dont se plaignent des écrivains hypocrites, incapables de faire un pas pour les prévenir, et qui se trouve écrite dans cette antichambre, espèce de préface pour les drames de la Morgue ou pour ceux de la place de Grève. En ce moment le colonel Chabert s'assit au milieu de ces hommes à faces énergiques, vêtus des horribles livrées de la misère, silencieux par intervalles, ou causant à voix basse, car trois gendarmes de faction se promenaient en faisant retentir leurs sabres sur le plancher.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 12         Page de la citation

  • Par NastasiaBuergo, le 05 octobre 2012

    Savez-vous, mon cher, reprit Derville après une pause, qu'il existe dans notre société trois hommes, le Prêtre, le Médecin et l'Homme de justice, qui ne peuvent pas estimer le monde ? Ils ont des robes noires, peut-être parce qu'ils portent le deuil de toutes les vertus, de toutes les illusions. Le plus malheureux des trois est l'avoué. Quand l'homme vient trouver le prêtre, il arrive poussé par le repentir, par le remords, par des croyances qui le rendent intéressant, qui le grandissent, et consolent l'âme du médiateur, dont la tache ne va pas sans une sorte de jouissance : il purifie, il répare, et réconcilie. Mais, nous autres avoués, nous voyons se répéter les mêmes sentiments mauvais, rien ne les corrige, nos études sont des égouts qu'on ne peut pas curer.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 21         Page de la citation

  • Par LydiaB, le 04 mai 2010

    Le colonel, qui déjà cherchait sa femme, accourut et s’assit près d’elle.

    Rosine, lui dit-il, qu’avez-vous ?

    Elle ne répondit pas. La soirée était une de ces soirées magnifiques et calmes dont les secrètes harmonies répandent, au mois de juin, tant de suavité dans les couchers du soleil. L’air était pur et le silence profond, en sorte que l’on pouvait entendre dans le lointain du parc les voix de quelques enfants qui ajoutaient une sorte de mélodie aux sublimité du paysage.

    Vous ne me répondez pas ? demanda le colonel à sa femme.

    — Mon mari…, dit la comtesse, qui s’arrêta, fit un mouvement, et s’interrompit pour lui demander en rougissant : Comment dirai-je en parlant de

    M. le comte Ferraud ?

    — Nomme-le ton mari, ma pauvre enfant, répondit le colonel avec un accent de bonté, n’est— ce pas le père de tes enfants ?

    — Eh bien, reprit-elle, si monsieur me demande ce que je suis venue faire ici, s’il apprend que je m’y suis enfermée avec un inconnu, que lui dirai-je ?

    Écoutez, monsieur, reprit-elle en prenant une attitude pleine de dignité, décidez de mon sort, je suis résignée à tout…

    — Ma chère, dit le colonel en s’emparant des mains de sa femme, j’ai résolu de me sacrifier entièrement à votre bonheur…

    — Cela est impossible, s’écria-t-elle en laissant échapper un mouvement convulsif. Songez donc que vous devriez alors renoncer à vous-même et d’une manière authentique…

    — Comment, dit le colonel, ma parole ne vous suffit pas ?

    Le mot authentique tomba sur le cœur du vieillard et y réveilla des défiances involontaires.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 7         Page de la citation

  • Par NastasiaBuergo, le 24 août 2012

    Au fond d'une cour assez spacieuse, s'élevait, en face de la porte, une maison, si toutefois ce nom convient à l'une de ces masures bâties dans les faubourgs de Paris, et qui ne sont comparables à rien, pas même aux plus chétives habitations de la campagne, dont elles ont la misère sans en avoir la poésie. En effet, au milieu des champs, les cabanes ont encore une grâce que leur donnent la pureté de l'air, la verdure, l'aspect des champs, une colline, un chemin tortueux, des vignes, une haie vive, la mousse des chaumes, et les ustensiles champêtres ; mais à Paris la misère ne se grandit que par son horreur.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 7         Page de la citation







Sur Amazon
à partir de :
0,91 € (neuf)
0,01 € (occasion)

   

Faire découvrir Le Colonel Chabert par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (870)

> voir plus

Quiz