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Critiques sur Le Colonel Chabert (49)


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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B le 22/12/2014


    Le Colonel Chabert est l'un des trésors que nous a légué Balzac et auquel je témoigne le plus grand respect. On y sent souffler les accents sublimes qui deviendront, sous la plume d'Hugo, Les Misérables.

    Dans ce petit roman, l'auteur nous mène sur les sentiers d'une quasi résurrection, celle d'un brillant et brave grognard de Napoléon que tout le monde a cru mort et enterré à la bataille d'Eylau. L'histoire se corse lorsque réapparaît le vieux colonel bien des années plus tard et que sa légitime épouse, remariée, devenue comtesse et richissime s'aperçoit que l'essentiel de son bien pourrait être revendiqué par son ancien mari...

    Honoré de Balzac cisèle dans la dentelle une narration impeccable, et dresse un portrait surprenant de l'avoué Derville, qu'on sent mi honnête homme, mi canaille, pouvant verser de l'un ou l'autre côté selon d'où vient le vent, à l'image de Petit-Claud dans les Illusions Perdues, mais qui, pris d'une commisération, rare en cette engeance, et tel que nous le connaissons par ailleurs, dans Gobseck par exemple, va tout mettre en œuvre pour secourir le vaillant vieux soldat.

    J'en ai assez dit si je ne veux pas trop déflorer cette perle, ce grand chef-d'œuvre de littérature, mais bien sûr, tout ceci n'est que mon avis, dont la validité ne tient qu'à un coup de sabre, plus ou moins bien placé, c'est-à-dire, pas grand-chose.

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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B le 26/05/2013


    J'aime quand un choix éditorial s'appuie sur une réelle concordance d'œuvres. Les petits romans De Balzac se prêtent bien à ce jeu des associations, pas toujours très heureux.
    Ici, il est difficile de prétexter qu'il y ait quoi que ce soit de révolutionnaire car le rapprochement avait été effectué par l'auteur lui-même dans l'effort de catégorisation qu'il avait entrepris pour son chef-d'œuvre, La comédie humaine.
    Néanmoins, ce n'est pas une raison pour ne pas saluer cette décision éditoriale de garder le lien étroit qui unit ces deux brefs romans ayant de nombreux éléments comparables : similitudes ou complémentarités.

    1) Les similitudes ou points communs :
    - un homme de bien est mis en difficulté par la justice, simplement dans le fait de prouver son bon droit.
    - le principal obstacle à l'homme de bien est sa légitime épouse, dame raffinée et assez intéressée aux choses de l'argent.
    - un homme de loi intègre prend le parti de l'homme de bien.
    - un élément du passé datant de nombreuses années explique la mise en difficulté de l'homme de bien.
    - l'homme de bien ne veut absolument pas nuire à son épouse.
    - l'homme de loi est positivement ému par le destin et la personnalité de l'homme de bien.
    - la morale et la justice ne se situent pas forcément du même côté.

    2) Les complémentarités ou parallélismes :
    - dans le premier cas la requête émane de l'homme de bien, dans l'autre elle émane de l'épouse ennemie.
    - dans un cas l'homme de bien est déchu de son statut social, dans l'autre, on cherche à le déchoir.
    - dans un cas, homme de bien cherche à réunir le couple, dans l'autre, il est source de la séparation.
    - dans un cas l'homme de bien est seul face à une épouse entourée de sa famille, dans l'autre, l'homme de bien est entouré de sa famille face à son épouse seule.

    Je ne sais pas si je vous ai convaincu du bienfondé de proposer ces deux romans conjointement. Je n'entrerai pas plus avant dans les histoires en elles-mêmes car je leur ai déjà consacrées l'une et l'autre un avis distinctif. En outre, sachez tout de même que je considère ce livre comme une excellente porte d'entrée chez le si redouté et pourtant bien peu redoutable et génial magicien des mots qu'est notre Honoré de Balzac.
    À tout le moins, c'est mon avis, c'est-à-dire, bien peu de chose.

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    • Livres 5.00/5
    Par experyoshi le 13/11/2013


    Je voulais prêter ce livre à un ami qui apprend le français, malheureusement je ne me souvenais plus que le style était soutenu, et le lexique assez complexe avec des termes juridiques trop difficiles à comprendre pour un étranger. Malgré cela, j’ai eu envie de relire ce roman. Quelle redécouverte !
    Balzac est un vrai conteur. Le colonel Chabert dépeint le retour tragique d’un ancien héros militaire de la garde Napoléonienne. Le colonel est enterré vivant à bataille d’Eylau : la description de cette scène est bouleversante et très théâtrale. Méconnaissable et affaibli, le colonel regagne la France pour retrouver son épouse qui s’est remariée. Le colonel se débat pour retrouver son identité et une place dans la société qui le rejette totalement…
    Le Colonel Chabert est une tragédie, superbement écrite. On y lit le drame de ceux que la justice refuse de reconnaître. Cette histoire se pose dans un contexte historique particulier : la défaite de Napoléon, la fin de l’Empire et le début de la Restauration.
    Un roman indémodable, une histoire universelle. Magnifique.

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    • Livres 5.00/5
    Par balrog le 09/11/2013


    Un drame comme je les aime, court mais captivant. Impossible de ne pas s'attacher à ce Hyacinthe, dit Chabert, car à l'instar du Père Goriot, c'est une âme généreuse. Mais on le sais, les justes ne sont pas toujours récompensés, et avec ce livre, Honoré de Balzac nous rappel que parfois, il ne suffit pas d'être bon pour voir la vie nous sourire.
    J'ai beaucoup aimé la façon dont l'auteur dépeint la misère, ainsi que la souffrance du Colonel Chabert, qui malgré tout garde sa dignité jusqu'à la fin. Il y a aussi un peu d'humour, avec les membres de l'étude qui ne sont pas les derniers à faire les pitres.
    Merci à Nastasia pour son conseil personnalisé qui a touché droit dans le mille ! Très bon bouquin !

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    • Livres 4.00/5
    Par Luniver le 18/12/2013


    Imaginez deux secondes votre retour au pays, alors que tout le monde vous croyait mort sur le champ de bataille depuis plusieurs années. Des exclamations de joie seraient les bienvenues, ainsi que quelques larmes de bonheur. Et bien que cela offense votre modestie habituelle, vous accueilleriez cette fois-ci les qualificatifs de béni des dieux et de miraculé avec une certaine indulgence.

    Malheureusement pour Le Colonel Chabert, cette situation idéale est entravée par plusieurs obstacles : l'administration l'a déclaré mort, et n'est pas d'humeur à changer d'avis aussi facilement ; si le colonel était le bras droit fidèle d'un empereur, il se retrouve aujourd'hui face à un roi, qui ignore tout de lui ; sa femme a épousé son amant, s'est constitué une solide fortune avec l'héritage qu'elle a reçu, et a maintenant deux enfants. Bref, la société toute entière se porte beaucoup mieux avec un Chabert mort qu'avec un Chabert vivant, et n'entend pas se laisser contrarier par la vulgaire réalité des faits.

    Habitué à rugueuse franchise de l'armée, et ayant rempli ses devoirs de soldat et d'époux, le colonel a bien du mal à comprendre pourquoi son comportement n'est pas payé de retour, et les voies tortueuses de la justice ont de quoi le surprendre : on l'encourage à être vivant, mais pas trop, à réclamer l'argent qui lui appartient, mais pas tout, à laisser sa femme qui lui a juré fidélité vivre avec quelqu'un d'autre. le fait qu'il soit dans son bon droit sur toute la ligne ne semble impressionner personne.

    Le portrait que Balzac nous livre est finalement assez cruel : un homme qui a été intègre toute sa vie et qui ne reçoit comme récompenses que manipulation, tromperie et complications juridiques. Ce récit souligne également la fragilité de la position sociale, qui ne tient que par la bonne volonté des pairs. Quand ils tournent le dos au colonel, il ne reste plus que les anciens frères d'arme pour lui offrir un bout de pain.

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    • Livres 5.00/5
    Par Blacksad le 07/04/2013


    C'est à Paris, à l'époque de la Restauration, qu'apparaît un ancien grognard napoléonien dans une étude d'avoué crasseuse. C'est à partir de là que commence ce roman, certes petit par la taille, mais grand par les sentiments qu'il inspire. Dans son superbe portrait du Colonel Chabert, Balzac réussit à insuffler à son personnage une majesté sans pareille, qui n'en rend sont histoire que plus touchante, révoltante même. Par l'opposition entre les caractères manichéens de Chabert et sa femme, l'auteur ne fait que sublimer l'aura de son personnage, qui reste probe et droit face à l'injustice qui lui est faite.
    Le Colonel Chabert est mon premier Balzac -il n'est jamais trop tard- et il a réussi à me donner l'envie de continuer à chercher quelques lectures dans La comédie humaine. Je dois dire que j'ai été absolument fasciné par cette lecture, et que j'ai profité de chaque moment. Il restera sans doute un excellent souvenir, alors, merci NastasiaBuergo, d'avoir pu me le conseiller.

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    • Livres 4.00/5
    Par belette2911 le 31/07/2012


    Ce livre, il faisait partie des livres obligatoires à lire pour l'école.

    Quelle année ? Oh... Ben... Là, je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître...

    Sans exagérer.

    Je me souviens de ma grimace en apprenant que je devais lire du Balzac. De Balzac, moi ?

    Soupirant, je commençai le roman, assez court, du moins.

    Je n'ai pas soupiré longtemps, je vous le jure. Prise dans le roman, je me souviens l'avoir dévoré, pestant et jurant contre l'injustice qui frappait ce pauvre colonel.

    Son épouse indigne ? Elle aurait mérité de vivre ce qu'il a vécu : enterré dans la fosse, considéré comme "mort" alors qu'il était vivant.

    Vous vous imaginez enterré, vous ? Moi, ça me fait froid dans le dos.

    Vous vous imaginez en train de gratter pour sortir de la fosse, vous ? Avec des cadavres vous entourant ?

    Et ensuite, au lieu de l'accueil qui devrait vous être réservé, vous n'êtes plus rien, vous n'existez plus.

    Le cauchemar !

    Lorsque j'avais refermé le livre, je m'étais dit, un peu tard, que je ne devrais plus critiquer les livres avant de les avoir lu. J'en suis sortie sonnée, dégoutée de cette injustice avec l'envie de hurler.

    Aucun regrets de lecture !

    Préjugés... quand vous chevauchez à mes côtés.

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    • Livres 4.00/5
    Par isabelleisapure le 20/02/2014


    Pour « reprendre contact » avec Balzac, j’avais besoin d’un roman très bref tant j’avais en souvenir l’époque ou adolescente je m’étais ennuyée à la lecture de quelques une de ces œuvres, le lys dans la vallée, notamment.
    Le choix du colonel Chabert fut judicieux car j’ai été littéralement absorbée par le triste sort de ce personnage, héros d’une campagne Napoléonienne.
    Une œuvre courte mais dense.
    Un livre intemporel.

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    • Livres 5.00/5
    Par andreepierrette le 24/04/2015


    Je viens de lire la tragique histoire d'un homme ressuscité : Le Colonel Chabert, nommé comte d''Empire par Napoléon à la bataille d'Eylau (1817).
    .Cet homme brave s'est retrouvé enterré vivant parmi les morts durant plusieurs jours.
    Découvert par hasard,, gravement blessé à la tête, il tente de se faire reconnaître auprès de sa femme qui s'est remariée . L'histoire est tragique.
    L'écriture n'est pas toujours facile, bien que précise, mais tellement détaillée, lors de la confrontation entre les avoués, qui défendent la cause de leur client, que le sujet peut intéresser certains . J'ai préféré suivre le sort de ce pauvre Chabert, jusqu'à la fin, mais j'ai fait des efforts.

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    • Livres 5.00/5
    Par CDemassieux le 06/11/2014


    Certains reprochent à Balzac ses descriptions, les mêmes qui pourraient regretter les compléments, les verbes et les virgules d'un roman ! A ceux-là, je répondrai, par la voix de l'auteur : « La bêtise a deux manières d'être: elle se tait ou elle parle. La bêtise muette est supportable. »
    Mais qu'ils se rassurent. Ici, pas de longs développements, juste une histoire courte, qui traduisent le talent d'un homme né pour écrire.
    Qu'est-ce que ce colonel Chabert ? Un personnage déclaré mort à la bataille d'Eylau, trophée militaire du Premier Empire. Mais voilà qu'il est bien vivant et revient, sous la Restauration – laquelle n'a que faire de ces héros d'un autre âge –, pour réclamer son dû. Sauf que le Monde a continué de tourner pendant qu'il était disparu. Sa femme s'est remariée avec un noble, ennemi de l'Usurpateur – l'un des surnoms de Napoléon –, après avoir commis quelques malversations avec les biens de son premier mari, prétendu mort. Ce « revenant » la gêne : il pourrait mettre en péril son statut présent. Elle s'emploiera alors, par divers moyens peu honorables, à le défendre.
    Mais Chabert a des grandeurs que la médiocrité intéressée ne saurait pervertir et qu'il appartient au lecteur de découvrir.
    Le Colonel Chabert atteste, une fois encore, le génie balzacien pour débusquer les caractères humains dans leurs retranchements. Un récit qui laisse un goût amer et n'encourage pas à avaler sans broncher l'affirmation de Rousseau que « l'homme naît bon naturellement ».

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