J'adore ce petit roman de
La Comédie humaine où l'on découvre le bon abbé Birotteau, celui-là même qui, dans l'esprit de son auteur, accouchera quelques années plus tard d'un frère, le célébrissime
César Birotteau, autre opus génialissime de notre
Honoré de Balzac fétiche. (Je le dis sans honte, je suis fan
De Balzac, je jubile de sa verve, de son œil aiguisé, sarcastique mais toujours extraordinairement lucide sur le genre humain. Il est donc plus que probable que cette critique ne soit pas objective. Mais bon, vous en connaissez, vous, des critiques objectives ?)
L'abbé Birotteau, c'est donc un homme rondouillard, un peu simple d'esprit, qui ne voit de mal nulle part et qui s'imagine naïvement que les gens qui lui veulent du bien le font pour ses beaux yeux. Ainsi, à la mort de l'abbé Chapeloud, chanoine de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, lui, son protégé, croit qu'il va hériter sans coup férir, "naturellement" des prérogatives de son prédécesseur...
Une fois encore,
Balzac saura faire surgir devant lui la plus grande mesquinerie humaine, l'envie, la basse vengeance, l'orgueil, le calcul politique, bref, tout ce qui fait, pour notre plus grand plaisir, que
Balzac est
Balzac.
Contrairement à certains autres romans de l'auteur qui lassent parfois les lecteurs non avertis par des descriptions fouillées, nous avons ici affaire à un bref roman, à la limite de la nouvelle longue, où les descriptions ne sont point trop invasives et où le plaisir est prompt à s'emparer de nous.
Encore une fois, le personnage qui donne son nom à l'œuvre ne semble pas être le personnage principal, puisqu'à la fin on assise encore à son échouage, victime des vicissitudes de la cruelle vie et des calculs des gens peu enclin à la noblesse d'âme, en l'espèce, le retors et machiavélique abbé Troubert.
L'autre grande figure de l'histoire est la logeuse de Birotteau, Mlle Gamard, grenouille de bénitier pingre, ambitieuse et malfaisante à souhait dont Honoré nous dresse un portrait aux petits oignons, qui à lui seul vaut le détour.
À lire sans modération pour ce délecter des bas calculs, jalousies, orgueils et autres naïvetés. À mon sens, l'un des bons crus acides, corrosifs à souhait de notre fantastique
Honoré de Balzac, mais je le répète, suis-je bien objective avec ce géant parmi les géants ? D'ailleurs, ce menu bavardage n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose. le mieux que vous ayez à faire est encore de vous plonger dedans et de le lire.