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Anne-Marie Meininger (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070367177
Éditeur : Gallimard (1976)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 61 notes)
Résumé :

Au commencement de l'automne de l'année 1826, l'abbé Birotteau, principal personnage de cette histoire, fut surpris par une averse en revenant de la maison où il était allé passer la soirée. Il traversait donc aussi promptement que son embonpoint pouvait le lui permettre, la petite place déserte nommée le cloître, qui se trouve derrière le chevet de Saint-Gatien, à Tours.

De ce commencement guilleret, Balzac va produire une dramatique hi... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
Nastasia-B31 octobre 2014
  • Livres 5.00/5
Voici un très bon numéro de la collection Folio. Deux petits bijoux De Balzac réunis en un seul volume pour notre plus grand plaisir. Ce sont deux courts romans que l'auteur avait positionné dans la catégorie des " célibataires " dans sa gigantesque Comédie Humaine.
Je ne saurais trop vous dire lequel j'aime le mieux tellement ils sont à point tous les deux et de très haut vol. Ils montrent l'un et l'autre le lent travail de positionnement social et d'alliances pour parvenir à ses fins au détriment d'un tiers, en l'occurrence, celui ou celle qui donne son nom à l'ouvrage.
1) LE CURÉ DE TOURS.
On découvre ici le bon abbé Birotteau, qui accouchera quelques années plus tard d'un frère, le célébrissime César Birotteau, autre opus génialissime d'Honoré de Balzac. C'est donc un homme rondouillard, un peu simple d'esprit, qui ne voit de mal nulle part et qui s'imagine naïvement que les gens qui lui veulent du bien le font pour ses beaux yeux.
Ainsi, à la mort de l'abbé Chapeloud, chanoine de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, son protégé, l'abbé Birotteau croit qu'il va hériter sans coup férir, " naturellement " pourrait-on dire, des prérogatives de son prédécesseur...
Une fois encore, Balzac saura faire surgir devant lui la plus grande mesquinerie humaine, l'envie, la basse vengeance, l'orgueil, le calcul politique, bref, tout ce qui fait que Balzac est Balzac, un auteur, pour ne pas dire L'AUTEUR incontournable de la littérature française toutes époques confondues.
Contrairement à certains de ses autres romans qui lassent parfois les lecteurs non avertis par des descriptions fouillées, nous avons ici affaire à un bref roman, à la limite de la nouvelle longue, où les descriptions ne sont point trop invasives et le plaisir est prompt à s'emparer du lecteur.
Encore une fois, le personnage qui donne son nom à l'oeuvre ne semble pas être le personnage principal, puisqu'à la fin on assise encore à son échouage, victime des vicissitudes de la cruelle vie et des calculs des gens peu enclin à la noblesse d'âme, en l'espèce, le retors et machiavélique abbé Troubert.
L'autre grande figure de l'histoire est la logeuse de Birotteau, Mlle Gamard, grenouille de bénitier pingre, ambitieuse et malfaisante à souhait dont Honoré nous dresse un portrait aux petits oignons, qui à lui seul vaut le détour.
À lire ou à redécouvrir absolument sans modération pour se délecter des bas calculs, jalousies, orgueils et autres naïvetés. À mon sens, l'un des très bons crus acides, corrosifs à souhait de notre fantastique Honoré de Balzac, mais suis-je bien objective avec ce géant parmi les géants ?
2) PIERRETTE.
Ensuite, nous sommes transportés au sud-est de la région parisienne, dans le Provins des années 1825-1830 et l'on voit s'y épanouir la petite mesquinerie commerçante et provinciale d'un couple borné et absolument irrespirable, les Rogron frère et soeur, tous deux célibataires endurcis après une minable quoique rentable vie de merciers à Paris.
Parmi les rejetons éparpillés du rameau familial, exactement à l'instar des Rougon-Macquart capable de faire germer, sur un malentendu, un individu estimable, on trouve la petite Pierrette Lorrain, cousine des deux affreux, d'au moins vingt-cinq ans leur cadette, et aussi innocente, simple et admirable que les autres sont retors, prétentieux et détestables.
Par un hasard de mauvaises fortunes et d'héritages détournés, Pierrette va donc se retrouver pupille de ses cousins à Provins, elle qui a grandit près des embruns en Bretagne.
Tour à tour faire-valoir social, outil stratégique et enjeu matrimonial, on assiste impuissants à la mise au pilori de Pierrette (Pierrette et le poteau laid, en somme) par son cousin et surtout sa cousine Sylvie Rogron. Mais c'est sans compter sur l'intervention de Jacques Brigaut, un brave parmi les justes, qui voudrait bien arriver à inverser la tendance et à rendre à Pierrette un peu de sa dignité d'être humain et d'amour tout simplement. Y parviendra-t-il ? Ça c'est ce que je m'interdis de vous révéler.
En tout cas, c'est du très grand art Monsieur de Balzac, ça ne donne pas spécialement le moral, ça ne nous fait pas particulièrement aimer davantage l'humanité, mais c'est admirable dans son style, un patrimoine romanesque à inscrire sur la liste de l'Unesco, car malheureusement, ça a existé et ça existe encore de nos jours, peut-être avec une ou deux modalités différentes, mais si peu.
Bref, selon moi un autre opus majeur de la Comédie Humaine et de la littérature française en général, qui est probablement à la source des Rougon-Macquart de Zola et des Misérables d'Hugo, rien que ça, excusez du peu.
Mais ce n'est que mon avis, un tout petit avis aux pieds de l'immense Balzac, c'est-à-dire vraiment pas grand-chose.
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Nastasia-B
Nastasia-B06 septembre 2012
  • Livres 5.00/5
J'adore ce petit roman de la comédie humaine où l'on découvre le bon abbé Birotteau, celui-là même qui, dans l'esprit de son auteur, accouchera quelques années plus tard d'un frère, le célébrissime César Birotteau, autre opus génialissime de notre Honoré de Balzac fétiche. (Je le dis sans honte, je suis fan De Balzac, je jubile de sa verve, de son oeil aiguisé, sarcastique mais toujours extraordinairement lucide sur le genre humain. Il est donc plus que probable que cette critique ne soit pas objective. Mais bon, vous en connaissez, vous, des critiques objectives ?)
L'abbé Birotteau, c'est donc un homme rondouillard, un peu simple d'esprit, qui ne voit de mal nulle part et qui s'imagine naïvement que les gens qui lui veulent du bien le font pour ses beaux yeux. Ainsi, à la mort de l'abbé Chapeloud, chanoine de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, lui, son protégé, croit qu'il va hériter sans coup férir, "naturellement" des prérogatives de son prédécesseur...
Une fois encore, Balzac saura faire surgir devant lui la plus grande mesquinerie humaine, l'envie, la basse vengeance, l'orgueil, le calcul politique, bref, tout ce qui fait, pour notre plus grand plaisir, que Balzac est Balzac.
Contrairement à certains autres romans de l'auteur qui lassent parfois les lecteurs non avertis par des descriptions fouillées, nous avons ici affaire à un bref roman, à la limite de la nouvelle longue, où les descriptions ne sont point trop invasives et où le plaisir est prompt à s'emparer de nous.
Encore une fois, le personnage qui donne son nom à l'oeuvre ne semble pas être le personnage principal, puisqu'à la fin on assise encore à son échouage, victime des vicissitudes de la cruelle vie et des calculs des gens peu enclin à la noblesse d'âme, en l'espèce, le retors et machiavélique abbé Troubert.
L'autre grande figure de l'histoire est la logeuse de Birotteau, Mlle Gamard, grenouille de bénitier pingre, ambitieuse et malfaisante à souhait dont Honoré nous dresse un portrait aux petits oignons, qui à lui seul vaut le détour.
À lire sans modération pour ce délecter des bas calculs, jalousies, orgueils et autres naïvetés. À mon sens, l'un des bons crus acides, corrosifs à souhait de notre fantastique Honoré de Balzac, mais je le répète, suis-je bien objective avec ce géant parmi les géants ? D'ailleurs, ce menu bavardage n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose. le mieux que vous ayez à faire est encore de vous plonger dedans et de le lire.
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SZRAMOWO
SZRAMOWO26 novembre 2014
  • Livres 5.00/5
J'ai ouvert le Curé de Tours, dans son édition Folio de 1976, en regardant les pages jaunies et craquantes, en sentant leur subtile parfum de poussière compressée, j'ai pensé :
les hommes vieillissent bien mieux que les livres, encore qu'il finissent par mourir, alors que les livre sont éternels.
J'ai vécu près de trente années à Tours, une ville de pharmaciens et de notaires (j'avais oublié qu'Alain Souchon aurait pu concourir au titre envié de Balzac de la chanson Française.
Dans une thèse de renom publiée en 1998, Nicole Mozet : "La ville de province dans l'oeuvre De Balzac", on démontre que cet auteur à crée le concept de ville moyenne, ces villes dans lesquelles il ne se passe rien, excepté dans les confessionnaux, les études, les cabinets médicaux, les officines et les offices.
"Si les grandes choses sont simples à comprendre, faciles à exprimer, les petitesses de la vie veulent beaucoup de détails"
A peine installé à Tours, ma curiosité me poussait vers la rue de la Psalette, ses pavés ceinturent la cathédrale Saint Gatien, et de l'abside, on peut aussi rejoindre la rue de la Bazoche, et la rue du Général Meunier qui entoure des bâtiments ecclésiastiques.
Mais on ne peut plus, hélas, faire le tour complet de la cathédrale comme on le pouvait autrefois.
Cette débauche de pavés, à l'époque encore peu disciplinés comme ils le sont aujourd'hui, l'éclairage défaillant, les pierres de tuffeau grisâtres dans la nuit obscure, poussaient l'imagination à voir au détour d'un pignon la silhouette de l'abbé Birotteau (le frère De César) , les épaules courbées, la mine battue, en but aux manoeuvres vipérines de l'abbé Troubert et de Mademoiselle Gamard, sa logeuse.
Ce n'est pas un roman sur la religion, ni une histoire de curés, mais une histoire de moeurs, la lutte entre deux hommes, ou plutôt la lutte de Troubert contre Birotteau, pour les honneurs des fonctions de chanoine puis d'évêque.
Birotteau est persuadé qu'il succèdera naturellement à l'abbé Chapeloud, Troubert lui est certain que Birotteau n'est pas fait pour cette charge alors que lui, l'est parfaitement.
Devinez ce qu'il advint.
Le lecteur, c'est le mystère de l'écriture balzacienne, s'identifie au personnage de Birotteau, un looser dirait-on aujourd'hui, un "héros négatif" pour Nicole Mozet.

Lien : http://desecrits.blog.lemonde.fr/
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SagnesSy
SagnesSy18 octobre 2015
  • Livres 3.00/5
"Le curé de Tours" est remarquable par la qualité de l'observation de la nature humaine : le portrait, totalement à charge, de la vieille fille est aussi impressionnant que pénétrant; on ressent la dichotomie entre un comportement socialement acceptable (la façon dont elle s'occupe bravement de son premier locataire, essentiellement parce qu'il sait comment la prendre, la flatter dans le sens du poil) et un fond totalement mauvais, l'exécrable manière dont elle traite le brave curé, le harcèlement moral dans toute sa splendeur (et d'autant plus ignoble qu'il est dans de minuscules détails, destinés à semer le trouble dans son esprit). L'abbé Birotteau, quant à lui, illustre bien la naïveté d'un vieux garçon qui, s'il est quelque peu égoïste, l'est essentiellement en raison d'un manque d'empathie, sans mauvaises intentions. La confrontation de ces deux êtres solitaires est explosive, mais plus encore que l'intrigue, c'est vraiment la minutie des descriptions qui marque.
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JehanneDD
JehanneDD17 avril 2014
  • Livres 4.00/5
Tout à fait maupassantesque, cette histoire !
La déchéance d'un homme ayant quelques espoirs de promotion, espoirs modestes certes, mais mérités, promotion presque certaine... Mais voilà que la terre lui cède sous le pied: cette déchéance lui vient de là où il s'y attend le moins, de ce qui lui tient le plus au coeur, et à partir de là, alors même que des aides lui seraient possible, tout n'est plus que déchéance, abandons successifs, ...
Déprimant n'est-ce pas? C'est pourquoi je dis que ça pourrait être du Maupassant: cela m'a rappelé Boule de Suif par exemple, qui là où elle aurait pu rencontrer du soutien, ne trouve que du mépris grandissant... Et il y a encore bien d'autres exemples...
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Citations & extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B24 avril 2013
Il y eut cette différence entre feu l’abbé Chapeloud et le vicaire, que l’un était un égoïste adroit et spirituel, et l’autre un franc et maladroit égoïste. Lorsque l’abbé Chapeloud vint se mettre en pension chez mademoiselle Gamard, il sut parfaitement juger le caractère de son hôtesse. Le confessionnal lui avait appris à connaître tout ce que le malheur de se trouver en dehors de la société, met d’amertume au cœur d’une vieille fille, il calcula donc sagement sa conduite chez mademoiselle Gamard. L’hôtesse, n’ayant guère alors que trente-huit ans, gardait encore quelques prétentions, qui, chez ces discrètes personnes, se changent plus tard en une haute estime d’elles-mêmes. Le chanoine comprit que, pour bien vivre avec mademoiselle Gamard, il devait lui toujours accorder les mêmes attentions et les mêmes soins, être plus infaillible que ne l’est le pape. Pour obtenir ce résultat, il ne laissa s’établir entre elle et lui que les points de contact strictement ordonnés par la politesse, et ceux qui existent nécessairement entre des personnes vivant sous le même toit.
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Nastasia-BNastasia-B26 décembre 2014
Rogron content de lui-même, avait fini par se faire une phraséologie à lui. Ce bavard se croyait orateur. La nécessité d’expliquer aux chalands ce qu’ils veulent, de sonder leurs désirs, de leur donner envie de ce qu’ils ne veulent pas, délie la langue du détaillant. Ce petit commerçant finit par avoir la faculté de débiter des phrases où les mots ne présentent aucune idée et qui ont du succès.

PIERRETTE.
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Nastasia-BNastasia-B31 octobre 2014
- S’il n’y avait que le frère, reprit madame Tiphaine, on le souffrirait, il n’est pas gênant. En lui donnant un casse-tête chinois, il resterait dans un coin bien tranquillement. Il en aurait pour tout un hiver à trouver une combinaison. Mais mademoiselle Sylvie, quelle voix d’hyène enrhumée ! quelles pattes de homard !

PIERRETTE.
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gaillard1gaillard110 juillet 2015
Pour enfanter des peuples neufs ou pour produire des idées nouvelles, ces hommes ne doivent-ils pas unir dans leurs puissantes têtes les mamelles de la femme à la force de Dieu ?
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emi13emi1315 janvier 2013
Personnage fabuleux du Moyen Age , à la fois souverain temporel et pontife d'une région de l'Inde
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Videos de Honoré de Balzac (82) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Honoré de Balzac
Femmes d'exception, femmes d'influence : Catherine Authier nous présente son histoire des courtisanes au XIXe siècle. http://bit.ly/1iRhNHn Courtisanes, femmes galantes : en quoi le parcours de ces femmes fut-il en tout point exceptionnel ?
À l'heure où le Musée d'Orsay leur consacre une exposition, découvrez avec Catherine Authier le destin de ces femmes d'influence. La courtisane est une figure puissante de l'imaginaire et des sensibilités du 19e siècle. Elle a en effet joué un rôle non négligeable tant sur les plans économique, social que culturel : économique car cette femme indépendante est une "petite entreprise" à elle toute seule et pose le problème des maisons closes, des "insoumises" et de leur statut; social car elle joue le rôle de précurseur dans des domaines aussi importants que le corps, l'hygiène, la maladie, la maternité, la mode vestimentaire, etc.; culturel par sa représentation médiatique voire la politique et par là même le juridique (certaines de ces courtisanes étaient en effet fichées par la police qui n'avait aucun mal à se procurer leurs photographies qui circulaient dans tout Paris). Aussi bien présente dans la littérature (Balzac, Proust) que dans les arts de la scène (théâtre avec Dumas fils, opéra avec Offenbach), elle a donné lieu à une mythification, des clichés, voire des stéréotypes physiques et moraux. Qu'en est-il réellement? Quel rôle ont donc tenu ces femmes dans le Paris du 19e siècle? Ont-elles été des femmes d'influence? Des pionnières dans le domaine de la liberté et des droits de la femme? de nombreux témoignages de courtisanes ponctués d'anecdotes nous permettent de répondre à ces questions en illustrant le propos de l'auteur sur un mythe qui fascine encore dans notre société moderne. Catherine Authier est historienne.
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