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Pierre Gascar (Préfacier, etc.)Roger Pierrot (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070316238
Éditeur : Gallimard (2004)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 416 notes)
Résumé :
Dans les premiers jours de l'an VIII, au Commencement de Vendémiaire, ou, pour se conformer au calendrier actuel, vers la fin du mois de septembre 1799, une centaine de paysans et un assez grand nombre de bourgeois, partis le matin de Fougères pour se rendre à Mayenne, gravissaient la montagne de la Pèlerine, située à mi-chemin environ de Fougères à Ernée, petite ville où les voyageurs ont coutume de se reposer.

Quatrième de couverture
Le premi... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
ibon
ibon23 juillet 2015
  • Livres 5.00/5
C'est une belle surprise que ce roman De Balzac! Une tension continue au gré des affrontements et des troubles passionnés entre les protagonistes!
A 28 ans, Balzac signe son premier roman, avec des aventures à la Walter Scott ("Ivanohé") ou à la façon de Fenimore Cooper( auquel Balzac se réfère souvent en comparant les Bretons à des Mohicans!).
Il s'empare donc d'un genre, le roman historique, avec les dernières batailles entre les Chouans (des Royalistes) et les Républicains dans la région de Fougères.
Il s'empare surtout de la géographie des lieux et emmène le lecteur sur des routes et des sentiers peu sûrs, semés d'embûches, où l'on peut tendre des embuscades!
C'est un roman qui porte la fougue de la jeunesse de son auteur avec cette recherche d'action permanente mais étonnamment maîtrisé sur 340 pages.
J'ai été séduit par la principale héroïne, Marie de Verneuil, qui dépassera en courage bien de ses concitoyens. Et celui que l'on appellera " le Gars" , le chef des Chouans a tout du chevalier sans peur mais c'est un ennemi à abattre pour Corentin, l'espion au service de Fouché, et Hulot, l'officier bougon au service de Madame de Verneuil, et du premier consul.
Même en dépit des remarques incisives et désobligeantes sur les Bretons de cette
région, que j'attribue à de la méconnaissance et au mépris de cette culture, et je mets donc mon chauvinisme de côté pour applaudir le jeune Balzac qui nous a délivré là un splendide roman d'aventures!
Guérilla, noces de sang. Envoûté!



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Tempuslegendae
Tempuslegendae02 décembre 2012
  • Livres 5.00/5
Il m'a toujours plu de dire que BALZAC a été un enfant des Lumières, avant de lui concéder comme il se doit sa véritable place dans Les Lettres du XIXème siècle. Ma petite remarque n'est pas tout à fait fausse: l'écrivain est bien né en 1799, et il a bien publié dans sa trentième année son oeuvre gigantesque «Dernier chouan ou la Bretagne en 1800»: tout ceci n'est pas anodin, l'histoire qu'il raconte fait bien partie du siècle éclairé de l'Ancien Régime…
De plus, lorsqu'on parle des guerres de Vendée et de la Chouannerie, on ressent très fort l'investissement que notre Grande Histoire occupe encore aujourd'hui. C'est l'émulsion en France, les émeutes vendéennes prennent un virage aigu, et s'étendent à la Bretagne après la «virée de Galerne».
Tous les ingrédients seront avalés par la plume d'Honoré (plume au chapeau s'il vous plait).
S'appuyant sur une documentation précise et approfondie, l'auteur multiplie les notations qui visent à donner au temps et au lieu de l'action une réalité historique. «Ici, le pays est le pays, les hommes sont les hommes». Prodigieux, mêlant l'évocation ponctuelle à l'explication d'ensemble, BALZAC se forge à la technique du roman historique, dont Walter SCOTT est alors pour lui le représentant reconnu et admiré.
Paysans misérables, ignorants, superstitieux, les Chouans sont «baptisés», ils appartiennent à une contrée dont l'Honoré du texte souligne l'«incurie industrielle», à un monde où les passions exacerbées s'expriment avec une violence immédiate: «C'était des sauvages qui servaient Dieu et le Roi à la manière dont les Mohicans font la guerre».
Ne soyons pas contraires, BALZAC a tenté dans "Les Chouans" de retracer «l'esprit d'une époque», d'élaborer par la même occasion un nouveau roman historique qui inclut dans une même trame les événements de l'histoire, la poésie, le drame et la tragédie. L'oeuvre dont le pôle est l'année de sa naissance, aide à la compréhension de la période d'ensemencement littéraire; elle favorise à installer le monde contemporain de la comédie humaine dans une charnière purement historique, où les luttes d'intrigues l'emportent sur les victoires guerrières, les traîtres sur les héros et le roman sur l'épopée.
A mon humble avis, BALZAC a tous les atouts pour se proclamer «père littéraire» du roman historique contemporain.
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Meps
Meps12 décembre 2015
  • Livres 4.00/5
Pour lire Balzac, deux chemins principaux peuvent être empruntés. Celui qu'il a lui même tracé en classifiant ses ouvrages au sein du grand ensemble qu'est la Comédie Humaine. Ou, comme pour tous les auteurs, la voie chronologique, en partant du premier ouvrage écrit.
J'avais d'abord choisi cette seconde manière, il y a bien longtemps, quand j'ai voulu m'attaquer au monument qu'est l'oeuvre globale de cet auteur et je m'étais donc attelé à la lecture des Chouans, premier roman officiel De Balzac. J'avais vite abandonné ma lecture, lassé d'emblée par une scène d'exposition lourde et longue. Plus tard j'ai ensuite repris ma lecture en prenant l'ordre balzacien, qui m'a plus convenu.
Pour répondre au critère d'un challenge littéraire, j'ai fait une entorse à ce choix et me suis donc ré attelé à la lecture des Chouans, avec évidemment l'appréhension de ma jeunesse déçue. Je me suis rendu vite compte de mon impatience passée, la scène d'entame n'étant finalement pas si terrible.
On dit que Balzac a un peu renié ses romans de jeunesse, qu'il les considère moins réussi que les suivants, les grandes oeuvres qui font la base de la Comédie Humaine, tels Illusions perdues, le Lys dans la Vallée ou le Père Goriot. Je pense avoir compris ce que Balzac y renie, ce côté roman d'aventures, mêlant amour, combat, honneur.
Mais il a tort de minimiser la valeur de cette oeuvre, car on trouve déjà, parmi tous ces rebondissements, la patte de l'auteur plus mur qu'il deviendra. La peinture de son époque, des caractères des personnages, des moeurs de son temps est tout aussi précieuse ici que dans d'autres livres de la grande oeuvre. le divertissement qu'offre les péripéties intermédiaires ne vient pas atténuer cette valeur... Elle peut au contraire séduire un plus grand nombre de lecteurs, et aurait dû intéresser mon "moi" plus jeune, si j'avais eu plus de persévérance...
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akhesa
akhesa07 avril 2013
  • Livres 5.00/5
J'ai aime le cote instructif,j'ai ainsi appris ce qu'etaient les Incroyables et les Merveilleuses.J'ai aime les descriptions de la campagne bretonne et la facon dont les paysans organisaient leurs champs et construisaient des murs pour delimiter chacun d'eux.
Pour l'histoire d'amour,il insiste beaucoup sur les expressions des visages,les gestes et attitudes des deux amants,leurs sentiments tres changeants et volatils.Malgre le cote desuet et trop romantique,j'ai apprecie le style riche et foisonnant,pour les personnages hauts en couleurs,pour le contexte historique fascinant,pour le combat des deux camps adverses;les uns voulant restaurer la monarchie alors que les autres se battent pour defendre la republique.
Un roman d'amour sur fond de guerre sanglante qui comporte quelques passages absolument horribles et d'une sauvagerire difficile a concevoir
Un roman digne d'un grand romancier
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MissMarty
MissMarty06 mai 2012
  • Livres 3.00/5
C'est le premier livre d'Honoré de Balzac que je lis.
J'ai eu un certains mal à m'accrocher au début à cause d'une longue description pourtant utile afin que l'on s'imagine avec plus de précision les personnages, les lieux et le contexte.
Au début, j'ai cru que j'allais avoir affaire à une histoire militaire, basée sur la guerre entre les royalistes et les républicains. Finalement, il y avait une passion entre Marie de Verneuil et le marquis de Montaurant et bien sûr, comme tous bon romans historiques qui se respectent : une histoire politique. La contexte historique est précis même si, je le redis, le début était assez difficile à lire mais il faut s'adapter car c'était le style de l'époque de l'auteur.
Ce roman montre la dureté de l'époque, la terrible guerre civile qui avait éclaté au moment de la révolution, la fourberie de gens sans scrupule le fanatisme religieux, les complots etc.
Un vrai roman historique avec un parfait registre réaliste que nous connaissons chez Honoré de Balzac !
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Citations & extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
genougenou23 avril 2016
Les Chouans jetèrent autour d'eux des regards effaré. Ces hommes, si braves sous la bouche meurtrière des canons, ne tenaient pas devant un esprit.
Pille-miche seul écoutait sans distraction la confession que des douleurs croissantes arrachaient à sa victime.
- Cinq cents écus, oui, je les donne, disait l'avare.
- Bah ! Où sont-ils ? lui répondit tranquillement Pille-miche.
- Hein, ils sont sous le premier pommier. Sainte Vierge ! au fond du jardin, à gauche... Vous êtes des brigands.., des voleurs... Ah ! je meurs.., il y a là dix mille francs.
- Je ne veux pas des francs, reprit Marche-à-terre, il nous faut des livres. Les écus de ta République ont des figures païennes qui n'auront jamais cours.
- Ils sont en livres, en bons louis d'or. Mais défiez-moi, déliez-moi, vous savez où est ma vie.., mon trésor.
Les quatre Chouans se regardèrent en cherchant celui d'entre eux auquel ils pouvaient se fier pour l'envoyer déterrer la somme. En ce moment, cette cruauté de cannibales fit tellement horreur à mademoiselle de Verneuil, que, sans savoir si le rôle que lui assignait sa figure pâle la préserverait encore de tout danger, elle s'écria courageusement d'un son de voix grave :
- Ne craignez-vous pas la colère de Dieu ? Détachez-le, barbares !
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TristhenyaTristhenya28 août 2012
— Mademoiselle, dit-il avec une émotion mal déguisée, êtes-vous fille ou femme, ange ou démon ?
— Je suis l’un et l’autre, reprit-elle en riant. N’y a-t-il pas toujours quelque chose de diabolique et d’angélique chez une jeune fille qui n’a point aimé, qui n’aime pas, et qui n’aimera peut-être jamais ?
— Et vous trouvez-vous heureuse ainsi ? ... dit-il en prenant un ton et des manières libres, comme s’il eût déjà conçu moins d’estime pour sa libératrice.
— Oh ! heureuse, reprit-elle, non. Si je viens à penser que je suis seule, dominée par des conventions sociales qui me rendent nécessairement artificieuse, j’envie les privilèges de l’homme. Mais, si je songe à tous les moyens que la nature nous a donnés pour vous envelopper, vous autres, pour vous enlacer dans les filets invisibles d’une puissance à laquelle aucun de vous ne peut résister, alors mon rôle ici-bas me sourit ; Puis, tout à coup, il me semble petit, et je sens que je mépriserais un homme, s’il était la dupe de séductions vulgaires. Enfin tantôt j’aperçois notre joug, et il me plaît, puis il me semble horrible et je m’y refuse ; tantôt je sens en moi ce désir de dévouement qui rend la femme si noblement belle, puis j’éprouve un désir de domination qui me dévore. Peut-être, est-ce le combat naturel du bon et du mauvais principe qui fait vivre toute créature ici-bas. Ange ou démon, vous l’avez dit. Ah ! Ce n’est pas d’aujourd’hui que je reconnais ma double nature. Mais, nous autres femmes, nous comprenons encore mieux que vous notre insuffisance. N’avons-nous pas un instinct qui nous fait pressentir en toute chose une perfection à laquelle il est sans doute impossible d’atteindre. Mais, ajouta-t-elle en regardant le ciel et jetant un soupir, ce qui nous grandit à vos yeux...
— C’est ? ... dit-il.
— Eh ! bien, répondit-elle, c’est que nous luttons toutes, plus ou moins, contre une destinée incomplète.
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AlainDAlainD12 novembre 2015
À droite et à gauche, d’énormes rochers de granit, posés les uns sur les autres, offraient de bizarres configurations. À travers ces blocs, d’immenses racines semblables à de gros serpents se glissaient pour aller chercher au loin les sucs nourriciers de quelques hêtres séculaires. Les deux côtés de la route ressemblaient à ces grottes souterraines, célèbres par leurs stalactites. D’énormes festons de pierre, où la sombre verdure du houx et des fougères s’alliait aux taches verdâtres ou blanchâtres des mousses, cachaient des précipices et l’entrée de quelques profondes cavernes. Quand les trois voyageurs eurent fait quelques pas dans un étroit sentier, le plus étonnant des spectacles vint tout à coup s’offrir aux regards de Mlle de Verneuil, et lui fit concevoir l’obstination de Galope-chopine.
Un bassin demi-circulaire, entièrement composé de quartiers de granit, formait un amphithéâtre dans les informes gradins duquel de hauts sapins noirs et des châtaigniers jaunis s’élevaient les uns sur les autres en présentant l’aspect d’un grand cirque, où le soleil de l’hiver semblait plutôt verser de pâles couleurs qu’épancher sa lumière et où l’automne avait partout jeté le tapis fauve de ses feuilles séchées. Au centre de cette salle qui semblait avoir eu le déluge pour architecte, s’élevaient trois énormes pierres druidiques, vaste autel sur lequel était fixée une ancienne bannière d’église. Une centaine d’hommes agenouillés, et la tête nue, priaient avec ferveur dans cette enceinte où un prêtre, assisté de deux autres ecclésiastiques, disait la messe. La pauvreté des vêtements sacerdotaux, la faible voix du prêtre qui retentissait comme un murmure dans l’espace, ces hommes pleins de conviction, unis par un même sentiment et prosternés devant un autel sans pompe, la nudité de la croix, l’agreste énergie du temple, l’heure, le lieu, tout donnait à cette scène le caractère de naïveté qui distingua les premières époques du christianisme. Mlle de Verneuil resta frappée d’admiration. Cette messe dite au fond des bois, ce culte renvoyé par la persécution vers sa source, la poésie des anciens temps hardiment jetée au milieu d’une nature capricieuse et bizarre, ces Chouans armés et désarmés, cruels et priant, à la fois hommes et enfants, tout cela ne ressemblait à rien de ce qu’elle avait encore vu ou imaginé. Elle se souvenait bien d’avoir admiré dans son enfance les pompes de cette église romaine si flatteuses pour les sens ; mais elle ne connaissait pas encore Dieu tout seul, sa croix sur l’autel, son autel sur la terre ; au lieu des feuillages découpés qui dans les cathédrales couronnent les arceaux gothiques, les arbres de l’automne soutenant le dôme du ciel ; au lieu des mille couleurs projetées par les vitraux, le soleil glissant à peine ses rayons rougeâtres et ses reflets assombris sur l’autel, sur le prêtre et sur les assistants.
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genougenou23 avril 2016
- Jamais les Chouans n'ont eu de chef plus cruel que celui-là, s'il faut
ajouter foi aux bruits qui courent sur lui, dit-elle en s'adressant à la fois à
Francine et à sa maîtresse.
- Oh ! pour cruel, je ne crois pas, répondit mademoiselle de Verneuil ; mais
il sait mentir et me semble fort crédule : un chef de parti ne doit être le
jouet de personne.
- Vous le connaissez ? demanda froidement le jeune émigré.
- Non, répliqua-t-elle en lui lançant un regard de mépris, je croyais le
connaître...
- Oh ! mademoiselle, c'est décidément un malin, reprit le capitaine en
hochant la tête, et donnant par un geste expressif la physionomie
particulière que ce mot avait alors et qu'il a perdue depuis. Ces vieilles
familles poussent quelquefois de vigoureux rejetons.
Il revient d'un pays où les ci-devant n'ont pas eu, dit-on, toutes leurs aises,
et les hommes, voyez-vous, sont comme les nèfles, ils mûrissent sur la
paille. Si ce garçon-là est habile, il pourra nous faire courir longtemps. Il a
bien su opposer des compagnies légères à nos compagnies franches et
neutraliser les efforts du gouvernement. Si l'on brûle un village aux
Royalistes, il en fait brûler deux aux Républicains. Il se développe sur une
immense étendue, et nous force ainsi à employer un nombre considérable
de troupes dans un moment où nous n'en avons pas de trop ! Oh ! il entend
les affaires.
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VilloteauVilloteau20 janvier 2013
Quand les passions arrivent à une catastrophe, elles nous soumettent à une puissance d'enivrement bien supérieure aux mesquines irritations du vin ou de l'opium. La lucidité que contractent alors les idées, la délicatesse des sens trop exaltés, produisent les effets les plus étranges et les plus inattendus.

En se trouvant sous la tyrannie d'une même pensée, certaines personnes aperçoivent clairement les objets les moins perceptibles, tandis que les choses les plus palpables sont pour elles comme si elles n'existaient pas. Mademoiselle de Verneuil était en proie à cette espèce d'ivresse qui fait de la vie réelle une vie semblable à celle des somnambules, lorsque après avoir lu la lettre du marquis elle s'empressa de tout ordonner pour qu'il ne pût échapper à sa vengeance, comme naguère elle avait tout préparé pour la première fête de son amour.
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