Par Russell Banks

Note moyenne : 4.13/5 (sur 55 notes)
Actes Sud 2007
ISBN : 2742765158  
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A cinquante-neuf ans, Hannah Musgrave fait retour sur son itinéraire de jeune Américaine issue de la bourgeoisie aisée de gauche que les péripéties de son engagement révolutionnaire avaient conduite, au début des années 1970, à se "planquer" en Afrique.
Ayant tenté sa chance au Liberia, la jeune femme a travaillé dans un laboratoire où les chimpanzés servaient de cobayes à des expériences sur le virus de l'hépatite, pour le compte de sociétés pharmaceutiques américaines. Très vite, elle a rencontré puis épousé le Dr Woodrow Sundiata, bureaucrate local appartenant à une tribu puissante et promis à une brillante carrière politique. Quelques années plus tard, elle est brusquement rentrée en Amérique, laissant là leurs trois enfants, fuyant la guerre civile qui enflammait le pays.
Au moment où commence ce livre, Hannah quitte sa ferme "écologique" des Adirondacks, car ce passé sans épilogue la pousse à retourner en Afrique...
Evocation passionnante d'une turbulente période de l'histoire des Etats-Unis comme du destin d'un pays méconnu, le Liberia, le roman de Russell Banks tire sa force exceptionnelle de la complexité de son héroïne, et d'un bouleversant affrontement entre histoire et fiction. Petite enfant gâtée de l'Amérique rattrapée par la mauvaise conscience en même temps qu'universelle incarnation de toute quête d'identité en ses tours et détours, mensonges et aveux, erreurs et repentirs, Hannah Musgrave est sans doute l'une des créations romanesques les plus fascinantes du grand écrivain américain.

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Critiques et avis sur American Darling


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    • Livres 5.00/5
    Par 1ded6, 2007-10-28 10:22:01

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    Tout simplement l'un des meilleurs romans que j'ai jamais lu !
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par yo, 2010-03-30 19:13:24

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    Hannah Musgrave est la propriétaire d’une ferme bio qu’elle tient avec trois employées. Mais la vie de Hannah, paisible et douce, au bord d’un lac, ne l’a pas toujours été. Et lorsque subitement lui prend l’envie de retourner au Liberia, pays où elle a déjà séjourné deux fois de manière prolongée, elle retrouve les fantômes qui ont marqué sa vie africaine : son mari Woodrow, ministre de la santé, ses enfants, la guerre civile et les chimpanzés.







    Hannah Musgrave est une femme de combat. Etudiante dans les années 60, elle a pris part à tous les rassemblements étudiants contre la guerre au Viet-Nam. Elle a même été plus loin : elle a monté et dirigé des groupes aux actions plus musclées. C’est en fuyant la police qu’elle a été obligée de se réfugier dans la clandestinité sous le nom de Dawn Carrington puis de fuir en Afrique, au Ghana et au Libéria, où elle a rencontré son futur mari. Il vivra au Libéria dans le luxe, son mari parvenant à conserver son poste de ministre malgré les changements de régime. Mais la guerre mettra fin à cette vie, et poussera Hannah à rentrer aux Etats-Unis pour diriger sa ferme.







    American Darling est un roman riche : de la situation de groupe qualifié de terroriste dans les années 60 au déclenchement de la guerre civile au Libéria qui mène Charles Taylor au pouvoir (à noter qu’il est actuellement jugé pour crimes), on découvre la vie de deux pays intimement melés. Car Russell Banks profite de ce roman pour donner au lecteur un cours sur l’histoire de ce pays, comment les Etats-Unis ont choisi qu’il soit indépendant tout en gardant la main sur tout ce qui s’y passe. Même lors de la guerre qui oppose trois mouvements (le pouvoir et deux mouvements rebelles), ce sont les Etats-Unis qui mènent la danse, en ayant choisi le vainqueur. Hannah sera d’ailleurs, contre son gré, un des instruments qui mènera Taylor au pouvoir et qui précipitera la fin de sa famille.



    Lien : http://livres-et-cin.over-blog.com/article-34494071.html
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    • Livres 5.00/5
    Par sentinelle, 2010-03-27 08:16:22

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    American Darlign est un magnifique portrait de femme qui veut se poser en tant qu'actrice dans une vie où finalement tellement d'événements historiques, culturels, politiques et sociaux vous broient et vous entraînent tel un fétu de paille prit dans la tornade.



    Beaucoup de thèmes seront abordés dans ce roman : la question de l'identité (qui suis-je ? qu'est-ce qui fait que je suis moi ? mes choix ? mes parents ? ma famille ? mon pays ? mon époque ? ma culture ? quel est mon espace de liberté dans la constitution de mon identité ?), la question raciale, l'engagement politique, les différences culturelles, la maternité, l'impérialisme américain, la manipulation, la difficulté de respecter ses propres engagements.



    Un roman percutant qui peut se résumer en une simple phrase : quelle est réellement notre marge de manœuvre et quel poids pouvons-nous avoir sur le cour de l'histoire ?



    La critique complète sur :

    Lien : http://livresque-sentinelle.over-blog.com/article-19265815.html
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    • Livres 0.00/5
    Par Sandre, 2009-06-07 18:29:45

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    Russel Banks. Cet auteur américain, je l'ai découvert il y a un peu plus de dix ans, avec « Continents à la dérive », où comment le rêve américain détruit et fait se rencontrer deux êtres et deux mondes.





    J'ai lu tous ses romans depuis (entre autres et dans le désordre « Le règne de Bone », « Affliction », « De beaux lendemains »...), et puis voilà ... à nouveau le coup de bambou, le cri au chef d'œuvre. Le bouquin qui continue de me suivre alors que je l'ai terminé il y a quelques jours, que je traîne de ma chambre au salon et inversement, parce qu'il m'a soufflée à chaque page, parce que je suis reconnaissante et terriblement admirative.





    Admirative de son héroïne et narratrice. Entre parenthèses, coup de chapeau à l'homme qui offre si bien sa plume à la voix d'une femme...







    Hannah Musgrave a été une activiste révolutionnaire aux Etats-Unis dans les années 60-70, contre la guerre et membre du Weather Underground.





    Hannah Musgrave, toujours recherchée par les autorités américaines, suit un compagnon d'armes en Afrique, puis le quitte et part, seule, au Libéria, où elle épousera un africain, à qui elle donnera trois fils, et où elle vivra pendant près de quinze années.







    Au début du roman, Hannah Musgrave a presque 6O ans. Cela fait longtemps qu'elle est retournée aux Etats-Unis. Elle possède et exploite une ferme dans le Nord de l'Etat de New York... Un matin, au réveil, elle sait qu'elle s'apprête à retourner au Liberia, qu'il lui faut y retourner. Elle a d'ailleurs toujours su qu'elle y retournerait un jour.





    Commence alors le retour en arrière de la narratrice, sur sa vie au Libéria et, parallèlement, sur tout ce qui a fait qu'un jour, elle s'est retrouvée là.







    Elle ne s'arrange pas avec son passé, elle ne s'épargne aucun pointage de ses contradictions et erreurs. Elle se raconte et raconte tout ce dont elle a alors été témoin, avec une lucidité et une honnêteté qui, à chaque page, faisaient se dire à la lectrice que j'étais qu'elle n'arriverait jamais à cet état-là d'intelligence et de clairvoyance sur soi-même d'abord, puis sur les autres, sur le monde et sa sauvagerie.





    Parmi les autres, il y a son mari, petit ministre d'un président fantoche quand elle le rencontre, puis reconduit, pour sauver sa peau, par le président auto-proclamé Samuel Doe. Sa peau ne vaut pas plus cher quand éclate, dans les années 80, l'une des plus terribles guerres civiles qu'ait connues l'Afrique noire. Tout est vrai, historique, détaillé et/mais vu par Hannah.

    Elle est le témoin impuissant de la barbarie. Même pour ses fils, elle ne pouvait rien faire...



    Parmi tous les autres, il y a les chimpanzés dont Hannah ne peut supporter le martyre et qu'elle recueille dans son sanctuaire, l'unique endroit où elle n'est plus témoin mais actrice, l'unique acte de « sympathie » qu'elle ait eu envie d'accomplir. Ces chimpanzés sont les seuls êtres dont le regard répond à celui d'Hannah. Si l'on n'a pas compris cela, on n'a pas compris ce roman ni son héroïne. Les pages où il est question d'eux sont les plus belles, les plus justes et intelligentes du roman.





    « ... mes yeux bleus (...) dans leurs yeux marron où j'apercevais une part essentielle, un aspect irréductible de mon être ; ce qui leur renvoyait en retour la même version reflétée de leur être et nous révélait, à eux comme à moi, le visage de notre mère commune (...). Nous nous extrayions mutuellement, les rêveurs et moi, de la spécificité du temps personnel et de la physionomie individuelle.»



    Lien : http://quedesromans.over-blog.com
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    • Livres 4.00/5
    Par dflasse, 2009-01-02 15:05:03

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    Russel Banks use du procédé de la biographie fictive pour développer ses sujets. Ce roman est d’une densité étonnante. L’héroïne décide de quitter son existence confortable d’une ferme prospère pour retrouver ses fils au Libéria. Derrière ce scénario lapidaire se dissimule une foison de thèmes tous exploité avec aisance grâce notamment à un style fluide et rythmé.

    Lien : http://toutpeutarriver.wordpress.com/2008/11/19/american-darling-rus..
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Citations et extraits de American Darling


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  • Par sentinelle, 2010-03-27 08:15:00

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    J'aurais tellement voulu être invisible, pourtant ! Ma peau blanche s'affichait, faisait carrément du bruit. Elle proclamait ma caste et mon statut aux oreilles de tous. Et pour cela, l'on me haïssait et l'on m'enviait. Pendant longtemps, au marché, j'ai été accueillie par des regards hostiles et l'on m'a traitée avec froideur. Puis, quand les boutiquiers et les marchands ambulants ont su que j'étais la femme du ministre délégué Sundiata, que j'étais manifestement enceinte de ses œuvres et que j'allais rester au Libéria, la froideur a alterné avec la servilité. Les marchands laissaient les gens ordinaires attendre dans la queue pour me servir en premier. J'aurais pu supporter l'un des deux : le rejet ou la servilité, la haine ou l'envie. Peut-être l'un des deux m'aurait-il même arrangée parfois. Mais les subir ensemble me faisait l'effet d'un orgelet : une douleur impossible à éviter si l'on veut y voir quelque chose.

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  • Par sentinelle, 2010-03-27 08:14:25

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    De la baleine qui porte un marsouin dans son ventre, je suis passée à la peau de serpent vidée – une enveloppe. Jusqu'à ce que peu à peu, une fois le bébé et, un an plus tard, les jumeaux enfin sortis de moi, je me remplisse de nouveau et, gonflée alors de sang et d'un lait qui se déverse, goutte, ruisselle et parfois même gicle de mon corps, je me rendre compte que j'étais devenue un réservoir nutritif percé, un navire de ravitaillement. Dépersonnalisé. Chosifié. Mon corps transformé en vaisseau privé de tout lien avec mon moi antérieur.
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  • Par Patsy_Stone, 2010-03-21 10:54:22

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    Après bien des années où j’ai cru que je ne rêvais plus jamais de rien, j’ai rêvé de l’Afrique.
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  • Par Sandre, 2009-06-07 18:30:53

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    mes yeux bleus (...) dans leurs yeux marron où j'apercevais une part essentielle, un aspect irréductible de mon être ; ce qui leur renvoyait en retour la même version reflétée de leur être et nous révélait, à eux comme à moi, le visage de notre mère commune (...). Nous nous extrayions mutuellement, les rêveurs et moi, de la spécificité du temps personnel et de la physionomie individuelle.
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  • Par clarinette, 2008-07-03 22:57:20

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    "C'était un énorme contraste avec les vieilles villes ouvrières et grises que j'avais quittées -ces agglomérations récemment abandonnées de la ceinture industrielles des Etats-Unis, comme New Bedford et auparavant Cleveland, qui m'avaient écrasée presque à mon insu-, un contraste si splendide, si attirant, que je trouvais Accra irrésistible. La chaleur ici était intense, équatoriale, mais grâce à la brise soutenue qui venait de l'Atlantique l'humidité n'était pas inconfortable et, tant qu'on restait à l'écart du soleil, on avait le sensation d'un climat idéal -le climat auquel l'anatomie humaine, après des centaines de milliers d'années d'évolution, est parfaitement adaptée. Et puis j'aimais le peuple ghanéen. Ce sont des gens qui s'excitent facilement, qui sont bruyants et paraissent sûrs d'eux-mêmes. Ils vous font du rentre-dedans, mais avec charme et bonne humeur, ils agitent les mains, ils gesticulent, s'inclinent, se tordent et virevoltent en même temps qu'ils parlent, chicanent, se chamaillent, cancanent et chantent. A l'instar de sa population, la ville lutte inlassablement pour gagner votre attention et votre oreille par son vacarme incessant de klaxons, de bus, de camions sans silencieux, de radios qui hurlent par les fenêtres et à la devanture des magasins, de colporteurs qui crient leurs marchandises, de bébés qui pleurent, de marteaux-piqueurs qui pilonnent le sol. Où que l'ont se tourne, Accra s'efforce d'attirer et de retenir votre regard par ses couleurs vives et animées il y a les superbes pagnes peints irrégulièrement que les femmes enroulent autour de leur corps ; il y a leur coiffures élaborées, d'un noir brillant, structurées comme des chapeaux et aussi précaires que des pièces montées, savamment torsadées, tressées et ornées de perles ; il y a les vélos chinois repeints de couleurs tape-à-l'oeil ; les minibus bondés qu'on appelle tros-tros ; les vertigineuses pyramides de fruits et légumes au marché de Makola ; et les enseignes de coiffeurs aux
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