ISBN : 2742728236
Éditeur : Actes Sud (2000)


Note moyenne : 4.08/5 (sur 39 notes) Ajouter à mes livres
Un réparateur de chaudières dans une petite ville du New Hampshire abandonne son quotidien misérable et part en Floride avec sa famille, attiré par un nouvel avatar du rêve américain.

A plusieurs milliers de kilomètres de là, une jeune Haïtienne fuit la v... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 3.00/5
    Par Chaplum, le 12 février 2012

    Chaplum
    En cette veille de Noël, Bob Dubois a comme une révélation : il en a marre de cette vie dans la petite ville de Catamount dans le New Hampshire. Réparateur de chaudière, marié à une femme qu'il aime, père de deux filles et amant occasionnel d'une chouette nana, il sait que sa situation n'évoluera jamais. Il sera toujours pauvre, propriétaire d'une maison mal meublée, rafistolée et sans les moyens d'offrir une paire de patins à glace rutilantes pour sa fille aînée. Pris de rage, il s'aperçoit qu'il ressemble de plus en plus à son père, dont il se moquait et dont il pensait, sûr de lui, qu'il s'en sortirait mieux. Surtout que son frère est parti en Floride et réussit dans les affaires et son meilleur ami profite de la vie sur un bateau. Il décide de tout plaquer et d'emmener sa famille en Floride, pour profiter à son tour du rêve américain.
    En Haïti, Vanise et son neveu Claude rêvent eux aussi d'une vie meilleure. Et les Etats-Unis leur semblent à cet égard plein de promesses.
    Russell Banks est un écrivain américain prolifique qui dénonce bien souvent les travers de cette Amérique qui fait tant rêver. Ses romans sont rarement joyeux et décrivent une réalité brute. J'avais éprouvé un véritable coup de coeur pour Américan Darling qui traitait du Libéria et de la participation américaine dans ce pays. Sous le règne de bone avait aussi été une magnifique rencontre alors que De beaux lendemains m'avait laissée plus mitigée.
    Malheureusement, ce titre se classe parmi les déceptions. Non que la qualité ne soit pas au rendez-vous. L'écriture de Russell Banks est encore une fois d'un niveau exceptionnel et les réflexions qu'il développe m'ont profondément intéressée et plu. le thème du roman justement m'interpellait beaucoup et c'est la façon dont il a été traité par l'auteur qui m'a déçu.
    J'aimais l'idée de montrer la réalité, ce qui se cache réellement derrière ce fameux « rêve américain ». La trajectoire de Bob Dubois est claire à cet égard et au travers de ce personnage, Russel Banks prouve que ce n'est plus qu'un mythe, qu'on est loin de l'époque des pionniers. C'est d'ailleurs une des explications du titre, le romancier démontre ses thèses par des comparaisons à la Grande Histoire et à la géologie. Les hommes ne se soucient pas de la Terre, des continents qui bougent mais uniquement de leur propre petite personne. Tout comme ils ne se rendent pas compte que l'Amérique d'aujourd'hui n'est plus celle de Christophe Colomb.
    Si tous ces postulats m'ont convaincu dès le départ et me font adhérer sans équivoque à la vision pessimiste du monde dépeinte par Russell Banks, j'ai eu plus de mal avec sa façon de traiter le sujet dans le roman, au cours duquel je me suis souvent ennuyée. Et la lecture m'en a été parfois longue ou fastidieuse.
    J'aurais aimé que les raisons pour lesquelles le rêve américain de Bob échoue, tout comme celui de son frère et de son ami Ave, soient davantage expliquées. Elles ne sont que vaguement évoquées. On parle d'emprunts à de mauvaises personnes, de prêts à des taux très élevés, de personnes peu fréquentables, de trafics en tout genres, … Mais rien de plus. On ne sait finalement pas vraiment pourquoi une affaire ne peut pas fonctionner honnêtement. le problème des soins de santé est lui aussi à peine effleuré. Dommage. Tout comme la violence. Au final, je n'ai eu l'impression que seuls les questionnements de Bob, et particulièrement ses questionnement sexuels et sur le bien et le mal sont développés en long et en large. Honnêtement, je me serais davantage intéressée à pourquoi ses entreprises ratent que de savoir avec qui il couche, combien de fois, pourquoi etc. J'ai trouvé que ça occupait bien trop de place dans l'histoire.
    En ce qui concerne la deuxième intrigue, que l'on suit en parallèle, celle de Vanise et Claude, mes griefs sont semblables. Là aussi, les étapes principales de leur voyage jusqu'en Floride sont éclipsées au profit de leurs épreuves dans les pays qu'ils traversent. Ce qui donne lieu à une multitude de scènes de viols et de cultes vaudou. Bref, là aussi, j'ai eu la sensation que l'auteur passait à côté de son sujet.
    Même si je ne suis pas satisfaite du traitement fait, je suis quand même contente d'avoir lu ce récit dont le sujet m'intéressait beaucoup. Bien qu'écrit dans les années 80, je suis persuadée qu'il reste brûlant d'actualité, tant au sujet du rêve américain, de moins en moins concret que de la réalité de l'émigration aux Etats-Unis.

    Lien : http://www.chaplum.com/continents-a-la-derive-de-russell-banks-6070
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par Aela, le 07 février 2011

    Aela
    L'histoire de deux itinéraires qui se croisent de façon tragique. Russel Banks décrit l'exode de deux familles, l'une, la famille Dubois, originaire du New Hampshire (région d'origine de l'auteur) et l'autre, la famille Dorsinville, originaire de Haïti, pays pour lequel Banks s'est découvert une passion. La famille haïtienne fuit un ouragan qui a dévasté l'île. La famille américaine quant à elle, va vers la Floride pour trouver de meilleures conditions de vie. Bob Dubois va finir par trouver le moyen de faire fortune: transporter des immigrants clandestins ( dont des Haïtiens) vers la Floride.
    C'est une chronique des années 80, de l'Amérique de Reagan. le titre est un symbole de l'Amérique à la dérive puisqu'au cours de ces années le nombre d'Américains vivant en-dessous du seuil de la pauvreté a beaucoup augmenté.
    Une peinture sociale très réaliste et des personnages bien campés.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par patouche, le 18 février 2012

    patouche
    Mon premier Russel Banks qui me laisse un gout mitigé . J'avais bien aimé Affliction et De beaux lendemains . Dans celui-ci l'auteur nous raconte deux histoires en parrallèle . Exercice difficile , les histoires en questions étant forcement moins détaillées , moins " profondes" .
    L'auteur est peut être un peu trop ambitieux sur ce livre .
    Enfin , que cela ne vous empêche pas de le lire malgré tout , personnellement j'ai prévu d'en lire encore quelques uns .
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Beatrice64, le 26 février 2011

    Beatrice64
    La dérive des continents comme image de la dérive d'une certaine Amérique. Romanesque et pourtant sans héros, amer et lucide, un roman de la condition humaine.
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par david-dupere, le 06 octobre 2010

    david-dupere
    Un beau roman sur l'immigration pour tout ceux qui ont encore un peu d'humanité en eux et une conscience de l'état de notre monde.
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par patouche, le 16 février 2012

    Pendant des années , Bob a été le genre de personne qui croit qu'il existe deux sorte de gens : les enfants et les adultes , et qu'ils constituent des espèces bien distinctes .
    Ensuite , quand il a lui même atteint l'age adulte et découvert que l'enfant qui était en lui non seulement se refusait à mourir ou à disparaître mais , de plus , semblait ne pas vouloir céder le pas à l'adulte , et qu'il à vu que cela n'était pas vrai de lui seul mais aussi de tous ceux qu'il connaissait ( sa femme , son frère , ses amis , et même sa mère et son père ) , Bob , à regret , tristement , se sentant de plus en plus seul , en est arrivé à croire que , tout bien considéré , les adultes n'existaient pas , qu'il n'y avait que des enfants qui essayaient , généralement sans succès , d'imiter des adultes . Les gens ressemblent plus ou moins à des adultes , c'est tout .
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    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par patouche, le 17 février 2012

    " Tu vas y arriver en Amérique, ça y a pas de doutes, gamin, et peut-être que comme moi tu y trouveras ce que tu cherchais. Je sais pas quoi. Mais il faudra que tu donnes quelque chose en échange, si ce n'est pas déjà fait. Et quand tu l'auras eu, ce que tu cherches, il se trouvera que c'est pas ce que tu voulais, tout compte fait, parce que ça vaudra toujours moins que ce que tu as donné pour l'avoir. Au pays des hommes libres, il y a rien de gratuit. "
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    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par Outis, le 18 juin 2008

    Il ignore s’il s’est comporté en type bien ou en imbécile, comme un gars qui a peur. La plupart des gens, comme Bob, qui ne vont plus à l’église depuis leur enfance, en viennent de temps en temps à se demander s’ils se sont conduits de façon correcte, imbécile ou trouillarde, et ils en conçoivent une angoisse telle qu’ils sont forcés d’arrêter d’y réfléchir au plus tôt, d’enterrer la question, comme un chien son os, en marquant bien l’endroit et en se promettant de revenir chercher l’os plus tard, quand ils auront le temps et l’énergie de venir le ronger, une promesse qu’ils ne tiennent jamais, bien sûr, et qu’ils ont rarement l’intention de tenir.
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  • Par Aela, le 07 février 2011

    CONTINENTAL DRIFT
    She stiffened, her head snapped back on her spine and came as quickly forward and then slowly rose again, with her features changed, gone, replaced by the features of the Lord of the Sea, a powerful loa, dark and masculine, somber and even sad, a god who has watched too long the troubles of men and women on earth, who has seen too many bad times come back again.
    Elle se raidit, sa tête partit en arrière avec un craquement de vertèbres, puis se rejeta tout de suite vers l'avant et se releva de nouveau lentement. Les traits de son visage s'étaient modifiés, avaient disparu; son visage s'était changé en celui du Seigneur de la Mer, un puissant loa, sombre et viril, lugubre voire triste, un dieu qui ne contemple que depuis trop longtemps les souffrances terrestres des hommes et des femmes, un dieu qui n'a que trop souvent vu revenir les mauvais jours.
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  • Par Outis, le 10 octobre 2007

    Il a abandonné dans ce monde réel un homme irréel et inventé qui a le sens du devoir, de la prudence, un homme qui veille à tout, fidèle, bien équilibré, pendant qu’ici, dans le monde invisible ou Bob vit désormais, il est faible, insensé, irresponsable, infidèle et irrationnel – de sorte que cet homme imaginaire, celui en l’existence duquel tous croient, à l’exception de Bob lui-même, est le père de l’homme réel, qui est celui dont personne, à part Bob, ne connaît l’existence, l’homme qui est un petit garçon.
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