> Christine Le Boeuf (Traducteur)

ISBN : 2742714448
Éditeur : Actes Sud (1999)


Note moyenne : 4.02/5 (sur 133 notes) Ajouter à mes livres
L’existence d’une bourgade au nord de l’état de New York a été bouleversée par l’accident d’un bus de ramassage scolaire, dans lequel ont péri de nombreux enfants du lieu.

Les réactions de la petite communauté sont rapportées par les récits de quatre a... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 04 juillet 2009

    caro64
    Un accident de car, tuant 14 enfants, bouleverse la vie d'un petit village….
    D'un fait divers dramatique, Russel Banks tire un roman poignant en donnant la parole à 4 différents protagonistes du drame révélant les secrets et les faiblesses des uns et des autres, analysant le poids de la culpabilité et de la solitude sur chacun, avec des questions en filigrane : Pourquoi tous ces enfants sont-ils morts ? Qui est responsable ? Comment surmonter la perte d'un enfant ? Est-il possible de continuer à vivre après une telle tragédie ?
    La force de ce roman est donc l'analyse d'un même événement à la différence d'une succession de points de vue, parfois concordants, parfois contradictoires. Ainsi, on entre véritablement dans la peau des personnages (très bien décrits), on comprend leurs souffrances et leurs angoisses, souvent à la lumière de leur vie passée qui surgit dans le récit par le biais de flashback.
    Outre les témoignages, c'est également un portrait de toute une société américaine qui est brossé à travers les intentions des uns et des autres face à l'éventuel procès, ou à travers leurs réactions à l'absence. Aux Etats-Unis, plus qu'en France, tout est prétexte à faire un procès.
    L'histoire a pour fond l' Amérique profonde, sombre, décadente, vidée de ses rêves, pleine de frustrations. L'auteur rend bien l'atmosphère lourde (la brume, la neige et le froid sont omniprésents) qui règne sur le village perdu dans le Parc des Adirondacks, superbe d'isolement, « un paysage qui vous domine ».
    Ce roman, parfaitement mené, est très humain et aucunement larmoyant. C'est magnifiquement écrit, avec détachement, laissant aux lecteurs le soin d'appréhender cette situation comme il l'entend.
    C'est beau, c'est simple, c'est court.
    Très bon livre, excellent auteur. A lire !!!

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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Lostinmypal, le 22 mars 2012

    Lostinmypal
    Ce roman magnifique est construit autour d'un drame : l'accident d'un bus de ramassage scolaire qui causera la mort de plusieurs enfants et la perte de ses jambes à une adolescente. Dans ce trou perdu du nord de l'Etat de New York, c'est toute une communauté qui est touchée, beaucoup de familles ayant perdu un ou plusieurs enfants. L'auteur nous fait vivre cette histoire par le biais de 4 personnages : Dolorès, la conductrice du bus depuis 20 ans, d'autant plus choquée par la tragédie que se pose la question de sa responsabilité ; Billy, le père de deux enfants tués dans l'accident ; Stephens, l'avocat new-yorkais ; Nicole, adolescente lumineuse et appréciée de tous, qui verra sa vie bouleversée par la perte de sa motricité. L'auteur traite de la question de notre rapport à la mort et à nos morts, mais aussi de la famille et de la place des enfants en son sein. Bien sûr, il y est aussi question de responsabilité et de culpabilité, le tout arrangé de façon subtile. J'ai particulièrement été sensible à la voix de Dolorès, femme généreuse et émouvante, détruite moralement par sa responsabilité potentielle dans l'accident et le regard de la communauté de Sam Dent. L'auteur a une très belle plume qui fait passer les émotions sous ses diverses manifestations. Les personnages sont crédibles et rendent l'histoire d'autant plus intéressante que l'on ne peut s'empêcher de se demander : qu'aurai-je fait dans cette situation ? Qu'aurai-je pensé ? Qu'aurai-je ressenti ? Je me suis sentie très impliquée dans cette fiction si réaliste. Enfin, j'ai été subjuguée par les descriptions magnifiques de cette région du nord des Etats-Unis, où l'hiver n'est pas un simple mot. Une très belle histoire…
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par patouche, le 30 septembre 2011

    patouche
    Un drame va toucher la population tranquille d'une petite ville de province Américaine.
    De ce point de départ , Russel Banks va drésser le portrait d'une galerie de personnages liés à l' accident .
    En fait ,une étude psychologique de personnes touchés "dans leurs chaires", leurs réactions les uns envers les autres, les "non-dits" .
    Des amitiés de longue dates se delient, les rancoeurs s'expriment ouvertement
    ou bien à mots couverts , des vies se "perdent".
    L'auteur possede un véritable talent pour décrire l'âme humaine et tout ses tourments .
    Mon deuxième livre de cet auteur et surement pas le dernier !
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par sgirard, le 06 juin 2010

    sgirard
    Un peu déçue probablement car j'ai été extrêmement enthousiaste à la lecture de "American Darling". Mais malgré tout le style est vraiment agréable et l'histoire de ce drame à travers les regards de quatre protagonistes différents est très intéressante. Les points de vue divergent comme si l'auteur voulait nous rappeler qu'il ne faut pas oublier que les autres voient les choses peut être différemment de nous... le portrait de cette Amérique pauvre pour laquelle la vie est un combat quotidien est également très très bien évoqué, grâce à une écriture superbe.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par david-dupere, le 20 octobre 2010

    david-dupere
    Une construction très intéressante car l'on se rend compte que pour un même événement plusieurs points de vue existent.
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Citations et extraits

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  • Par caro64, le 04 juillet 2009

    Silencieuse, la tête basse, Dolorès se plantait au centre exact du chagrin et de la fureur de ses concitoyens et, par sa présence, les obligeait à la définir. Etait-elle une victime de cette tragédie, ou en était-elle la cause ? Elle s'était placée sur la balance de leur jugement, mais ils ne voulaient pas la juger. A leurs yeux, elle était les deux à la fois, évidemment, victime et cause ; exactement comme à ses propres yeux. Ainsi que n'importe quel parent quand il arrive quelque chose de terrible à son enfant, Dolorès était innocente, et elle était coupable. Nous savions, devant Dieu et devant les nôtres, ce que nous étions, en dépit du fait que la plupart du temps on se sent les deux à la fois ; mais elle ne le savait pas. Il lui était impossible de nier, et elle souhaitait donc que nous prenions les devants pour le faire à sa place.
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    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par Outis, le 18 septembre 2007

    Une lucidité claire et tranchante m’envahit quand j’entreprends un procès… une intensité et une concentration qui me donnent l’impression d’être plus vivant qu’en aucune autre circonstance. C’est presque une drogue… Le reste du temps, comme la plupart des gens, je cafouille en solitaire au long de mes jours et de mes nuits, inquiet, vaguement troublé, insatisfait et sans but. Mais donner-moi une affaire… et crac ! tout cela disparaît. Rien d’autre ne me fait cet effet – ni les rapports sexuels illicite, ni la cocaïne, ni la vitesse, en voiture, la nuit, sur la voie opposée de l’autoroute, toutes choses dont j’ai tâté. Rien.
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  • Par kounil98, le 08 mai 2012

    Les premières phrases : Un chien - c'est un chien que j'ai vu, j'en suis sûre. Ou que j'ai cru voir. Il neigeait déjà assez fort à ce moment-là, et dans la neige on voit parfois des trucs qui n'existent pas, ou pas vraiment, mais on risque aussi de ne pas en apercevoir qui existent bel et bien alors, bon Dieu, quand on devine quelque chose, on réagit à tout hasard, pour plus de sûreté, si vous comprenez ce que je veux dire. Ça, c'est ma formation de chauffeur, et en plus c'est mon tempérament de mère de deux grands fils et d'épouse d'un invalide ; comme ça même si je me trompe, au moins suis-je du côté de l'ange.
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  • Par caro64, le 04 juillet 2009

    Pour nous, avant l'accident, il y avait la vie, la vraie vie, la vie réelle si moche qu'elle ait pu nous sembler, et rien de ce qui a suivi l'accident n'offre avec elle la moindre ressemblance.
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  • Par Outis, le 10 octobre 2007

    Je devais avoir l’esprit ailleurs – sans doute occupé de mes fils, car ce matin-là je me sentais particulièrement loin d’eux et on a tendance à embrasser en pensée ce qu’on n’est pas autorisé à embrasser en réalité.
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)

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