La Culture est le meilleur des mondes possibles : ni loi, ni hiérarchie, ni propriété. le bonheur pour tout humanoïde de gauche portée vers l'anarchie n'est-ce pas? Cependant cette société de la Culture est ambigüe voir arrogante envers qui ne veut pas se conformer à elle-même. Un poil impérialiste n'est-ce pas? Et donc critiquable. Et en bon homme de gauche, Iain M. Banks aime porter un oeil critique sur cette Culture, mais également sur ce qui lui est étrangère. Et c'est avec un certain cynisme que l'auteur nous renvoie des images de notre monde à nous.
Mais revenons au livre lui-même. Gurgeh,
L'homme des jeux, le meilleur qui soit au sein de la Culture se voit proposer une mission : jouer à un jeu, celui de l'Azad. Jeu complexe et sociétal car c'est lui qui régit tout la vie de l'Empire Azad. le vainqueur devenant l'empereur et chacun obtenant sa place dans la société en fonction de ses résultats dans ce jeu. Ce terrain de jeu sera celui de la bataille entre deux civilisations. D'un coté la Culture qui, de prime abord, semble pacifique, altruiste et tolérante (mais l'est-elle vraiment?). Et de l'autre coté l'Empire Azad qui a tout des travers de notre société à nous : discrimination sexuelle, raciale, hiérarchique, mais également guerrière, violente et portée sur le sensationnelle. Ne dirait-on pas notre bonne vieille Terre? Cependant Gurgeh, pour le plaisir des jeux prend le défi à bras le corps et se lance dans l'aventure. Et contrairement à toute attente, il avance, gagne, se fait une place par son jeu audacieux. Bref, il va s'attirer des emmerdes et devra éviter des complots médiatiques, des attentats, mais jamais il n'abandonnera et continuera à porter la Culture sur le plateau de jeu. Mais est-il réellement si libre qu'il ne le pensait? Ou n'est-il qu'un pion dans un autre jeu? Je n'en dirai pas plus...
Une particularité intéressante également est la place des drone. Robots intelligents, parfois très anciens comme Chamlis Amalk-ney âgé de 4000 ans, ou encore Flère-Imsaho, le drone de Contact qui l'accompagnera dans l'Empire Azad. Ces robots sont des personnalités à part entière, avec un caractère propre et une capacité de parler de réfléchir parfois même plus aboutie que certains humains. Et même s'ils ont des rôles précis, ils sont des citoyens libres de la Culture car ce sont des êtres intelligents. Voir tellement qu'on se demande qui manipule qui au final...
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L'homme des jeux" c'est la rencontre de deux civilisations opposées. Politiquement et socialement différentes, l'une est égalitaire là où l'autre est intolérante. Bref le clash est proche, et c'est au travers du tableau de jeu que cela se passe. Mais là où la Culture semble être le paradis utopique des libertés, il semblerait qu'elle veuille s'imposer partout par quelque moyen que ce soit. Et au travers du livre, le lecteur est amené a se faire sa propre opinion. Montrant la cruauté d'une civilisation impérialiste et les manipulations d'une société dites des libertés, que reste-t-il? Ni bon, ni mal. Juste l'humanité et tout ce qu'il a de bon et mauvais? Pas de vérité ni de jugement édificateur sur ce qu'il devrait être.
Iain M. Banks est philosophe, écrivain et politiquement à gauche. Cela se ressent dans son livre d'ailleurs. Il porte en avant plusieurs questions, tels que le rôle de la technologie et des intelligences artificielles sur notre liberté, mais renvoie également une vision critique de notre monde et de nos utopies. Abordant par la même occasion la réalisation d'une société de l'anarchie dans un univers de l'abondance, perspective intéressante et autrement plus riche d'un autre empire galactique fort qui domine et contrôle tout et partout. Bref Iain M. Banks nous livre ici un roman riche, un livre déjà classé parmi les classiques et odnt je ne peux que confirmer les dire à ce sujets. Malgré quelques longueurs et lenteurs au début du livre, on retrouve un sens du merveilleux riche et développé qui ne fait que créer de belles images en nous. Iain M. Banks est désormais un auteur que je compte approfondir, d'abord au travers du cycle de la Culture, ensuite au travers du reste, SF ou non. Car son cynisme, son humour ironique mais au combien touchant, sa vision critique et intrigante est plus que plaisante, alors un conseil : testez-le. Ne dit-on pas "l'essayer, c'est l'accepter"?
Terminons sur le fait que le livre profites d'une très bonne préface de
Gérard Klein, et d'une sympathique couverture réalisée par Manchu. Couverture qui si elle n'est pas magnifique est néanmoins bien plus belle que celle de l'édition broché!
Lien : http://naufragesvolontaires.blogspot.com/2010/09/lhomme-des-jeux-de-..