ISBN : 2330005202
Éditeur : Actes Sud (2012)


Note moyenne : 4.06/5 (sur 18 notes) Ajouter à mes livres
A l'instar de ses pareils, hommes de tous âges et de toutes
conditions que leur addiction au sexe a conduits devant les
tribunaux puis relégués loin des "zones sensibles", le Kid,
vingt et un ans, bracelet électronique à la cheville, a pour
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 10 mai 2012

    caro64
    Attention, Russel Banks est de retour et confirme avec ce roman sa place de grand penseur et écrivain américain. Renouant avec ses sujets de prédilection, l' adolescence, les laissés-pour-compte, une Amérique en perte de repères et avec son regard plus aiguisé que jamais, il écrit un brûlot sur les dérives de la société américaine contemporaine.
    Bienvenue à Calusa, ville que l'auteur situe à l'extrême pointe de la Floride, ville imaginaire qui ressemble comme deux gouttes d'eau à Miami. Hormis son parc national aux allures de forêt vierge d'un autre temps et ses complexes hôteliers ultra-modernes en front de mer, vous pourrez, si vous prenez le temps de vous arrêter au Viaduc, visiter sa Colonie, un endroit unique en son genre : un terrain vague, en contrebas du pont, où se sont regroupés des délinquants sexuels qui, bien qu'ayant tous purgé leur peine, sont condamnés à porter et à recharger un bracelet électronique permettant aux autorités de les localiser à toute heure du jour et de la nuit ; délinquants qui sont aussi condamnés à rester hors d'un périmètre dit de sécurité de 750 mètres, ayant en son centre tout endroit susceptible d'abriter des enfants - en faisant tous les calculs nécessaires, cette seconde contrainte ne laisse à ces hommes comme possibilité pour vivre, que ce bourbier, un infréquentable hall d'aéroport et des marécages. Curieux, vous descendez voir en faisant extrêmement attention, l'endroit étant pour le moins escarpé ; et voici que vous apercevez des silhouettes répondant aux noms étranges de Paco, le Grec, P.C, Rabbit qui résident tous là, masquant derrière ces pauvres abréviations et autres pseudonymes ce qu'il reste d'eux, c'est-à-dire des êtres humains sans avenir, en situation de survie quotidienne, privés de rédemption. Un homme détonne au milieu de ces fantômes plus ou moins coupables : il se fait appeler le Kid, bien qu'il ne soit plus un enfant. Mais si personne ne sait vraiment pourquoi il se fait appeler comme ça, tout le monde peut convenir que ce surnom lui va plutôt bien du fait de sa petite taille et de son allure chétive. Il vit dans une tente en compagnie d'Iggy, son fidèle iguane qui l'accompagne depuis ses jeunes années et lui sert tout à tour de gardien, attaché à un parpaing, ou de camarade muet. Outre cette tente et quelques affaires, le Kid possède un vélo et il a un petit boulot dans un restaurant qui lui permet de subvenir à ses modestes besoins.
    Cet homme, nous allons le suivre, découvrir qui il est, apprendre pourquoi il est là au travers de ses souvenirs et au travers d'une rencontre qui bouleversera sa vie, celle d'un homme monstrueux (il est plus qu'obèse, énorme) qui se fait appeler le Professeur. Ce dernier travaille à la faculté et traîne derrière lui une réputation de génie. Il est descendu jusqu'à ce cloaque dans le but d'étudier le cas de délinquants sexuels. Les échanges vont emmener les deux hommes bien plus loin qu'ils ne le pensaient…
    Russell Banks revient donc quatre ans après La réserve, roman qui m'avait déçue, du moins en comparaison de ses magnifiques American Darling ou De beaux lendemains. Ce nouveau livre, inspiré d'un fait divers réel (l'affaire dite du "Julia Tuttle Causeway", histoire d'un campement sauvage fondé par un groupe de délinquants sexuels à Miami), est une fulgurante réflexion sur les dérives de notre société prisonnière de ses schémas et de ses peurs. Ce roman propose un voyage inédit au coeur de ces ténèbres d'une nouvelle ère et, grâce à sa structure qui multiplie les angles et les surprises narratives, évite les mirages du manichéisme et du racolage (sans jamais nier la crudité, voire la violence de son thème) et les réponses péremptoires. Lentement, il creuse son sujet, accumule les strates, emmène son lecteur dans d'étranges directions sans jamais sacrifier son ambition au confort de celui-ci, jusqu'aux confins d'un hypothétique après.
    Avec une désarmante acuité, Russell Banks nous livre une histoire animée de cette formidable humanité qui traverse ses meilleurs livres et qui en a fait depuis plusieurs années un sérieux candidat au prix Nobel de Littérature - son oeuvre associant style, profondeur et défense de valeurs humanistes, avec une constante justesse.
    Ce livre ambitieux et dérangeant, nous interroge, nous interpelle et ne nous laisse pas indifférent !
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    • Livres 5.00/5
    Par claracambry, le 22 mars 2012

    claracambry
    Calusa, Floride. le Kid, vingt et un ans, vit sous une tente à côté d'autres sans abri sous le viaduc Claybourne. Il s'agit d'un délinquant sexuel en liberté conditionnelle. Fiché dans un registre national accessible à tous, il porte en permanence un bracelet électronique à la cheville et n'a pas le droit de se trouver à moins de huit cent mètres de tout endroit qui accueille des enfants ( écoles, parcs, …) . Exclus, marginalisés, tous s'appellent par des surnoms comme le Véreux un ancien avocat arrivé fraîchement. le Kid se méfie de tout le monde et d'ailleurs chacun garde son histoire et son passé pour lui. Quand un éminent Professeur en sociologie s'intéresse à lui pour une étude, il se montre réticent. le Kid a eu assez de problèmes comme ça pour s‘en attirer plus. Mais le Professeur semble vraiment vouloir l'aider.
    Je ne sais pas si tous les romans de Russel Banks sont du même gabarit mais en tout cas, croyez-moi, ce livre c'est vraiment quelque chose !
    L'histoire du Kid c'est d'abord une enfance solitaire, une mère plus occupée par ses amants de passage qu'à surveiller les activités de son enfant. Un gamin sans problème pourrait-on dire ayant pour compagnon et ami un iguane. En grandissant, il va tuer le temps en regardant des films pornos à longueur de journées sur internet. Voilà comment le Kid s'est retrouvé dans un cercle vicieux, un engrenage qui l'a conduit droit dans un piège tendu par la police. Inculpé pour détournement de mineur, le Kid n'a pas d'autre endroit où aller que ce coin abandonné sous le viaduc.
    la suite sur :
    http://fibromaman.blogspot.fr/2012/03/russel-banks-lointain-souvenir-de-la.html

    Lien : http://fibromaman.blogspot.fr/2012/03/russel-banks-lointain-souvenir..
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    • Livres 4.00/5
    Par Balaziouf, le 26 avril 2012

    Balaziouf
    « Kid : Au fait, tu t'es jamais demandé pourquoi on parle de peau pour les magazines et les films pornos ?
    Professeur : Je peux pas dire que…
    Kid (l'interrompant) : Moi non plus. Je veux dire qu'ils ne sont pas en peau, ils montrent juste des images de peau. La seule peau qu'ils te font toucher, c'est la tienne. »

    A peine âgé de 22 ans, Kid est mis au ban de la société. Il vit sous un viaduc avec tous les parias de sa trempe, celle des délinquants sexuels. Pour cet ancien militaire tombé pour une sombre histoire de trafic de DVD X, la pornographie est un sacerdoce de longue date. Dès sa prime adolescence, il s'adonna au visionnage de films pour adulte tout en pratiquant la masturbation compulsive allant de paire avec ce type de divertissement. Élevé par une mère célibataire aux relations instables et au caractère inconséquent, il n'a jamais eu l'opportunité de connaître son père (qui ne demeure qu'une figure évasive et lointaine que sa génitrice n'évoqua qu'à de rares moments) et d'ainsi profiter de repères masculins et d'un réel équilibre familial.
    Timide et quelque peu associable, il n'a jamais eu l'opportunité de partager une quelconque forme d'intimité avec un membre de l'autre sexe. Toujours puceau, il s'embarquera dans une affaire qui ne sera clairement révélée qu'au fil du roman, alors qu'il se confie au Professeur, personnage aussi intrigant que gargantuesque. Ce dernier (dont l'identité formelle demeure inconnue), professeur à l'université, selon ses dires, mène des recherches sur les comportements sexuels et le Kid semble être un sujet d'étude tout désigné. Bien que n'étant pas doué pour entretenir des relations sociales, Kid se laissera gentiment apprivoisé tout en conservant une certaine méfiance à l'égard de cet étrange personnage.
    Adepte des récits denses et factuels, Russell Banks aborde avec Lointain souvenir de la peau les thématiques de la sexualité et de la pornographie, deux notions qui se heurtent à la bienséance américaine. Celle-ci est nimbée d'une hypocrisie insondable qui prend la forme de mesures politiques visant à affermir les lois sur les délits sexuels. Banks dresse un tableau de ces contradictions, mettant en exergue une société de plus en plus pornographique et créatrice de frustration qui, à contrario, demeure inflexible face aux crimes pouvant en être le fruit. Ainsi, Kid vois ses tentations s'opposer aux lectures de la Bible dont les principaux messages ne peuvent être compris tant ils sont éloignés de ce qu'il ressent dans sa chaire.
    Avec ce roman, Banks pose également deux énigmes. La première concerne le crime du Kid. On nous le présente comme étant un indésirable relégué à l'état de vagabond, mais son véritable crime ne sera révélé qu'après avoir copieusement avancé dans la lecture de cet ouvrage. L'autre énigme concerne le Professeur, dont ni l'identité ni les intentions ne sont claires. Un livre à clés dont la lecture, riche sans être aisée pour autant, mène à réfléchir sur certains travers de la société américaine (et, par extension, occidentale) ainsi que sur la notion de culpabilité.


    Lien : http://lelibrairetemeraire.blogspot.fr/2012/04/lointain-souvenir-de-..
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    • Livres 4.00/5
    Par michelekastner, le 17 mai 2012

    michelekastner
    Un jeune homme de 20 ans (encore enfantin dans sa tête), depuis toujours livré à lui-même, délaissé par sa mère, accro aux videos hard XXXX, est interpellé et classé "délinquant sexuel". Son destin croise celui d'un professeur d'université considéré comme un génie excentrique qui souhaite étudier son cas. On croise des laissés pour compte écartés de la société qui a créé ces monstres parias. Peu à peu, le Kid va sortir de sa coquille, apprendre à se sociabiliser et s'humaniser.
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    • Livres 5.00/5
    Par myrtille81, le 25 mars 2012

    myrtille81
    Russell Banks, comme à son habitude, analyse la société comme nul autre. C'est avec une précision extrême qu'il dissèque le devenir des jeunes sans repères et soumis à de nombreuses tentations dans une société de plus en plus virtuelle, des jeunes déshumanisés par la société de consommation.
    Un livre très politique, donc. Mais aussi un bijou littéraire, avec entre autre d'admirables descriptions. Un roman à lire absolument.

    Lien : http://mumuzbooks.blogspot.fr/2012/03/lointain-souvenir-de-la-peau-r..
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Alexis Brocas pour le Magazine Littéraire

    Les mineurs de naguère emportaient, au fond des galeries, des canaris : quand l’air se chargeait de gaz, l’oiseau mourait et les humains prenaient alors les mesures de sécurité ad... > lire la suite

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Critiques presse (9)


  • Culturebox , le 26 avril 2012
    Le livre, magistralement construit, donne un sentiment d'étouffement. Chaque fois qu'une porte s'ouvre, elle se referme violemment.
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  • Bibliobs , le 11 avril 2012
    «Lointain souvenir de la peau» est, autant qu'un roman haletant, une saisissante parabole sur le revers de ce qui brille - la civilisation du luxe et de la luxure, et l'adoration universelle du Dieu numérique.
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  • LeFigaro , le 23 mars 2012
    Lointain souvenir de la peau n'est pas un roman aimable mais admirable dans sa rugosité même et sa puissance. Peu d'écrivains ont aujourd'hui le courage de prendre à bras-le-corps de tels sujets. S'il n'en reste qu'un, Banks sera celui-là.
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  • LeMonde , le 23 mars 2012
    Russell Banks en convient sans peine. Son livre est culotté.
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  • Lexpress , le 22 mars 2012
    Lointain souvenir de la peau, ultime portrait de Russel Banks d'une Amérique à la dérive, ne parvient pas à renouer avec la force de ses précédents romans.
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  • LesEchos , le 20 mars 2012
    Cette fable puissante, qui met face à face un jeune délinquant sexuel victime du système et un professeur d'université au passé trouble, nous transporte dans un monde à la Orwell.
    Lire la critique sur le site : LesEchos
  • Lexpress , le 15 mars 2012
    Avec le portrait en clair-obscur d'un marginal à la dérive, Russell Banks interroge le statut du corps à l'ère d'Internet et du numérique.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Telerama , le 14 mars 2012
    [Un] grand roman qui, creusant la cons­cien­ce collective américaine con­temporaine, ne craint pas de soulever d'amples et complexes questions politiques, mo­rales et symboliques.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • LePoint , le 12 mars 2012
    Un roman d'une puissance incroyable, dont on sort broyé et résigné au pessimisme radical.
    Lire la critique sur le site : LePoint

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Citations et extraits

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  • Par THYSBE, le 27 mai 2012

    Les serpents ne sont pas mauvais, pas plus qu'ils ne sont bons. Ils suivent leur nature, c'est tout. Et tant qu'on la bousille pas en les foutant dans des cages et des zoos, c'est une nature de serpent. Le bien et le mal, Kid, c'est strictement pour nous les humains. Il n'y a que la nature humaine qui se divise en bien et en mal.
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  • Par alicejo, le 25 mai 2012

    Il n'y avait évidemment aucun consensus sur l'endroit où les délinquants sexuels devaient être envoyés. C'étaient des parias absolus, les intouchables américains, une caste d'hommes classés bien au-dessous des simples alcooliques. Des hommes inaccessibles à la rédemption, aux soins et aux traitements, méprisables mais impossibles à éloigner, et donc des hommes dont la majorité des gens souhaitait simplement qu'ils cessent d'exister.
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  • Par THYSBE, le 27 mai 2012

    Il a bien l'air de quelqu'un en liste d'attente pour la crise cardiaque.
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  • Par alicejo, le 19 mai 2012

    A dire vrai, le Kid n'a pas de style en particulier. On ne peut pas le cataloguer comme telle ou telle sorte de personne ou telle autre, sinon par son âge, sa race et son genre. C'est un Blanc âgé d'un peu plus de vingt ans. A part ça, il est presque invisible. et ça lui va bien comme ça.
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  • Par michelekastner, le 17 mai 2012

    Les théories du Professeur sur la pédophilie sont en train d'évoluer rapidement. Quand une société réifie ses enfants en les transformant en groupe de consommateurs, quand elle les déshumanise en les convertissant en un secteur économique crucial fermé sur lui-même, quand elle érotise ensuite ses produits pour les vendre, les enfants en viennent peu à peu à être perçus comme des objets sexuels par le reste de la communauté mais aussi par eux-mêmes. Et sur l'échelle du pouvoir, quand le pouvoir en vient à être interprété en termes de sexualité et non plus d'économie, les enfants se trouvent relégués à l'échelon le plus bas.
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