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Critiques sur La mer (9)


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    • Livres 5.00/5
    Par Christw le 09/05/2012


    Je me réjouissais de lire un autre Banville après avoir apprécié Infinis et je n'ai pas été déçu. Bien sûr, cet auteur ne dévoile aucun mystère nébuleux, ne déroule aucune enquête haletante, pas plus qu'il n'imagine de péripéties palpitantes ou vaudevillesques. Il s'attache à saisir des scènes, des sensations, des moments furtifs remontés à la mémoire qu'il prolonge somptueusement en croquant gestes, expressions, non-dits, frissons même, avec un crayon précis, tendre ou cruel et toujours intelligent. Je le vois comme un peintre ou un photographe enrichi de toute la gamme des évocations que permet l'écrit. Ce n'est sans doute pas un hasard si la peinture (avec Bonnard) et la photographie pointent leur nez dans ce roman.

    La puissance de la mémoire est la ligne de force de cette histoire. Les souvenirs vont et viennent comme le ressac de La mer et submergent le lecteur d'un bain trouble et exaltant, doux et chargé d'écume amère. L'impression générale faite de dunes et de vent, de douleurs sourdes et de pulsions en herbe, m'a tant pénétré que j'en garderai sans doute un souvenir inoubliable. Mon séjour sur la côte de La mer du Nord durant la lecture contribue certainement à renforcer ce sentiment. Et la proximité d'âge que je dois avoir avec cet homme écrivant les effluves de sa mémoire le rend naturellement attachant à mes yeux... Je suis assez déçu des critiques molles que j'ai trouvées sur les sites de lecteurs, car je comprends mal qu'on puisse passer à côté de cette perle.

    Le récit tient en peu de choses, mais les sublime toutes: un homme au soir de sa vie revient sur des événements de vacances à La mer pendant sa jeunesse. Son épouse vient de mourir d'un cancer (...l'imprévu suprême lui avait fondu dessus) et désemparé, il retourne sur le lieu de vacances de son adolescence, de ses premiers émois sensuels, là où il a vécu un autre drame révélé tout à la fin du roman au terme d'une progression adroite de la tension. Ce n'est pas un livre triste du tout: il est poignant et m'a parfois serré la gorge, c'est vrai, mais ce texte apporte autre chose d'enveloppant et d'indicible, qui n'est pas de désespoir ni de mélancolie. N'est-ce pas simplement cela l'art, la beauté de l'art ?
    La mer, en définitive: une aquarelle où se côtoient l'initiation et la mort, mouillé sur mouillé.

    Je ne suis pas très compétent pour juger de la traduction et je peux me tromper, mais je tiens à noter que j'avais senti une écriture (encore) plus raffinée avec la traduction d'Infinis par Pierre Emmanuel Dauzat qu'avec celle-ci d'Albaret-Maatsch, qui soit dit en passant a pratiquement traduit tout ce qui existe de Banville en français et n'a de compte à rendre à personne. Il se peut aussi que Banville ait écrit La mer d'un trait plus spontané, avec toujours, et pour mon grand plaisir, ces changements de rythme, alternant phrases courtes et longues dans un rythme élégant.

    Un bref extrait: Puis, soudainement, non, pas soudainement, mais dans une sorte de houle impérieuse, toute La mer s'est soulevée, ce n'était pas une vague, mais un rouleau paisible qui avait surgi des grandes profondeurs, à croire qu'un énorme quelque chose avait bougé là en-dessous, et j'ai été soulevé et emporté un peu plus loin vers le rivage, puis reposé sur mes pieds comme auparavant, comme s'il ne s'était rien passé. Et en effet il ne s'était rien passé, juste un formidable rien, juste un haussement d'épaules indifférent du vaste monde.
    Si vous le pouvez un jour, retrouvez ce passage à la fin du livre et constatez que situé dans son contexte, il prend une dimension supérieure. Comprenez-en toute la portée ontologique et John Banville aura peut-être gagné un lecteur, une lectrice.

    Le livre a connu un gros succès outre-manche et il a été largement traduit. Booker prize 2005.

    En poche 10/18, 247 pages, traduction de Michèle Albaret-Maatsch


    Lien : http://marque-pages.over-blog.net/article-la-mer-john-banville-10478..

    critique de qualité ? (13 votes positifs)



    • Livres 1.00/5
    Par Norlane le 18/01/2012


    Je n'ai pas su rentrer dans ce livre. "La mer", titre du livre, m'a paru trop loin (je m'attendais à respirer les embruns) et le narrateur très peu attachant. Question d'âge et d'histoire personnelle ? Ce vieil homme qui nous perd dans ses pensées sur le présent, le passé et l'avenir, m'a déplu au point que je n'ai pu aller au bout du livre, malgré le mystère entretenu autour de l'étrange famille qui l'a envoûté lorsqu'il était petit. Bref, je suis passée à côté du chef d'œuvre annoncé par la quatrième de couverture.

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par moustafette le 02/01/2011


    Suite au décès de sa femme Anna, Max revient cinquante ans après sur les lieux de son enfance. Il s'installe aux Cèdres, une maison qu'il a bien connue à l'époque, et qui aujourd'hui est tenue par Melle Vavasour.
    Autrefois "Les Cèdres" était une maison qu'on louait aux vacanciers. La famille Grace est venue y passer quelques semaines durant un été qui marqua à jamais le narrateur.

    Tel le flux et le reflux, le narrateur et le lecteur sont entrainés dans un mouvement incessant de va et vient entre passé et présent, rêve et réalité, calme et tempête, espoir et désespoir. Comme lors d'un véritable travail psychanalytique, les associations s'enchaînent, les évidences s'imposent et les liens se tissent.
    La fin du récit est assénée comme un coup de théâtre et laisse face à l'immensité de l'horizon. Comme quand la vie s'impose devant la mort, il faut malgré tout continuer à naviguer.

    C'est un texte magnifique et d'une richesse telle que l'écriture se dispute à la peinture ces évocations tour à tour tendres et douloureuses de la mémoire.



    Lien : http://moustafette.canalblog.com/archives/2007/06/16/index.html

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



  • Par InColdBlog le 09/09/2010


    En sortant ce roman de ma pile plus d'une année après son achat, je ne savais plus ce qui allait s'offrir à moi, d'autant que, pour entretenir le suspense, j'ai sciemment ignoré avec superbe le texte de la quatrième de couverture.

    Dans un premier temps, j'ai eu du mal à entrer dans ce livre mais j'ai vite compris pourquoi : je plongeais dedans la tête la première, le parcourant à contre-courant, luttant inconsciemment contre le rythme du récit. Dès que je me suis abandonné, j'ai été emporté, balloté au gré de la prose de John Banville, toute de finesse et de douce langueur.
    A l'instar du flux et du reflux de La mer omniprésente dans le roman, le récit passe sans heurts du présent à un passé proche ou plus lointain, ce passé qui « cogne comme un second cœur » en Max : de son retour aux Cèdres, à l'annonce du cancer d'Anna ; de l'été de son enfance, à sa rencontre avec Anna…
    La mer ne cesse d'aller et venir entre des pôles opposés : le présent et le passé, la réalité et les souvenirs, l'enfance et la vieillesse, la vie et la mort, l'amour et l'intérêt…
    Au cours de son introspection, Max va revisiter son histoire et l'analyser avec clairvoyance. Il va s'interroger sur les véritables motifs de sa fascination pour les Grace (désir profond d'intégrer ce qui représentait pour lui la famille idéale ou occasion inespérée de quitter sa misérable position sociale ?), ou sur l'intensité réelle de ses sentiments pour Anna (la maladie, comme un révélateur photo, a fait apparaître la distance qui s'était indiciblement installée entre eux).
    La mer est un roman envoûtant dans lequel les sentiments humains prennent toute la place.
    Le style de John Banville est remarquable. La sensualité érotique entre Connie Grace et Max est parfaitement restituée (et riche en odeurs de toutes sortes).

    A maintes reprises au cours de ma lecture, j'ai eu l'impression d'assister à la création d'un tableau qu'un peintre exécuterait devant mes yeux (d'ailleurs, et ce n'est certainement pas un hasard, le roman fourmille de références picturales). Un très beau roman à (re)découvrir à l'occasion de sa sortie en poche ce mois-ci.


    Lien : http://www.incoldblog.fr/?index/oeuvres/La%20Mer

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par sentinelle le 19/07/2008


    Kazuo Ishiguro et John Banville étaient tous deux parmi les finalistes pour le Booker Prize 2005. C'est John Banville qui l'a emporté avec « La mer ». Ayant lu les deux, j'ai nettement préféré le roman « Auprès de moi toujours » de Kazuo Ishiguro. John Banville est réputé comme étant un auteur difficilement accessible, ce qu'il fut effectivement en ce qui me concerne, ce roman ayant bien du mal à trouver un certain écho en moi.

    Tels le flux et le reflux de La mer, Max, qui vient de perdre sa femme, décide de revenir sur les lieux de son passé, tout en alternant les souvenirs d'autrefois et les réflexions du présent et de l'avenir.

    « A présent que c'était fini, quelque chose de nouveau avait commencé pour moi : la délicate affaire d'être le survivant. »

    Quand les expériences du passé éclairent les expériences du présent… voilà le voyage auquel nous convie l'auteur, par l'intermédiaire d'un récit tout en lenteur, tout en finesse mais malheureusement aussi tout en monotonie.

    Porté par une très belle écriture, car c'est là que se situe la grande force de John Banville, ce roman manque de souffle, de puissance, au point où j'ai failli manquer d'énergie à mon tour pour en venir à bout. Mais je ne le regrette pas, dans la mesure où ce sont les toutes dernières pages qui donnent sens au récit.

    Je suis donc assez mitigée quant à cette lecture, suffisamment en tout cas pour ne pas avoir envie d'approfondir l'œuvre de John Banville dans les mois qui viennent.

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



  • Par MIOP le 09/02/2012


    A la mort de sa femme, Max décide de retourner aux Cèdres, propriété du bord de mer et maison de son enfance.
    Tiraillé par le chagrin, la colère et l'insondable douleur du deuil, il se réfugie dans le passé, pour " échapper au présent froid et à l'avenir encore plus froid ". Il y revit ces moments d'enfance, troublé et fasciné par la famille Grace : Constance, la mère séductrice ; Carlo, le père autocrate ; et puis les mystérieux jumeaux, Chloé et Myles, le garçon muet. II y revit aussi ce tragique événement qui marquera au fer rouge le reste de son existence...
    Booker Prize 2005, La mer est un roman d'une beauté envoûtante, mélancolique et sensuelle, sur l'amour, la perte et le pouvoir de la mémoire.

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par elfe le 17/07/2009


    Anna est morte avant l'aube. À dire vrai, je n'étais pas là quand c'est arrivé. J'étais allé sur le perron de la clinique respirer à fond l'air noir et lustré du matin. Et pendant ce moment si calme, si lugubre, j'ai repensé à un autre moment, des années auparavant, dans l'eau, ce fameux été à Ballymoins. J'étais allé nager tout seul, je ne sais pas pourquoi, ni où Chloé et Myles étaient passés ; sans doute étaient-ils partis quelque part avec leurs parents, ce devait être une des dernières balades qu'ils ont faites ensemble, la toute dernière peut-être. " Après la mort de sa femme, Max se réfugie dans le petit village du bord de mer où, enfant, il vécut l'été qui allait façonner le reste de son existence. Assailli par le chagrin, la colère, la douleur de la vie sans Anna, Max va comprendre ce qui s'est vraiment produit, cet été-là. Comprendre pourquoi " le passé cogne en lui, comme un second cœur ".

    Après la mort de sa femme, Max tente d'apaiser son chagrin en se rendant dans le village de vacances de son enfance. Il loue une chambre à l'hôtel qu'occupait alors la famille Grace. Cette famille riche fascinera alors le petit garçon pauvre qu'il était. Et soudain le passé ressurgit...

    La plume de John Banville est assez incroyable. J'ai failli plusieurs fois lacher le livre à cause de longueurs mais à chaque fois l'auteur a réussi à recapter mon attention. C'est un livre au charme certain, qui parle de la mélancolie, du passé et de la nostalgie. Malgré tout je n'en ferai pas un coup de coeur du fait que j'ai décroché quelquefois de l'histoire.

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par andreb le 21/11/2008


    Ah! quel magnifique roman! Écriture superbe, plongée dans les souvenirs, surprises multiples!

    À relire pour en savourer la beauté!

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par helaia le 05/01/2012


    Le titre m'a attiré, le résumé m'a séduit mais je ne suis jamais rentrée réellement dans ce livre tel que je l'aurais aimé .

    critique de qualité ? (0 votes positifs)






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