> Michèle Albaret-Maatsch (Traducteur)

ISBN : 2742706968
Éditeur : Actes Sud (1999)


Note moyenne : 4.67/5 (sur 3 notes) Ajouter à mes livres

" Monsieur le juge, quand vous me demanderez de donner à la Cour ma version des faits, voici ce que je dirai. On me tient enfermé ici comme une bête curieuse, dernière survivance d'une espèce qu'on croyait éteinte. On devrait lai... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 21 décembre 2007

    Woland
    The Book of Evidence
    Traduction : Michèle Albaret
    Voici un livre singulier, présenté sous la forme d'un monologue de plus de trois cents pages, celui d'un aristocrate assassin, Frederick St Jonh Vandeveld Montgomery, parfois appelé "Freddie" par ses proches ou ses amis
    Le style en est tout à fait remarquable : net, travaillé, ciselé même, littéraire (songez donc que, dans la majeure partie des cas, la traductrice s'est vue obligée de respecter l'emploi de l'imparfait du subjonctif ! Wink), très, très dense. L'action y est accessoire : y prime l'analyse des sentiments du héros ainsi que sa façon, très personnelle, de voir le monde.
    Bref, en bonne logique, un livre qui risque fort, dès ses dix premières pages, de faire tomber de sommeil le lecteur lambda.
    D'où vient alors le miracle qui contraint à lire toujours plus loin, à accompagner jusqu'au mot "Fin" un héros qui tient plus de l'anti-héros, et à refermer "Le livre des aveux" avec la conviction d'avoir lu un roman rare et excellent ?
    Je l'ignore mais, pour moi, tel fut bien le cas.
    Pour tenter de résumer ce livre étrange, premier volet de la trilogie consacrée par son auteur à l'Art, plaçons au milieu le meurtre d'un personnage tout à fait secondaire - on serait même tenté d'écrire une silhouette si la malheureuse ne passait de vie à trépas dans des conditions aussi sordides. Meurtre stupide, meurtre sans mobile réel, meurtre qui fait basculer le personnage central dans ce qu'il nommera les "dix jours les plus passionnants" de sa vie.
    Ajoutons à cela un ego invraisemblable, mélange de faiblesse, de lâcheté, de tendresse aussi et d'irresponsabilité absolue, que le monologue rend omniprésent, d'un homme dont on peut douter qu'il ait toute sa raison mais dont on est sûr et certain qu'il n'est jamais parvenu à épurer les relations qu'il entretenait avec ses parents, et notammnent sa mère.
    Situons tout cela - sauf le tout début - dans une Irlande toujours aussi brumeuse et mélancolique, où gin et whisky scandent les rencontres et les retrouvailles.
    ... Et nous n'aurons que les bases très schématiques du "Livre des Aveux."Mais enfin, nous aurons une petite idée du sujet.
    Une lecture que je recommanderai aux lecteurs chevronnés et que les méandres psychologiques et les questions existentielles ne rebutent pas. Les adeptes de l'action à tous prix devraient par contre s'abstenir. Encore que la bizarre fascination de l'ensemble soit capable, à mon sens, de tous les miracles. ;o)
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    • Livres 4.00/5
    Par liratouva2, le 30 octobre 2010

    liratouva2
    Je ne suis pas sûre d'avoir aimé cette longue confession d'un tueur cruel et prétentieux, trop bavard, trop égoccntrique, trop froid trop, trop, trop, bref très antipathique. Pas un seul instant je ne me suis attachée à lui! Peu m'importait son sort. J'ai rarement aussi peu ressenti d'intérêt pour un personnage de roman mais en même temps je savais que j'obéissais ainsi au désir de l'auteur.
    C'est ce qui a transformé cette lecture en expérience étonnante : je me suis sentie dominée de bout en bout non par le narrateur mais par l'auteur lui –même, baladée par lui où il voulait. Tout du long j'ai admiré sa façon d'écrire, précise, sèche, très efficace et somptueuse !

    Lien : http://liratouva2.blogspot.com/2010/10/le-livre-des-aveux-de-john-ba..
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Citations et extraits

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  • Par liratouva2, le 30 octobre 2010

    Je plaiderai coupable, bien sûr, mais il me déplaît qu’on ne me laisse pas faire ma déposition, oui, ça, ça me déplaît. Ce n’est pas juste. Même un saligaud de mon espèce a droit à son jour de gloire. Je me suis toujours vu dans le box des accusés, le regard fixé droit devant moi, très calme , en tenue sport – comme les journaux me décriront - , en train de raconter, de ma fameuse voix autoritaire, ma vision des choses, avec mes mots à moi. Maintenant, voilà qu’on va me refuser même ce moment théâtral, le dernier, sûrement, que je connaîtrai dans cette vie. Non, ce n’est pas juste.
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