ISBN : 2070421651
Éditeur : Gallimard (2002)


Note moyenne : 3.16/5 (sur 179 notes) Ajouter à mes livres

C'est un vieil homme qui s'éteint, péniblement alité. Pas n'importe quel homme, mais le plus grand critique gastronomique du monde, qui est parvenu à hausser un art mineur au rang des plus prestigieux, a fait et défait des réputations. Après quelques décennies d... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Odile17, le 27 janvier 2012

    Odile17
    Quel plaisir de lire un livre si bien écrit ! le style est agréable, soutenu ; le vocabulaire est riche, diversifié... parfois presque un peu trop cela dit, j'ai pu ressentir un petit côté "pompeux", mais très léger et supportable. le découpage en courts chapitres est très ingénieux, cela donne un rythme et permet peut-être d'alléger la densité et la complexité de certaines descriptions (puisqu'il est question, pour une grande part, de descriptions de plats les plus divers). Certaines descriptions sont réellement savoureuses, c'est très plaisant à lire ! Heureusement, il y aussi une histoire, pour ne pas se lasser de tant de descriptions (qui m'ont parfois fait penser "Au Bonheur des Dames" version culinaire), mais elle est un peu mince à mon goût... et la fin m'a un peu laissée sur ma faim en ce qui concerne les relations des personnages. Un très bon livre toutefois, que j'aurai plaisir à reprendre parfois, rien que pour me délecter de la description du sashimi ou de la tomate, par exemple !
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 21 septembre 2011

    LiliGalipette
    Au seuil de la mort, un critique culinaire de renommée internationale cherche à mettre la langue sur une saveur perdue, douceur plus fine que tous les festins auxquels il s'est attablé. « Plus rien n'a d'importance à ce point. Sauf cette saveur que je poursuis dans les limbes de ma mémoire et qui, furieuse d'une trahison dont je n'ai même pas le souvenir, me résiste et se dérobe obstinément. » (p. 20) Sa quête est un chemin à rebours du temps. Il revient aux premières découvertes culinaires de son enfance, revit des souvenirs savoureux, regoûte des plats exquis. Tel un Orphée culinaire, il veut ramener au jour un délice perdu, mais ce délice lui échappe à chaque pas. le mourant dresse alors un menu fabuleux dégusté entre des dizaines de tables. du fond de son lit, il convoque en esprit des cuisiniers disparus, prestigieux ou anonymes, et leur commande une nouvelle fois leur meilleur plat. Ici, les madeleines de Proust ne se dégustent qu'après le souvenir.
    Dans cette recherche du goût perdu se dessine le portrait d'un homme d'exception. « Je suis le plus grand critique gastronomique du monde. Avec moi, cet art mineur s'est haussé au rang des plus prestigieux. » (p. 12) Il n'a pas de nom mais il s'en fait un de la pointe de sa plume. « Pour l'éternité, j'ai épinglé sur mon tableau de chasse quelques-uns des plus prestigieux papillons de la toque. » (p. 12) Mais le gastronome glorieux n'est pas tout. L'homme est aussi un mari et un père absent et tyrannique. Au seuil de la mort du patriarche, tous souhaitent sa mort, tous encouragent d'une voix muette le vieil homme à passer l'arme à gauche. Tous sauf quelques fidèles inattendus. Ainsi, outre celle de l'agonisant, d'autres voix s'élèvent et soulèvent des pans de rideau sur une vie de jouissance et de suprématie. C'est par bouchées, douces ou amères, que l'on découvre un peu mieux l'existence de cet homme qui meurt.
    « J'ai parcouru tout le spectre de l'art culinaire, en esthète encyclopédique toujours en avance d'un plat – mais toujours en retard d'un cœur. » (p. 18) D'extases gustatives en jouissances des papilles, je me suis attachée à cette figure attendrissante. Certes, c'est un homme odieux pour ses proches, mais sa quête au bord de la mort est sublime. Il ne court pas après un dernier reste de pouvoir ou de reconnaissance. Il veut un plaisir qu'il pressent simple, originel et pur. Mourir lui importe peu, il le dit dès les premières pages. Ce qu'il veut, c'est retrouver un plaisir qui se déguste loin des tables étoilées, confectionné par des chefs qui s'ignorent. Ce n'est pas pour rien que ce gastronome m'a rappelée Anton Ego, l'impitoyable critique culinaire dans le dessin animé Ratatouille.
    L'écriture est savoureuse et dotée d'une puissance d'évocation à nulle autre pareille. J'ai mangé à chaque page et me suis composé des repas pour un moment. Muriel Barbery a le talent rare de faire atteindre la synesthésie par les mots : le livre en main, ce sont tous les sens qui se délectent des descriptions culinaires. Et la fin est tout simplement délicieuse. Je vous conseille ce roman : régalez-vous !
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 1.00/5
    Par Fava, le 10 décembre 2010

    Fava
    Plutôt déçue…
    J'avais tellement aimé L'Elégance du Hérisson !
    Ce 1er roman de Muriel Barbery n'est pas à la même hauteur.
    Bien sûr, l'écriture de cette prof de Lettres est tout à fait éblouissante. Un exercice de style, d'une virtuosité remarquable ! Quelle élégance, quel vocabulaire, quelle capacité à décrire par le menu, avec un enthousiasme communicatif, les moindres sensations gustatives ! C'est une étonnante plongée dans le monde des gourmets, que l'on découvre avec un plaisir incontestable. Cela me fait penser à la façon dont Patrick Süskind nous fait découvrir le monde de l'odorat dans Le parfum. Les changements de narrateur d'un chapitre à l'autre sont aussi une technique narrative intéressante, que l'auteur reprendra d'ailleurs avec brio dans L'Elégance du Hérisson.
    Mais… il y a quelque chose qui ne trompe pas. Un bon roman, un « grand » roman, j'en tourne les pages avec avidité, et en même temps je n'ai pas envie qu'il finisse, je vois approcher avec regret les dernières pages, parce je voudrais rester dans son atmosphère, avec ses personnages attachants, son intrigue palpitante, sa problématique passionnante… C'est ce qui m'était arrivé avec L'Elégance du Hérisson, qui, du coup, était monté au Top 50 de mes lectures préférées, avec Cent Ans de solitude, le Hussard sur le Toit, ou le Roi des Aulnes…
    Une gourmandise ? Non. Pas d'avidité à le lire (dommage pour Une gourmandise…). Pas de regret de le voir finir. Il n'est pas épais, ce livre. Et pourtant, je m'ennuyais. Les personnages ? Des silhouettes à peine esquissées pour la plupart, et un héros antipathique. La structure ? Répétitive et lassante : un retour en arrière, l'exploration d'un souvenir et d'une saveur, et on recommence au chapitre suivant. L'intrigue ? On sait dès le début que le protagoniste va mourir. Qu'attendons-nous alors ? Qu'il retrouve une certaine saveur perdue, comme Proust recherchant le temps perdu… Fort bien. Mais que trouve-t-il au moment ultime ? Des choux à la crème de supermarché !! Est-ce que j'ai sauté un chapitre ??? Est-ce qu'il faut comprendre une subtilité que je ne vois pas ??? Expliquez-moi !!! Cette fin est terriblement décevante. J'espérais sans trop y croire qu'une ultime prise de conscience révèlerait à notre héros qu'il n'était qu'un égoïste, que ses préoccupations uniquement culinaires l'avaient empêché de voir l'essentiel de la vie….Je ne sais pas, moi…. Que ce soi-disant grand homme devienne vraiment grand, dans le bien ou dans le mal ! Au lieu de cela… Faut-il rire ou pleurer de cette chute dans les choux à la crème ?
    Il ne se passe rien, dans ce roman, la forme y est, mais pas le fond… !
    Bilan : Oui, à mes yeux, Muriel Barbery écrit exceptionnellement bien. Il y a des pages d'anthologie (comme la description de la 1ere gorgée de whisky…). Ce 1er roman l'a fait entrer dans la cour des grands. Mais ce n'était qu'un coup d'essai, le coup de maître est venu plus tard.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Canaju, le 01 février 2012

    Canaju
    Le concept est simple : un plat/une saveur = un souvenir, à la manière de la madeleine de Proust. On découvre à travers les chapitres les souvenirs culinaires qui ont marqué le personnage.
    Mais ce qui est bien dans ce livre, c'est qu'il va forcément vous parler. L'auteur nous ramène à nos propres souvenirs. Elle met en avant le côté sentimental que nous prêtons à certains plats : le gâteau de maman, le plat en sauce de mamie..Elle montre que la nourriture est un bonheur simple qui fédère les gens. Elle prouve que la cuisine constitue un lien social et affectif forts. Pourquoi ? parce que la cuisine est avant tout généreuse. Et oui, lorsqu'on mitonne un petit plat, on cherche avant tout à faire plaisir à ceux qui vont y goûter.
    Le tout est sublimé par un style élégant et riche : au fur et à mesure des chapitres, on s'abreuve et se nourrit de l'écriture de Muriel Barbery. On retrouve la poésie et le charme du jargon d'un œnologue : fruité, boisé, fleuris, tannique, rond... L'amour du mot est bien au rendez-vous.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 1.00/5
    Par Lune, le 02 juin 2008

    Lune
    Après la découverte enthousiaste de "L'élégance du hérisson", je ne pouvais qu'acheter ce livre qui en fait est le premier publié par l'auteur. Quelle ne fut pas ma surprise de me retrouver rue de Grenelle en compagnie du "Maaaître", grand critique gastronome en fin de vie et de voir apparaître les lieux et silhouettes qui m'avaient accompagnée intensément dans le deuxième livre. Avec ce style particulier, Muriel Barbery, par la voix des différents personnages nous fait parvenir plein de réflexions humaines et... culinaires. Nous salivons aux évocations, nous avons envie de découvrir, nous nous disons qu'il faudra mieux goûter, nous nous promettons de cuisiner avec un autre regard, nous réagissons aux descriptions précises et poétiques. Il y a de succulentes descriptions de nourriture, de festins. Nous tentons de comprendre le maître et sa dualité, sa misogynie, sa misanthropie, nous ne l'aimons guère sauf en de rares moments de laisser-aller. La fin surgit, déconcerte et renvoit l'homme à l'origine de lui-même. Un masque tombe, trop tard... La boucle est bouclée, le chemin parcouru... Est-ce du domaine romanesque ou est-ce du possible? Si tel est le cas, quelle tristesse, quel jeu de paraître, quelle inhumanité de l'homme, fut-il le plus grand dans le domaine auquel il s'est voué... Ne jamais oublier "la saveur originelle" qui nous a construit, ému, porté... pour ne pas en perdre le goût et mourir désespéré de l'avoir ignoré.
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Citations et extraits

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  • Par Aproposdelivres, le 04 juin 2010

    « Il rinça soigneusement le riz thaïlandais dans une petite passoire argentée, l'égoutta, le versa dans une casserole, le recouvrit d'un volume et demi d'eau salée, couvrit, laissa cuire. Les crevettes gisaient dans un bol de faïence. Tout en conversant avec moi, essentiellement de mon article et de mes projets, il les décortiqua avec une méticulosité concentrée. Pas un instant il n'accéléra la cadence, pas un instant il ne la ralentit. La dernière petite arabesque dépouillée de la gangue protectrice, il se lava consciencieusement les mains, avec un savon qui sentait le lait. Avec la même uniformité sereine, il plaça une sauteuse en fonte sur le feu, y versa en pluie les crevettes dénudées. Adroitement, la spatule en bois les circonvenait, ne laissant aux menus croissants aucune échappatoire, les saisissant de tous côtés, les faisant valser sur le gril odorant. Puis du curry. Ni trop ni trop peu. Une poussière sensuelle embellissant de son or exotique le cuivre rosé des crustacés : l'Orient réinventé. Sel, poivre. Il égrena aux ciseaux une branche de coriandre au dessus de la poêlée. Enfin, rapidement, un bouchon de cognac, une allumette ; du récipient jaillit une longue flamme hargneuse, comme un appel ou un cri qu'on libère enfin, soupir déchaîné qui s'éteint aussi vite qu'il s'est élevé.

    Sur la table de marbre patientaient une assiette de porcelaine, un verre de cristal, une argenterie superbe et une serviette de lin brodé. Dans l'assiette, il disposa soigneusement, à la cuillère en bois, la moitié des crevettes, le riz auparavant tassé dans un minuscule bol et retourné en une petite coupole joufflue surmontée d'une feuille de menthe. Dans le verre, il se versa généreusement d'un liquide de blé transparent.»
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  • Par Yuko, le 17 juillet 2010

    J'ai tenu l'éternité dans l'écorce de mes mots et demain, je vais mourir. Je vais mourir en quarante-huit heures - à moins que je ne cesse de mourir depuis soixante-huit ans et que je ne daigne le remarquer qu'aujourd'hui. Quoiqu'il en soit, la sentence de Chabrot, le médecin et l'ami, est tombée hier "Mon vieux, il te reste quarante-huit heures".
    Quelle ironie ! Après des décennies de boustifaille, des flots de vin, d'alcools en tout genre, après une vie dans le beurre, la crème, la sauce, la friture, l'excès à toute heure, savamment orchestré, minutieusement cajolé, mes plus fidèles lieutenants, le sieur Foie et son acolyte l'Estomac, se portent à merveille et c'est mon coeur qui me lâche. Je meurs d'une insuffisance de coeur. Quelle amertume aussi ! J'ai tant reproché aux autres d'en manquer dans leur cuisine, dans leur art que je n'ai jamais pensé que c'était peut-être à moi qu'il faisait défaut, ce coeur qui me trahit si brutalement, avec un dédain à peine dissimulé tant le couperet s'est aiguisé rapidement...
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  • Par Nadael, le 05 février 2010

    Sucre, eau, fruit, pulpe, liquide ou solide? La tomate crue, dévorée dans le jardin sitôt récoltée, c'est la corne d'abondance des sensations simples, une cascade qui essaime dans la bouche et en réunit tous les plaisirs. La résistance de la peau tendue, juste un peu, juste assez, le fondant des tissus, de cette liqueur pépineuse qui s'écoule au coin des lèvres et qu'on essuie sans crainte d'en tacher ses doigts, cette petite boule charnue qui déverse en nous des torrents de nature : voilà la tomate, voilà l'aventure.
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  • Par Odile17, le 21 janvier 2012

    Le vrai sashimi ne se croque pas plus qu'il ne fond sur la langue. Il invite à une mastication lente et souple, qui n'a pas pour fin de faire changer l'aliment de nature mais seulement d'en savourer l'aérienne moellesse. Oui, la moellesse : ni mollesse, ni moelleux ; le sashimi, poussière de velours aux confins de la soie, emporte un peu des deux et, dans l'alchimie extraordinaire de son essence vaporeuse, conserve une densité laiteuse que les nuages n'ont pas.
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  • Par mzorn, le 01 septembre 2009

    Le calvaire ce n'est pas de quitter ceux qui vous aiment, c'est de se détacher de ceux qui ne vous aiment pas.
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Bande annonce de "Le hérisson", un film de Mona Achache, avec Josiane Balasko (2009)








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