> Hubert Juin (Autre)
> Jacques Petit (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070369102
Éditeur : Gallimard (1977)


Note moyenne : 3.8/5 (sur 50 notes) Ajouter à mes livres
Lors de la traversée de la lande de Lessay, le narrateur, accompagné de Maître Tainnebouy, entend dans la nuit des cloches sonner. Son compagnon lui apprend que c'est la cloche de l'abbaye de Blanchelande, qui sonne la messe de l'abbé de la Croix-Jugan. Il lui conte alo... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 3.00/5
    Par Audreyy, le 16 septembre 2011

    Audreyy
    Déjà, pour commencer, il est clair que si je n'avais pas eu à lire ce livre dans le cadre de mes études, je ne me serais jamais intéressée à ce roman. Pourtant, j'ai passé un bon moment.
    Comme souvent avec les livres d'écoles, on a qu'une hâte le terminer mais une fois terminée, je me suis rendue compte qu'il m'avait plu et qu'il n'était en fin de compte, pas si mal.
    Tout d'abord, il est question d'un narrateur (dont on ne connaît pas le nom) qui souhaite se rendre à la Lande de Lessay. Louis de Tainnebouy, qu'il va rencontrer accepte de lui montrer le chemin et part avec lui, sur leurs chevals. Ils vont se retrouver coincé dans un bois et là, les cloches vont sonner. Louis de Tainnebouy va alors conter l'histoire de Jeanne et de l'Abbé de la Croix-Jugan. Une terrible histoire car Jeanne va tomber amoureuse de l'Abbé. Puis, nous sommes aussi en pleine guerre des chouans.. donc au passage : multiples tortures, meurtres avec aussi une part de superstitions.
    Il va, par la suite, se passer deux faits marquants qui rend la lecture plus palpitante. On y retrouve une part de mystère comme dans un roman policier. Je ne vous en dis pas plus pour ne pas vous cacher l'effet de surprise. Un indice : le premier titre pour ce livre avait été "La messe de l'Abbé de la Croix-Jugan". Que va t'il se passer pendant une certaine messe ?
    En bref, malgré quelques passages qui ne sont pas simples, c'est un roman intéressant qui ne vous fait pas passer un moment désagréable.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par BVIALLET, le 23 avril 2012

    BVIALLET
    L'abbé de la Croix Jugan est un ancien chef chouan qui n'a pas respecté ses voeux monastiques en prenant les armes contre les Bleus. La révolte ayant échoué et la royauté n'ayant pas été restaurée, l'abbé tente de se suicider en se tirant un coup d'espingole dans la tête. Il ne réussi qu'à se défigurer. Recueilli par Une vieille paysanne de son parti, il se fait surprendre par une troupe de soudards bleus qui le torturent atrocement et le laissent pour mort. Mais quelque temps après, il réapparaît, tel un pénitent recouvert d'une capuche qui masque son visage défiguré dans l'église de Blanchelande, dans le Cotentin. Il lui est interdit par l'Eglise de dire la messe. Parmi les fidèles, se trouve Jeanne-Madelaine le Hardouey, ex demoiselle de Feuardent, aristocrate déchue et mal mariée à un gros fermier enrichi par la récupération des biens du clergé. le couple a voulu se passer des services de bergers à demi sorciers qui lui jettent un sort pour se venger. Jeanne tombe follement amoureuse de l'abbé qui n'en a cure. On retrouve bientôt le cadavre de Jeanne dans l'eau du lavoir du village. Les rumeurs vont bon train et les catastrophes continuent à s'enchaîner.
    Ce livre aurait pu être un roman policier, mais Barbey d'Aurevilly l'a voulu autrement. le lecteur ne saura jamais si Jeanne s'est suicidée ou si elle a été assassiné. Et pour la suite, c'est la même chose, il ne pourra soupçonner que des forces obscures, maléfiques instrumentalisant et détruisant des destins. Rien de réaliste, rien de rationnnel. Un monde de magie noire et de sorcellerie... Nous sommes donc en présence d'un livre de style fantastique au sens où on l'entendait au XIXème siècle et très proche de certains textes d'Hofmann, Poe, Conan Doyle, Shelley, Stocker et même Maupassant ("La main coupée"). Paru initialement en feuilleton, ce roman a les défauts de ses qualités. Tout repose sur une ambiance semi-gothique, inquiétante, angoissante particulièrement réussie, mais rendue par de longues et méticuleuses descriptions à la mode de l'époque. Certain(e)s les trouveront peut-être rebutantes. Dans la littérature actuelle, il est habituel d'aller à l'essentiel en laissant au lecteur le soin d'imaginer la scène, le décor et les sentiments des personnages. A l'époque, le cinéma n'existait pas. Nul doute que le cerveau du lecteur d'aujourd'hui ne fonctionne pas comme celui d'hier car il peut piocher dans une sorte de "banque de données imaginatives" d'une grande richesse et n'a peut-être plus besoin qu'on lui décrive tout par le menu. Il n'en demeure pas moins que ce livre est un classique du genre et qu'il est écrit dans une langue magnifique et illustrée d'un grand nombre d'expressions de patois normand fort savoureuses qui obligent le non-initié à aller consulter le glossaire en fin de volume.

    Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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    • Livres 5.00/5
    Par maltese, le 23 septembre 2010

    maltese
    Barbey d'Aurevilly est un formidable évocateur, qui se fait sorcier pour l'occasion et parvient à retranscrire toute l'atmosphère mystérieuse et comme sortie d'un rêve de la lande normande.
    On y suit les apparitions et les intrigues qui vont lier l'abbé de la Croix-Jugan, prêtre qui s'est engagé auprès des Chouans mais a tenté de se suicider au soir de la débâcle, se relevant défiguré de son coup de feu en plein visage, et Jeanne le Hardouey, noble, épouse d'un bourgeois, et hantée par la silhouette quasi spectrale de l'abbé.
    Le roman de Barbey d'Aurevilly marque par cette présence d'un fantastique tout en finesse car on ne sait jamais si les événements relèvent effectivement du surnaturel ou sont le fait d'un imaginaire débridé par un environnement évocateur et chargé de légende.
    L'histoire se mêle aux croyances et autres superstitions de la campagne normande, et bergers sorciers, amours impossibles, climat diabolique... se trouvent évoquer dans ce roman où violence et sacré se retrouvent irrémédiablement liés.
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    • Livres 4.00/5
    Par Anassete, le 22 mars 2012

    Anassete
    Un très bon roman si on passe outre le récit très engagé du début. Barbey nous peint l'aristocratie comme la seule classe étant héroïque et la seule classe capable de gouverner. Ses idées peuvent paraître réfractaires, mais elles sont essentielles pour comprendre le roman.
    En effet, au-delà du couple religion/diableries, les trois personnages principaux (voire quatre) sont des allégories. Jéhoël représentent les Chouans et la propagande, la Clotte incarne la vieille aristocratie lapidée par le peuple, tandis que le Hardouey vit son rôle de Bleu parce qu'il croit être bafoué. Jeanne, quant à elle, c'est l'enterrement de la France comme la voit Barbey d'Aurevilly : la grande époque où l'aristocratie régnait. La France a été tuée par l'affrontement des deux camps, mais on ne connaît pas vraiment la cause de la mort de Jeanne.

    Lien : http://biblio.anassete.org/?p=11
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    • Livres 5.00/5
    Par sofy74, le 11 décembre 2011

    sofy74
    Un auteur local , né à dix km de chez moi . Ce roman "fantastique" est à lire .
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Citations et extraits

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  • Par sentinelle, le 22 décembre 2009

    Qui ne sait le charme des landes ?... Il n’y a peut-être que les paysages maritimes, la mer et ses grèves, qui aient un caractère aussi expressif et qui vous émeuvent davantage. Elles sont comme les lambeaux, laissés sur le sol, d’une poésie primitive et sauvage que la main et la herse de l’homme ont déchirée. Haillons sacrés qui disparaîtront au premier jour sous le souffle de l’industrialisme moderne ; car notre époque, grossièrement matérialiste et utilitaire, a pour prétention de faire disparaître toute espèce de friche et de broussailles aussi bien du globe que de l’âme humaine. Asservie aux idées de rapport, la société, cette vieille ménagère qui n’a plus de jeune que ses besoins et qui radote de ses lumières, ne comprend pas plus les divines ignorances de l’esprit, cette poésie de l’âme qu’elle veut échanger contre de malheureuses connaissances toujours incomplètes, qu’elle n’admet la poésie des yeux, cachée et visible sous l’apparente inutilité des choses.
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  • Par sentinelle, le 23 décembre 2009

    C’étaient toutes les deux ce qu’on appelle de ces langues bien pendues qui lapent avidement toutes les nouvelles et tous les propos d’une contrée et les rejettent tellement mêlés à leurs inventions de bavardes que le Diable, avec toute sa chimie, ne saurait comment s’y prendre pour les filtrer.

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  • Par sentinelle, le 22 décembre 2009

    « Eh bien ! la mère, – lui dis-je en regardant manger mon cheval, – vous allez me dire à présent quel chemin je dois suivre pour arriver à la Haie-du-Puits dans la nuit et sans m’égarer. »

    Alors elle allongea son bras sec, et, m’indiquant la ligne qu’il fallait suivre, elle me donna une de ces explications compliquées, inintelligibles, où la malice narquoise du paysan, qui prévoit les embarras d’autrui et qui s’en gausse par avance, se mêle à l’absence de clarté qui distingue les esprits grossiers et naturellement enveloppés des gens de basse classe.
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  • Par sentinelle, le 23 décembre 2009

    Il avait été fort célèbre dans le Cotentin, pays de grands mangeurs et de buveurs intrépides, et il était devenu, sur la fin de sa vie, d’un embonpoint si considérable qu’il avait été obligé de faire une entaille circulaire à sa table pour y loger la rotonde capacité de son ventre.
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  • Par sentinelle, le 22 décembre 2009

    Le Temps, qui nous use peu à peu de sa main de velours, a une fille plus mauvaise que lui : c’est la Légèreté oublieuse.
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