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ISBN : 2081309483
Éditeur : Flammarion (2013)


Note moyenne : 3.73/5 (sur 379 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"Dieu, le créateur de toutes les réalités, n'en défend aucune à l'artiste, pourvu que l'artiste n'en fasse pas un instrument de perdition." Se référant à la scène sublime qui ouvre Richard III de Shakespeare, Barbey d'Aurevilly se permettra tout dans ses récits de passi... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par gill, le 29 mai 2013

    gill
    Fuyant la guerre et la Commune, Barbey d'Aurevilly trouva refuge en Normandie, à Valognes, dans le Cotentin, et c'est là qu'il écrivit les dernières lignes de son fameux volume "Les diaboliques".
    Vingt ans se sont passés entre le projet, initialement intitulé "Ricochets de conversation" et la première parution du livre en octobre 1873.
    Il est composé de six nouvelles :
    "Le rideau cramoisi", " le plus bel amour de Don Juan", "Le bonheur dans le crime", "Le Dessous de cartes d'une partie de whist", "Un dîner d'athées" et "La Vengeance d'une Femme".
    En décembre 1870, dans une préface provisoire, l'auteur met en garde :
    "Les histoires sont vraies. Rien n'est inventé. Tout vu. Tout touché du coude ou du doigt. "Les diaboliques" ne sont pas des diableries, ce sont des diaboliques : des histoires réelles de ce temps civilisé et si divin que, quand on s'avise de les écrire, il semble que ce soit le Diable qui les ait dicté..."
    Le 11 décembre, le vent est aux saisies et le procureur général fait enlever chez l'éditeur, M. Dentu, pour attentat à la morale publique, tous les exemplaires restants
    Gambetta plaida la cause de Barbey d'Aurevilly auprès du garde des Sceaux. L'affaire fut stoppée.
    En 1908, Léopold Delisle, qui était natif de Valognes, déclina l'honneur, soixante ans après, de faire partie du comité célébrant le centenaire de Barbey d'Aurevilly, à cause du "Dessous de cartes d'une partie de whist".
    Personne, aujourd'hui ne conteste plus au livre sa qualité de chef-d'œuvre. "La littérature inacceptable de 1850 est devenue suprême et définitive consécration".
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    • Livres 4.00/5
    Par ibon, le 06 mars 2013

    ibon
    Six nouvelLes diaboliques et donc pas très catholiques. Ce qui a valu à son auteur un procès pour immoralité en 1874. Pourtant fervent catholique, Barbey, c'est vrai, se lâche souvent dans ces nouvelles afin, dit-il, de "terroriser le vice". Il semble alors se complaire dans la description de personnages aux moeurs pas très délicates.
    Je trouve qu'il y parvient très bien avec un suspense hitchcockien.
    Le rideau cramoisi
    Un jeune soldat est hébergé dans une chambre chez un vieux couple. Leur fille arrive un soir et sa vie bascule.
    Le plus bel amour de Don Juan
    A 50 ans, Don Juan retrouve 12 anciennes maîtresses lors d'une soirée et leur raconte son plus bel amour.
    Le bonheur dans le crime
    Hauteclaire est belle et donne des leçons d'escrime. le comte de Savigny, bien que fraîchement marié, ne manque pas de venir l'admirer jusqu'à ce qu'elle disparaisse.
    La Vengeance d'une Femme
    Robert de Tressignies se promène tard un soir et rencontre une prostituée.
    Bien que je ne sois pas parvenu à lire "Le dessous de cartes" et "A un dîner d'athées" parce qu'elles m'ennuyaient, les 4 nouvelles citées plus haut sortent du lot et méritent le coup d'oeil.
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    • Livres 4.00/5
    Par lauredanse, le 06 mai 2013

    lauredanse
    Dans ce livre, recueil de six nouvelles plus ou moins longues, Barbey d'Aurevilly nous parle de toutes ces femmes aux multiples facettes, pouvant être froides, méprisantes, impassibles, comédiennes, vengeresses, cruelles, manipulatrices, même démoniaques, au choix… Tout en étant d'un autre côté fougueuses, maladroites, amoureuses, passionnées… au choix… Ici les femmes sont les dominantes, celles qui ont le dernier mot, et les hommes sont les pauvres victimes d'un ensorcellement, d'un pouvoir magnétique de la femme, comme la menthe religieuse. Ce qui n'empêche pas de trouver aussi des hommes cruels, meurtriers, vengeurs. de la simple vengeance au meurtre, à la folie, où sont les limites ? Des souvenirs parfois glaçants pour ces hommes qui en ont croisées, dans l'admiration pour certains.
    Ici le narrateur est toujours le témoin d'une histoire qu'on le lui a racontée et le retranscrit au lecteur. Nous sommes au 19ième siècle et l'on y croise donc l'aristocratie, les dandies, les prostituées, l'adultère… Barbey d'Aurevilly est un très bon conteur, sait nous tenir en haleine et nous surprendre. Il a fait le choix de traîner en longueur, faut-il encore l'apprécier. Pour ma part j'ai senti parfois que c'était trop et le fait de s'approcher du commérage ne me plait pas forcément. Mais c'est une époque et on le lit comme tel. Entre Le rideau cramoisi, le plus bel amour de Don Juan, Le bonheur dans le crime, le dessous de carte d'une partie de Whist, A un dîner d'athées et La Vengeance d'une Femme, ma préférence se porte sur le plus bel amour de Don Juan pour la description de cette femme et cette fille où là le faux-semblant est à son paroxysme ainsi que la perfidie, comme beaucoup dans ce recueil, mais j'ai aimé ces portraits. Je dois dire que Le bonheur dans le crime m'a séduite aussi par l'aplomb de cette autre femme et l'effacement dont elle a pu faire preuve.
    Des portraits brossés avec un talent littéraire indéniable, savoureux, de l'ironie (et ça j'adore !) d'une psychologie très juste mais paradoxalement assez caricaturale, ce qui est sans doute voulu. Il met en exergue les possibilités sans limites de la partie sombre des êtres, surtout des femmes évidemment, les diaboliques, et de l'amour sous toutes ses formes, du plus perfide au plus meurtrier et écoeurant. Des descriptions très longues, mais qui permet d'avoir des personnages fouillées autant physiquement que moralement et psychologiquement. Des énigmes, des questions en suspens. J'ai adoré ces histoires mais cela ne peut être un coup de coeur car l'approche par le commérage n'est pas dans ce que je préfère. C'est difficile à définir, j'ai aimé sans être totalement charmée, charmée par les mots, l'histoire mais pas par l'esprit cancan.

    Lien : http://madansedumonde.wordpress.com/2013/05/06/les-diaboliques-jules..
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    • Livres 3.00/5
    Par vincentf, le 01 mars 2012

    vincentf
    Ces histoires à faire froid dans le dos, l'amante morte dans les bras du soldat, la fausse servante empoisonneuse, la marquise qui se fait putain, auraient pu fasciner. Elle l'auraient dû. Mais Barbey est trop bavard, il enrobe trop, il discute, il batoille, il décrit tout trop longuement pour ne pas ennuyer un lecteur de nouvelles habitué au vertige rapide et sans fioritures De Maupassant. Bref, le diabolique, chez Barbey devient barbant, anecdote, blabla de salon, morbide batifolage, que l'on lit avec intérêt mais sans frisson, tellement on s'est habitué au quotidien de l'horreur.
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    • Livres 3.00/5
    Par chartel, le 04 août 2008

    chartel
    Barbey d'Aurevilly est un auteur qui m'a tout d'abord attiré à cause de son nom. J'ai l'impression que même vers la fin du XIXe siècle, porter un nom pareil devait être quelque chose de rare. En tout cas, après lecture de sa biographie, ce nom correspondait bien au personnage, un dandy remarqué, nostalgique des temps bénis de l'aristocratie et fréquentant assidûment le grand monde de Paris. Pour découvrir son œuvre, la logique m'a porté sur "Les Diaboliques", recueil de Nouvelles qui provoqua un vent de panique dans une France enserrée par l'ordre moral des débuts de la Troisième République de Mac-Mahon.
    Un auteur atypique qui se faisait tirer les oreilles par les saintes-nitouches ne pouvait que me plaire.
    Pourtant, la lecture de ce recueil de six Nouvelles (plus de 300 pages au total) m'a donné un tout autre visage que celui d'un auteur révolté. Barbey d'Aurevilly se révèle être un vrai réactionnaire. Cette nostalgie des grandeurs de la noblesse française le poursuit dans chaque histoire, et cette insistance devient assez lourde lorsqu'on arrive à la fin du recueil. On a envie de lui répondre : "Oui Barbey ! on a compris ! les aristocrates sont vraiment des gens formidables, une race d'exception, distingués, fins, subtils, de vrais hommes quoi, parce que le reste, la populace, la roture, on ne peut pas appeler cela des humains, des singes peut-être mais pas des humains. Oui Barbey ! Finalement l'Inquisition avait du bon parce qu'elle faisait courber l'échine à tous ces culs terreux qui n'avaient pas vraiment le droit de vivre. On a compris Barbey, on a compris, arrête-toi !" Je grossis un peu les traits de sa pensée ? Que nenni ! "Les Diaboliques", c'est l'apologie de l'Ancien régime.
    Le thème commun aux six récits est la présence du Mal, du Diable dans le réel. Et ce Diable, s'en prend surtout aux femmes, sortes de sphinx, de femmes fatales transformées en superbes nymphomanes, le bon stéréotype du fantasme masculin en quelque sorte. Les hommes se pliant (ou plutôt profitant) aux (des) exigences de ces lionnes en furie. le choix des récits enchâssés donne de la véracité à ces histoires pourtant rocambolesques qui nous replongent en plein romantisme noir, du temps de Lord Byron ou Walter Scott, agrémenté d'une touche sadomasochiste façon marquis et, cela n'a rien à voir, d'une pointe de Balzac pour la qualité des descriptions et des peintures d'une ville de province (Valognes en Normandie). Enfin, comme les six Nouvelles sont construites selon une structure commune, il est peut-être préférable de ne pas les lire d'un bloc, pour éviter l'effet de redondance.
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Citations et extraits

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  • Par Bibalice, le 27 juin 2012

    À un dîner d'athées :
    — Il n’y a donc ici, mon pauvre Rançonnet, reprit Mesnil, — disons le mot… qu’une cochonnerie. Mais ce que je trouve beau, moi, et très beau, ce que je me permets d’admirer, Messieurs, quoique je ne croie pas non plus à grand-chose, c’est cette fille Tesson, comme vous l’appelez, monsieur Reniant, qui porte ce qu’elle croit son Dieu sur son cœur ; qui, de ses deux seins de vierge fait un tabernacle à ce Dieu de toute pureté ; et qui respire, et qui vit, et qui traverse tranquillement toutes les vulgarités, et tous les dangers de la vie avec cette poitrine intrépide et brûlante, surchargée d’un Dieu, tabernacle et autel à la fois, et autel qui, à chaque minute, pouvait être arrosé de son propre sang !… Toi, Rançonnet, toi, Mautravers, toi, Sélune, et moi aussi, nous avons tous eu l’Empereur sur la poitrine, puisque nous avions sa Légion d’Honneur, et cela nous a parfois donné plus de courage au feu de l’y avoir. Mais elle, ce n’est pas l’image de son Dieu qu’elle a sur la sienne ; c’en est, pour elle, la réalité. C’est le Dieu substantiel, qui se touche, qui se donne, qui se mange, et qu’elle porte, au prix de sa vie, à ceux qui ont faim de ce Dieu-là ! Eh bien, ma parole d’honneur ! je trouve cela tout simplement sublime… Je pense de cette fille comme en pensaient les prêtres, qui lui donnaient leur Dieu à porter. Je voudrais savoir ce qu’elle est devenue. Elle est peut-être morte ; peut-être vit-elle, misérable, dans quelque coin de campagne ; mais je sais bien que, fussé-je maréchal de France, si je la rencontrais, cherchât-elle son pain, les pieds nus dans la fange, je descendrais de cheval et lui ôterais respectueusement mon chapeau, à cette noble fille, comme si c’était vraiment Dieu qu’elle eût encore sur le cœur ! Henri IV, un jour, ne s’est pas agenouillé dans la boue, devant le Saint-Sacrement qu’on portait à un pauvre, avec plus d’émotion que moi je ne m’agenouillerais devant cette fille-là.
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  • Par lauredanse, le 06 mai 2013

    Elle ne voyait, elle, dans la rigidité de cette lèvre étroite et meurtrière, que le fil d’acier sur lequel dansait incessamment la flèche barbelée de l’épigramme. Des yeux pers (car la comtesse portait de sinople, étincelé d’or, dans son regard comme dans ses armes) couronnaient, comme deux étoiles fixes, ce visage sans le réchauffer. Ces deux émeraudes, striées de jaune, enchâssées sous les sourcils blonds et fades de ce front busqué, étaient aussi froides que si on les avait retirées du ventre et du frai du poisson de Polycrate.
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  • Par Carosand, le 30 mai 2013

    Je suis convaincu que, pour certaines âmes, il y a le bonheur de l'imposture. Il y a une effroyable, mais enivrante félicité dans l'idée qu'on ment et qu'on trompe ; dans la pensée qu'on se sait seul soi-même, et qu'on joue à la société une comédie dont elle est la dupe, et dont on se rembourse les frais de mise en scène par toutes les voluptés du mépris.

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  • Par Bunee, le 06 juin 2008

    « LE BONHEUR DANS LE CRIME

    Dans ce temps délicieux, quand on raconte une histoire vraie, c’est à croire que le Diable a dicté... J’étais un des matins de l’automne dernier à me promener au Jardin des plantes, en compagnie du docteur Torty, certainement une de mes plus vieilles connaissances. Lorsque je n’étais qu’un enfant, le docteur Torty exerçait la médecine dans la ville de V... ; mais après environ trente ans de cet agréable exercice, et ses malades étant morts, ses fermiers comme il les appelait, lesquels lui avaient rapporté plus que bien des fermiers ne rapportent à leurs maîtres, sur les meilleures terres de Normandie, - il n’en avait pas repris d’autres ; et déjà sur l’âge et fou d’indépendance, comme un animal qui a toujours marché sur son bridon et qui finit par le casser, il était venu s’engloutir dans Paris, là même, dans le voisinage du Jardin des plantes, rue Cuvier, je crois, - ne faisant plus la médecine que pour son plaisir personnel, qui, d’ailleurs, était grand à en faire, car il était médecin dans le sang et jusqu’aux ongles, et fort médecin, et grand observateur, en plus de bien d’autres cas que de cas simplement physiologiques et pathologiques... »
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  • Par patrick75, le 27 août 2012

    car les hommes ont beau faire les forts et les indifférents quand il s'agit de laideur, et répéter le mot consolant qu'ils ont inventé : qu'un homme est toujours assez beau quand il ne fait pas peur à son cheval, ils sont, entre eux, aussi petitement et lâchement jaloux que les femmes entre elles.

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Videos de Jules Barbey d'Aurevilly

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Vidéo de Jules Barbey d'Aurevilly

La nouvelle Le Bonheur dans le crime, adaptée pour la télévision par France 2, dans le cadre de la série Au siècle de Maupassant : contes et nouvelles du XIXe siècle. Le film a été diffusé le mardi 17 mars 2009, avec comme acteurs Didier Bourdon, Grégori Derangère et Marie Kremer. Extrait








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