Qui a dit "Homme libre toujours tu chériras la mer?"
Une phrase qu'aurait pu prononcer
Alessandro Barrico, puisque comme dans "Novecento" et sa musique de l'océan, il lui rend à nouveau hommage, nous parle tour à tour de cet élément qu'il affectionne mais qui, possédant une double face peut guérir ou tuer.
Voilà un livre fait de livres (de références à des livres,l'auteur étant un grand lecteur lui même) comme une vague est faite de vagues.
Suspense,prose,poésie,conte,philosophie,écriture romanesque,fantastique,humour,étrange, les mots se bousculent pour décrire ce récit au vocabulaire riche, composé de trois parties et revenant sans cesse sur le passé par vaguelettes d'écume comme une marée qui tire et retire ses échevaux.
Un récit entre présent où sept personnages sont réunis dans une pension du bord de mer(un endroit où l'on prend congé de soi même) et passé où un naufrage a eu lieu, un horrible naufrage qui fait penser au Radeau de la méduse.
Ici donc sept personnages qui aiment décrypter la forme des nuages, lire la mer et ses étoiles ou du moins l'espèrent car ils sont tous là, errants ou enfermés dans leur propre folie pour soigner leur vide ou leurs maux.
Plasson, le peintre veut saisir l'insaisissable et trempe ses pinceaux dans la mer pour la peindre,laissant ses toiles étrangement blanches.
Ann Dévéria, très belle qui essaye de se guérir de son adultère.
Elisewin, la jeune fille trop fragile pour vivre et trop vivante pour mourir
Le scientifique Bartelboom qui écrit des lettres d'amour et cherche les limites de la mer
Un futur assassin
Un prêtre amusant, le père Pluche
et
L'occupant de la chambre 7 le mystérieux Thomas, le mutique qui se fait appeler Thomas mais qui se nomme Adam et dont la vie est explosée de l'intèrieur.
Ah j'allais oublier quatre enfants étranges, des anges gardiens qui lisent dans les rêves Dora,Dood,Dol et Ditz.
Mais le personnage principal de ce roman envoutant est l'océan-mer bien sûr, celle qui permet aux courageux et aux naïfs d'apprivoiser le néant!