ISBN : 2070364852
Éditeur : Gallimard (1973)


Note moyenne : 3.68/5 (sur 146 notes) Ajouter à mes livres
" Le lendemain, il avança d'un siècle de plus. Puis de deux, de trois, de cinq. Ce qu'il vit et rapporta à l'infirme leur parut tellement effrayant qu'ils décidèrent, d'un commun accord, de faire en avant un bond gigantesque pour être immédiatement fixés sur le sort de ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par lecassin, le 05 mai 2012

    lecassin
    « Le voyageur imprudent », deuxième volet des "Romans extraordinaires" de René Barjavel. Il s'agit là d'une « uchronie » plutôt bien ficelée.
    Certes, le genre n'est pas nouveau et Wells - pour ne citer que le plus connu - avec « La machine à explorer le temps » avait ouvert la voie du voyage dans le temps avec quelques autres à la fin du siècle précédent.
    La filiation du « Voyageur imprudent » avec « La machine à remonter le temps » est quasi évidente et clairement assumée par Barjavel. Malgré tout, l'art de Barjavel aura été d'élargir le propos : puisqu'on peu voyager dans l'avenir, pourquoi ne pas voyager également dans le passé…et pourquoi ne pas tenter de modifier quelque peu celui-ci afin d'éviter à l'Histoire de l'humanité quelques convulsions dévastatrices dont elle a le secret ?
    L'histoire commence par la rencontre de Pierre Saint-Menoux, un mathématicien mobilisé dans les chasseurs pyrénéens au début de la seconde guerre mondiale, et le savant Noël Essaillon, le scientifique qui supervise les explorations dans le futur.
    Elle se poursuivra par une visite dans le passé et la tentation par le couple Saint-Menoux/ Essaillon de modifier celui-ci afin « d'éviter à tous quelques grands malheurs collectifs ». Saint-Menoux fera donc le déplacement à la veille du 16 septembre 1793, au moment du siège de Toulon mis en place par Bonaparte Bonaparte qui n'est alors qu'un simple officier de l'armée révolutionnaire.
    Le tuer à ce moment là évitera-t-il les développements historiques futurs vers Napoléon Bonaparte et l'Empire ? C'est justement pour le savoir que Saint-Menoux est venu l'abattre… C'est compter sans la présence sur les lieux de Durdat, grand père de l'imprudent voyageur.
    C'est par ce « roman extraordinaire » que je suis entré à quinze ans dans le monde tel que le voyage spatio-temporel nous permet de l'imaginer, voire de le modifier ; et je reste un inconditionnel du genre…
    L' « uchronie » : un exercice difficile dont Barjavel nous offre ici une illustration saisissante.
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    • Livres 4.00/5
    Par Seraphita, le 02 décembre 2009

    Seraphita
    Pierre Saint-Menoux est caporal d'échelon au cours de la seconde guerre mondiale. Par un concours de circonstances, il est accueilli chaleureusement chez un scientifique, Essaillon, et sa séduisante fille, Annette. Essaillon a mis au point une matière, la noëlite, qui permet de voyager dans le temps, passé ou futur. Saint-Menoux, qui est mathématicien, se montre séduit. Il essaye la machine, d'abord dans un futur proche, puis de plus en plus lointain, jusque vers 100 000 ans où il découvre une nouvelle humanité. Grisé par cette puissance formidable, il va en venir à commettre une imprudence, en modifiant le passé…
    Un thème de science-fiction classique – le voyage dans le temps – traité avec beaucoup d'intelligence. J'ai apprécié les descriptions minutieuses et réalistes, notamment des scènes de guerre au début. Barjavel dépeint, avec beaucoup de brio et d'imagination, dans une perspective ethnologique, l'humanité de l'an 100 000, ordonnée autour de la division des compétences. Il m'a semblé retrouver le même procédé que lors de la description du peuple des Bikuras par le père Hoyt dans « Les cantos d'Hypérion » de Dan Simmons. le thème est là encore classique, mais très convaincant. J'attendais avec impatience le chapitre de l'imprudence du voyageur, afin de comprendre le titre. Je n'ai pas été déçue et j'ai tremblé pour Saint-Menoux. le post-scriptum, écrit par Barjavel en 1958, alors qu'il a écrit le mot « fin » en 1942-1943, éclaire d'un jour nouveau le roman, nous introduisant à la dimension d'un paradoxe logique. A découvrir !
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par m75000, le 22 juillet 2011

    m75000
    Je viens de le dévorer en trois petits jours , entre deux randonnées dans le maquis corse ! Certes comme j'ai pu le lire à propos de ce livre , Barjavel n'est pas , en tous les cas à cette époque , un auteur d'une grande sensibilité , qu'il révélera sans doute plus tard avec L'Enchanteur , mais plutôt d'une certaine inventivité qui m'a en effet tenu en haleine jusqu'au bout .La misogynie dont il émaille le récit de manière sous-jacente ou explicite , est assez drôle et semble plutôt venue d'un manque de repères dans la sphère féminine .du coup je m'en ferai bien un autre à mon retour de la plage !
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    • Livres 4.00/5
    Par snybril, le 22 octobre 2009

    snybril
    Depuis H.G Wells, le voyage dans le temps a toujours été l'un des thèmes les plus abordés de la science fiction. La problématique sous jacente est une mine de paradoxes et de bases philosophiques pour les conteurs. René Barjavel aborde le thème en précurseur avec l'histoire d'un voyageur imprudent.
    Le narrateur est improbable. Mathématicien de talent entraîné dans les douleurs de la plus grande tuerie qu'ait connu le siècle dernier. le roman s'ouvre sur une débâcle militaire au milieu de la guerre. le hasard irritant d'un deus ex machina qui s'invite dès les premières pages en organisant la rencontre du mathématicien nommé Pierre Saint Menoux et de son mentor, le physicien Noël Essaillon. Comme la coïncidence n'entraîne aucune pudeur chez l'écrivain, St Menoux est justement l'homme qui par ses commentaires dans les revues scientifiques a soutenu les travaux de l'inventeur et lui a permis de découvrir une substance pour voyager dans le temps. Mis à part cette contribution essentielle, Saint Menoux se contentera d'assister le savant en explorant pour lui les méandres du temps, son esprit scientifique définitivement abandonné dans la suite du récit.
    Au beau milieu du roman, le narrateur s'enfonce dans un futur très lointain, 100 000 après notre ère pour découvrir une société idéale ou l'individu a disparu pour se fondre dans une collectivité d'êtres spécialisés. L'expérience finira par coûter la vie de son mentor. Saint Menoux, livré à lui-même accumulera alors les maladresses qui finiront par causer sa perte.
    La scène finale présente aux habitués du genre un air de déjà vu tant le thème a été rebattu depuis. Il m'en coûte mais je n'en dirais pas plus pour ne pas gâcher la surprise d'un lecteur moins blasé. Il y a beaucoup de facilités dans l'histoire, joie des paradoxes temporels qui permettent au créateur fatigué de justifier beaucoup sans efforts.
    M'est avis qu'en dehors de sa qualité de précurseur le livre reste tout à fait dispensable.

    Lien : http://oiseauchanteur.blogspot.com/2009/10/un-lecteur-imprudent.html
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    • Livres 4.00/5
    Par Sycorax, le 09 juin 2011

    Sycorax
    Une oeuvre découverte totalement par hasard et lue avec une certaine délectation (je connaissais Barjavel dont j'avais lu l'assez naïf "La nuit des temps" étant adolescent, mais j'ignorais qu'il avait écrit un livre de SF !).
    Belle petite surprise qui ne révolutionne pas fondamentalement le thème du voyage dans le temps en littérature puisqu'il a été écrit bien après "La machine à explorer le temps" de Wells, mais qui apporte selon moi une pierre non négligeable à l'édifice du genre (les thèmes sont bien bien sûr identiques à l'oeuvre de Wells, mais analysés sous un prisme plus contemporains et qui les rend plus proches au lecteur du 21e siècle que nous sommes).
    On perçoit chez Barjavel une désillusion morale beaucoup plus marquée que chez Wells (la Seconde Guerre mondiale est passée par là entretemps et Barjavel y a participé) et cela confère au roman dans son ensemble une atmosphère de fatalité, de grand pessimisme (et l'on n'est pas ici - à mon sens - face à un récit moralisateur où la quête des personnages attire la punition divine ; c'est en cela que ce roman est "moderne").
    Pour les amateurs de SF et de paradoxes temporels qui - comme moi - ne l'auraient pas encore fait, il faut lire ce petit roman.
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Citations et extraits

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  • Par claudialucia, le 06 octobre 2010


    Pourtant pour Pierre Saint-Menoux il ne saurait y avoir de fin.
    Réfléchissez : il a tué son ancêtre avant que celui-ci ait eu le temps de prendre femme et d'avoir des enfants. Donc, il disparaît, c'est entendu, il n'existe pas, il n'a jamais existé. Il n'y a jamais eu de Pierre Saint-Menoux.
    Bon...
    Mais si Pierre de Saint-Menoux n'existe pas, s'il n'a jamais existé, il n'a pas pu tuer son ancêtre!...
    Donc, son ancêtre a poursuivi normalement son destin, s'est marié, a eu des enfants, qui ont eu des enfants, qui ont eu des enfants, qui ont eu des enfants...
    Et un jour Pierre Saint-Menoux est né, a vécu, a grandi... a voulu tuer Bonaparte... et a tué son ancêtre.
    Bon...
    Il a tué son ancêtre?
    Donc il n'existe pas.
    Donc il n'a pas tué son ancêtre.
    Donc il existe (...)

    A partir de l'instant où son ancêtre frappé par lui est mort, Saint-Menoux n'existe pas et existe à la fois, car n'existant pas il n'a pas pu tuer, et, de ce fait, il existe et tue.

    Etre ou ne pas être ? se demandait Hamlet. Etre et ne pas être, réplique Saint-Menoux.
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  • Par Sycorax, le 23 mai 2011

    Quelle différence profonde existe-t-il entre la ronde des petits mâles autour de la reine, et le quadrille que les hommes de notre siècle dansent avec les femmes nos contemporaines ? La nécessité puissante de la reproduction les meut comme pantins. Ils se croient libres, chantent l'amour, et les yeux et l'âme de leur bien-aimée. Et la loi de l'espèce les mène par le bout du sexe. Tristan, Roméo sont de simples porte-graine. Ils ont mission de la déposer dans le terrain qui l'attend et qui est toujours le même, qu'il se nomme Iseult ou Juliette. Le reste est littérature.
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  • Par bluelynxs, le 12 septembre 2011

    Qu'est ce que le présent dans notre petit univers? Pendant que je pense la phrase que je vais vous dire, elle fait partie de l'avenir. A mesure que je la prononce, elle tombe dans le passé. Le présent, est-ce le moment où je déguste cette merveilleuse liqueur? Non! Tant qu'elle n'a pas atteint mes lèvres, c'est l'avenir. Quand la sensation de son goût, de sa chaleur, qui m'emplit la bouche, quand ce plaisir atteint mon cerveau, il a déjà quitté mon palais. C'est le passé. L'avenir sombre dans le passé dès qu'il a cessé d'être futur. Le présent n'existe pas. Vouloir l'éterniser, c'était éterniser le néant. C'est ce que j'ai fait !
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  • Par Sycorax, le 20 avril 2011

    Comprenez-vous maintenant l'intérêt de ma découverte ? Arrivé à quarante ans, vous décidez de recommencer votre vie. Vous retournez à votre adolescence. Vous vous lancez avec un corps tout neuf dans une nouvelle existence. Vous évitez les malheurs qui vous ont frappé dans votre premier temps, vous saisissez les bonheurs qui vous ont évité. Vous recommencez cent fois, mille fois. Vous possédez toutes les sciences du monde, parlez toutes les langues, vous avez aimé toutes les femmes, tutoyé tous vos contemporains. Vous avez tout vu, tout entendu, tout connu. Vous êtes Dieu...
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  • Par lecassin, le 05 mai 2012

    Avant d'agir, il faut connaître. Le Chinois qui inventa la poudre pour feux d'artifice aurait peut-être arrêté ses recherches s'il avait prévu le canon
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Panorama international de la science fiction
Emission consacrée à la place de la littérature de science fiction au niveau international avec une pièce radiophonique de Frédéric CHRISTIAN "L'ambassadeur de Xonoï (avec une voix synthétique dans le rôle de l'extraterrestre) (48'00) - René BARJAVEL, Pierre STRINATI, John BRUNNER, Eremei PARNOV (en russe, traduction simultanée), Forrest J. ACKERMAN, James BLISH, Paul ANDERSON (en...








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