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ISBN : 2072535034
Éditeur : Gallimard (2014)


Note moyenne : 3.76/5 (sur 435 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
" Le lendemain, il avança d'un siècle de plus. Puis de deux, de trois, de cinq. Ce qu'il vit et rapporta à l'infirme leur parut tellement effrayant qu'ils décidèrent, d'un commun accord, de faire en avant un bond gigantesque pour être immédiatement fixés sur le sort de ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par odin062, le 30 mai 2014

    odin062
    « Un voyageur imprudent » de Barjavel publié un peu après le célèbre « Ravage » en est une suite… ou un prequel ! Oui comment le placer dans le temps ? Futur, passé, présent… Dur à définir à la sortie de ce livre ! Un roman qui se veut rempli de pensées philosophiques sur le temps, l'évolution de l'humanité, l'amour, la science… Un roman qui surpasse de très loin le plus connu « Ravage » même si on retrouve la misogynie dérangeante de l'auteur !
    Nous nous situons donc dans les années 40, temps de guerre, Vichy et compagnie. Temps sombres où un professeur de mathématique rencontre un autre savant qui a découvert une matière qui permet de figer le présent. Avec cette matière, il devient possible de voyager dans le temps !
    Les voyages dans le temps m'ont toujours passionné… A commencer par « Retour vers le futur » qui a bercé mon enfance ! Il y a eu aussi les écrits de Wells (que je n'ai pas lu) et puis donc ce Barjavel que j'étais impatient de commencer ! Des voyages en 2052 (quel hasard !), à la fin du XIXe et du XVIIIe mais aussi au Me.
    Et c'est en 100 000 après JC que la fantaisie de Barjavel nous frappe. On avait bien vu qu'il était visionnaire pour 2052 alors on ne peut s'empêcher de s'inquiéter pour notre avenir évolutif… L'humanité devient C'est tout simplement fascinant et flippant à la fois surtout que Enfin, je ne dévoilerai rien du dénouement de l'histoire mais je pense qu'on ne pouvait trouver plus belle fin ! Une des meilleures que j'ai lue certainement…
    A côté de cela, il y a aussi l'histoire d'amour entre le héros et la fille du scientifique fou… Une histoire pas si simple au milieu de tout ce monde de sciences. Barjavel arrive également à glisser de sacré rebondissement qui nous fait accélérer le rythme cardiaque
    Ainsi pouvons-nous changer le passé ? Qu'arrive-t-il quand nous le changeons ? L'évolution, la cruauté, l'histoire de l'Humanité s'inscrit elle dans un dessein qui ne saurait être modifié ? C'est toutes ces questions qui sont explorées dans cet excellent bouquin que je recommande ! Et pas besoin d'avoir lu Ravage même si la fin de ce dernier et dévoilée !
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    • Livres 5.00/5
    Par lecassin, le 05 mai 2012

    lecassin
    « Le voyageur imprudent », deuxième volet des "Romans extraordinaires" de René Barjavel. Il s'agit là d'une « uchronie » plutôt bien ficelée.
    Certes, le genre n'est pas nouveau et Wells - pour ne citer que le plus connu - avec « La machine à explorer le temps » avait ouvert la voie du voyage dans le temps avec quelques autres à la fin du siècle précédent.
    La filiation du « Voyageur imprudent » avec « La machine à remonter le temps » est quasi évidente et clairement assumée par Barjavel. Malgré tout, l'art de Barjavel aura été d'élargir le propos : puisqu'on peu voyager dans l'avenir, pourquoi ne pas voyager également dans le passé…et pourquoi ne pas tenter de modifier quelque peu celui-ci afin d'éviter à l'Histoire de l'humanité quelques convulsions dévastatrices dont elle a le secret ?
    L'histoire commence par la rencontre de Pierre Saint-Menoux, un mathématicien mobilisé dans les chasseurs pyrénéens au début de la seconde guerre mondiale, et le savant Noël Essaillon, le scientifique qui supervise les explorations dans le futur.
    Elle se poursuivra par une visite dans le passé et la tentation par le couple Saint-Menoux/ Essaillon de modifier celui-ci afin « d'éviter à tous quelques grands malheurs collectifs ». Saint-Menoux fera donc le déplacement à la veille du 16 septembre 1793, au moment du siège de Toulon mis en place par Bonaparte Bonaparte qui n'est alors qu'un simple officier de l'armée révolutionnaire.
    Le tuer à ce moment là évitera-t-il les développements historiques futurs vers Napoléon Bonaparte et l'Empire ? C'est justement pour le savoir que Saint-Menoux est venu l'abattre… C'est compter sans la présence sur les lieux de Durdat, grand père de l'imprudent voyageur.
    C'est par ce « roman extraordinaire » que je suis entré à quinze ans dans le monde tel que le voyage spatio-temporel nous permet de l'imaginer, voire de le modifier ; et je reste un inconditionnel du genre…
    L' « uchronie » : un exercice difficile dont Barjavel nous offre ici une illustration saisissante.
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    • Livres 4.00/5
    Par gouelan, le 22 septembre 2014

    gouelan

    Le rêve de l'homme ; une machine à explorer le temps.
    Forcément, si une telle machine existait, les abus seraient nombreux et dévastateurs. C'est ce qui arrive à ce voyageur imprudent… Modifier le destin de l'individu en y apportant quelques modifications, c'est tentant, mais quelles en seront les conséquences sur le cours du temps, ne risque –t-on pas, par malchance ou par inattention, d'effacer sa propre vie ?
    Explorer le futur semble fantastique, sauf si ce qu'on y découvre ressemble à la vision horrible que nous en fait Barjavel. Un monde complètement inhumain, froid et effroyable. Une société faite d'hommes assignés à une tâche unique, dépourvus d'individualité, de sensibilité, du pouvoir de la pensée…
    La quête du bonheur pour tous, d'un monde paisible est-elle possible ? N'existe-t-il pas une fatalité, un destin inexorable, vers lequel l'humanité se rue. Les périodes de paix ne sont que des répits, l'homme oublie à chaque fois les enseignements de l'histoire. L'histoire n'est-elle pas un éternel recommencement ?
    Bon roman, même si je n'ai pas du tout aimé sa vision du monde de demain !
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    • Livres 3.00/5
    Par Luniver, le 23 août 2012

    Luniver
    Pierre Saint-Menoux, un jeune mathématicien, est contacté par un autre scientifique, Noël Essaillon, qui réclame son aide pour mettre au point un produit permettant de voyager dans le temps. La substance leur permet d'observer un futur de plus en plus lointain. Dans son dernier voyage, Pierre observe une humanité qui a dominé entièrement la surface du globe et qui s'est spécialisée à la manière des insectes.
    L'idée vient ensuite aux deux hommes d'aller dans le passé, afin de supprimer les causes des grandes catastrophes qui ont frappé l'humanité. Et là, les ennuis commencent. Après une manœuvre malheureuse, Pierre se retrouve «pris au piège» dans un paradoxe temporel.
    Une livre assez court sur un thème classique de la science-fiction, le voyage dans le temps et les effets catastrophiques qui peuvent se retourner contre celui qui prétendait changer la face du monde.
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    • Livres 3.00/5
    Par Laurkri, le 23 septembre 2013

    Laurkri
    Juste après avoir lu "Ravage", je me suis attaquée au "Voyageur imprudent". J'ai tout d'abord été très intéressée par l'histoire, certainement par la manière dont elle est aménée. Par exemple, quand le savant annonce qu'il savait que Pierre serait devant sa porte tel jour à telle heure. J'ai beaucoup aimé également la défintion du présent, et sa representation dans la boite avec le coq. J'ai apprécié également la référence à "Ravage", lors d'un des voyages dans le futur.
    J'ai beaucoup moins aimé la descritpion du Me siècle. J'ai d'ailleurs eu un peu de mal à me le représenter mentalement. La description de cet avenir, certes lointain, est plutôt effrayant, et surtout ne fait pas très envie. L'auteur parle de l'avenir de l'humanité, mais il n'y reste plus grand chose d'humain au final.
    Comme d'autres lecteurs de ce livre, je suis toujours aussi choquée par l'image de la femme qui sort des romans de Barjavel. Là encore, la pauvre Annette reste en second plan tout au long du livre.
    La fin de l'histoire, quoique que classique dans les voyages dans le temps, est intéresante. Mais là aussi, je pense qu'il aurait été intéressant de développer plus cet adage philosophique de l'oeuf et la poule, et de laisser de côté d'autres passages qui ne m'ont pas parus essentiels, voire même déplacés dans le cours du livre. Par exemple, Pierre devenant un voleur du passé, ou encore les doutes qui tout à coup l'envahissent quant à l'amour qu'il porte à Annette. Je n'ai pas bien compris ce que cela apportait.
    Bref, un roman de SF écrit en 1942, avec des côtés fascinants et d'autres moins.
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Citations et extraits

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  • Par claudialucia, le 06 octobre 2010


    Pourtant pour Pierre Saint-Menoux il ne saurait y avoir de fin.
    Réfléchissez : il a tué son ancêtre avant que celui-ci ait eu le temps de prendre femme et d'avoir des enfants. Donc, il disparaît, c'est entendu, il n'existe pas, il n'a jamais existé. Il n'y a jamais eu de Pierre Saint-Menoux.
    Bon...
    Mais si Pierre de Saint-Menoux n'existe pas, s'il n'a jamais existé, il n'a pas pu tuer son ancêtre!...
    Donc, son ancêtre a poursuivi normalement son destin, s'est marié, a eu des enfants, qui ont eu des enfants, qui ont eu des enfants, qui ont eu des enfants...
    Et un jour Pierre Saint-Menoux est né, a vécu, a grandi... a voulu tuer Bonaparte... et a tué son ancêtre.
    Bon...
    Il a tué son ancêtre?
    Donc il n'existe pas.
    Donc il n'a pas tué son ancêtre.
    Donc il existe (...)

    A partir de l'instant où son ancêtre frappé par lui est mort, Saint-Menoux n'existe pas et existe à la fois, car n'existant pas il n'a pas pu tuer, et, de ce fait, il existe et tue.

    Etre ou ne pas être ? se demandait Hamlet. Etre et ne pas être, réplique Saint-Menoux.
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  • Par PiertyM, le 10 octobre 2014

    Qu'est ce que le présent dans notre petit univers? Pendant que je pense la phrase que je vais vous dire, elle fait partie de l'avenir. A mesure que je la prononce, elle tombe dans le passé. Le présent, est-ce le moment où je déguste cette merveilleuse liqueur? Non! Tant qu'elle n'a pas atteint mes lèvres, c'est l'avenir. Quand la sensation de son goût, de sa chaleur, qui m'emplit la bouche, quand ce plaisir atteint mon cerveau, il a déjà quitté mon palais. C'est le passé. L'avenir sombre dans le passé dès qu'il a cessé d'être futur. Le présent n'existe pas. Vouloir l'éterniser, c'était éterniser le néant.
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  • Par VALENTYNE, le 18 septembre 2012

    Les chasseurs pyrénéens du 27ème bataillon occupaient depuis deux mois le village de Vanesse, au bord de la plaine de betteraves. Ils devaient le quitter ce jour là, pour une destination inconnue. Le caporal d’échelon, Pierre Saint-Menoux, enfoui dans la paille de l’écurie, dormit peu, tourmenté par le souci de son septième déménagement. Il était responsable des dix-sept conducteurs de la compagnie de mitrailleuses, de leurs chevaux et de leurs voitures. Dans le civil, il enseignait les mathématiques au lycée Philippe-Auguste.
    ……………….

    Pilastre arrivait avec ses deux chevaux. Il les tenait à bout de longe. Il se méfiait d’eux. Il était tourneur sur métaux. Son patron lui avait promis de le faire revenir à l’usine. Il ne connaissait rien aux bêtes. Il ne les aimait pas. Il n’aurait pas du être là. Il enrageait. Ses bêtes ne voulaient pas le connaître. L’une feu, l’autre noire, elles se détestaient autant qu’elles le craignaient. Les atteler n’était pas une mince affaire. Pilastre les frappait du poing dans les naseaux. Les chevaux reculaient, se cabraient, cherchaient à se mordre.
    La roulante était une sorte de cuirassé, un monument de fer et d’acier, hérissé de trois mille têtes de rivets, porté par quatre roues ferrées, aux rayons gros comme des cuisses. Au milieu de la cour, Pilastre et ses deux chevaux dansèrent leur ballet de colère. Derrière eux, les quatre cuisiniers, casque en tête, et le mousqueton en bandoulière sur leur capote de graisse, activaient le feu , jetaient bûche après bûche dans le foyer grondant, sous les deux marmites énormes où cuisait la soupe et chauffait le café d’embarquement.
    Pilastre se hissa sur le siège, s’empaqueta dans trois couvertures, saisit une trique et se mit à frapper. Les croupes bondirent, la neige vola, les chaînes cliquetèrent, le timon gémit. La roulante ne bougea pas. Chaque bête tirait de son côté, annulait l’effort de l’autre par son propre effort.
    Crédent ôta sa pipe de sa bouche, cracha.
    - Quel sauvage ! dit-il. Des bêtes pareilles…
    Le conducteur se dressa et redoubla les coups. La haine lui creusait les joues et les yeux. Par hasard, les huit sabots se plantèrent ensemble dans la neige. La roulante partit brusquement. Pilastre tomba sur son siège. Les deux chevaux puissants traversèrent la cour au galop. Dans un bruit de train express, la roulante sauta par-dessus le tas de fumier gelé, arracha la grille d’entrée, vira au ras du fossé, pulvérisa la borne zéro kilomètre.
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  • Par bluelynxs, le 12 septembre 2011

    Qu'est ce que le présent dans notre petit univers? Pendant que je pense la phrase que je vais vous dire, elle fait partie de l'avenir. A mesure que je la prononce, elle tombe dans le passé. Le présent, est-ce le moment où je déguste cette merveilleuse liqueur? Non! Tant qu'elle n'a pas atteint mes lèvres, c'est l'avenir. Quand la sensation de son goût, de sa chaleur, qui m'emplit la bouche, quand ce plaisir atteint mon cerveau, il a déjà quitté mon palais. C'est le passé. L'avenir sombre dans le passé dès qu'il a cessé d'être futur. Le présent n'existe pas. Vouloir l'éterniser, c'était éterniser le néant. C'est ce que j'ai fait !
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  • Par Sycorax, le 20 avril 2011

    Comprenez-vous maintenant l'intérêt de ma découverte ? Arrivé à quarante ans, vous décidez de recommencer votre vie. Vous retournez à votre adolescence. Vous vous lancez avec un corps tout neuf dans une nouvelle existence. Vous évitez les malheurs qui vous ont frappé dans votre premier temps, vous saisissez les bonheurs qui vous ont évité. Vous recommencez cent fois, mille fois. Vous possédez toutes les sciences du monde, parlez toutes les langues, vous avez aimé toutes les femmes, tutoyé tous vos contemporains. Vous avez tout vu, tout entendu, tout connu. Vous êtes Dieu...
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