ISBN : 2228898597
Éditeur : Payot et Rivages
(2004)
Note moyenne : 3.8/5 (sur 5 notes)
Le Dernier Voyage du Révérend2Ajouter à mes livres
Au coeur du XIXe siècle, le révérend Emmanuel Truscot débarque à l'embouchure du Niger avec sa jeune épouse et un grand rêve dans ses bagages : faire de la cité d'Akwa, dont les habitants portent des chapeaux hauts de for... > voir plus
La principale qualite de Nigel Barley est son humour so british. Ce livre (de fiction) ne fait pas exception. Onn ous conte ici le malheureux sejour d'un reverent anglais au Niger. le reverent lui-meme (car il a rellement existe) avait une certaine dose d'humour. En temoignenent les nombreuses citations de son journal intime.
L'homme evidemment arrive en terre inconnue petrit des habituels prejuges de son epoque sur l'afrique. Nous suivons, avec un humour decale, un homme dans la pure tradition puritaise de l'angleterre du 19eme siecle decouvrir une societe aux antipodes de la sienne. Dans un effort d'evangelisation de la population, avec la sincere conviction que la vie des autochnones n'en ne sera qu'amelioreee, l'homme s'evertue a essayer de comprendre les us et coutumes des habitants, sans un certain nombre de... malentendus !
Au dix-neuvième siècle, à une époque où les hommes croient encore à la responsabilité et au « fardeau de l'homme blanc », le révérend Truscot débarque à l'embouchure du Niger avec Mary, son épouse. Sa mission : faire de la cité d'Akwa un modèle de société chrétienne après en avoir éradiqué la corruption, le cannibalisme, les superstitions, la polygamie et l'esclavage. Malheureusement face au roi Jack, un potentat fourbe, cruel et baroque, aux trafiquants européens qui ne pensent qu'au profit et aux réactions imprévisibles de ses nouvelles ouailles, il va accumuler malchances, bévues et malentendus au point d'y laisser jusqu'à sa santé.
A la fois roman historique, picaresque et ethnographique, « Le Dernier Voyage du Révérend » permet au lecteur une plongée sans anachronisme dans la sombre réalité de l'Afrique profonde telle que les explorateurs occidentaux de l'époque durent la trouver. le choc entre les civilisations est terrible et parfaitement rendu par l'auteur. L'incompréhension est totale. Les situations marquées par de nombreux quiproquos virent souvent au cocasse et à l'absurde. On se surprend à se demander à quoi ont bien pu servir tous les efforts déployés en pure perte par ce pasteur aussi naïf que prosélyte. Un regard amusé et mélancolique d'un vrai spécialiste sur une Afrique disparue. En effet, Barley est lui-même anthropologue de profession.
A peine m'etais-je mis en chemise que des coups retentirent a la porte. C'etait une pauvre femme dont le mari venait de mourir. Je lui avais rendu visite la nuit precedente, par chartite, mais sa mort prochaine etait inscrite sur son visage et je n'avais pu que lui donner du laudanum pour faciliter sa fin. Je tachai de reconforter la veuve et tombai a genoux pour la guider sur les doux sentiers de la priere, mais ce n'etait pas ce reconfort-la qu'elle cherchait. Elle declara que j'avais tue son mari avec mon medicament et que je devais maintenant accepter de remplir a sa place ses devoirs conjugaux. Et son impertinence ne s'arretait pas la. Comme le defunt etait un homme a la sexualite genereuse, il possedait sept epouses et il semblait que je devais les contenter toutes. Elles l'avaient d'ailleurs accompagnee jusqu'au portail, et elles se mirent a hurler comme des damnees, reveillant les jumaux qui commencerent a pleurer. J'appelai Ali, qui les chassa gentiment, mais fermement, a coups de balai.