> Jean-Pierre Aoustin (Traducteur)

ISBN : 2070418820
Éditeur : Gallimard (2010)


Note moyenne : 3.21/5 (sur 14 notes) Ajouter à mes livres

Faut-il avoir peur de la mort ? Dans ce livre, qui n'est ni un roman, ni un essai, ni une autobiographie, Julian Barnes interroge ses amis de toujours - de Montaigne à Jules Renard - mais aussi ses parents et son frère, un des plus grands spéci... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 3.00/5
    Par Corboland78, le 22 mars 2012

    Corboland78
    L'écrivain anglais Julian Barnes est né à Leicester en 1946. Après des études de langues et de littérature à l'Université d'Oxford, il travaille comme linguiste pour l'Oxford English Dictionary. Il entreprend une carrière de journaliste avant d'entamer une carrière d'écrivain. Il écrit aussi des romans policiers sous le pseudonyme de « Dan Kavanagh ». Julian Barnes est le seul écrivain étranger à avoir été primé à la fois par le Médicis (en 1986 pour le perroquet de Flaubert) et le Femina (en 1992 pour Love, etc.).
    Rien à craindre est un hybride entre l'essai et les Mémoires, sous la forme d'un roman dont le sujet central est Dieu et la mort. Dès la première phrase du livre, le ton est donné « Je ne crois pas en Dieu, mais il me manque ».
    La soixantaine passée, Julian Barnes commence à envisager la mort, du moins il lui accorde une réflexion plus profonde que lorsqu'il était plus jeune. Evoquer la mort, c'est aussi évoquer Dieu, « les gens ne croient à la religion que parce qu'ils ont peur de la mort ». Selon que l'on est croyant ou pas, l'au-delà n'aura pas le même goût, et même selon les religions il ne se présentera pas de la même façon. Bien différente encore sera l'idée de mort si on ne croit pas, athée ou agnostique verront la fin comme le point ultime de la vie. Mais a-t-on peur de la mort, ou peur de mourir ? Presque tout le monde craint l'une ou l'autre mais pas les deux « c'est comme s'il n'y avait pas assez de place dans l'esprit pour les deux ».
    Quand on pense à la mort, le premier réflexe c'est de se rappeler de nos défunts, amis, proches et bien entendu parents. Julian Barnes se souvient de son père et de sa mère, leurs rapports, leurs travers, mais la mémoire est-elle fiable ? Quand il compare ses souvenirs avec ceux de son frère, un célèbre philosophe, les différences d'interprétation ou de mémorisation sont évidentes.
    Pour l'aider dans sa tâche et cerner le « problème » de la mort, Julian Barnes fait appel aux écrivains qu'il connaît si bien. Montaigne, Jules Renard, Stendhal, Somerset Maugham, Flaubert bien sûr, Daudet évidemment, d'autres encore viennent nous donner leur version de ce qu'est la mort.
    Arrivés à ce point vous devez penser que ce bouquin doit être particulièrement pénible à lire, pour ne pas dire mortel ! Pour être franc, moi-même j'ai eu du mal à entrer dans l'ouvrage, je le trouvais bavard et obligatoirement vain, puisque quoi qu'on dise ou pense de la mort, chacun à sa vérité et personne ne peut vous démentir, pour la bonne raison que nul n'en est revenu pour clore définitivement ce débat qui existe depuis une éternité. Mais Julian Barnes sait y faire, le livre est bien construit, le propos intelligent et étayé des écrits d'illustres écrivains et l'Anglais comme nombre de ses compatriotes, manie l'humour avec subtilité. J'ai d'ailleurs trouvé une certaine ressemblance entre certains passages de ce livre avec celui de son compatriote David Lodge, La Vie en Sourdine , et coïncidence, ces deux bouquins sont parus la même année en 2008.
    En conclusion, un livre que j'ai eu du mal à entamer mais qui au fil des pages a su fixer mon intérêt grâce à un sujet grave traité avec légèreté et intelligence.
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    • Livres 5.00/5
    Par Bigmammy, le 22 novembre 2011

    Bigmammy
    Si vous n'avez jamais rencontré Julian Barnes, c'est le moment de le découvrir. Mais, avant d'aborder cet essai sur Dieu et sur la mort, commencez par les premiers romans (Love etc, par exemple) ou par «Le perroquet de Flaubert », auteur dont Barnes est certainement un des meilleurs connaisseurs. Tout Français aimera aussi « Outre Manche », série de nouvelles sur les relations franco britanniques, les vraies, celles des peuples, où la « perfide Albion » et les « Froggies arrogants » n'ont rien à faire .
    Donc Julian Barnes, 65 ans aux frimas – comme l'auteur de ce billet, aïe, aîe, aïe -, après avoir si bien parlé de la vieillesse (La table citron), ouvre son cœur sur la mort. A tout prendre, comment la préférez-vous (« would you rather ? »). Et de raconter des décès, ceux des stoïciens de l'Antiquité (Atticus), celui d'un puissant homme d'affaires américain, ceux de beaucoup de ses amis ou d'écrivains qu'il admire, dont Jules Renard, qu'il faudrait bien redécouvrir.


    Mais, d'un tel sujet, on ne se tire pas par une pirouette : ce dont Barnes veut parler, ce dont il veut se libérer, c'est de la mort de ses parents. Là, on est bouleversé, surtout quand on a vécu les mêmes moments : la déchéance physique et mentale d'êtres que l'on admirait plus que tout, et aussi le sort final des petites cuillers (allez donc revoir « Milou et mai » de Louis Malle, on ne s'en lasse jamais).


    Et vous n‘êtes pas au bout de vos émotions, car Barnes, au-delà de la mort, s'interroge sur Dieu. Elevé, ce qui est rare en Grande Bretagne, dans une famille où les nuances vont de l'agnosticisme à l'athéisme, Barnes ouvre son livre par un « Je ne crois pas en Dieu, mais il me manque » qui surprend. Il évoque aussi le trouble provoqué chez lui par Mozart, Bach, Rembrandt ou Giotto, en rappelant que Stendhal, laïc s'il en fut, sortait physiquement malade de la contemplation de la chapelle Nicollini à Florence .
    Beaucoup à réfléchir, donc. Et notez au passage une merveilleuse définition du roman : « de beaux mensonges qui contiennent la dure et exacte vérité ».
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    • Livres 4.00/5
    Par guika, le 24 juin 2009

    guika
    On le connaissait flaubertien, l'ami Barnes, avec son magnifique perroquet. le voilà à présent montanien, avec cette promenade à sauts et à gambades. Je n'ai pas lu « Rien à craindre » d'une traite, ce n'est pas un thriller comme « le perroquet de Flaubert ». Dans ce livre, aucune intrigue, mais une simple ballade avec un auteur éminemment cultivé et amical. Il nous livre sa généalogie littéraire, qui a connu beaucoup de semence française, et il s'en vante, le perfide albion.
    Le thème central du livre est une méditation sur la mort. Attention au contre sens évident sur ce « Rien à craindre » du titre. Il ne rime pas avec le « même pas peur » vantard des cours de récréation. C'est de sa crainte du rien, du néant qui nous attend tous, mécréants que nous sommes devenus, que l'auteur a choisi de nous entretenir. Et oui, sa liberté d'homme sans Dieu, qu'il nous confie dans un paragraphe savoureux avoir conquis à la force lubrique de son poignet d'écolier, a eu une contrepartie: l'angoisse de la fin prévisible d'une belle histoire à laquelle il s'était attaché: la sienne.
    Pas gai, le thème? Sans doute. Mais reprenant à son compte la célèbre formule sur la politesse du désespoir, Barnes nous retient par la manche à chaque fois après qu'il nous a conduit au bord du précipice. Il a choisi de décocher ses traits d'humour à la face de la grande faucheuse. On sourit souvent, on rit parfois. Et finalement, ce qui nous reste du livre une fois la dernière page tournée, c'est plutôt une dose d'optimisme, malgré les moments forts où il nous mène au bord de la tombe des êtres qu'il a aimé.

    Lien : http://arnivi.blogspot.com/2009/06/on-le-connaissait-flaubertien-lam..
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    • Livres 2.00/5
    Par liratouva2, le 02 juillet 2010

    liratouva2
    Ce livre n'est pas un roman, ni un recueil de nouvelles, ni un récit de voyage, ni un récit tout court, ni un essai, ni une autobiographie .
    Comment le définir alors? J'ai beau le tourner et le retourner dans tous les sens, rien ne l'indique.
    Maintenant que je l'ai terminé je peux dire qu'il s'agit d'une enquête, mi sérieuse, mi loufoque sur une question existentielle
    Faut-il avoir peur de la mort?
    L'auteur interroge les grands anciens qu'il a beaucoup fréquentés : Montaigne, Jules Renard, Arthur Kœstler, Somerset Maugham puis ses proches, ses parents et son frère, grand spécialiste d'Aristote.
    J'ai ri à plusieurs reprises.

    Lien : http://liratouva2.blogspot.com/2010/07/rien-craindre-de-julian-barne..
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Citations et extraits

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  • Par Corboland78, le 05 octobre 2011

    Mon grand-père avait coutume de se mettre de la brillantine dans les cheveux, et la têtière de son fauteuil Parker Knoll - à haut dossier et joues pleines contre lesquelles il pouvait somnoler - n'était pas seulement décorative. Ses cheveux avaient blanchi plus tôt que ceux de grand-mère; il avait une moustache militaire coupée court, une pipe à tuyau métallique et une blague à tabac qui distendait la poche de son cardigan. Il portait aussi un gros appareil acoustique: un autre aspect du monde adulte - ou plutôt, d'une phase lointaine de la vie adulte - dont mon frère et moi aimions nous moquer. «Pardon?» me criait-il ou lui criais-je satiriquement en mettant une main en coupe à l'oreille. Nous guettions le moment très prisé où l'estomac de grand-maman gronderait assez fort pour que grand-papa perçoive le bruit malgré sa surdité et demande: «Téléphone, Ma?» Après un grognement embarrassé de celle-ci, ils retournaient à la lecture de leurs journaux. Grand-père, dans son fauteuil masculin, son Sonotone sifflant parfois et sa pipe faisant un petit bruit de liquide aspiré quand il tirait dessus, hochait la tête en lisant le Daily Express, qui décrivait un monde où la vérité et la justice étaient constamment mises en péril par la Menace communiste. Dans son fauteuil plus moelleux et féminin - dans le coin rouge -, grand-mère émettait des tss-tss de désapprobation en lisant son Daily Worker, qui décrivait un monde où la vérité et la justice, dans leurs versions actualisées, étaient constamment mises en péril par le Capitalisme et l'Impérialisme.
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  • Par liratouva2, le 02 juillet 2010

    Vous voyez pourquoi je suis romancier? Trois récits contradictoires du même événement,un par un participant,deux fondés sur des souvenirs d'une histoire racontée il y a trente ans; la soudaine insertion de nouveaux éléments...
    Un romancier est quelqu'un qui ne se souvient de rien, mais qui enregistre et manipule différentes versions de ce dont il ne se souvient pas
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  • Par liratouva2, le 02 juillet 2010

    Si c'était un roman, j'aurais découvert quelque secret de famille Ceci n'est pas, à propos, " mon autobiographie" et je ne suis pas non plus en quête de mes parents. Ce que j'essaie en partie de faire - et qui peut paraître inutile - c'est comprendre à quel point ils sont morts.
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  • Par liratouva2, le 02 juillet 2010

    Je ne crois pas en Dieu, mais il me manque. (Mon frère) a répondu par un seul mot : Guimauve!
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Interview dans l’émission The Book Show sur la chaîne Sky Arts (en anglais)











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