ISBN : 2203035889
Éditeur : Casterman (2010)


Note moyenne : 4.17/5 (sur 6 notes) Ajouter à mes livres
Une chronique vigoureuse et attachante de l'adolescence dans une cité ouvrière de l'est de la France, au milieu des années 60, racontée de «l'intérieur» d'une bande de copains d'enfance, élevés dans l'ombre portée de l'usine du coin. Le choc des générations et des class... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 5.00/5
    Par antoineperroud, le 10 avril 2012

    antoineperroud
    Années 60, Villerupt (Meurthe et Moselle), nous sommes à la Saint Sylvestre et Hervé (dit Baru) et ses potes ont une mission : faire la fête, boire des coups (à l'oeil c'est mieux) et draguer les filles. de plus, un pari a été fait : Hervé doit perdre son pucelage dans les trois jours. S'en suit la tournée des bals, bistros et autres baltringues de troisième catégorie (passé une certaine heure on est plus trop regardant sur la qualité des établissements).
    Quequette Blues dont Roulez Jeunesse ! est l'intégrale est une oeuvre de jeunesse de Baru. Bien avant la mode des biographies/autofictions, Il nous raconte donc un épisode de sa jeunesse. Plus que l'anecdote qui sert de fil rouge au récit, c'est la fresque sociale décrite par Baru qui est formidable. La bande de potes dont chaque membre est issu de l'imigration de l'époque (italien, polonais, kabile), le décalage entre cette jeunesse et les parents (rock versus valse), le racisme latent qui profite du plus petit incident pour surgir et l'usine. Cette usine, qui hante toute l'histoire (on est jamais bien loins des haut-fournaux), c'est le véritable personnage pivot de l'histoire; à la fois salvation (elle emploie toute la région) et enfer (le travail est dur et sans répit). Tout le monde finit à l'usine d'une façon ou une autre, quand on sait le sort qu'a reservé l'histoire à la sidérurgie dans cette région on ne peut que frémir au devenir de ces populations.
    Plus de 40 ans sont passés depuis les faits racontés et le propos de cette BD est encore totalement d'actualité aujourd'hui. Pas beaucoup de choses ont changé, les jeunes veulent toujours faire la fête, leur parents ne les comprennent pas, les cons sont toujours cons et l'avenir professionnel Noir comme le charbon. le récit de Baru est exemplaire, il va au-delà de ce qu'il raconte rendant la lecture de cette BD passionnante. Petit bémol néanmoins sur le dessin très brouillon par moment (la mise en couleur n'aidant pas). C'est une oeuvre de jeunesse et sa ce voit, malgré tout on décèle déjà tout ce qui va faire de Baru un très grand auteur : l'urgence du trait, la peinture sociale sans concession et la finesse de ses personnages.
    A lire absolument.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par chocobogirl, le 18 avril 2011

    chocobogirl
    "Quéquette blues" est le premier album du dessinateur et s'inspire de sa jeunesse.
    Nous sommes dans les années 60, dans une cité des hauts fourneaux de Lorraine. C'est la Saint-Sylvestre et on y suit une bande de copains bien décidés à fêter la soirée comme il se doit, avec des filles et de l'alcool. Hervé Baruléa dit Baru, Larbi, Tonio, Robert, Franco, Saïd, sont tous des enfants d'ouvriers pauvres. L'usine, qui fait vivre la ville entière, est la seule perspective d'avenir pour ces adolescents qui cherchent à s'amuser tant qu'il en est encore temps.
    Baru, encore puceau à 18 ans, se fait régulièrement charrier par ses copains qui le mette au défi, ce soir là, de se trouver enfin une fille. La bande commence donc sa tournée des bals, des bars et autres bouges, chacun se cherche un "bon coup" avec plus ou moins de succès...
    Loin d'être une simple histoire de dépucelage, "Quéquette blues" est une véritable chronique sociale. Sous couvert de soirées de fêtes et de dévergondages, Baru dresse un portrait très réaliste de la jeunesse des années 60 et débute dans les récit à caractère social qui vont devenir sa marque de fabrique.
    Villerupt est une cité minière qui emploie la majeure partie de la ville. Ouvriers et dirigeants ont chacun leurs quartiers mais tous vivent dans l'ombre de l'usine. Au delà de la misère, on y retrouve une mixité sociale (français, italiens, polonais, arabes...) et la solidarité humaine de ceux qui galèrent. Les parents sont stricts et espèrent que les études permetteront à leurs enfants d'accéder à autre chose qu'à un poste d'ouvrier. le décalage des générations se fait d'autant plus sentir quand le rock fait son apparition dans les bals et que les adolescents adoptent un style voyou.
    Baru et ses copains sont à la fois touchants et drôles. Oscillant entre espoir et poids de l'avenir, ils ne cherchent pour le moment qu'à satisfaire leurs envies. Comme tous les garçons de leur âge, ils ne pensent qu'aux filles et à ce qui se trouvent sous leurs jupes. Leur obsession et les rateaux qui se font nombreux, les méthodes de chacun pour arriver à ses fins, les beuveries et les bagarres qui peuvent suivre, tout concourt à peindre une jeunesse tapageuse et quelque peu provocante.
    Le récit, loin d'être plombant, est égayé par la verve des dialogues et l'humour déployé par les personnages.
    Quant au trait de Baru, il est déjà reconnaissable. Les personnages ont déjà des "gueules" bien marquées. La ville et l'usine sont remarquablement rendues et dénotent une connaissance certaine du terrain !
    "Quéquette blues" se révèle un premier album très réussi qui combine chronique sociale et portrait du passage à la vie d'adulte. Un album finalement très fort qui semble toujours d'actualité aujourd'hui où les jeunes en rébellion avec l'autorité de leurs parents et la société, cherchent à s'amuser et oublier un avenir qui parait bien morose...


    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-quequette-blues-baru-6..
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