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Quéquette blues" est le premier album du dessinateur et s'inspire de sa jeunesse.
Nous sommes dans les années 60, dans une cité des hauts fourneaux de Lorraine. C'est la Saint-Sylvestre et on y suit une bande de copains bien décidés à fêter la soirée comme il se doit, avec des filles et de l'alcool. Hervé Baruléa dit Baru, Larbi, Tonio, Robert, Franco, Saïd, sont tous des enfants d'ouvriers pauvres. L'usine, qui fait vivre la ville entière, est la seule perspective d'avenir pour ces adolescents qui cherchent à s'amuser tant qu'il en est encore temps.
Baru, encore puceau à 18 ans, se fait régulièrement charrier par ses copains qui le mette au défi, ce soir là, de se trouver enfin une fille. La bande commence donc sa tournée des bals, des bars et autres bouges, chacun se cherche un "bon coup" avec plus ou moins de succès...
Loin d'être une simple histoire de dépucelage, "
Quéquette blues" est une véritable chronique sociale. Sous couvert de soirées de fêtes et de dévergondages, Baru dresse un portrait très réaliste de la jeunesse des années 60 et débute dans les récit à caractère social qui vont devenir sa marque de fabrique.
Villerupt est une cité minière qui emploie la majeure partie de la ville. Ouvriers et dirigeants ont chacun leurs quartiers mais tous vivent dans l'ombre de l'usine. Au delà de la misère, on y retrouve une mixité sociale (français, italiens, polonais, arabes...) et la solidarité humaine de ceux qui galèrent. Les parents sont stricts et espèrent que les études permetteront à leurs enfants d'accéder à autre chose qu'à un poste d'ouvrier. le décalage des générations se fait d'autant plus sentir quand le rock fait son apparition dans les bals et que les adolescents adoptent un style voyou.
Baru et ses copains sont à la fois touchants et drôles. Oscillant entre espoir et poids de l'avenir, ils ne cherchent pour le moment qu'à satisfaire leurs envies. Comme tous les garçons de leur âge, ils ne pensent qu'aux filles et à ce qui se trouvent sous leurs jupes. Leur obsession et les rateaux qui se font nombreux, les méthodes de chacun pour arriver à ses fins, les beuveries et les bagarres qui peuvent suivre, tout concourt à peindre une jeunesse tapageuse et quelque peu provocante.
Le récit, loin d'être plombant, est égayé par la verve des dialogues et l'humour déployé par les personnages.
Quant au trait de Baru, il est déjà reconnaissable. Les personnages ont déjà des "gueules" bien marquées. La ville et l'usine sont remarquablement rendues et dénotent une connaissance certaine du terrain !
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Quéquette blues" se révèle un premier album très réussi qui combine chronique sociale et portrait du passage à la vie d'adulte. Un album finalement très fort qui semble toujours d'actualité aujourd'hui où les jeunes en rébellion avec l'autorité de leurs parents et la société, cherchent à s'amuser et oublier un avenir qui parait bien morose...
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