Un écrivain serbe est dépêché en Mongolie pour y écrire un guide de voyage. Lui qui rêvait de s'extirper de sa morosité quotidienne, atterrit dans un pays perdu, lieu de tous les possibles - où, de temps à autre, on brûle encore des sorcières. Il échoue au bar de l'hôte... > voir plus
http://bartlebylesyeuxouverts.blogspot.com/search/label/Basara Extrait : Svetislav Basara est un écrivain serbe qui est à la littérature ce que Cioran est à la philosophie. le Guide de Mongolie n'a rien d'un guide touristique ; c'est un violent pamphlet contre l'humanité, tout simplement. C'est la charge des cavaliers de l'Apocalypse sur le monde et rien ne résiste, tout explose : le style, la logique narrative, les idées.
Ce petit roman commence par l'enterrement d'un ami de l'auteur qui s'est suicidé. Basara assiste à son enterrement, puis va se soûler avec le pope qui s'est occupé de la cérémonie (« Il nous faut boire. C'est tout ce que nous pouvons faire pour notre salut. »). le ton est immédiatement donné. Comme l'explique le pope, ce n'est pas de la mort qu'il faut avoir peur, mais de la vie : « C'est là que grouillent les diables noirs, les sorcières, les magiciens, les esprits malins. »
Que dire de ce roman si ce n'est qu'il est complètement inattendu, iconoclaste ? Je suis néanmoins partagé à la fois par une écriture originale, des thèmes abordés à foison et traités "philosophiquement" et par une certaine misogynie, misanthropie et un pessimisme ambiants trop présents.
-Seul l'alcool, m'a-t-il dit, ce désinfectant souverain, est capable d'éradiquer les bêtises qui se sont accumulées dans le cerveau. Il y a des moyens encore plus efficaces, mais ils sont mortels. Si tu rencontres un homme qui ne boit pas, fuis-le comme la peste. Un type capable de supporter toute la misère du monde sans drogue ou sans alcool est certainement dépourvu d'âme.