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Grand-père avait un éléphant2Ajouter à mes livres
Du monde, la jeune et jolie Kounnioupattoumma ne sait rien, si ce n’est que son grand-père avait un éléphant ! Fille de notables musulmans, elle est en âge d’être mariée. Mais pour sa mère, les prétendants ne sont jamais assez beaux, jeunes, riches, puissants... Surtout... > voir plus
Un très joli conte sur l'ignorance et l'obscurantisme religieux dans l'Inde musulmane du sud.
Dans le nord du Kerala, Kounnioupattoumma est une jeune musulmane de 20 ans jolie et bien élevée dont le père est très riche, aussi les prétendants ne manquent-ils pas, mais aucun n'est jugé suffisamment bien pour elle par ses parents… jusqu'au jour où son père est ruiné.
A la façon d'un conte, l'auteur nous raconte avec humour le quotidien de cette jeune fille illettrée et ignorante enferrée dans des tabous et préceptes religieux auxquels elle ne comprend rien. A 20 ans, Kounnioupattoumma se comporte et parle comme une petite fille de 10 ans, et sans doute serait-elle restée une enfant si son père n'avait connu ce revers de fortune. A la faveur de ce changement radical, Kounnioupattouma va ouvrir les yeux sur le monde, l'islam, l'amour et la tolérance. Drôle, féroce et poétique, une lecture pour tous les âges.
Deuxième livre (et dernier malheureusement) de Basheer que j'ai lu et, tout comme pour Les Murs et autres histoires (d'amour), j'ai A.D.O.R.E ! Pour ce livre aussi, je manque de qualificatifs pour décrire la sensation qui s'en dégage à la lecture : j'ai souhaité que ce livre ne se finisse pas ! le style est un peu plus enfantin mais on a réellement l'impression de se trouver autour d'un feu et qu'un conteur merveilleux nous raconte une histoire rien que pour nous, une histoire sur les coutumes et la religion musulmane en Inde mais aussi, une histoire d'amour ! A relire assurément ! Et, en plus, c'est drôle ! Impossible de s'ennuyer avec ce livre (beaucoup, beaucoup trop court !). Ceci dit, si je dois comparer, j'ai préféré Les Murs et autres histoires (d'amour) mais, la différence est anecdotique...
Même sans en comprendre le sens, elle récitait des passages du Coran, comme le faisaient son père et sa mère, comme l'avait fait son grand-père Anamakkar. Personne ne savait ce que disait le livre. Eût-on abattu tous les arbres de la terre pour en faire des crayons, changé en encre l'eau de tous les océans, on aurait épuisé les forêts et tari les mers avant d'avoir expliqué le sens d'un seul de ses chapitres. Le Coran était un livre saint et sacré. Tout y était contenu. Personne n'en était l'auteur.
Tu n'as pas à te faire remarquer comme elle. Son grand-père n'avait qu'un char à boeufs ! Et toi ? Toi, tu es la fille chérie de la fille chérie d'Anamakkar ! Ton grand-père avait un éléphant, un grand mâle à défenses !
"Il lui semblait que ces événements remontaient à plus de mille ans. D’ailleurs c’était un peu vrai, car le temps de l’enfance était loin et depuis lors beaucoup de choses avaient eu lieu. Kounnioupattoumma ne pouvait se remémorer cet épisode sans en sourire. C’était la vie, ni plus ni moins, une chose étonnante de bout en bout, dont on ne pouvait jamais connaître le sens. Ce qui arrive dépasse l’entendement de chacun. Alors, que faire ? Éclater en sanglots ou respirer, s’ouvrir, éclater de rire ? De toute évidence, rire vaut cent fois mieux que pleurer, non ? Donc, en y repensant, elle souriait." (Zulma - p.7)
Le garçon qui viendrait l'épouser, elle aurait voulu le rencontrer d'abord. Juste pour le voir. Mais elle ne s'en était ouverte à personne, car ce genre de désir n'était pas convenable de la part d'une femme musulmane.
"Kounnioupattoumma ressentait un bonheur indéfinissable, mâtiné de révolte et du désir de se venger. La perte subie était certes un grand malheur, mais elle voyait des gens, respirait l'air pur, profitait de la lumière du soleil, prenait des bains de lune, courait, sautait, chantait. Elle ne connaissait aucune chanson, mais qu'importe, elle était libre de faire ce que bon lui semblait." (Zulma - p.39)