> Béatrice Vierne (Traducteur)

ISBN : 2070414051
Éditeur : Gallimard (2010)


Note moyenne : 3.38/5 (sur 26 notes) Ajouter à mes livres
Winter est le récit de l'installation de Rick Bass et de sa femme dans un coin reculé du Montana en plein hiver.
Pas d'électricité, pas de téléphone, juste un saloon à une demi-heure de route. Mais une vallée comme au début du monde, une nature splendide et cruel... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par emeralda, le 15 février 2011

    emeralda
    Je crois que je me suis tout de suite sentie assez proche de la démarche de Rick et de sa compagne. Cette volonté de retrouver du calme, d'être proche de la nature, de vivre plus simplement, isolé de l'agitation du monde contemporain, fort peu propice à la création (il est écrivain et elle est peintre). Ils sont également motivés par le fait qu'ils n'ont que bien peu de sources de revenus. Ils ne sont pas criblés de dettes, mais n'ont point un sous valide d'avance. Ce sont de doux rêveurs qui ont toutefois la tête bien posée sur les épaules (comment cela c'est un peu contradictoire ce que j'écris ? Mais pas du tout !) et qui se doutent bien que ce ne sera pas une aventure facile, qu'il leur faudra retrousser leurs manches et y aller au niveau de l'huile de coude !
    Ils ont en tête déjà une idée assez précise de ce qu'ils recherchent comme lieu pour s'installer. Ils ont parcouru bien des routes, des Etats. La notion de distance est faussée par les différences qui existent entre notre petite France et l'immensité des Etats-Unis. Les kilomètres s'enchainent à un rythme qui ferait sans doute bien trop peur à un européen, mais pas à ce jeune couple d'Américains.
    Outre le fait qu'ils ne tombent pas "amoureux" des mêmes lieux, leur manque de fond pose indéniablement problème. Déjà à l'époque (le livre remonte à quelques années quand même), il n'était pas si facile, même armé de la meilleure des volontés, de s'installer. La société américaine en avance sur nous, sur le côté consumériste, leur bloque le passage et ce d'autant plus qu'ils ont quelques exigences, des critères larges, mais précis.
    "Winter" est donc le récit sous forme de journal (intime, mais pas tant que cela) d'une aventure humaine au bout du monde, en montagne, dans la forêt.
    Rick et Elisabeth vont retrouver une petite poignée de personnes qui ont fait les mêmes choix qu'eux (pour d'autres raisons, toutes assez personnelles). le choix d'être isolé en plein hiver, sans électricité, sans téléphone à la maison, sans tout le confort moderne pour affronter une nature magnifique, mais rude également.
    "Winter" est un journal de l'hiver et divers. Tous les thèmes possibles seront abordés :
    - Rick nous parlera de la Nature, de sa beauté, de sa richesse passée, présente et future.
    - Rick nous évoquera ses difficultés, celles de sa compagne car les conditions sont parfois (souvent) plus compliquées qu'il n'y parait. Ils sont arrivés assez tard dans la saison et se préparer à passer l'hiver n'est pas une mince affaire.
    - Rick abordera l'évolution de sa façon de penser, de percevoir le monde extérieur, mais aussi les changement physiques qui se sont opérés sur sa silhouette (travail de force, période d'inactivité…)
    - Rick nous parlera de ses "voisins", de leurs façons de vivre, de comprendre les évènements…
    etc…
    La richesse de la vie, de toute une vie est partout. La "monnaie" change en fonction du lieu où nous sommes, mais au fond, on est toujours riche de ce qui nous entoure. Et on ne peut jamais manquer de ce que l'on ne connait pas. J'aime beaucoup cette vérité. Elle est simple, mais tellement authentique comme les expériences vécues par nos anciens. Rick d'ailleurs en parle encore mieux que moi en écrivant ceci :
    "Une vieille femme, que tout le monde appelle Grand-Maman, a vécu ici toute sa vie. Quatre-vingts ans dans la vallée du Yaak River. Quand on songe à tout ce qu'elle a raté ! Mais quand on songe aussi à tout ce qu'elle vu et que le reste du monde a raté. Personne ne peut tout avoir, quel que soit l'endroit où il se trouve."
    Ne pas être à la pointe, raté des évènements, est-ce pour autant rater sa vie ? Rien n'est moins certain ! le progrès n'est véritablement profitable que s'il apporte un plus réel et pas seulement de façade comme c'est hélas le cas le plus souvent avec toutes ces nouveautés qui envahissent les boutiques, puis ensuite nos étagères, nos armoires…
    On peut trouver une certaine approche écologique avant l'heure (de sa mode dans les médias), mais rien n'est militant, toutes les remarques sont d'ordre personnel. Rick Bass fait des constats, parle et énonce les faits avec ce qui me semble être du bon sens.
    "C'est un pays de lenteur. Un pays d'il y a longtemps. On apprend plus facilement certaines choses quand on les regarde arriver au ralenti." Aujourd'hui, nous sommes toujours pressé, pour faire quoi ? Pour quelles bonnes raisons ? En sortons-nous grandis ? Plus heureux ? Encore une fois, rien n'est moins sûre.
    J'étais il y a encore peu de temps une véritable citadine et j'apprécie encore tous les plaisirs dont on peut jouir dans une belle et grande ville, cependant de plus en plus, je ressens le besoin de m'isoler, de renouer avec la nature, sa tranquillité, son silence seulement apparent.
    J'envie donc l'expérience qu'à pu mener Rick et sa compagne même si tout n'était pas idyllique. Les difficultés, c'est aussi ce qui vous fait apprécier les bonnes choses.

    Lien : http://espace-temps-libre.blogspot.com/2011/02/winter-de-rick-bass.h..
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    • Livres 3.00/5
    Par trust_me, le 17 octobre 2011

    trust_me
    Été 1987. Rick Bass et son amie Elisabeth partent sur les routes dans une vieille guimbarde. Leur but : trouver un endroit calme et isolé, loin de tout, pour pouvoir travailler au calme. Respectivement écrivain et peintre, ces artistes à l'âme bohème se lancent dans une quête quasiment perdue d'avance. Sans un sou et cherchant plus que tout l'isolement, ils ne parviennent pas à dénicher le lieu magique qui les comblera. Visitant successivement le Nouveau Mexique, l'Arizona, le Colorado, l'Utah, le Wyoming et l'Idaho, c'est finalement au Montana qu'ils trouveront leur bonheur, en faisant le gardiennage hivernal d'une maison dont le riche propriétaire vit en Floride. Dans une vallée perdue, au fin fond d'une région montagneuse, l'écrivain originaire du sud profond (Mississipi) va vivre un hiver des plus rigoureux. du 13 septembre au 7 mars, il relate dans son journal intime les événements qui vont jalonner sa découverte d'un univers lui étant totalement inconnu.
    La vallée du Yaak compte une soixantaine d'habitants, tous semblant plus isolés les uns que les autres. Dans ce monde de montagnards taiseux où la nature tient une place prépondérante, le couple d'étrangers va trouver sa place, en douceur. L'émerveillement devant la diversité et la liberté des animaux, les paysages d'une infinie beauté, les préoccupations quotidiennes très terre à terre (couper du bois, faire de longues ballades, vivre au ralenti) et forts éloignées des turpitudes de la société consumériste qu'ils exècrent sont autant d'éléments qui vont transformer ce séjour en véritable coup de foudre pour une vallée qu'ils ne quitteront plus.
    Alors que retenir de ce journal de bord ? A vrai dire pas grand-chose. le problème avec ce genre d'exercice c'est que l'on est dans un registre hyper-intime dont le but premier n'est pas forcément la diffusion auprès d'un large lectorat. Résultat, les événements relatés sont loin d'être passionnants pour un observateur extérieur. Entre les soucis de tronçonneuse et les pannes de voiture, il ne se passe pas grand-chose. Certes la solitude des habitants de la vallée et l'aspect contemplatif qui se dégage de certaines réflexions exercent un certain charme, mais cela reste trop peu. Il n'y a surtout aucun fil conducteur d'une journée à l'autre, les non événements se succèdent sans lien apparent, donnant à l'ensemble un coté déstructuré qui constitue une vraie faiblesse. Bref, l'ennui n'est jamais très loin pour le lecteur. Il apparaît soudain à l'ombre d'un mélèze centenaire et ne vous quitte plus pendant plusieurs pages. Difficile alors d'éprouver beaucoup de plaisir à la lecture de ses mini-chroniques, certes authentiques et très réalistes, mais qui manquent singulièrement d'épaisseur. Finalement, c'est typiquement le genre d'écrit qui trouverait sa place dans un magazine proposant par exemple une chronique par semaine. Réunie en un seul recueil, la recette est trop indigeste.
    Quitte à choisir un ouvrage de Nature Writting, je préfère de très loin Indian Creek de Pete Fromm, qui a au moins le mérite d'être un récit souvent fort drôle et dont l'histoire est parfaitement structurée.
    Malgré tout, en refermant Winter, il reste l'agréable sentiment d'avoir découvert à travers ce texte une des dernières régions sauvages des États-Unis.


    Lien : http://litterature-a-blog.blogspot.com/2010/08/winter.html
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    • Livres 4.00/5
    Par Glacha, le 24 mai 2012

    Glacha
    Rick Bass dans Winter raconte son premier hiver dans la vallée du Yaak, un coin reculé du Montana. Jour après jour, il écrit ses émotions et ses appréhensions face au rude hiver qui s'annonce. Petit à petit, il s'installe, rencontre quelques "ermites" comme lui, et découvre les joies de la tronçonneuse.
    Rick Bass parvient à nous faire passer cet hiver avec lui, assis au coin du feu, sous moult couvertures ; mais aussi dévaler les petites routes enneigées dans sa vieille camionnette , retrouver le silence après des heures de coupe de bois, et observer par la fenêtre les cerfs à l'orée de la forêt
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    • Livres 3.00/5
    Par LN, le 18 février 2011

    LN
    L'immersion dans ces lieux isolés et désolés est décrite avec tellement de tendresse et d'engouement, que j'avais sorti ma valise du placard... Puis sont venus les mois d'hiver, et à l'évocation des -35 mon petit cœur frileux a bondi et j'ai rangé bien sagement ma valise…

    fix ranch
    Fix Ranch

    - C'est un récit très similaire à « Indian Creek » : rédigé sous forme de journal il nous offre le quotidien de ces hommes qui ont fait le choix de tenter la grande aventure… J'avais reproché à Pete Fromm l'absence de réflexions, et j'ai donc été très heureuse de les trouver chez Rick Bass :

    « Il y a des forces dans les bois, des forces dans le monde, qui vous revendiquent, qui posent une main sur votre épaule si doucement que voue ne la sentez même pas ; en tout cas, pas au début. Tous les éléments les plus infimes – la direction de la brise un jour, l'unique petite phrase qu'un ami peut vous lâcher, un corbeau volant au-dessus de la prairie et décrivant un arc de cercle pour revenir – vous revendiquent, pour finir, avec une puissance cumulative. » (p. 114)
    « En fin d'après-midi, il y a un moment où la lumière devient si étrange, où elle prend de tels reflets de bronze et une si parfaite immobilité qu'on jurerait un ferrotype – on dirait qu'elle essaie de retenir cet angle particulier des rayons solaires le plus longtemps possible, afin de nous permettre de contempler les champs, les bois, les prairies sous cet éclairage contrasté une dernière fois avant de s'estomper. Une dernière fois…
    Et nous contemplons. Nous restons plantés là, en l'honneur de la lumière, à regarder, sans rien faire d'autre. Les oiseaux lancent des appels dans les bois, les colaptes dorés et les grives, et j'ai l'impression que ma vie est sur le point de me parler, tant ce sentiment d'attente, de promesse est puissant. » (p. 120)
    Pour ceux qui, comme moi, à la lecture de ce passage auraient déjà pris leur billet d'avion :
    « Je crois à la vieille légende de Jim Bridger, à l'époque où il a passé l'hiver du côté du Yellowstone. Il est ensuite retourné dans l'est où il a raconté aux citadins de ces régions que quand les trappeurs essayaient de se parler, les mots gelaient en sortant de leur bouche ; ils ne pouvaient pas entendre ce qu'ils se disaient les uns aux autres, parce que les paroles gelaient dès la seconde où elles franchissaient leurs lèvres – si bien qu'ils étaient obligés de ramasser les mots gelés, de les rapporter autour du feu de camp le soir et de les décongeler, afin de savoir ce qui s'était dit dans la journée, en reconstituant les phrases mot par mot. Moi, je peux imaginer qu'il fasse aussi froid. » (p. 230)
    Ce que j'ai moins aimé :
    - Pendant cette lecture mon esprit a eu tendance à musarder, s'accrochant difficilement à certaines descriptions statiques. Etait-ce dû à un manque de concentration ou bien à quelques longueurs du récit… Je vous laisse seuls juges…

    Lien : http://lecturissime.over-blog.com/article-winter-de-rick-bass-664393..
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    • Livres 4.00/5
    Par Apikrus, le 30 mai 2011

    Apikrus
    Rick Bass relate sa vie et celle de son amie de la mi-septembre à la mi-mars dans un endroit montagneux et isolé du Montana. Sa première obsession est d'amasser suffisamment de bois pour pouvoir faire face aux rigueurs de l'hiver, au cours duquel les températures descendent souvent sous les - 20°C. le lecteur, comme l'auteur, s'aperçoivent ensuite que ce dernier ne s'est pas installé ici par hasard, mais qu'il aspirait à une vie nouvelle, plus proche de la nature et plus éloignée de la société de consommation. Durant l'hiver que Rick Bass décrit, le froid si présent et si dangereux s'avérera un allié précieux dans sa quête et lui permettra finalement de se sentir transformé, à l'image de quelques mammifères qui changent de couleur en une saison.
    Moi qui rêve de vivre seul dans un endroit isolé, la démarche de l'auteur m'a captivé. Son regard sur les rapports sociaux entre les personnes vivant dans le voisinage m'a aussi beaucoup intéressé, tandis que les paysages décrits m'ont fait rêver. Si vous avez des envies d'évasion, n'hésitez pas à lire ce journal de bord !
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Citations et extraits

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  • Par le_Bison, le 11 mai 2012

    ...pour ce qui est de quitter certaines choses afin de pouvoir en examiner d'autres, Jim Harrison a trouvé une excellente formule : "Les bois peuvent être un peu étranges. Il faut longtemps pour avoir enfin l'impression d'être un homme des bois, mais ensuite, jamais plus on ne peut redevenir un homme des villes."
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  • Par vilvirt, le 16 février 2011

    Cette vallée fourmille de mystère, de beauté, de secrets - et pourtant elle ne livre aucune réponse. Quelquefois, je crois que cet endroit - si haut dans les montagnes, au milieu de bois si touffus - est une sorte de marche menant au ciel, le dernier endroit par où l'on passe avant d'y arriver pour de bon.
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  • Par emeralda, le 15 février 2011

    Une vieille femme, que tout le monde appelle Grand-Maman, a vécu ici toute sa vie. Quatre-vingts ans dans la vallée du Yaak River. Quand on songe à tout ce qu'elle a raté ! Mais quand on songe aussi à tout ce qu'elle vu et que le reste du monde a raté. Personne ne peut tout avoir, quel que soit l'endroit où il se trouve.
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  • Par vilvirt, le 16 février 2011

    Ce n'est pas comme si nous étions de véritables ermites; simplement, comme disait Thoreau, la plupart d'entre nous veulent examiner leur vie, en même temps que le monde qui les entoure - un monde qui, ici dans les montagnes, vous me croirez si vous voulez, n'est pas tant contrôlé par les autres que par soi-même.
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  • Par emeralda, le 15 février 2011

    C'est un pays de lenteur. Un pays d'il y a longtemps. On apprend plus facilement certaines choses quand on les regarde arriver au ralenti.
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Video de Rick Bass

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[Rick Bass : Oïl notes]
Olivier BARROT présente le livre "Oil notes" de Rick BASS en as du Brooklyn bridge à Brooklyn Hights.








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