> Michel Arnaud (Traducteur)

ISBN : 2070366340
Éditeur : Gallimard (1975)


Note moyenne : 4.31/5 (sur 26 notes) Ajouter à mes livres
Combien d'années s'est-il écoulé depuis ce lointain après-midi de juin ? Plus de trente. Pourtant, si je ferme les yeux, Micol Finzi-Contini est toujours là, accoudée au mur d'enceinte de son jardin, me regardant et me parlant. En 1929, elle n'était guère plus qu'une en... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 5.00/5
    Par pile, le 27 août 2011

    pile
    Tout commence en Italie en 1957. Alors qu'une promenade conduit le narrateur devant des tombes étrusques, il se souvient de la tombe monumentale qu'avaient édifiée les Finzi-Contini dans le cimetière israélite de Ferrare. Cette tombe était prévue pour accueillir toute la famille, mais finalement seul le fils aîné a pu y être enterré, avant que le nazisme n'emporte le reste de la famille.
    La fin tragique des Finzi-Contini nous est ainsi révélée dés le prologue. Les souvenirs du narrateur qui constituent le roman sont donc dés le départ, alors même qu'il ne s'agit encore que de leur adolescence insouciante, lus avec en perspective la tragédie à venir.
    Le narrateur a sensiblement le même âge que le frère et la sœur Finzi-Contini. Également de confession juive, il les croise régulièrement à la synagogue. Mais d'un milieu plus modeste, il étudie à l'école publique, alors que Micòl et Alberto reçoivent leurs professeurs à domicile. Pourtant un jour de 1929, il finit par rencontrer Micòl, alors âgée de 13 ans. Mais ce n'est qu'en 1938, qu'il pénètre pour la première fois dans la grande propriété des Finzi-Contini. C'est l'époque des premières lois raciales. Les Juifs sont exclus des écoles publiques, des universités, des bibliothèques… et du cercle où le narrateur jouait au tennis. La jeunesse juive de Ferrare prend alors l'habitude de se retrouver chez les Finzi-Contini, qui ont leurs courts de tennis privés. Et tandis que la guerre approche, des intrigues sentimentales se nouent entre les jeunes gens. le narrateur est amoureux de Micòl, qui semble dans un premier temps partager son inclination, mais finalement le repousse. Leurs amis, Bruno et Adriana, filent un temps le parfait amour, mais les lois raciales se durcissent encore, interdisant les mariages entre juifs et non-juifs, et empêchent donc leurs fiançailles. Quant à Antonio, le frère de Micòl, il semble aimer en secret son ami Giampiero Malnate, un amateur de femmes qui fait aussi la cour à Micòl. Et tout ce petit monde s'enlise dans la mélancolie, alors même que la fin approche.
    Les phrases de Giorgio Bassani sont quasiment proustiennes. Longues à n'en plus finir, elles comportent des parenthèses, des tirets et des points-virgules, et pourtant jamais l'on ne s'y perd. le temps perdu que restitue Bassani est celui de la sortie de l'adolescence. le narrateur vit son premier chagrin d'amour, alors que l'histoire s'emballe et anéantit le monde de sa jeunesse. le jardin de la belle propriété des Finzi-Contini symbolise cet Eden perdu. Et finalement, le roman apparaît comme un tombeau érigé à la mémoire de tous ces disparus qui n'ont pu être inhumés.
    J'ai beaucoup aimé ce roman. Je vais d'ailleurs le ranger tout de suite aux côtés du Guépard, parmi les perles de la littérature italienne.
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par ignatus-reilly, le 19 mars 2011

    ignatus-reilly
    Ce roman se passe à la fin des années 30, à Ferrare, petite ville d'Italie.
    Le fascisme monte, les mesures raciales commencent à être adoptées.
    Giorgio, le héros, est un jeune homme, issu de la petite bourgeoisie ferraraise.
    Alors que les jeunes juifs sont exclus du club de tennis, Micol et Alberto Finzi-Contini vont organiser des parties dans leur parc immense et planté d'essences rares.
    Vont se tisser des relations complexes entre Giorgio et Micol dont il va tomber amoureux, Alberto, son frère et Malnate, ami d'Alberto.
    Le fait qu'au début du livre, Bassani en annonce le dénouement tragique, le voile d'une mélancolie poignante.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par AmandineMM, le 12 août 2011

    AmandineMM
    Lu en italien: J'ai d'abord eu un peu de mal à vraiment être dans l'histoire, mais à la fin de la deuxième partie, j'ai réussi: ça a commencé à me plaire et je n'ai plus arrêté ma lecture. C'est l'histoire de la famille juive des Finzi-Contini avant la seconde guerre mondiale. le narrateur tombe amoureux de la fille de cette famille, Micol, mais elle ne veut pas de lui et est la seule à comprendre qu'ils ne sont pas faits l'un pour l'autre. La fin, le lecteur la connaît déjà dès le début, dans le prologue: la famille ne survivra pas à la guerre et au nazisme. Ce n'est donc pas l'envie de savoir ou le suspense qui domine dans cette lecture pour moi, mais plutôt le style de l'auteur, surtout dans les dernières parties, quand le narrateur est amoureux et malheureux (et lyrique).
    Une belle histoire que je conseille de lire.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Penelope, le 29 novembre 2007

    Penelope
    Un roman envoûtant, celui de relations humaines complexes qui finalement demeurent en suspence. le microcosme de la Ferrare bassanienne, dont se détache la famille Finzi-Contini, séparée du monde par les murs de son immense jardin planté d'essences rares.
    Critique de qualité ? (6 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par Matriochka, le 11 novembre 2009

    Combien d'années s'est-il écoulé depuis ce lointain après-midi de juin ? Plus de trente. Pourtant, si je ferme les yeux, Micol Finzi-Contini est toujours là, accoudée au mur d'enceinte de son jardin, me regardant et me parlant. En 1929, elle n'était guère plus qu'une enfant, une fillette de treize ans maigre et blonde avec de grands yeux clairs, magnétiques. Et moi j'étais un jeune garçon en culotte courte, très bourgeois et très vaniteux, qu'un petit ennui scolaire suffisait à jeter dans le désespoir le plus puéril. Nous nous regardions fixement l'un l'autre. Au-dessus d'elle, le ciel était bleu et compact un ciel chaud et déjà estival, sans le moindre nuage ; Rien ne pourrait le changer, ce ciel, et rien, effectivement, ne l'a changé, du moins dans le souvenir.
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    Citation de qualité ? (9 votes positifs)
  • Par ignatus-reilly, le 19 mars 2011

    N'insistons pas, l'une des formes les plus odieuses d'antisémitisme était précisément celle-ci : se plaindre que les Juifs ne soient pas assez comme les autres, et puis, vice versa, après avoir constaté leur assimilation à peu près totale au milieu environnant, se plaindre de l'opposé : se plaindre qu'ils soient tels que les autres, c'est-à-dire même pas un peu différents de la moyenne commune.
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  • Par ignatus-reilly, le 19 mars 2011

    De fait, il n'y a qu'Alberto qui y soit inhumé, Alberto, le fils aîné, mort en 42 d'une lymphogranulomatose. Alors que Micol, la fille cadette, et son père le professor Ermanno, et sa mère la signora Olga, et la signora Regina, la mère paralytique et très âgée de la signora Olga, tous déportés en Allemagne au cours de l'automne 43, qui pourrait dire s'ils ont trouvés une sépulture quelconque?
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  • Par pile, le 27 août 2011

    Dans la vie, si l’on veut comprendre, comprendre vraiment ce que sont les choses de ce monde, il faut mourir une fois au moins. Et alors, étant donné que c’est la loi, mieux vaut mourir jeune, quand on a encore beaucoup de temps devant soi pour se relever et ressusciter…
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  • Par ignatus-reilly, le 19 mars 2011

    Envoyer ses enfants à l'école publique était considéré, en général, comme patriotique. Ne pas les y envoyer, comme défaitiste : et en conséquence, pour tous ceux qui les y envoyaient, comme nettement insultant.
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Littérature
Sont abordés les livres suivants : - "Je t'apporterai des orages" de Geneviève DORMANN - "Abraham de Brooklyn" de Didier DECOIN - "Le héron" de Giorgio BASSANI - "Commentaire. Tome 1 : De Vienne à Alger, 1938-1944" de Jean CHAUVEL
- invité pour la deuxième partie de l'émission : l'écrivain Geneviève DORMANN, à propos de son livre "Je t'apporterai...








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