ISBN : 226400097X
Éditeur : Editions Flammarion (2004)


Note moyenne : 3.72/5 (sur 25 notes) Ajouter à mes livres
« Dans cette nuit opaque, je m'étais rendu ivre de lumière ; ainsi, de nouveau, Lazare n'était devant moi qu'un oiseau de mauvais augure, un oiseau sale et négligeable. Mes yeux ne se perdaient plus dans les étoiles qui luisaient au-dessus de moi réellement, mais dans l... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 3.00/5
    Par brigittelascombe, le 27 juillet 2011

    brigittelascombe
    J'avoue ne pas avoir vraiment aimé ce livre écrit en 1934 ( en Espagne au moment des prémices de la guerre d'Espagne et de la deuxième guerre mondiale) et au sadisme omni-présent.
    Le bleu du ciel relate la fuite d'un homme déchiré Tropmann, en quête d'identité à travers l'Europe
    Un bleu chargé des lourds nuages noirs de la mort, de la maladie,de l'exhibitionisme et de la nécrophilie.
    Tropmann va être, tour à tour, attiré par trois femmes et va osciller entre ses pulsions érotiques, sa perversion et ses pulsions de mort. En parrallèle, émerge le conflit du monde.
    Tout d'abord un bordel de Londres: il croise Dirty (Dorothéa) qui prend son pied face aux représentations cadavériques et se laisse planter une fourchette dans la cuisse. Tropmann qui trompe sa femme Edith, se retrouve impuissant.
    Puis, c'est Vienne.Paris.Il rencontre Lazare "oiseau de malheur"hideuse de haine.
    Enfin, la gentille Xénie qui lui servira de garde malade lorsqu'il se noiera dans l'alcool et que son "existence" s'effritera "comme une matière pourrie.
    Qui choisira t il, alors qu'à Francfort-sur-le-Main, la jeunesse hitlérienne monte "vers les temps nouveaux"?
    Dur à lire! Surtout lorsque la mort est jouissive et que "la terre sous ce corps était ouverte comme une tombe, son ventre s'ouvrit à moi comme une tombe fraiche."
    Mais bon, il en faut pour tous les gouts!
    Une écriture douloureuse issue sans doute d'une enfance entre un père paralysé aveugle et une mère dépressive, à moins que ce ne soit de la vie dissolue entre sexe, jeu et beuveries dont Georges Bataille était friand ou tout simplement d'une psychopathologie sous-jacente.
    Les thèmes de l'angoisse,la mort,les femmes,la recherche des limites,la provocation,l'interdit,la jouissance,encore et toujours.
    Idem pour les autres oeuvres de Georges Bataille qui pourraient s'apparenter à Sade et au Procés de Gilles de Rais.
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    • Livres 3.00/5
    Par brigittelascombe, le 15 août 2011

    brigittelascombe
    Errant entre Londres,Paris,Vienne et Franckfort sur Main, écartelé entre Dirty,Lazare et Xénie, égaré entre sadisme,fétichisme et déchéance alcoolisée, à l'aube de l'avènement des jeunesses hitlériennes,Tropmann l'homme déchu retrouvera-t-il son propre chemin?
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Citations et extraits

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  • Par mandarine43, le 28 juillet 2011

    [ Incipit ]

    Dans un bouge de quartier de Londres, dans un lieu hétéroclite des plus sales, au sous-sol, Dirty était ivre. Elle l'était au dernier degré, j'étais près d'elle (ma main avait encore un pansement, suite d'une blessure de verre cassé). Ce jour-là, Dirty avait une robe du soir somptueuse (mais j'étais mal rasé, les cheveux en désordre). Elle étirait ses longues jambes, entrée dans une convulsion violente. Le bouge était plein d'hommes dont les yeux devenaient très sinistres. Ces yeux d'hommes troublés faisaient penser à des cigares éteints. Dirty étreignait ses cuisses nues à deux mains. Elle gémissait en mordant un rideau sale. Elle était aussi saoule qu'elle était belle : elle roulait des yeux ronds et furibonds en fixant la lumière du gaz.
    - Qu'y a-t-il ? cria-t-elle.
    En même temps. elle sursauta, semblable à un canon qui tire dans un nuage de poussière. Les yeux sortis, comme un épouvantail, elle eut un flot de larmes.
    - Troppmann ! cria-t-elle à nouveau.
    Elle me regardait en ouvrant des yeux de plus en plus grands. De ses longues mains sales elle caressa ma tête de blessé. Mon front était humide de fièvre. Elle pleurait comme on vomit, avec une folle supplication. Sa chevelure, tant elle sanglotait, fut trempée de larmes.
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  • Par brigittelascombe, le 27 juillet 2011

    La terre sous ce corps, était ouverte comme une tombe, son ventre s'ouvrit à moi comme une tombe fraiche.Nous étions frappés de stupeur, faisant l'amour au dessus d'un cimetière étoilé.Chacune des lumières annonçait un squelette dans une tombe, elles formaient ainsi un ciel vacillant, aussi trouble que les mouvements de nos corps mêlés.
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  • Par brigittelascombe, le 27 juillet 2011

    Je n'insinue pas qu'un sursaut de rage ou que l'épreuve de la souffrance assurent seuls aux récits leur pouvoir de révélation;j'en ai parlé ici pour arriver à dire qu'un tourment qui me rongerait est seul à l'origine des monstrueuses anomalies du Bleu du ciel; ces anomalies fondent Le Bleu du ciel.
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  • Par brigittelascombe, le 27 juillet 2011

    Elle devint hideuse, je compris que j'aimais en elle ce violent mouvement.Ce que j'aimais en elle était sa haine, j'aimais sa laideur imprévue, la laideur affreuse que la haine donnait à ses traits.
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