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ISBN : 2246738113
Éditeur : Grasset (2008)


Note moyenne : 2.92/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Quelques semaines avant sa mort, à Florence, Machiavel est surpris par la peste. La ville est comme son tombeau. Derrière les palissades, on vit dans la peur, on abandonne ses enfants, on vole du pain gris, on se lave au vinaigre. En quelques heures, l’humanité s’effond... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (5)

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    • Livres 4.00/5
    Par Charybde2, le 19 mars 2013

    Charybde2
    Un étonnant questionnement du rôle de l'intellect en temps de crise absolue...
    Publié en 2008, ce septième roman de Christophe Bataille était le premier que je lisais. Court (215 pages) mais dense, il nous emmène aux côtés d'un étonnant Nicolas Machiavel vieillissant, fuyant l'épidémie de peste qui dévaste Florence pour se retrouver malgré tout enfermé dans une petite cité toscane des environs, où se déchaînent les peurs, les horreurs et les passions avec la mort qui approche... et où Machiavel lui-même, conseiller des princes, en viendra à douter de lui-même dans une ambiance en effet largement onirique.
    « Il n'y a pas de Renaissance, il n'y a pas de temps anciens mais il y a dit-on des images secrètes. Il y a sainte Agathe, les seins tranchés par le vitrail. Il y a l'aubépine en son tablier pourpre. Il y a les enfants d'autrefois qui marchent, le placenta séché autour du cou. Il y a le sang des oiseaux qui mousse sur ton ventre glabre. Il y a cette tête d'âne fichée sur un corps d'homme. On dit que ce crâne, c'est le monde. Et l'homme, est-ce moi ? Ou est-ce Machiavel qui fuit la peste ? Alors voici : je raconte un homme dans le déchirement, il paraît que c'était il y a des siècles, que cet homme a vécu, qu'il n'y a plus de peste, que tout change, or j'invente très peu, je porte le regard au cœur de ce qui est. »
    « Ces pierres taillées sont tout son trésor. Avec ça, il peut acheter une ville, du pain, des bougies, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de récoltes, plus de bras, plus d'air, plus de feu. Mais rien dans sa paume ne peut lui obtenir un regard ou un geste humain. Il a donc fallu ce long chemin. Il a fallu les voyages, l'exil, la peur, il a fallu les livres, la gloire, les femmes, la bizarre course du temps pour qu'il ne reste rien du grand esprit, rien de la gloire, rien de l'expérience. Il a fallu que Machaivel soit vieux et sage pour qu'il rêve d'être courageux, vif, fuyant de nuit vers Menton puis Aix. »
    Brodant à loisir sur un épisode relaté brièvement par Machiavel lui-même, et extrapolant sur l'interprétation qu'en fit jadis Jules Michelet, Christophe Bataille nous livre ici une étonnante machine, puissante et robuste, paradoxalement bien peu politique, à propos de l'auteur du « Prince », mais pleine d'une réflexion sauvage sur l'humanité en temps de crise – et sur le rôle ou l'absence de rôle de l'intellect en la matière...
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    • Livres 4.00/5
    Par ophrys, le 01 février 2011

    ophrys
    Drôle d'objet littéraire ! C'est un roman qui procède du renversement : Machiavel, dont la réputation le devance dans tout le pays, se retrouve prisonnier dans une ville de Toscane dans laquelle la peste provoque l'apocalypse. le notable se retrouve à lutter pour sa survie parmi les gens du peuple. L'or et le diamant n'ont plus cours. Les enfants meurent dans la rue. Machiavel qui conseillait les princes jusqu'à la torture et au crime, trouve dans l'amour la dernière consolation au triomphe de la mort absurde et gratuite.
    L'écriture procède par ellipse et par des fulgurances poétiques. C'est le livre des rencontre d'opposés irréconciliables : horreur et beauté, histoire et poésie, réalisme et imaginaire, mort et amour. Un livre qui nous arrache de notre époque technoscientifique et superficielle que nous appréhendons à travers nos écrans pour nous rappeler avec urgence que la vie est bien plus que cela.
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    • Livres 3.00/5
    Par athena1, le 13 mars 2009

    athena1
    Christophe Bataille dans ce roman, alterne rêve et réalité. Mais voilà la réalité ressemble étrangement à un mauvais rêve. Après avoir fui Florence et la peste, avoir tout perdu et tout brûlé, le vieux machiavel trouve refuge dans une petite ville de Toscane. Mais voilà la peste le rattrape, la peste et ses incontournables : la suspicion, la peur de boire, de manger, la peur de l'autre qui pousse non seulement à brûler les morts mais aussi les vivants, ceux que l'on soupçonne d'avoir apporté la maladie. Machiavel, qui a connu les plus grands, les a conseillés, Machiavel l'érudit, le voilà pris dans la tourmente de ce mal qui ronge l'humanité, pour une fois peut être, il sera au niveau du peuple, et sa position n'y changera rien.
    Après la peur, les rêves, vient le moment où la solitude vous pèse si fort que le désir d'aller vers l'autre dépasse l'entendement. Machiavel va au milieu des cadavres sauver une jeune fille atteinte de la peste, malgré le risque de contagion il va l'aimer, du moins physiquement, jusqu'à son dernier souffle, elle mourra, il lui survivra.
    Il apparaît donc que les rêves de machiavel, sa nostalgie, nous paraissent moins pesants que la réalité. Une réalité si cauchemardesque que l'on a l'impression de rêver éveillé, une parenthèse réelle dans notre réalité.
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    • Livres 4.00/5
    Par AmandineMM, le 12 août 2011

    AmandineMM
    Le mot qui me reste pour qualifier ce livre est: étrange, voire dérangeant. Cette sensation vient avant tout de la narration, bien plus que de l'histoire en elle-même: celle-ci est assez simple et presque banale (il s'agit d'une fiction sur le dernier amour de Machiavel pendant la Peste de 1527 en Italie. La Peste et ses effets, médicaux comme sociaux, est décrite très crûment par le narrateur et Machiavel même dans ses paroles. La manière de raconter est sèche, brute. Ca m'a semblé à la fois agréable et dérangeant, jusqu'à ce que je parvienne à mettre des mots sur mes sensations: un des personnages dit à Machiavel "Tu parles comme un mort." et toute la narration est faite selon ce mode, cet état d'esprit. le narrateur (l'auteur?) intervient plusieurs fois dans le récit, notamment à la fin où il s'adresse presque au lecteur: là encore, je suis partagée entre l'admiration et le malaise face à ces mots sans complaisance envers lui-même et ses contemporains, nous.
    En conclusion, une lecture qui ne (me) laisse pas indemne.
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  • Par lilyetseslivres, le 15 mai 2010

    lilyetseslivres
    Toscane, 1527, la peste ravage les villes et les campagnes, Machiavel fuit, marche sans trêve à la recherche d'un havre, l'arche où il pourra survivre, vivre encore quelques temps. Derrière lui Florence qu'il a quittée précipitamment après la mort des siens, de son fidèle serviteur Fabio, un homme capable de soulever une charrette d'une main et de la bien aimée de ce dernier, Cordélia une fille à la langue tranchée, aussi pâle et fine que Fabio est grand et brute. Son palais, ses milliers de livres incendiés, il n'emporte avec lui dans une sacoche de cuir cousue emplie à la hâte que quelques biens, une trentaine de diamants de quoi moyenner sa liberté, une gourde de vinaigre pour se frotter le corps et illusoirement le protéger, quelques livres de l'enfer. Plus rien n'existe et encore moins les certitudes. Qu'il est loin le temps où il donnait des conseils aux puissants…
    La suite ci-dessous :

    Lien : http://lily-et-ses-livres.blogspot.com/2008/10/le-rve-de-machiavel-c..
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Citations et extraits

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  • Par lilyetseslivres, le 15 mai 2010

    La peur de dormir, la peur de se réveiller, la peur de l’eau qu’on boit ou qu’on ne boit pas, la peur de l’air vagabond, la peur des vêtements qu’on porte, la peur de manger. La peur de sortir. La peur de rester seul. La peur de croiser une femme. La peur de l’aimer. La peur de la peur. La peur, ce mot flottant et court, rêche, innommable. C’est le retour aux crânes.

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  • Par ophrys, le 01 février 2011

    J’ai choisi de donner vie au rêve de Michelet. « Ailleurs, sur les degrés de marbre de la grande chapelle, Machiavel trouve sous de longs vêtements une admirable veuve. Suit la description laborieuse, mythologique, de cette divinité. Cupidon, Vénus, les Hespérides, ne réchauffent pas tout cela. Moins froid le marbre funéraire où siège cette idole de mort. » (p212)

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  • Par ophrys, le 01 février 2011

    Mon livre (…) est une guerre à Machiavel et au néant. Je libère Machiavel de son nom. Vous me direz : tu l’humanises, ce salaud. Avec toi il hésite, il échoue, il a peur, il tremble, il aime… Belle marionnette dans la mort. Joli cobaye qui court dans son bocal de peste sans savoir s’il va vivre.
    Or je ne l’humanise pas. Je l’arrache à sa légende où il n’y a rien sauf la haine de la pensée par le grand nombre. Que veut notre époque ? La fin des livres et des pensées. Que veut notre époque ? Des morts, et un tombereau d’images et de larmes pour les fêter. (p212)
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  • Par ophrys, le 01 février 2011

    Il faut donc vivre ici, où tout est renversé. Machiavel sourit dans la nuit : oui, la raison divise. Et le mal unifie. Dans la maladie, il n’y a plus qu’un seul monde. (p124)

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  • Par lilyetseslivres, le 15 mai 2010

    Je prends Machiavel à ses mots. Je le prends au temps et à sa légende. J’en fais un homme. Je me sens libre comme Racine écrivant l’Enéide. Voilà en peu de mots tout de le sujet de cette tragédie : j’écris un roman sur la peur, la maladie, les rêves, le néant, un roman sur la pauvre science et la glorieuse astrologie ; ou bien, après tout, est-ce un roman sur la nuit, sur la marche, sur les poules noires et ce diable de vinaigre.
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Vidéo de Christophe Bataille

Rithy Panh - L'élimination .
Rithy Panh vous présente son ouvrage "L'élimination", qu'il a écrit avec Christophe Bataille. Parution le 11 janvier 2012, aux éditions Grasset. Rentrée littéraire 2012.Notes de musique : Arvo Part - 5 Mozart-Adagio (for violin, cello & piano)








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    "Ce n'est pas sans une certaine émotion que je commence à raconter ici les aventures extraordinaires de Joseph Rouletabille. Celui-ci, jusqu'à ce jour, s'y était si formellement opposé que j'avais fini par désepérer de publier jamais l'histoire policière la plus curieuse de ces 15 dernières années;"

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