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ISBN : 2021034399
Éditeur : Seuil (16/02/2012)

Note moyenne : 5/5 (sur 3 notes)
Résumé :
À dix-huit ans, en rupture avec une culture occidentale
incapable de satisfaire sa quête existentielle, Stephen
Batchelor quitte sa Grande-Bretagne natale pour un voyage
initiatique qui le conduit en Inde, auprès de la communauté
exilée réunie autour du Dalaï-lama. Fasciné par la spiritualité
qu'il y découvre, le jeune hippie se convertit au bouddhisme et
reçoit bientôt l'ordination. Pendant dix ans, de l'école tibétaine
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Critiques, Analyses & Avis (2) Ajouter une critique
Ledraveur
01 octobre 2014
Voilà un ouvrage qui dans le genre abordé, ne manque pas de courage ! Lucide, direct dans un "parler vrai" sans concession, ce livre nous renvoie à nous même et notre responsabilité humaine, tout en traçant des pistes d'issues possibles ... dans le chaos environnant !
Le regard que cet écrit pose sur la Vie, est empli d'une saine curiosité, empreint d'un certain amusement "décalé", qui est rarement le propos dans le cadre de l'enseignement distillé de la dite tradition séculaire monastique "lamaïque" ... Outre le fait qu'il développe une intégrité espiègle, voire quelque peu ironique dans son périple à l'intérieur de ses expériences du lamaïsme tibétain gelugpa, ce qu'il esquisse de la biographie du Bouddha historique à partir du canon pali est une optique très originale, inhabituelle ; nous apprenons ainsi que cet homme est de plain-pied dans le sociétal de l'époque et des lieux.
C'est lumineux, brillant, fouillé, clair, intelligible pour le citoyen lambda qui ne se contente pas de la "soupe" plus ou moins infâme, que l'on a l'habitude de servir au " bon peuple" crédule ! Ce livre nous rend à l'intelligence du propos dans toute sa grandeur authentique.
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igaluck
09 novembre 2012
La mise en place didactique du début du livre ne m'a pas emballée plus que ça… puis le doute est apparu et tout est devenu beaucoup plus intéressant.
Sur un ton lucide et impertinent, et faisant montre d'une intégrité taquine, Stephen Batchelor nous emmène dans un périple à travers ses expérience du bouddhisme tibétain gelugpa, du bouddhisme zen coréen et d'une forme communautaire de bouddhisme anglais. de digressions en post-it, il nous accompagne dans le flux changeant et imprévisible de l'existence, proposant de développer une perplexité curieuse, porte ouverte sur le grand doute.
Une ode à la vie telle qu'on en rencontre rarement dans la littérature bouddhiste !
Parallèlement à cela, Stephen Batchelor trace une esquisse de la biographie du Bouddha historique à partir du canon pali. Se dessine un homme ancré dans le monde et les relations sociales, au contact des cultures perses et grecques et aux prises avec les réalités plus ou moins ragoûtantes de son temps. Vision inhabituelle qui ne manque pas d'intérêt.
Brillant, intelligent et lumineux !
Lien : http://versautrechose.fr/blo..
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Citations & extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
LedraveurLedraveur01 octobre 2014
Que je l'apprécie ou non, l'esprit qui anime la vie religieuse et son organisation formelle semblent - comme le Bouddha et Mara – inextricablement liés l'une à l'autre.
Rejeter la religion réglementée pour une « spiritualité » éclectique et nébuleuse n'est pas non plus une solution satisfaisante. En tant qu'êtres parlants, nous élaborons constamment des théories et des croyances cohérentes. En tant qu'animaux sociaux, nous nous organisons constamment en groupes ou communautés. Sans un discours rigoureux et critique envers lui-même, on risque de tomber dans de pieuses platitudes ou des généralisations superficielles. Et sans un minimum de cohésion sociale, les idées géniales risquent de dépérir. L'important n'est pas de renoncer à toutes les institutions ou à tous les dogmes, mais de s'en accommoder avec ironie, de les apprécier pour ce qu'ils sont - le jeu de l'esprit humain dans sa quête incessante de sens et de cohésion -, et non de les considérer comme des entités éternelles qu'il faut défendre sans merci ou imposer de force.
« De nos jours, la religion doit s'affranchir de la croyance, dit Don Cupitt. Il n'y a rien en quoi croire ou espérer. C'est pourquoi la religion doit devenir un moyen immédiat et profondément ressenti de vous rattacher à la vie en général et à votre propre vie en particulier. » C'est dans cet esprit que j'ai essayé de comprendre ce que le Bouddha a dit il y a tant d'années. En tentant de rétablir Gotama dans sa condition d'homme et de démêler ses idées des opinions dominantes de son temps, j'aime à penser qu'il était animé par les mêmes idéaux.
(p. 294)

Note 22 page 339 :(du chapitre 17, page 274, note 22)
Le terme pali sùkara-madava signifie littéralement « tendre cochon » (sùkara). Dans le canon, il est clair que le Bouddha n'était pas végétarien. Il rejetait la proposition de son cousin Devatta d'imposer le végétarisme comme règle pour la communauté monastique. Il ne voyait pas d'objection à ce que ses moines mangent de la viande, à condition qu'il n'ait été ni « vu, ni entendu ou soupçonné » que l'animal fût tué spécialement pour eux.
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LedraveurLedraveur01 octobre 2014
La quête de Gotama l'a conduit à abandonner tout ce qui le définissait - son roi, sa patrie, son statut social, sa situation familiale, ses croyances, sa conviction d'être un « moi » maîtrisant un corps et un esprit - mais nul effondrement psychotique n'a suivi ce renoncement. Car, en renonçant à sa place (alaya), il a accédé à un fondement (tthana ou thatva). Mais ce fondement est d'une nature complètement différente. C'est le monde contingent, transitoire, ambigu, imprévisible, fascinant et terrifiant qu'on nomme la « vie ». La vie est un fondement sans fond : à peine apparue, elle disparaît, uniquement pour se renouveler, puis aussitôt se désagréger et disparaître à nouveau. Elle coule sans cesse en avant, telle la rivière d'Héraclite. Si vous essayez de la saisir, elle vous glisse entre les doigts.
Ce fondement sans fondement n'est pas synonyme d'absence de soutien. Il vous soutient d'une façon différente. Là où une place peut vous attacher et vous enfermer, ce fondement ne vous retient pas et s'ouvre à vous. Il ne reste pas immobile un moment. Pour s'y appuyer, il faut le considérer d'une autre façon. Au lieu d'être planté fermement sur vos pieds et de vous cramponner des deux mains pour vous sentir à l'abri dans votre place, ici vous devez fendre la surface de ses eaux miroitantes comme une mouche à longues pattes, nager dans son courant comme un poisson véloce. Gotama comparait cette expérience à celle consistant à « entrer dans le courant ».
L'Éveil de Gotama exigeait un changement radical de perspective plutôt que l'acquisition d'un savoir privilégié formé de quelques vérités supérieures. Il n'usait pas des mots « savoir » et « vérité » pour le décrire. Il ne parlait que de l'éveil à un monde contingent - la conditionnalité et la production conditionnée - qui, jusque-là, était obscurci par son attachement à une position stable.
(page 169)
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LedraveurLedraveur01 octobre 2014
D'où vient ce besoin de défendre de manière si passionnée l'existence de notions métaphysiques qui ne peuvent être ni prouvées ni réfutées ? Je pense que cela a sans doute un rapport avec la peur de la mort, la terreur que nous inspire la perspective de notre disparition et de celle de nos proches dans le néant. Mais j'ai l'impression que, pour ceux qui se raccrochent à ce genre de convictions, le monde tel qu'il se présente apparaît intrinsèquement inadéquat, incapable d'exaucer leurs aspirations les plus profondes à trouver une raison d'être, la vérité, la justice ou la bonté. Que l'on croie en Dieu ou au karma et à la renaissance, on place dans l'un et l'autre cas sa confiance en un pouvoir ou une loi suprêmes qui paraissent en mesure de donner un sens à une vie sur terre brève et pleine de tensions. On présume l'existence de forces cachées, profondément enfouies sous la surface d'un monde dépendant d'expériences au jour le jour, indigne de confiance. De nombreux bouddhistes soutiennent que rejeter la croyance en la loi du karma - un système de comptabilité morale mystérieusement inhérent à la structure de la réalité même – équivaudrait à supprimer les fondements de l'éthique. Les bonnes actions ne seraient pas récompensées et les mauvaises actions ne seraient pas punies. Les théistes ont dit exactement la même chose sur les conséquences de l'abandon de la croyance en Dieu et au jugement divin.
(p. 223)
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LedraveurLedraveur01 octobre 2014
Car ce à quoi il s'était éveillé, cette « conditionnalité » - que des choses spécifiques donnent naissance à d'autres choses spécifiques - est plutôt évident. Tout le monde sait que les graines donnent naissance à des plantes et les œufs aux poulets. Pourtant, insistait-il, cette « production conditionnée » est extrêmement difficile à voir.
Pourquoi ? Parce que l'attachement viscéral à leur place empêche la majorité des gens de saisir la contingence fondamentale de leur existence. Notre place est ce à quoi nous sommes le plus liés. C'est la base sur laquelle l'édifice tout entier de l'identité est construit. Nous la délimitons en nous identifiant à une religion ou à un mouvement politique, par l'attachement à un lieu, à une tradition ou à une position sociale. C'est dans ce cadre apparemment fixe que se développe notre intime conviction d'être un ego solitaire.
Notre place est cet endroit virtuel où nous nous tenons et nous opposons à toute tentative extérieure de saisir ce qui est à « moi ». Elle englobe tout ce qui est « mien », par opposition à ce qui est « tien ». Le plaisir de l'attachement crée ainsi une impression de solidité et de sécurité, celle d'être un point fixe dans un monde incertain où tout bouge et rien n'est sûr. Le pendant de ce plaisir est la peur panique de perdre sa place et d'être plongé dans le chaos, l'incompréhension et la folie.
(page 168)
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LedraveurLedraveur01 octobre 2014
Au lieu de rejeter le moi comme pure invention, Gotama le présente comme un projet à réaliser. Par le « moi », il fait référence non au « Moi » transcendant des brahmanes qui, par définition, ne peut être que ce qui est éternellement, mais au « moi » fonctionnel, moral, qui respire et agit dans ce monde. Il compare ce moi à un champ, un terrain potentiellement fertile qui, s'il est irrigué et entretenu permet aux plantes de s'épanouir. Il le compare à une flèche : une tige de bois, à tête de métal et empenne de plume, qui, une fois assemblée, peut être lancée dans une course infaillible vers sa cible. Et il compare le moi à un morceau de bois, quelque chose qu'on peut façonner et transformer en ustensile ou en poutre faîtière. Dans chaque cas, de simples choses sont travaillées et transformées pour répondre à des besoins humains.
Un tel modèle de « moi » convient mieux aux laïcs, hommes ou femmes, qui vivent dans ce monde qu'aux moines ou moniales résolus à y renoncer. Il présente une sorte de défi très différent. Il incite non à se former pour atteindre un détachement serein à l'égard des turbulences de cette vie mais à se confronter à ces événements pour leur insuffler un sens et un but. L'accent est mis sur l'action plutôt que l'inaction, sur l'engagement plutôt que le désengagement. Et il y a également des implications sociales.
(page 197)
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Video de Stephen Batchelor (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Stephen Batchelor
Stephen Batchelor - Itinéraire d'un bouddhiste athée .Stephen Batchelor vous présente son ouvrage "Itinéraire d'un bouddhiste athée" aux éditions Seuil.http://www.mollat.com/livres/stephen-batchelor-itineraire-bouddhiste-athee-9782021034394.htmlNotes de Musique : Art of Meditation - 1 - Sacred Sounds
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