ISBN : 2742758402
Éditeur : Actes Sud (2006)


Note moyenne : 3.91/5 (sur 46 notes) Ajouter à mes livres
A Paris, dans un hôpital de jour, Véronique, psychanalyste, prend en charge Orion, un jeune adolescent gravement perturbé. Malgré ses difficultés, elle discerne qu'il est doué d'une imagination puissante et entreprend de l'orienter vers le dessin et la sculpture. Les ch... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (10)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

  • Par aranzueque-arrieta, le 16 mai 2012

    aranzueque-arrieta
    L'enfant bleu
    Henry Bauchau
    Acte Sud

    Véronique est psychanalyste. Elle travaille depuis peu à l'hôpital de jour où elle prend en charge plusieurs heures par semaine Orion, un adolescent qui souffre de troubles psychologiques lourds - sa pathologie exacte n'est pas mentionnée -.
    Le jeune handicapé est hanté par le démon de Paris qui lui fait perdre ses moyens, il le pousse à sauter ou à taper sur tout ce qui l'entoure.
    Véronique devient sa psycho-un-peu-prof. Au fil des années, s'installe une relation singulière entre eux deux ; il l'appelle Madame tout en la tutoyant.
    Parce qu'Orion a du mal à écrire, Véronique l'encourage à dessiner ; elle lui prédit même un avenir d'artiste. Il parvient à communiquer avec ses dessins, ses peintures, puis plus tard avec ses sculptures ou ses gravures qui reflètent le monde bouillonnant qui tourmente son esprit.
    Pour mettre des mots à ses tourments, Orion invente les « dictées d'angoisse », un exercice thérapeutique et cathartique à travers lequel il se livre. Il énonce à sa prof - en utilisant un lexique et des expressions bien à lui - des textes qui coulent de sa bouche à un rythme effréné et qu'elle tente d'écrire ; elle les lui fait toujours relire.
    Lorsqu'il parle de lui, Orion ne parvient pas à employer le « Je », il utilise « On » à la place.
    Une relation de confiance, d'amour même à la limite du transfert, nait entre la thérapeute et son patient-élève à tel point que l'on ne sait plus qui a besoin le plus de l'autre ?
    Le rôle de Véronique est difficile à définir, son implication personnelle dépasse de loin ses fonctions.
    Parallèlement à son travail, le quotidien de Véronique, dont on suit les trajets en métro et RER, est en partie comblé par sa vie avec Vasco, ancien champion automobile travaillant désormais dans un garage et musicien passionné.
    L'histoire se déroule sur une quinzaine d'années, entre le moment où Véronique prend en charge Orion et celui où ce dernier parvient à dire « Je ».
    L'enfant bleu est certainement un des rares romans qui raconte les longues années de cure et d'accompagnement psychologique et éducatif d'un adolescent puis d'un jeune adulte psychologiquement perturbé.
    C'est à travers le regard de Véronique, la narratrice et la thérapeute que l'on suit l'évolution d'Orion et la sienne ; les deux personnages grandissent, évoluent, se cherchent d'un point de vue identitaire parallèlement.
    Son écriture reflète ses doutes, ses combats, sa profonde empathie. Elle ne sombre jamais dans le jugement, essayant toujours de comprendre - au sens premier - et de s'adapter avec une formidable compassion à son élève-patient.
    On assiste à ce travail perturbant de longue haleine, à son implication totale, à la fois intellectuelle, psychologique et physique. Elle prend des risques professionnels d'un point de vue thérapeutique - elle pousse Orion à devenir artiste ; empiète-t-elle sur sa liberté ? - mais aussi dans sa vie de couple, car elle fait entrer son patient-élève dans son intimité, dans son quotidien en le recevant chez elle ; une relation amicale naîtra entre Orion et Vasco.
    La vie du couple est animée par l'expression artistique ; la musique pour lui, la poésie pour elle ; néanmoins, Vasco parvient à s'affranchir de ses peurs et à trouver « sa » musique tandis que Véronique peine à écrire, elle n'a plus publié depuis des années.
    La thérapie qu'elle entreprend avec Orion l'aide aussi à se construire, à assumer des blessures encore béantes - la mort de son enfant nouveau-né -, à aller de l'avant. Elle se relève et se révèle en même temps que le jeune homme grandit.
    Le roman d'Henry Bauchau surprend par sa simplicité, tout comme par son aspect novateur. A travers le langage d'Orion, l'auteur crée une langue d'une rare beauté, bousculant la grammaire, la syntaxe et le lexique français. On est transporté dans le monde de cet adolescent, on est conquis par la poésie de ses phrases, bouleversé par ses images poétiques, surréalistes parfois, qui traduisent sa réalité.
    Lire L'enfant bleu est une véritable expérience humaine, psychologique et littéraire, le lecteur n'en ressort pas indemne ; il est impliqué dans cet univers, dans cette « obscure clarté » qu'est le combat thérapeutique de Véronique pour sauver Orion des griffes du démon de Paris.
    C'est par les mots de Véronique que l'on découvre les œuvres du jeune handicapé, ses dessins, ses tableaux, ses sculptures, ses gravures ; ces différents modes d'expressions artistiques deviennent visuels pour le lecteur à travers le verbe et le regard de la narratrice. Ce procédé provoque une réaction certes guidée - nous sommes tributaires de l'enthousiasme de la narratrice - mais le ressenti demeure personnel ; ce « filtre narratif » ne biaise en rien le résultat et l'émotion que suscitent les images d'Orion grâce aux mots-reflets de Véronique, ils sont complémentaires.
    L'auteur s'est servi de son expérience de psychanalyste mais aussi de poète pour donner cette dimension si singulière à son roman.
    L'écriture d'Henry Bauchau est limpide, lumineuse, parfaitement épurée, il tend vers le juste avec la grâce qui lui est propre. Comme souvent dans ses romans la littérature et la peinture deviennent un complément humain presque spirituel pour les personnages qui pratiquent ces arts.
    L'enfant bleu est une œuvre majeure d'Henry Bauchau. A découvrir absolument !

    http://faranzuequearrieta.free.fr

    Lien : http://faranzuequearrieta.skyrock.com/3090375717-L-enfant-bleu-d-Hen..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par mariech, le 02 avril 2012

    mariech
    Véronique est psychothérapeute et un peu infirmière , on n'en saura pas plus dans le roman sur la signification d'un ' peu ' , elle va s'occuper pendant treize ans D'Orion , un jeune adolescent psychotique aux prises à ce qu'il appelle ' le démon de Paris , treize années dans un hôpital de jour , des douze ans d' Orion à ses vingt -cinq ans .
    Treize ans marqué par d'infimes progrès mais où l'espoir est toujours présent , treize ans de transfert et de son inévitable contre - transfert car Orion et Véronique ont besoin l'un de l'autre et le ressentent .
    Il faut à Véronique une patience hors norme pour aider Orion car celui-ci a parfois des crises avec des comportements de violence .
    J'ai eu un peu de mal avec ce livre , il manque de rythme , l'écriture est froide , enfin , je ne sais pas bien expliquer , j'ai d'ailleurs eu beaucoup de mal à le finir .
    Les prénoms choisis sont eux aussi assez bizarres , le mari de Véronique s'appelle Vasco , son amie Gamma . On ne sait pas grand chose de Véronique sauf qu'elle a une fêlure en elle , c'est sans doute ça qui fait qu'elle comprend si bien Orion , mais , je suis restée sur ma fin , c'est un livre un peu en pointillé qui ne donne pas toutes les réponses , mais c'est un peu le cas d' Orion , un moment Véronique doit le laisser vivre sans son soutien , la vie doit suivre son cours , les parents et les soignants de ces jeunes psychotiques savent cela , l'inquiétude sera toujours présente chez eux , Véronique a marqué la vie d' Orion et l'inverse est vrai aussi .
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par JS-KM, le 10 novembre 2011

    JS-KM
    Il s'agit de ma première incursion dans l'univers de Henry Bauchau.
    L'homme est psychanalyste de formation, écrivain, dramaturge, essayiste... et se trouve aujourd'hui âgé de 97 ans. Au centre de son oeuvre, la création artistique, l'interrogation sensible et obséquieuse des ponts qui unissent l'art et la vie. Vie des songes et vie constituée de ces moments où nous sommes simplement éveillés, mais toujours au centre de ce qui bouillonne, perpétuellement, au plus profond de nous.
    L'enfant bleu est le récit d'une rencontre, entre Véronique, psychanalyste en hôpital de jour, et Orion, dont les années s'écoulent sans que sa situation d'adolescent psychotique ne semble offrir de véritable issue. de crises en crises, et en s'investissant grandement dans sa relation thérapeutique avec Orion, un chemin s'esquisse lentement pour ce dernier, qu'elle oriente peu à peu vers la peinture, et la transcription de ses délires par lesquels il vit, ressent, et souffre tout à la fois d'inadaptation. Nous le savons, et c'est ce que semble promettre le récit : Orion va peu à peu apprivoiser ses peurs, et s'il ne guérira certainement pas, il trouvera une voie d'expression à son malheur, et une possibilité d'être au monde via ses activités artistiques, dans lesquelles il se révèle, j'ai oublié de le dire, particulièrement doué, sensible et inspiré.
    Quel est l'intérêt de cheminer, page après page, aux côtés de ces personnages ? On peut parfois être rompu aux usages du roman ; ici, pas de scénario "à échelons" à proprement parler, mais plutôt l'investigation d'un quotidien, menée par l'écriture épurée de l'auteur. En filigrane apparaissent tour à tour les félûres de la psychanalyste, ses espoirs ardents, la dynamique transférentielle qui attache son destin à celui d'Orion. le récit nous dispense également de longues plages de tranquilité, où Véronique et son mari Vasco vivent ces heures creuses et silencieuses que partagent les couples ; une paix intense semble se dégager de leur relation, tandis qu'ils devisent, sans hâte, de l'avenir d'Orion, de son éveil à son art, ou bien plus simplement de leurs destins respectifs, en pleine conscience des aspirations qui les guident chaque jour.
    Le point qui m'aura le plus marqué concerne l'intentionalité du récit : les personnages de Bauchau sont de véritables héros, portés par un irrépressible élan. Ils avancent en pleine lumière d'eux-mêmes, sans éviter les chausse-trappes, toujours ratrappés par l'inévitable consommation des heures, tatônnants, patients à leur décharge, pour trouver leur chemin.
    Des héros qui jamais ne se détournent d'eux mêmes, sont à contre courant du mot d'ordre implicitement véhiculé par nos sociétés modernes, où tout doit advenir plus vite, où la recherche de l'intensité devient tyrannique. Ils possèdent la stature de ceux qui ne souhaitent pas s'endormir sur leurs vies, s'ouvrent au risque, et recherchent une autre intensité, celle de l'écoute, vers la réalisation. L'échec y est toujours envisagé, jamais renié tout du moins ; pour ces raisons, L'enfant bleu est le récit d'une certitude, celle de l'incroyable aventure intérieure qui existe en chacun de nous, et sur nos différentes échelles de temps de vie ; la seule que l'on ne puisse hâter, et dont nos jours constituent le modeste spectacle.
    Un livre lumineux, où les temps morts sont définitivement exclus. Assez fascinant.


    Lien : http://aussenwelt.eklablog.com/l-enfant-bleu-de-henry-bauchau-a2714127
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par zohar, le 16 février 2011

    zohar
    Orion, un adolescent atteint du Syndrome d'Asperger ( trouble du développement qui affecte la vie sociale de la personne, ses perceptions sensorielles, et sa motricité ), est suivi par Véronique, psychothérapeute dans un hôpital de jour.
    Cette dernière remarque chez Orion, malgré son grand autisme, des prédispositions à l'Art ( tout particulièrement pour le dessin et la sculpture ). Aussitôt, elle mettra toute son énergie au service de cet enfant afin qu'il puisse s'éveiller au monde et développer ses dons artistiques.
    " L'enfant bleu " est un roman de l'affranchissement et sur la réalisation de soi: l''histoire qui débute avec « on », seul pronom que l'adolescent est capable d'utiliser pour se nommer, va et se termine vers le « je », est bien plus que le récit d'une maladie; c'est aussi, métaphoriquement, un chemin vers la création, vers une identité trouvée, et vers l'être en tant que personne à part entière.
    "L'enfant bleu" s'ouvre ainsi, sur un monde désenchanté. Et lentement, avec acharnement, l'art, l'amour, la compassion et l'indéracinable espérance président au réenchantement du monde.
    Le roman est une réflexion sur l'art et l'écriture. Et, Henri Bauchau nous donne ici une grande leçon d'humilité à travers les deux portraits : celui d'Orion et de Véronique.

    > lire la suite
    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par veronique55, le 02 janvier 2012

    veronique55
    Orion s'attache à Véronique sa psychothérapeute qui l'aide à faire émerger ses monstres qui l'habitent. Orion a le syndrome d'Asperger et Véronique est fascinée par sa créativité artistique. Elle va l'entourer, le stimuler et l'encourager. Il grandit, il rit, il angoisse, il tombe amoureux d'une petite anorexique phagocytée par son père qu'il appelle le requin. Il va mettre 15 ans à passer du On au Je , l'art sera sa passerelle pour la vie. On découvre ce monde de la psychiatrie et si vous m'êtes jamais passé au village d'Angoisse près de Périgueux peut-être irez-vous y laisser les vôtres d'angoisses…On avance lentement au gré des vents, des marées et des calmes plats avec une fascination étrange. Beaux textes et écritures puissantes malgré les bizarroïdes expressions et dictées d'Orion
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (6 votes positifs)

> voir toutes (7)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par jovidalens, le 17 mai 2012

    L'arbre s'élève du blanc avec un tronc irrésistible et la majesté esquissée d'une vaste couronne.
    [...] Je l'entends gronder, avec un demi-rire : "Ah, il tient celui-là. Il peut courir le démon, il tient fort cet arbre, pas comme moi."
    [...] L'arbre d'Orion n'est encore qu'ébauché et c'est déjà un arbre maître. Ce n'est pas un arbre qu'il a regardé et copié. C'est un arbre intérieur qu'il a découvert, qu'il a contemplé, là où il était, en lui-même. Dans son être meurtri, blessé, ligoté, il y a donc ce maître à demi enseveli, ce voyant de la vie aveugle...
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par luocine, le 17 juillet 2009

    Vocabulaire du peuple du désastre

    bagarrement baïonnetter Bazardifier
    Bazarder
    bazardement Bazarbouillis
    bazarbouiller Bombardifier
    bombardiser
    bouilloniser brigandorangé bouillantonner Le catastrophié charabiacés
    chauffagiser clocharder débilancolique Débilisé
    Débiléfou
    débilodélirant
    désauvagé Détracté
    Détractement
    détractouiller déstructifié embalbutié emmerdoubler
    ennuiable escarbarbouiller fabricole Gouille-gare Malheurifier
    Le malheurifié
    malheurisant
    maragouiller médiouse orager pachacroute parlerie
    rayonniser renversifier résucrrectifier révolvériser Sauvagé
    sorciérisé
    scandalifiant
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par TINUSIA, le 13 novembre 2009

    Le vent se lève, il amène des bombes de pluviage et la harpe éolienne hennit. Vers le soir le vent tourne à la tempête, la pluie cesse, on sent qu'on ne peut plus retenir ses chevaux blancs. On descend de la maison de l'arbre, les filles ne veulent pas, elles ont peur, mais elles ont plus peur encore de rester seules. On court comme un taureau vers l'arbre, car sa musique est comme la blessure que faisaient les docteurs, quand on était un petit de quatre ans à l'hôpital Broussais.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par Evie, le 26 septembre 2009

    Une oeuvre quand elle est presque finie, on sent une chaleur, un début de rayon pour qu’on ne finisse pas. Moi on est une espèce de presque, de pas fini. Etre comme les autres, est-ce que c’est être fini ? On voudrait et le presque ne veut pas. On souffre pour finir les oeuvres, on aimerait mieux faire des oeuvres brûlées. Toi, Madame, tu es une presque ou une finie ?
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par luocine, le 17 juillet 2009

    « On était un enfant retardé par une maladie du cœur jusqu’à quatre ans. À l’hôpital Broussais on a été opéré et on a connu la terreur. Heureusement il y a un enfant bleu de sept ans qui a protégé ………………Parfois la vie devient plus clair, on est moins petit devant ceux qui font les mauvais coups mais souvent le démon est comme un ovni dans le ciel. Les gens se sorciérisent et les autobus hurlent dans les rues qui deviennent noires. »
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)

> voir toutes (6)

Videos de Henry Bauchau

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Henry Bauchau

Présentation de l'exposition des dessins de Lionel, expo qui se tient jusqu'au 21 juillet 2012 au LaM de Lille. Ces dessins ont été donnés par Henry Bauchau. C'est Lionel qui a inspiré à Henry Bauchau "L'enfant bleu". On y voit entre autres, les labyrinthes.








Acheter sur Amazon

Faire découvrir L'enfant bleu par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (116)

> voir plus

Quiz