Qu'il a du être difficile à
Héliane Bernard et Alexandre Faure directeurs de la collection "Il suffit de passer le pont" de sélectionner les plus beaux poèmes de ce grand,très grand poête qu'était
Charles Baudelaire!
La critique est aisée mais l'Art est difficile! dit le proverbe.
L'art baudelérien pourtant coule de source, de sève même, une sève douloureuse dont
Les Fleurs du Mal, sans doute les plus belles ont fait scandale en 1857!
Mi ange, mi démon, l'homme est double, écartelé par sa propre tragédie intèrieure comme le rappelle
Hélène Bernard en préface.
Qui peut se targuer d'être un ange?
Les démons n'ont ils pas droit à quelque quête apaisante en se plongeant dans la beauté?
C'est dans ce spleen que le poète maudit trouvera son rêve, ce "tout n'est qu'ordre et beauté, luxe,calme et volupté".
Les superbes illustrations très colorées, provocatrices parfois, ou en noir et blanc épurées de
Gianpaolo Pagni peignent l'homme toujours en quête de lui même et font écho à sa violence et à ses questionnements.
Un superbe livre d'éveil et d'apprentissage, une magnifique collection pour ouvrir les jeunes esprits au monde de la culture!
Et pour finir une strophe, simple et belle comme une plainte, celle de l'albatros qui rêve de voler:
"Le poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
Exilé sur le sol au mileu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher."