> Yves Florenne (Éditeur scientifique)
> Marie-Jeanne Durry (Préfacier, etc.)

ISBN : 2253007102
Éditeur : LGF - Livre de Poche (1972)


Note moyenne : 4.35/5 (sur 773 notes) Ajouter à mes livres
La seconde édition des Fleurs du mal, privée des six "pièces condamnées" en correctionnelle pour immoralité, paraît en 1861. Romantiques par la mélancolie à l'ombre de laquelle ils s'épanouissent, parnassiens par leur culte d... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (28)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par meyeleb, le 13 août 2011

    meyeleb
    Ouh lala! Je suis là, à me dire : allez, je vais vous parler des Fleurs Du Mal... mais tout à coup j'ai la pression...
    C'est tout de même le recueil le plus usé de ma bibliothèque! Traces de doigts, marque-pages jaunis et autres traits au crayon de papier discrets (noooooon ! ne pas écrire sur un livre sacré!!!) sont là pour le confirmer.
    C'est mon prof de français qui m'a filé le virus. Il arrivait, comme ça, l'air de rien, avec son recueil sous le bras. Qu'il ouvrait, comme guidé par le hasard. Prenait une voix solennelle mais susurrée. Et le silence se faisait tout à coup dans la classe. On entendait une prière, un jeu de sons caressés par le respect, une certaine religiosité, oui, c'est ça, de la foi dans les mots. Ca remplissait le volume de la salle. On se sentait tout à coup transportés, envoûtés (pour être un bon prof, il faut être un peu Hans joueur de flûte ou sirène, ça je l'ai appris un peu plus tard).
    On ne comprenait pas tout, non. Mais quand la Mort plantait son drapeau noir dans le cerveau du pauvre Baudelaire, on l'éprouvait, la douleur métaphysique. On était frappés par cette image terrible et on entendait dans la voix du prof une profondeur qui nous ouvrait grand les portes de l'Enfer.
    Comment voulez-vous que j'oublie ces lectures suspendues hors du temps ?
    J'avais donc ce recueil à la maison. le seul livre avec de la poésie dedans. A la maison on était plutôt des pragmatiques : pas de bibliothèque (quelques livres de cuisine), surtout pas de poésie (ça ne sert à rien, la poésie!). Il était donc là, ce recueil, à me regarder et à me promettre des émotions étranges, presque interdites, comme quand le prof se mettait à nous lire ces incantations. J'ai dû l'ouvrir avec prudence d'abord. Il avait tout de même été condamné et jeté dans l'enfer des bibliothèques! Et puis le charme a fait le reste...
    Spleen, « Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle »... J'ai eu longtemps un couvercle sur la tête ( pas la peine de rire, certains ont bien une épée de Damoclès...) et des chauve-souris dans le cerveau. On comprend ça, quand on est adolescent et qu'on se débat dans sa tête et qu'on a que son chat pour ami : « Viens mon beau chat, sur mon coeur amoureux;/ Retiens les griffes de ta patte »...
    Et tous ces visages, tous ces corps qui s'offraient à l'imagination fertile : la mendiante rousse, les petites vieilles et les vieillards, cette passante « fugitive beauté », les pauvres, les artistes, l'assassin, Satan, une charogne même (ah je l'aime cette charogne!)... Ils sont tous là, dans le livre! Et quand tu l'ouvres tu n'es plus seul. Tu es avec eux, tu es... comme eux!
    Voilà que j'ai alors compris quelque chose d'essentiel : Les Fleurs Du Mal, ça nous envoûte parce que ça nous parle de nous, ça nous tend un miroir et ça voit même au fond de l'âme. Quelle obscurité, dites-moi, mais quelle Beauté!
    Voilà... je m'arrête dans ces souvenirs qui sont sans doute un peu les vôtres. Depuis, on n'a pas trouvé d'antidote au virus et c'est tant mieux. Alors j'ai besoin de ma dose de Baudelaire régulièrement. Et puis comme ça me fait du bien, j'en lis un peu en classe de temps en temps, histoire de partager...
    Pour faire plus concis j'aurais pu dire : envoûtant...
    Mais une voix sortie de la mémoire, une voix grave mais toujours susurrée m'a lancé de derrière son bureau : « C'est un peu court jeune fille !... »
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (24 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par 100choses, le 07 janvier 2012

    100choses
    Si j'aime beaucoup la poésie, j'en lis extrêmement peu. Il y a quelques poèmes que j'aime d'amour et que je relis très régulièrement, mais j'ai rarement la curiosité et la patience d'ouvrir un recueil pour le lire de bout en bout. Baudelaire fait justement partie de mes poètes préférés, et quand il y a quelques mois, je suis tombée sur cette édition des Fleurs du mal, j'ai finalement craqué.
    Au final cette expérience de lecture suivie qui s'est étalée sur pas loin d'un mois a été fort plaisante et enrichissante. D'une part parce que j'ai fait de très belles découvertes; si j'ai retrouvé avec plaisir mes poèmes favoris, j'en ai également noté certains qui m'étaient inconnu et m'ont vraiment plu et/ou touchée. Je serais d'ailleurs curieuse de les relire d'ici quelques temps, pour voir ce qu'ils m'inspirent avec le recul… D'autre part parce qu'il est absolument admirable de voir comment les poèmes se répondent au sein du recueil. Il y a une vraie unité, ce que je n'imaginais pas forcément et j'ai aimé les diverses allusions, la façon dont un texte vient en éclairer un autre, les variations autour d'un même thème.
    Je suis admirative de l'élégance avec laquelle Baudelaire nous parle de malaise, d'inadaptation, de mort et de tout un tas d'autres horreurs. C'est à la fois réaliste et onirique, glauque et sublime. J'adhère totalement.
    J'ai également beaucoup aimé découvrir les diverses préfaces que l'auteur avait préparées pour son recueil. J'ai tout particulièrement aimé la préface des Fleurs, que j'ai ici recopié en guise de résumé.
    Enfin, il est intéressant de découvrir quels sont les textes originellement censurés, de voir voir comment les standards moraux d'une société évoluent. C'est assez édifiant…
    Bref, une belle découverte mais sur laquelle je n'ai pas envie de m'étendre d'avantage. J'ai terriblement de mal à parler de poésie. Il faut la lire et la ressentir un point c'est tout.

    Lien : http://leboudoirdemeloe.wordpress.com/2012/01/07/baudelaire-charles-..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par chartel, le 29 septembre 2009

    chartel
    "Les fleurs du mal", le recueil de poésie le plus célèbre de la littérature française ? C'est ce que semble prouver les internautes sur le site "babelio.com". Espérons que cette bonne et juste place ne soit pas uniquement due à l'importance qu'occupe ce recueil dans les programmes concoctés par les professeurs des classes lycéennes. Nous pouvons croire que Baudelaire touche le plus grand nombre, même les lecteurs d'Harry Potter, par la beauté de sa langue, la rigueur de ses compositions et la force de ses propos. Baudelaire est un artiste de l'abîme. Son recueil est l'expression d'un gouffre sans fond, celui du temps que l'on ne peut ni rattraper, ni poursuivre. Il est l'un des rares écrivains à nous donner le vertige, c'est aussi pour cela qu'il provoqua en son temps de vives réactions. Les hommes n'aimant point entendre qu'ils s'épuisent en vain, préférant avancer avec des œillères pour ne pas voir le précipice au bout de leur route.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 27 septembre 2011

    brigittelascombe
    Glanées tour à tour dans sa vie,ses voyages,ses souvenirs,ses amours,l'art,ses lectures,ses méditations et prises de conscience, cueillies dans la boue parisienne,ces Fleurs du mal, par une curieuse alchimie se sont transformées en or.
    "Tu m'as donné ta boue et j'en ai fait de l'or".
    Attiré par la beauté du Mal(son âme est un tombeau dont il est le mauvais moine), le Satan tentateur, et maladif lui même,rejeté de tous(Bénédiction"Soyez béni mon Dieu qui donnez la souffrance), Charles Baudelaire élève son esprit loin de la fadeur de l'existence(Elévation,correspondances),rend hommage à l'insouciance de la jeunesse, puis s'offusque que telle un orage elle ait tout détrempé(L'ennemi) s'éclaire "des longs sanglots" des peintres admirés(Les phares), s'inspire de la beauté car les yeux des poètes embellissent tout(La beauté), pioche au fin fond de sa mémoire toutes les belles choses enfouies(Le guignon:Mainte fleur épanche à regret/son parfum doux comme un secret/Dans les solitudes profondes), se crée un monde imaginaire et merveilleux(La vie antérieure), chante l'amour(Parfum exotique:"guidé par ton odeur vers de charmants climats"),la femme entre mauvaise mère et Madone,ange et démon,mais plus il est repoussé plus il aime, l'amour est cruel et la femme l'attire telle une sorcière ou un serpent qui danse(Le serpent qui danse:"Et ton corps se penche et s'allonge/Comme un fin vaisseau/Qui roule bord sur bord et plonge/Ses vergues dans l'eau°), un vampire(Le vampire) dont le corps un jour se décomposera(Une charogne). Il déprime(De profundis clamavi; Spleen) baigne de splenn ses moindres mots,et recherche sur la couche d'une femme(Le léthé)auprès de prostituées l'amour à jamais perdu.
    Son âme rongée par le mal,Baudelaire attend en vain l'extase(L'irréparable) et pourtant...il est L'albatros boiteux prêt à déployer ses grandes ailes, "Le poète est semblable au prince des nuées/Qui hante la tempête et se rit de l'archer/Exilé sur le sol au milieu,des huées/Ses ailes de géant l'empêchent de marcher."
    Les fleurs du mal, si musicales,entre envolée lyrique et dissonance plus réaliste, révèlent la recherche d'harmonie de l'auteur dans son propre imaginaire.Ecrites entre 1842 et 1846, elles signent chez Baudelaire une période d'intense fécondité poétique et ont signé suite à leur diffusion orale sa réputation sulfureuse qui a contribué à sa célébrité.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Sylphandros, le 09 juillet 2011

    Sylphandros
    Des vers merveilleux, des idées splendides, une construction de génie. Les Fleurs Du Mal est LE recueil poétique à lire de toute urgence. Surtout dans notre époque laide, fade et bête. Baudelaire a écrit ses poèmes sous le Second Empire : essor du capitalisme cohabitant avec la misère, transformations urbaines, ou d'autres choses hideuses comme "Progrès" ou "Utile". Dans son déclin magnifique d'éternel insatisfait, Baudelaire a su révolutionner l'art poétique, très profondément. Espérons que ce recueil extraordinaire reste encore longtemps dans les esprits actuels, car l'Enfer de Baudelaire, c'est aussi le nôtre !
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (11 votes positifs)

> voir toutes (90)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par mandarine43, le 06 février 2012

    XCIX

    Je n’ai pas oublié, voisine de la ville,
    Notre blanche maison, petite mais tranquille ;
    Sa Pomone de plâtre et sa vieille Vénus
    Dans un bosquet chétif cachant leurs membres nus,
    Et le soleil, le soir, ruisselant et superbe,
    Qui, derrière la vitre où se brisait sa gerbe,
    Semblait, grand œil ouvert dans le ciel curieux,
    Contempler nos dîners longs et silencieux,
    Répandant largement ses beaux reflets de cierge
    Sur la nappe frugale et les rideaux de serge.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par mandarine43, le 03 février 2012

    CXXI - La Mort des pauvres

    C'est la Mort qui console, hélas ! et qui fait vivre ;
    C'est le but de la vie, et c'est le seul espoir
    Qui, comme un élixir, nous monte et nous enivre,
    Et nous donne le cœur de marcher jusqu'au soir ;

    A travers la tempête, et la neige, et le givre,
    C'est la clarté vibrante à notre horizon noir ;
    C'est l'auberge fameuse inscrite sur le livre,
    Où l'on pourra manger, et dormir, et s'asseoir ;

    C'est un Ange qui tient dans ses doigts magnétiques
    Le sommeil et le don des rêves extatiques,
    Et qui refait le lit des gens pauvres et nus ;

    C'est la gloire des Dieux, c'est le grenier mystique,
    C'est la bourse du pauvre et sa patrie antique,
    C'est le portique ouvert sur les Cieux inconnus !
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (6 votes positifs)
  • Par Poiesis, le 31 janvier 2012

    La mort des Amants.

    Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères,
    Des divans profonds comme des tombeaux,
    Et d'étranges fleurs sur des étagères,
    Ecloses pour nous sous des cieux plus beaux.

    Usant à l'envi leurs chaleurs dernières,
    Nos deux coeurs seront deux vastes flambeaux,
    Qui réfléchiront leurs doubles lumières
    Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.

    Un soir fait de rose et de bleu mystique,
    Nous échangerons un éclair unique,
    Comme un long sanglot, tout chargé d'adieux;

    Et plus tard un Ange, entr'ouvrant les portes,
    Viendra ranimer, fidèle et joyeux,
    Les miroirs ternis et les flammes mortes.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (6 votes positifs)
  • Par mandarine43, le 29 janvier 2012

    CVII - Le vin du solitaire

    Le regard singulier d'une femme galante
    Qui se glisse vers nous comme le rayon blanc
    Que la lune onduleuse envoie au lac tremblant,
    Quand elle y veut baigner sa beauté nonchalante ;

    Le dernier sac d'écus dans les doigts d'un joueur ;
    Un baiser libertin de la maigre Adeline ;
    Les sons d'une musique énervante et câline,
    Semblable au cri lointain de l'humaine douleur,

    Tout cela ne vaut pas, ô bouteille profonde,
    Les baumes pénétrants que ta panse féconde
    Garde au cœur altéré du poète pieux ;

    Tu lui verses l'espoir, la jeunesse et la vie,
    - Et l'orgueil, ce trésor de toute gueuserie,
    Qui nous rend triomphants et semblables aux Dieux !
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par Orphea, le 15 mai 2009

    Une charogne

    Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
    Ce beau matin d'été si doux :
    Au détour d'un sentier une charogne infâme
    Sur un lit semé de cailloux,

    Le ventre en l'air, comme une femme lubrique,
    Brûlante et suant les poisons,
    Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
    Son ventre plein d'exhalaisons.

    Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
    Comme afin de la cuire à point,
    Et de rendre au centuple à la grande Nature
    Tout ce qu'ensemble elle avait joint ;

    Et le ciel regardait la carcasse superbe
    Comme une fleur s'épanouir.
    La puanteur était si forte, que sur l'herbe
    Vous crûtes vous évanouir.

    Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
    D'où sortaient de noirs bataillons
    De larves, qui coulaient comme un épais liquide
    Le long de ces vivants haillons.

    Tout cela descendait, montait comme une vague
    Ou s'élançait en pétillant ;
    On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
    Vivait en se multipliant.

    Et ce monde rendait une étrange musique,
    Comme l'eau courante et le vent,
    Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
    Agite et tourne dans son van.

    Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
    Une ébauche lente à venir,
    Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
    Seulement par le souvenir.

    Derrière les rochers une chienne inquiète
    Nous regardait d'un œil fâché,
    Épiant le moment de reprendre au squelette
    Le morceau qu'elle avait lâché.

    – Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
    A cette horrible infection,
    Étoile de mes yeux, soleil de ma nature,
    Vous, mon ange et ma passion !

    Oui ! telle vous serez, ô la reine des grâces,
    Après les derniers sacrements,
    Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses,
    Moisir parmi les ossements.

    Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
    Qui vous mangera de baisers,
    Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
    De mes amours décomposés !
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (16 votes positifs)

> voir toutes (32)

Videos de Charles Baudelaire

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Charles Baudelaire

Charles Baudelaire - Les Femmes Damnées (Les Poètes maudits)








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Les Fleurs du Mal par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (1659)

> voir plus

Quiz