Par Charles Baudelaire , Claude Pichois , Jacques Dupont , Henri Matisse

Note moyenne : 4.22/5 (sur 221 notes)
LGF - Livre de Poche 1972
ISBN : 2253007102  
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La seconde édition des Fleurs du mal, privée des six "pièces condamnées" en correctionnelle pour immoralité, paraît en 1861. Romantiques par la mélancolie à l'ombre de laquelle ils s'épanouissent, parnassiens par leur culte du Beau et la rigueur de leur composition (ils sont dédiés à Théophile Gautier), ces poèmes illustrent la théorie des correspondances horizontales entre les éléments visibles et invisibles, qui sont comme de "longs échos qui de loin en loin se confondent" pour s'élever en correspondances verticales "ayant l'expansion des choses infinies". Exploration du matériau grouillant qu'est la vie, cette quête spirituelle conduit le poète, tiraillé entre Spleen et Idéal, à travers diverses expériences pour échapper à la dualité déchirante. L'amour, un temps envisagé, est bien vite écarté au profit de l'activité qui caractérise les Tableaux parisiens. Mais la contemplation urbaine s'achève sur la vision presque hallucinatoire des brouillards matinaux. Viennent alors Le Vin et autres plaisirs artificiels, puis le vice, fleurs du mal qui n'offrent que mirage et dégoût. Dans une ultime tentative pour échapper au spleen, le poète pousse un cri de Révolte blasphématoire dont les répétitions ne sont plus des échos incantatoires, mais des piétinements stériles. Reste La Mort. --Sana Tang-Léopold Wauters

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Critiques et avis sur Les Fleurs du Mal


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    • Livres 5.00/5
    Par chartel, 2009-09-29 15:23:36

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    "Les Fleurs du Mal", le recueil de poésie le plus célèbre de la littérature française ? C’est ce que semble prouver les internautes sur le site "babelio.com". Espérons que cette bonne et juste place ne soit pas uniquement due à l’importance qu’occupe ce recueil dans les programmes concoctés par les professeurs des classes lycéennes. Nous pouvons croire que Baudelaire touche le plus grand nombre, même les lecteurs d’Harry Potter, par la beauté de sa langue, la rigueur de ses compositions et la force de ses propos. Baudelaire est un artiste de l’abîme. Son recueil est l’expression d’un gouffre sans fond, celui du temps que l’on ne peut ni rattraper, ni poursuivre. Il est l’un des rares écrivains à nous donner le vertige, c’est aussi pour cela qu’il provoqua en son temps de vives réactions. Les hommes n’aimant point entendre qu’ils s’épuisent en vain, préférant avancer avec des œillères pour ne pas voir le précipice au bout de leur route.
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    • Livres 5.00/5
    Par melusine1701, 2009-09-22 17:35:48

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    Trop vu, trop lu,… oui, je sais, mais quand même… Tout le monde connaît Charles Baudelaire, le torturé accro à l’opium qui racontait en vers ses expériences des «Paradis Artificiels». Réducteur ! Le recueil au titre usé et abusé est pourtant un chef-d’œuvre d’organisation et de travail. Du tiraillement entre spleen et idéal à l’ailleurs, en passant par l’ivresse, la débauche et les débris humains, le trajet en est très net.

    La suite sur le blog!

    Lien : http://mabouquinerie.canalblog.com/archives/2007/04/26/4750281.html
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    • Livres 5.00/5
    Par Lunoelle, 2009-09-13 18:26:09

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    Magnifique!
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Citations et extraits de Les Fleurs du Mal


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  • Par Orphea, 2009-05-15 11:50:28

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    L'Albatros

    Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
    Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
    Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
    Le navire glissant sur les gouffres amers.

    A peine les ont-ils déposés sur les planches,
    Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
    Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
    Comme des avirons traîner à côté d'eux.

    Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
    Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
    L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
    L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!

    Le Poète est semblable au prince des nuées
    Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
    Exilé sur le sol au milieu des huées,
    Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
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  • Par Orphea, 2009-05-15 11:49:51

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    Parfum exotique

    Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d'automne,
    Je respire l'odeur de ton sein chaleureux,
    Je vois se dérouler des rivages heureux
    Qu'éblouissent les feux d'un soleil monotone ;

    Une île paresseuse où la nature donne
    Des arbres singuliers et des fruits savoureux ;
    Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
    Et des femmes dont l'œil par sa franchise étonne.

    Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
    Je vois un port rempli de voiles et de mâts
    Encor tout fatigués par la vague marine,

    Pendant que le parfum des verts tamariniers,
    Qui circule dans l'air et m'enfle la narine,
    Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.
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  • Par Orphea, 2009-05-15 11:41:22

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    Une gravure fantastique

    Ce spectre singulier n'a pour toute toilette,
    Grotesquement campé sur son front de squelette,
    Qu'un diadème affreux sentant le carnaval.
    Sans éperons, sans fouet, il essouffle un cheval,
    Fantôme comme lui, rosse apocalyptique,
    Qui bave des naseaux comme un épileptique.
    Au travers de l'espace ils s'enfoncent tous deux,
    Et foulent l'infini d'un sabot hasardeux.
    Le cavalier promène un sabre qui flamboie
    Sur les foules sans nom que sa monture broie,
    Et parcourt, comme un prince inspectant sa maison,
    Le cimetière immense et froid, sans horizon,
    Où gisent, aux lueurs d'un soleil blanc et terne,
    Les peuples de l'histoire ancienne et moderne.

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  • Par bibliofille, 2007-12-01 12:22:42

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    A une passante

    La rue assourdissante autour de moi hurlait.

    Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,

    Une femme passa, d'une main fastueuse

    Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;



    Agile et noble, avec sa jambe de statue.

    Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,

    Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,

    La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.



    Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté

    Dont le regard m'a fait soudainement renaître,

    Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?



    Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !

    Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,

    Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !

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  • Par Orphea, 2009-05-15 11:45:19

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    L'Amour du Mensonge

    Quand je te vois passer, ô ma chère indolente,
    Au chant des instruments qui se brise au plafond
    Suspendant ton allure harmonieuse et lente,
    Et promenant l'ennui de ton regard profond;

    Quand je contemple, aux feux du gaz qui le colore,
    Ton front pâle, embelli par un morbide attrait,
    Où les torches du soir allument une aurore,
    Et tes yeux attirants comme ceux d'un portrait,

    Je me dis: Qu'elle est belle! et bizarrement fraîche!
    Le souvenir massif, royale et lourde tour,
    La couronne, et son cœur, meurtri comme une pêche,
    Est mûr, comme son corps, pour le savant amour.

    Es-tu le fruit d'automne aux saveurs souveraines?
    Es-tu vase funèbre attendant quelques pleurs,
    Parfum qui fait rêver aux oasis lointaines,
    Oreiller caressant, ou corbeille de fleurs?

    Je sais qu'il est des yeux, des plus mélancoliques,
    Qui ne recèlent point de secrets précieux;
    Beaux écrins sans joyaux, médaillons sans reliques,
    Plus vides, plus profonds que vous-mêmes, ô Cieux!

    Mais ne suffit-il pas que tu sois l'apparence,
    Pour réjouir un cœur qui fuit la vérité?
    Qu'importe ta bêtise ou ton indifférence?
    Masque ou décor. salut! T'adore ta beauté.
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