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Claude Pichois (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070108295
Éditeur : Gallimard (1975)

Note moyenne : 4.71/5 (sur 151 notes)
Résumé :
Baudelaire : Œuvres complètes

Précédées :
- notamment de considérations sur l'auteur par ses amis Théophile Gauthier, Charles Asselineau et par les académiciens Thierry Maulnier, René Huyghe

accompagnées :
- de notices présentant les diverses parties de l'ouvrage de nombreuses illustrations dues au poètes et aux meilleurs artistes parmi lesquels Rodin, Félicien Rops, Rassenfosse et Bracquemond

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Critiques, Analyses & Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
zenzibar
19 février 2013
  • 3/ 5
Baudelaire, le poète maudit devenu le poète de référence de l'enseignement secondaire...
Il existe un paradoxe étonnant entre la vie de ce poète et son oeuvre. Une vie de précarité, d'instabilité,qui contraste avec son style qui vise à la perfection,
Personnellement je trouve que cette perfection formelle, une sorte de jardin à la française, est parfois franchement agaçante et l'envie de jeter les mots comme dans un chamboule tout est forte.
Il n'en demeure pas moins que l'oeuvre de Baudelaire, avec son joyau les Fleurs du Mal mais aussi d'autres ensembles comme ces poèmes en prose, flirte en permanence avec la beauté et demeure une source de plaisir pour le lecteur
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raydel
23 juillet 2016
  • 4/ 5
Dans sa poésie, Baudelaire se montre très amoureux d'une forme parfaite, d'une versification impeccable. Il s'éloigne par là du romantisme plutôt laxiste dans ce domaine. Il se rapproche ainsi du "Parnasse", fort esthète. Mais si le contenu est à la hauteur de la forme chez Baudelaire (ce qui est fort classique), il est plutôt proche du romantisme : intérêt marqué pour les problèmes ou les plaisirs individuels ainsi que pour la révolte sociale (ce dont le Parnasse est fort éloigné). Baudelaire est donc un peu romantique et un peu parnassien mais n'adhère vraiment ni au romantisme ni au mouvement parnassien. Il se retrouve ainsi isolé, ce qui n'enlève rien à sa poésie car elle ne présente ni les faiblesses du romantisme ni les travers des oeuvres "parnassiennes".
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Anassete
26 octobre 2011
  • 5/ 5
Le choix éditorial de Points 2 est bon : commencer par Les Fleurs Mal permet des retrouvailles avec l'auteur ou une découverte en douceur. Les Épaves suivent très bien le fil conducteur et on s'enfonce de plus en plus dans la noirceur et le vice. On comprend vite pourquoi ces poèmes ont été écartés des Fleurs du Mal. Enfin, le Spleen de Paris est plus difficile à décortiquer avec ses poèmes en prose.
Pour avoir une critique des Fleurs du Mal ou du Spleen de Paris, il existe déjà d'autres fiches. Il vaut mieux s'intéresser au format du livre. Il est très bien adapté à la poésie et au but premier de ces types de livres : pouvoir lire dans les transports, en marchant ou en voyage. On peut facilement stopper la lecture et la reprendre après.
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Kanamaelle
23 décembre 2012
  • 4/ 5
Format très pratique en papier "Bible" permettant à ce petit livre à la lecture en paysage de nous livrer l'ensemble de l'oeuvre de ce cher poète qu'on ne présente plus. Un régal, je l'ai souvent dans mon sac ou sur ma table de chevet et j'y puise de temps en temps quelques bribes, quelques parfums et frissons au hasard des pages. Car oui, c'est ainsi que j'aime lire la poésie...
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jessonia
05 novembre 2012
  • 5/ 5
Baudelaire était au départ une lecture imposée. Mais, au final, il m'a fait rentrer dans l'univers de la poésie. A travers lui, j'ai découvert un monde inconnu, fait de silences, de douleurs, de couleurs, de cynisme parfois mais aussi de sentiments ... je le découvre et le redécouvre à chaque fois. Beaucoup connaissent Les Fleurs du Mal mais il faut aller plus loin...
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Citations & extraits (63) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco464928 novembre 2016
LES FLEURS DU MAL
ADDITIONS DE LA TROISIÈME ÉDITION

XII/LES PLAINTES D'UN ICARE


LES amants des prostituées
Sont heureux, dispos et repus ;
Quant à moi, mes bras sont rompus
Pour avoir étreint des nuées.

C'est grâce aux astres nonpareils,
Qui tout au fond du ciel flamboient,
Que mes yeux consumés ne voient
Que des souvenirs de soleils.

En vain j'ai voulu de l'espace
Trouver la fin et le milieu ;
Sous je ne sais quel œil de feu
Je sens mon aile qui se casse ;

Et brûlé par l'amour du beau,
Je n'aurai pas l'honneur sublime
De donner mon nom à l'abîme
Qui me servira de tombeau.

p.173
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coco4649coco464902 octobre 2016
RELIQUAT ET DOSSIER DES FLEURS DU MAL/ I - BRIBES

LE GOINFRE


En ruminant, je ris des passants faméliques.

           Je crèverais comme un obus,
           Si je n'absorbais comme un chancre.

Son regard n'était pas nonchalant, ni timide,
Mais exhalait plutôt quelque chose d'avide,
Et, comme sa narine, exprimait les émois
Des artistes devant les œuvres de leurs doigts.

Ta jeunesse sera plus féconde en orages
Que cette canicule aux yeux pleins de lueurs
Qui sur nos fronts pâlis tord ses bras en sueurs,
Et soufflant dans la nuit ses haleines fiévreuses,
Rend de leurs frêles corps les filles amoureuses,
        Et les fait au miroir, stérile volupté,
        Contempler les fruits mûrs de leur virginité.

Mais je vois à cet œil tout chargé de tempêtes
Que ton cœur n'est pas fait pour les paisibles fêtes,
Et que cette beauté, sombre comme le fer,
Est de celles que forge et que polit l'Enfer
Pour accomplir un jour d'effroyables luxures
Et contrister le cœur des humbles créatures.

Affaissant sous son poids un énorme oreiller,
Un beau corps était là, doux à voir sommeiller,
Et son sommeil orné d'un sourire superbe
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
L'ornière de son dos par le désir hanté.

L'air était imprégné d'une amoureuse rage ;
Les insectes volaient à la lampe et nul vent
Ne faisait tressaillir le rideau ni l'auvent.
C'était une nuit chaude, un vrai bain de jouvence.
                  ____

p177-178
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nadejdanadejda11 novembre 2013
Ô toison, moutonnant jusque sur l'encolure !

Ô boucles! Ô parfum chargé de nonchaloir !

Extase ! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure

Des souvenirs dormant dans cette chevelure,

Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir!
(...)
Je plongerai ma tête amoureuse d'ivresse

Dans ce noir océan où l'autre est enfermé ;

Et mon esprit subtil que le roulis caresse

Saura vous retrouver, ô féconde paresse,

Infinis bercements du loisir embaumé !

Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues

Vous me rendez l'azur du ciel immense et rond ;

Sur les bords duvetés de vos mèches tordues

Je m'enivre ardemment des senteurs confondues

De l'huile de coco, du musc et du goudron.

Longtemps ! toujours ! ma main dans ta crinière lourde

Sèmera le rubis, la perle et le saphir,

Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde !

N'es-tu pas l'oasis où je rêve, et la gourde

Où je hume à longs traits le vin du souvenir ?

La Chevelure Charles Baudelaire
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coco4649coco464925 juillet 2016
SPLEEN ET IDÉAL

I
BÉNÉDICTION


LORSQUE, par un décret des puissances suprêmes,
Le Poëte apparaît en ce monde ennuyé,
Sa mère épouvantée et pleine de blasphèmes
Crispe ses poings vers Dieu, qui la prend en pitié :

— « Ah ! Que n’ai-je mis bas tout un nœud de vipères,…

Puisque tu m’as choisie entre toutes les femmes…

Je ferai rejaillir ta haine qui m’accable…

Elle ravale ainsi l’écume de sa haine,…

Pourtant, sous la tutelle invisible d’un Ange,
L’Enfant déshérité s’enivre de soleil,
Et dans tout ce qu’il boit et dans tout ce qu’il mange
Retrouve l’ambroisie et le nectar vermeil.

Il joue avec le vent, cause avec le nuage,
Et s’enivre en chantant du chemin de la croix ;
Et l’esprit qui le suit dans son pèlerinage
Pleure de le voir gai comme un oiseau des bois.

Tous ceux qu’il veut aimer l’observent avec crainte,
Ou bien, s’enhardissant de sa tranquillité,
Cherchent à qui saura lui tirer une plainte,
Et font sur lui l’essai de leur férocité.

Dans le pain et le vin destinés à sa bouche
Ils mêlent de la cendre avec d’impurs crachats ;
Avec hypocrisie ils jettent ce qu’il touche,
Et s’accusent d’avoir mis leurs pieds dans ses pas.

Sa femme va criant sur les places publiques :
« Puisqu’il me trouve assez belle pour m’adorer,
Je ferai le métier des idoles antiques,
Et comme elles je veux me faire redorer ;

Et je me soûlerai de nard, d’encens, de myrrhe,
De génuflexions, de viandes et de vins,
Pour savoir si je puis dans un cœur qui m’admire
Usurper en riant les hommages divins !

Et, quand je m’ennuierai de ces farces impies,
Je poserai sur lui ma frêle et forte main ;
Et mes ongles, pareils aux ongles des harpies,
Sauront jusqu’à son cœur se frayer un chemin.

Comme un tout jeune oiseau qui tremble et qui palpite,
J’arracherai ce cœur tout rouge de son sein,
Et, pour rassasier ma bête favorite,
Je le lui jetterai par terre avec dédain ! »

Vers le Ciel, où son œil voit un trône splendide,
Le Poëte serein lève ses bras pieux,
Et les vastes éclairs de son esprit lucide
Lui dérobent l’aspect des peuples furieux :

— « Soyez béni, mon Dieu, qui donnez la souffrance
Comme un divin remède à nos impuretés
Et comme la meilleure et la plus pure essence
Qui prépare les forts aux saintes voluptés !

Je sais que vous gardez une place au Poëte
Dans les rangs bienheureux des saintes Légions,
Et que vous l’invitez à l’éternelle fête
Des Trônes, des Vertus, des Dominations.

Je sais que la douleur est la noblesse unique
Où ne mordront jamais la terre et les enfers,
Et qu’il faut pour tresser ma couronne mystique
Imposer tous les temps et tous les univers.

Mais les bijoux perdus de l’antique Palmyre,
Les métaux inconnus, les perles de la mer,
Par votre main montés, ne pourraient pas suffire
À ce beau diadème éblouissant et clair ;

Car il ne sera fait que de pure lumière,
Puisée au foyer saint des rayons primitifs,
Et dont les yeux mortels, dans leur splendeur entière,
ne sont que des miroirs obscurcis et plaintifs ! »

p.7-8-9
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coco4649coco464920 juin 2016
LES FLEURS DU MAL
ADDITIONS DE LA TROISIÈME ÉDITION

XIV
LA LUNE OFFENSÉE


O LUNE qu'adoraient discrètement nos pères,
Du haut des pays bleus où, radieux sérail,
Les astres vont se suivre en pimpant attirail,
Ma vieille Cynthia, lampe de nos repaires,

Vois-tu les amoureux, sur leurs grabats prospères,
De leur bouche en dormant montrer le frais émail ?
Le poëte buter du front sur son travail ?
Ou sous les gazons secs s'accoupler les vipères ?

Sous ton domino jaune, et d'un pied clandestin,
Vas-tu, comme jadis, du soir jusqu'au matin,
Baiser d'Endymion les grâces surannées ?

« — Je vois ta mère, enfant de ce siècle appauvri,
Qui vers son miroir penche un lourd amas d'années,
Et plâtre artistement le sein qui t'a nourri ! »

p.174

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Videos de Charles Baudelaire (54) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Charles Baudelaire
Exposition L'oeil de Baudelaire | Musée de la Vie romantique .Exposition "L'oeil de Baudelaire" au musée de la Vie romantique 20 septembre 2016 - 29 janvier 2017 En présence d?une centaine de peintures, sculptures et estampes évoquées par Baudelaire, le spectateur confronte son propre regard à la sensibilité artistique de l?auteur des Fleurs du mal et comprend comment s?est forgée la définition de la beauté moderne, qu?il n?a jamais reniée. Comment se laisser séduire par le « mérite de l?inattendu », préférer toujours un tableau « fait » à un tableau « fini », reconnaître le caractère essentiellement romantique de la couleur, sans désavouer la nature « idéale » de la ligne, réclamer chez les artistes cette part de « naïveté » qui mène à l?audace et à la crudité des tons, attendre d?une oeuvre, fût-ce un portrait ou une page de religion, qu?elle « respire l?amour », reconnaître enfin « l?héroïsme de la vie moderne » et « la beauté de l?habit noir » ? L?exposition explorera le paysage artistique des années 1840 en présentant, autour des artistes phares de l?époque ? Delacroix, Ingres, Corot, Rousseau ou Chassériau ? les peintres qui ont su lui plaire ou l?irriter. Elle permettra de découvrir la modernité que forge le poète face au nouveau Paris et aux langages artistiques en formation, incarnée par la génération montante et la figure de Manet. Plus d'informations : http://www.vie-romantique.paris.fr/fr/les-expositions/loeil-de-baudelaire-20-sept-2016-29-janv-2017 #oeilBaudelaire
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