Dominique Baudis évoque une grande figure du Moyen Age occitan : celle de Raimond de Saint-Gilles. A la fin du XIe siècle, il règne entre Rhône et Garonne sur un vaste et riche territoire. Devenu croisé pour répondre à l'app... > voir plus
Dans ce beau roman historique , Dominique Baudis , président du CSA et ancien journaliste télé nous raconte la vie mouvementée de Raymond de Toulouse , surnommé Raimond d'Orient . Cette figure moins connue que Godefroy de Bouillon eut pourtant une importance capitale lors de la première croisade puisqu'il en fut le principal financier . Il faut dire qu'à l'époque le comte de Toulouse était un personnage aussi important sinon plus que le roi de France lui-même . Et quand il part en croisade c'est avec sa femme , une immense armée et toute une population de sujets qui le suite dans une sorte de long et immense calvaire pour libérer le tombeau du Christ . Baudis lui rend une sorte de vibrant hommage . Ce comte était un chevalier une grande âme , il a , vers la fin de sa vie , une dimension christique . On est très loin des "Croisades vue par les arabes" de Maalouf , ici c'est l'épopée , les grands sentiments , mais aussi la souffrance et la mort .
Le livre est très bien écrit , on sent que Baudis domine bien le sujet . Il sait nous intéresser à ce grand personage un peu méconnu . C'est un véritable travail d'historien , bien documenté où je n'ai pas relevé d'erreurs historiques . Bravo !
J'ai déjà donné un œil à Dieu. Aujourd'hui j'offre au Seigneur tout ce qui me reste à vivre. Je vais me consacrer à Lui jusqu'à mon dernier souffle en combattant les Sarrasins en Terre sainte. J'accomplirai l'ordre de notre Saint-Père le pape Urbain : je libérerai le Saint-Sépulcre. Ensuite, je finirai mes jours en montant la garde aux portes de Jérusalem.
Ainsi, je sauverai mon âme et je gagnerai la vie éternelle.
Demain, lorsque tu liras ce parchemin, je serai en selle à la tête de mon armée avec la Ville Sainte au bout de notre route.
A mon âge, c'est une entreprise déraisonnable. Autour de moi, ceux de ma génération sont presque tous morts. Je ne connais pas d'homme de cinquante-cinq ans capable de commander une telle expédition. Je dois me préparer à comparaître pour le jugement dernier. Pour expier mes péchés et m'ouvrir les portes du paradis, j'offre à Dieu le sursis qu'il m'accorde.
Ce soir, je suis triste. C'est le deuil de ma première existence. Cette renaissance commence fatalement par la douleur d'une rupture.