> Fred Vargas (Antécédent bibliographique)

ISBN : 2290027189
Éditeur : J'ai Lu (2010)


Note moyenne : 3.9/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres
Un meurtre vient troubler le quotidien de Pi, clochard et vendeur d'éponges à ses heures.
Interrogé comme témoin, il fait la connaissance d'Adamsberg, un commissaire aux méthodes déroutantes.
La vérité sur l'affaire se dévoile peu à peu, en même temps que ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 29 décembre 2011

    Malaura
    Voici un très joli roman graphique naît de la collaboration entre la célèbre auteure de littérature policière Fred Vargas et l'un des pionniers de la bande dessinée alternative, le dessinateur Edmond Baudoin.
    Tous deux avaient déjà brillamment travaillé ensemble une première fois sur l'album « Les Quatre Fleuves ». Ils réitèrent de nouveau l'expérience avec « Le marchand d'éponges », une adaptation de la nouvelle « Cinq francs pièce » tirée du recueil « Coule la Seine » de Fred Vargas.
    Couché sur une bouche de métro, bien enroulé dans son duvet, Pi, un SDF, s'apprête à passer la nuit dehors auprès de son unique compagnon de route, un caddie rempli d'éponges trouvées dans un hangar désaffecté, que le vieux clochard tente tant bien que mal de vendre pour subsister.
    Mais voilà qu'il assiste au meurtre d'une femme en manteau de fourrure blanc, croisée quelques instants plus tôt sur le trottoir ! L'assassin n'a pas soupçonné sa présence, « pour une fois, cette atroce transparence qui échoit aux sans-grades lui avait sauvé la peau ». Il n'empêche que Pi devient le seul témoin d'un crime « important » intéressant grandement les hautes sphères.
    « Il y a un homme dans la merde qui sait des tas de choses et une femme dans le brouillard avec trois balles dans le corps. »…
    Lorsqu'il interroge le vieux clochard, le commissaire Adamsberg, chargé de l'enquête, se rend vite compte que derrière le bonhomme difficile à faire collaborer, buté et renfrogné, se cache un type seul que la vie n'a pas épargné, un homme en mal d'écoute qui survit dans la rue depuis dix ans déjà.
    « Il ne s'occupera de nous que lorsqu'on s'occupera de lui »… Parce qu'il croit sincèrement que « toute vie vaut toute vie », le flic aux méthodes originales noue alors avec le vieil SDF une relation de confiance, d'échange et d'écoute, qui l'amènera à résoudre l'affaire mais surtout à faire naître un peu d'espoir au fond du cœur de Pi.
    Contrairement aux autres œuvres de Fred Vargas pars vite et reviens tard », « L'armée furieuse »…) mettant en scène le commissaire Adamsberg, l'intrigue policière n'est ici pas des plus importantes. Elle sert uniquement de support à la rencontre entre le vieux sans-abri taciturne et le héros récurrent de l'auteur, Adamsberg le flic désinvolte, sympathique et compréhensif.
    Dans ce vaste paysage de solitude urbaine qu'est la ville de Paris, le face-à-face entre les deux hommes devient une parenthèse atemporelle et réconfortante qui se façonne sous le trait épais et charbonneux du dessinateur Edmond Baudouin.
    Si au départ l'on a une impression d'un crayonné compact, dru et touffu devant les dessins tout en noir et blanc de Baudoin, très vite cette impression cède la place au sentiment que l'on a affaire à un artiste d'exception, capable en quelques traits de faire vivre, respirer, vrombir la capitale en en restituant admirablement bien l'ambiance belle et sombre. A ce sujet, la suite d'interrogations de l'artiste qui compose la deuxième partie de l'ouvrage, offre un éclairage très intéressant sur le regard du dessinateur, son questionnement personnel, son cheminement pour faire naître les émotions.
    Les personnages, quant à eux, interpellent par le réalisme de leur expression ; le faciès largement marqué de Pi le clochard et la bienveillance du regard d'Adamsberg sont saisissants de réalité et d'une présence physique qui captive aisément le lecteur.
    Référence en matière de bandes dessinées alternatives, Baudoin a fait du travail en noir et blanc son credo artistique, une magie sans cesse renouvelée. « le blanc renvoie toutes les couleurs. le pinceau fait une tâche, c'est le début du trait. le noir aspire toutes les couleurs, c'est un trou noir. Mais ce qui est magique, c'est le trait blanc qui apparaît entre les deux traits noirs. Je n'ai pas de maîtrise du trait blanc. C'est l'espèce de bonheur que donne le dessin. A chaque fois, c'est comme une promenade dont je ne connais pas la suite."
    L'émotion et la poésie émanent de chaque planche regardée et particulièrement des paysages urbains qui, parmi tout ce blanc et ce noir, sont de façon étonnante empreints de lumière. Une luminosité douce qui se diffuse au cœur de notre œil pour mieux nous capturer.
    Car Baudoin ne se contente pas de dessiner. Avec son pinceau, il essaye avant tout « de dire »….dire la ville, les toits, les banlieues, les rues…dire l'ennui, la solitude, les gens…
    Délié, dépouillé, japonisant, ou à l'inverse, frénétique, hachuré, vibratoire, le trait du dessinateur Edmond Baudoin sert remarquablement cette histoire de solitude urbaine de la romancière Fred Vargas.
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  • Par alouett, le 18 janvier 2012

    alouett
    « Un meurtre vient troubler le quotidien de Pi, clochard et vendeur d'épongés à ses heures. Interrogé comme témoin, il fait la connaissance d'Adamsberg, un commissaire aux méthodes déroutantes. La vérité sur l'affaire se dévoile peu à peu, en même temps que se dessine Le Portrait d'un homme brisé par la vie » (quatrième de couverture).
    Pi partage son quotidien avec Martin, son compagnon de solitude et d'errance… son caddie…
    « Il fallait toute la force des poignets pour le maintenir dans le droit chemin. C'était buté comme un âne, ça roulait de travers, ça résistait. Il fallait lui parler, l'engeuler, le bousculer, mais comme l'âne, ça permettait de trimbaler une bonne quantité de marchandises. Buté mais loyal ».
    -
    Il m'est difficile de vous présenter cet album. Comment rédiger le synopsis et présenter un personnage sans vous dire tout ce que cette rencontre a suscité chez moi ? D'autant que je ne suis pas sure qu'il éveillera les mêmes choses en vous mais c'est certain, Toussaint Pi ne pourra que vous émouvoir. Pourtant, je suis bien consciente que vous avez besoin de situer cette intrigue pour pouvoir envisager de la découvrir à votre tour. Mais le problème, c'est que cette lecture chamboule, à tel point que je ne parviens pas à prendre du recul sur mon ressenti. Je voudrais le laisser tel quel et le gérer à ma guise mais… mais… j'ai bien envie que vous rencontriez Pi à votre tour !!
    Petit format à la couverture souple, Le marchand d'éponges est une adaptation du roman de Fred Vargas Cinq francs pièce. Dès la première page, on plonge dans un univers réaliste : celui de la rue. On y rencontre Pi qui vient de terminer sa journée, il est 23 heures, il sait qu'il ne vendra plus une seule éponge aujourd'hui. Une de ces 9732 éponges qu'il a découvertes dans un hangar abandonné. A raison d'un euros par éponges, ça fait 9732 euros…
    Le ton n'est pas au misérabilisme. Au contraire. On est face à un homme brisé mais qui, grâce à son stock de chimères, est parvenu à se donner un but dans la but. Pas un but mirobolant mais suffisant pour l'aider à tenir. Une quête difficile destinée à faire un pied de nez à l'indifférence des autres à son égard. L'équation est simple pour cet homme : une éponge = une rencontre = un moment volé pendant lequel il “a existé” aux yeux de quelqu'un. Les mots de Fred Vargas sont tout en retenue et pourtant si marquants. La preuve en est, à trois pages du début, le tour de passe-passe est déjà réussi et le lecteur est d'ores et déjà le confident de Pi. Puis, le rythme s'accélère, un meurtre précède l'arrivée d'Adamsberg, policier humaniste qui va parvenir à percer l'épaisse carapace de Pi. Et nos soupçons se confirment quant à la personnalité attachante de cet homme et sa destinée douloureuse. de l'enquête, au final, nous saurons peu de choses. Elle est instrumentalisée par ces deux hommes qui, fascinés par leur rencontre, ont besoin d'un prétexte pour pouvoir justifier le temps qu'ils passent ensemble.
    (...)

    Lien : http://chezmo.wordpress.com/2012/01/18/le-marchand-deponges-vargas-b..
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    • Livres 4.00/5
    Par gridou, le 23 février 2011

    gridou
    Ce mini roman graphique est tiré d'une nouvelle de Fred Vargas : cinq francs pièce.
    C'est donc très court, une petite anecdote dans la vie de flic d'Adamsberg, prétexte à dessiner Paris (beau boulot M. Baudoin qui déclare rarement dessiner des paysages urbains et Paris !!!) et prétexte à savoureux dialogues aussi. Par moment, on dirait du Audiart. Un peu sombre, un peu rugueux, mais drôle aussi. Un savant mélange, très bien dosé, de narration, de dialogues ET d'images seules.
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    • Livres 5.00/5
    Par mangeclous, le 26 août 2010

    mangeclous
    Baudoin, dans son style si poétique, donne vie à une nouvelle de Fred Vargas. Histoire simple : un SDF a assisté à une tentative d'assassinat mais ne veut pas dire aux policiers ce qu'il a vu... Adamsberg, le policier emblématique de Fred Vargas rencontre ce clochard pour une belle réflexion sur la place de l'individu... en dehors des poncifs traditionnels...
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    • Livres 3.00/5
    Par canel, le 20 juin 2011

    canel
    Une femme agressée, un témoin insolite peu enclin à coopérer avec la police. Heureusement, Adamsberg est là ! Sa douceur et son flegme viennent toujours à bout des plus récalcitrants...
    Un graphisme sombre, chargé, épais. Ca ressemble à du Vargas, les dialogues savoureux qui font une partie de son charme sont là, l'originalité du témoin et le don d'Adamsberg pour faire parler les hurluberlus aussi, mais... c'est un peu maigrichon. le récit manque de substance, le "hors dialogues" (je ne connais pas le langage technique BD) apparaît incongru, artificiel, comme si on sautait des étapes. Bref le charme n'opère pas, il manque un "enrobage" pour retrouver l'atmosphère habituelle ou tout au moins une BD consistante.
    Je n'ai plus qu'à lire le texte original de la nouvelle en question et les deux autres du recueil (Coule la Seine, je crois) pour déterminer si c'est la brièveté de l'histoire ou l'adaptation BD qui me laisse sur ma faim...
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Citations et extraits

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  • Par alouett, le 18 janvier 2012

    A la Toussaint, ma mère m’a porté à l’Assistance Publique. Elle a mis mon nom sur le grand registre. Quelqu’un m’a pris dans ses bras. Quelqu’un d’autre a posé sa tasse sur le grand registre. Le prénom s’est effacé, dans le café, il n’en est resté que deux lettres. Mais Sexe masculin, ça ne s’était pas dissous. C’était une veine
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  • Par alouett, le 18 janvier 2012

    Mais depuis des mois qu’il transvasait ses éponges depuis le hangar de Charenton jusqu’à Paris et qu’il poussait Martin dans toutes les rues de la Capitale, il en avait vendu exactement 512. A ce rythme, il lui faudrait 2150.3 jours pour écluser le hangar, soit six années virgule dix-sept à traîner son âne et sa carcasse (…).

    Mais ses éponges, tout le monde s’en foutait.
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  • Par gridou, le 23 février 2011

    car ce flic, quoique flic, était tout de même de bonne compagnie.
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Vidéo de Edmond Baudoin

Vidéo prise par Nylso lors de la résidence Histoires Croquées du 5 au 30 avril 2010 à Novella avec Vincent Vanoli, Edmond Baudoin et Nylso.








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