ISBN : 2718601523
Éditeur : Galilée (1980)


Note moyenne : 4.2/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres

- Toujours la séduction veille à détruire l'ordre de Dieu, fût-il devenu celui de la production ou du désir. Pour toutes les orthodoxies elle continue d'être le maléfice et l'artifice, une magie noire de détournement de... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 5.00/5
    Par vincentf, le 04 juillet 2010

    vincentf
    Peu d'enseignements pratiques, bien entendu. Qu'est-ce donc que la séduction ? D'abord, Baudrillard le répète mille fois, la séduction, c'est, dit-il dans un discours délicieusement aféministe commenté au crayon papier par une étudiante idiote, féminin, parce réversible, sans profondeur, sans sens. Séduire n'a pas de loi mais a des règles, arbitraires, mais qu'il est nécessaire de respecter.
    Séduire n'est ni divin ni hasardeux. C'est diabolique (donc féminin, s'empresse d'ajouter l'auteur). Séduire, c'est toujours être séduit (d'où la réversibilité). C'est de l'ordre du mystère et du rite. La séduction, une religion ? Sauf qu'il n'y a pas de système de sens caché derrière. Derrière ? Rien. le vide. La mort. Ce qui charme est artificiel mais secret. Deux dimensions De la séduction sans lesquelles on reste dans le domaine de la production, du réel, du pornographique : le secret et le défi. La relation duelle de séduction (que Baudrillard oppose à la relation sociale de production et de reproduction) n'est jamais dite même si elle est connue et comme elle est réversible, mouvante, jamais stable, elle constitue pour ceux qui la vivent un défi permanent, une relation dont les codes sont insensés parce que secrets et dont la règle du jeu, non-dite, doit toujours être respectée, sous peine de mort. On ne peut séduire qu'en perdant pied, qu'en acceptant de se conformer à une règle arbitraire qui est le contraire de la loi, parce que ne relevant pas de la vérité mais de l'artifice. Je ne sais pas pourquoi je suis séduit et dans quel but je séduis mais je me laisse prendre par la joie mystérieuse du jeu.
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Citations et extraits

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  • Par vincentf, le 04 juillet 2010

    La séduction des yeux. La plus immédiate, la plus pure. Celle qui se passe de mots, seuls les regards s'enchevêtrent dans une sorte de duel, d'enlacement immédiat, à l'insu des autres, et de leur discours : charme discret d'un orgasme immobile, et silencieux. Chute d'intensité lorsque la tension délicieuse des regards se dénoue en mots par la suite, ou en gestes amoureux. Tactilité des regards où se résume toute la substance virtuelle des corps (de leurs désirs ?) en un instant subtil, comme en un trait d'esprit - duel voluptueux et sensuel, et désincarné à la fois - épure parfaite du vertige de la séduction, et qu'aucune volupté plus charnelle n'égalera par la suite. Ces yeux-là sont accidentels, mais c'est comme s'ils s'étaient depuis toujours posés sur vous. Dénués de sens, ce ne sont pas des regards qui s'échangent. Nul désir ici. Car le désir est sans charme, mais les yeux, eux, comme les apparences fortuites, ont du charme, et ce charme est fait de signes purs, intemporels, duels et sans profondeur.
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