ISBN : 2848761881
Éditeur : Philippe Rey (2011)


Note moyenne : 3.44/5 (sur 9 notes) Ajouter à mes livres

En 1915, à 22 ans, Raymond Bonnefous part à la guerre. Avec légèreté, il semble partager le sentiment de nombreux camarades : le conflit ne constitue « qu’un empêchement, un regrettable incident, un caillou qu... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (8)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par luCa, le 20 juin 2011

    luCa
    La boue. La pluie. La terre sale. Visages, mains, habits crasseux. Tranchées, gouffres, tuyaux de glaise interminables, effroyables. C'est dans ce cadre que naissent des choses improbables. Des choses fortes, inattendues. Dans l'enfer de la guerre, plus de paraître, plus de théâtre. On est seul face à nous même, face à l'ennemi, nus comme des vers. Alors, c'est là que tout ressort, l'essence, l'authentique, le fort, l'intense. Tout est décuplé, tout est plus affreux, tout est plus beau. La fraternité, l'entraide, et les mots. Ces mots que l'on écrit dans une aspérité réconfortante, ces mots que l'on écrit le soir au camp, ces mots qui sortent tout droit des entrailles, dans un élan qu'on ne peut stopper. Des mots souvent magnifiques, sincères, touchants. Tous ces souvenirs, ces seules ruines d'un enfer passé, traces d'un passé horrible, difficile. Témoignages, écrits, images. Nathalie Bauer, pour son nouveau roman, a rassemblé tous ces documents de son grand-père. C'est à son tour de transmettre. Transmettre un vécu esquissé par des souvenirs. Troublants ou magiques, ce sont les mots qui content. Des mots à la hauteur du souvenir; un roman touchant.
    Début du voyage, un train. Fin du voyage, un train. Un aller simple pour la Guerre. D'instinct, on sait qu'on en ressortira changé, qu'il en ressortira changé. Raymond Bonnefous, étudiant en médecine qui part sur le front, qui s'embarque dans ce train à la destination floue. Drôle de roman, on connaît la fin de l'histoire, enfin de l'Histoire, mais pas celle de notre personnage. Il part, on sait où il va arriver, ce qui l'attend. On aurait envie de courir le long de ce quai, de crier au chef de gare d'arrêter le train et de le laisser sortir. Tirer les freins d'urgence. Spectacteur impuissant, on va assister à l'aventure de l'étudiant, on va assister à la guerre. Oui, la Grande Guerre telle qu'on la connaît, les conditions de vie insoutenables, les brisures morales et physiques, l'effondrement, les cadavres et blessés qui se succèdent aux Postes de Secours, où travaille d'arrache-pied Raymond Bonnefous. L'arrière-plan est planté et ne présage rien de bon. Et pourtant, c'est dans cette atmosphère apocalyptique que l'homme se dévoile et se découvre, découvre l'autre. Oui, car le soldat n'est pas seul. Non, loin d'être seul, ils sont des milliers dans la même galère. C'est là qu'a lieu une rencontre, des rencontres. D'abord au Poste de Secours, puis sur le front, et à l'arrière. Declerq, Morin, l'abbé Lemoine, d'autres noms qui viennent puis qui repartent et dont on ne peut, cependant, oublier les visages. Non, je ne suis pas seul dans ce combat, nous sommes tous sur le front, égaux, hommes, frères. C'est dans la galère qu'on reconnaît les amis, c'est dans la galère qu'on reconnaît l'humanité. Raymond Bonnefous panse, coud, soigne. Il voit tous ces hommes qui tombent et le vit avec eux. Alors, il y a les lettres, sorte de bouée de sauvetage dans cette mer de sang et de balles, que l'on écrit aux proches, aux familles pour leur annoncer que leur fils est mort sur le front. Seul point de contact avec le Monde de la ville, l'intime, et dont on attend la réponse chaque jour. Puis il y a les permissions. Ce retour à la vie normale, ce retour à la vie étrange, car on sait que rien n'est fini, que ce n'est qu'éphémère. Dur de profiter et de vivre réellement dans ces conditions. Et pourtant, et pourtant, encore un paradoxe de plus, c'est au cours d'une permission qu'il va faire la rencontre de Zouzou. Cette fille qui habite dans la maison du médecin qui le loge. Une amitié forte va naitre. Une amitié peu commune, qui se transforme en un amour indicible. Son visage, ineffaçable. Sa voix, inoubliable. Sa démarche, irremplaçable. Voilà de quoi tenir pour quelques mois de plus, pour survivre dans l'horreur et ne pas sombrer.
    C'est délicat d'écrire un roman sur l'Histoire, la nôtre, celle écrite dans les manuels de collège et de lycée. Faut-il tout réécrire ? Transformer le malaise, renforcer le beau, ou rester objectif. Car l'Histoire est là et la nouvelle histoire peut vite disparaître, engloutie par les rouages monstrueux et violents de la guerre. Mais voilà, il y a des écrivains dont les mots, dont la langue surplombe tout, personnage, histoire, Histoire. Nathalie Bauer fait partie de ces gens-là. Une langue forte, naturelle, essentielle. Chaque mot se matérialise, sans aucun effort. Chaque mot provoque quelque chose. Et toutes ces photos qui parcourent le texte, comme pour nous rappeler que ce n'est pas qu'un roman, mais la réalité aussi. Je pense qu'elle a voulu rendre hommage à son grand-père et derrière lui, à tous ces hommes qui ont combattu, je suis persuadé qu'on n'aurait pas pu le faire d'une plus belle manière. Un très beau récit, qui n'a pu me laisser indifférent. Et c'est ça, ce que j'aime comme littérature : ces mots qui nous heurtent. Voilà un roman que je ferais lire à tous les lycéens qui planchent des années entières sur cette période, voilà un roman que j'aurais adoré lire à cette époque, où les pages glacées et froides des manuels me laissaient de marbre. La littérature permet de comprendre autrement l'Histoire, de les comprendre, et de nous comprendre : nous, les hommes, et notre passé. Merci, Nathalie Bauer; merci.

    Lien : http://bookkingdom.wordpress.com/2011/06/20/des-garcons-davenir/
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par Bruno19, le 24 octobre 2011

    Bruno19
    Reçu dans le cadre de l'opération MASSE CRITIQUE de BABELIO
    à la lecture du quatrième de couverture, je m'attendais à un roman sur des hommes condamnés à survivre à la Grande Guerre et à ses horreurs. Comme j'avais pu lire autrefois "A l'ouest rien de Nouveau" (vu du coté Allemand) . D'autant qu'on annonce qu'il s'agit de personnages réels (tirés des carnets du grand père de l'auteure) dont cette période de vie a été etayée par des recherches historiques et romancée.
    Un excellent à-priori donc.
    Et pourtant ce livre m'a déçu sur plusieurs points.
    La guerre tout d'abord: elle est là mais en arrière plan et très très en arrière. Je cherche encore "l'effarant cortège de blessés et de mutilés" "la souffrance qui afflue vers eux" dans "l'enfer des tranchés". Alors c'est vrai que le personnage principal (le narateur) n'est pas fantassin mais médecin plutôt à l'arrière... mais les quelques éléments propres à cette guerre restent toujours évoqués de quelques mots ou quelques phrases assez neutres (si on ne se renseigne pas sur ce qu'était un "marmitage" ce simple qualificatif semble bien anodin alors que sous ce pilonnement intensif la vie devait être assez difficile). le passage de son régiment à Verdun est à peine évoqué, il nous dit très simplement que les brancardiers ont été bléssés en ramenant les soldats du front...etc.
    Les dialogues ensuite: mélés au récit sans aucune séparation (paragraphe, tiret ou guillemet) si bien qu'on ne sait pas tout de suite qu'on est passé du récit de Bonnefous à un dialogue qu'il rapporte puis inversement que le dialogue est terminé et que l'on repart dans le récit.
    A quoi sert de situer l'histoire sur cette époque précise?: le seul intéret est qu'il permet à Bonnefous (fils de médecin de province) de rencontrer des jeunes hommes de milieu éloigné du sien (Declercq notamment issu de famille riche parisienne) et le doute du lecteur sur leur survie.
    Leur relation à la "Jules et Jim" avec Zouzou est originale et les personnages rencontrés sont parfois eux aussi interessants (la famille de Declercq par exemple, ou leur Medecin chef), mais j'aurais aimé soit plus de fiction (plus de liberté de l'auteure par rapport au réel de la vie qu'elle décrit) soit moins de romanesque et une description plus précise de la vie au front de son grand père.
    Une impression d'entre-deux, ni un roman sur le thème des hommes à la Guerre, ni tout à fait un récit réel...
    J'y ai vu un récit centré sur cette histoire d'amour et d'amitié qui aurait pu être situé avant la guerre ou après


    Lien : http://leslivresdemavie.over-blog.fr/article-bauer-nathalie-des-garc..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par jostein, le 24 septembre 2011

    jostein
    C'est en retrouvant les carnets de route, les photos, lettres et objets de son grand-père que Nathalie Bauer a décidé d'écrire ce roman. Elle construit, ici, une histoire romanesque avec le jeune étudiant en médecine qu'était son grand-père, confronté à l'horreur de la guerre des tranchées.
    Comment peut-on trouver un sens à la vie au milieu de la boue, des cadavres à enterrer, des mutilés? Beaucoup y perdent la raison, l'énergie et la croyance, certains se laissent consoler par l'alcool.
    Mais Bonnefous, le narrateur résiste grâce à cette relation de camaraderie qu'il entretient avec Declercq, un jeune dandy meurtri par le suicide de son père et l'égoïsme de sa famille bourgeoise. Car, Bonnefous est un être simple, gentil qui, sorti de son cocon familial découvre l'importance des relations humaines. C'est cet esprit de camaraderie, le soutien chaleureux de sa famille lors des permissions qui le tiennent debout.
    Tous attendent la fin de cette guerre qui s'éternise et nos deux camarades rêvent d'y retrouver cette jeune fille rousse, Elisabeth avec laquelle ils ont créé une relation puritaine à la Jules et Jim.
    L'auteur a réussi à inclure de nombreux personnages, très différents, enrichissant ainsi la trame émotionnelle.
    Je pense qu'il est parfois difficile de suivre tous les déplacements des divisions et de se repérer dans le temps à cause des nombreux départs et retours en permission. Mais l'important est d'avoir su traduire l'horreur et l'archaïsme de cette guerre (marmitages, la terre qui ne peut plus avaler les corps, la vie boueuse des tranchées) et d'y inclure l'insouciance, l'espoir mais aussi parfois le découragement de ces jeunes gens.
    Le style de l'auteur est fluide, précis, détaillé dans les descriptions de paysage. Nathalie Bauer réussit à raconter une histoire et à analyser les états d'âme de ses personnages tout en respectant les précisions historiques glanées dans ses nombreuses recherches documentaires.
    Voici donc une très belle histoire d'amitié et je suis contente que ce livre soit retenu pour la première sélection du Prix Femina.

    Lien : http://surlaroutedejostein.over-blog.com/article-des-gar-ons-d-aveni..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Madamedub, le 15 janvier 2012

    Madamedub
    C'est dans ses affaires, plus précisément dans ses carnets, que Nathalie Bauer retrouve les mémoires de son grand-père. Des souvenirs de jeunesse, lorsqu'en 1915, à seulement 22 ans, il est envoyé au front en temps que brancardier. Alors étudiant en médecine, sa vie bascule, de la légèreté de l'adolescence, au sérieux et au drame des champs de bataille.
    Mais ce n'est pas tant le témoignage de la guerre, qui marque l'attention et l'émotion de l'auteur, mais plutôt la franche naïveté, l'énergie incroyable de la jeunesse, et la force que peut déployer la vie, pour demeurer créatrice, lorsque tout autour de soi n'est que désolation.
    Armé de son Vest pocket Kodak, Raymond Bonnefous parcours la campagne et les tranchées, prenant clichés sur clichés, fidèlement reproduits dans le livre (et c'est l'un de ses points tant fort qu'émouvant). Nous suivons donc le parcours de ces jeunes hommes, qui à peine sorti des bancs de la faculté de médecine, soignent, recousent, mais aussi et surtout enterrent….
    Se raccrochant à ses passions, sa culture, Raymond explore malgré la guerre et ses terribles exigences et privations, les possibilités de la photographie. Perdu dans des campagnes désertes, il demeure un passionné de chevaux et d'équitation, noue des amitiés solides, et découvre l'amour épistolaire, comme seule la distance le rend possible…
    Ce livre nous narre la force de la vie, de la culture et de la jeunesse, face au désert de la guerre, il oppose la créativité à la mort, et demeure un message de confiance en la civilisation, même lorsque celle ci se déchire.


    Lien : http://madamedub.com/WordPresse3/
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Madamedub, le 15 janvier 2012

    Madamedub
    C'est dans ses affaires, plus précisément dans ses carnets, que Nathalie Bauer retrouve les mémoires de son grand-père. Des souvenirs de jeunesse, lorsqu'en 1915, à seulement 22 ans, il est envoyé au front en temps que brancardier. Alors étudiant en médecine, sa vie bascule, de la légèreté de l'adolescence, au sérieux et au drame des champs de bataille.
    Mais ce n'est pas tant le témoignage de la guerre, qui marque l'attention et l'émotion de l'auteur, mais plutôt la franche naïveté, l'énergie incroyable de la jeunesse, et la force que peut déployer la vie, pour demeurer créatrice, lorsque tout autour de soi n'est que désolation.
    Armé de son Vest pocket Kodak, Raymond Bonnefous parcours la campagne et les tranchées, prenant clichés sur clichés, fidèlement reproduits dans le livre (et c'est l'un de ses points tant fort qu'émouvant). Nous suivons donc le parcours de ces jeunes hommes, qui à peine sorti des bancs de la faculté de médecine, soignent, recousent, mais aussi et surtout enterrent….
    Se raccrochant à ses passions, sa culture, Raymond explore malgré la guerre et ses terribles exigences et privations, les possibilités de la photographie. Perdu dans des campagnes désertes, il demeure un passionné de chevaux et d'équitation, noue des amitiés solides, et découvre l'amour épistolaire, comme seule la distance le rend possible…
    Ce livre nous narre la force de la vie, de la culture et de la jeunesse, face au désert de la guerre, il oppose la créativité à la mort, et demeure un message de confiance en la civilisation, même lorsque celle ci se déchire.


    Lien : http://madamedub.com/WordPresse3/
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

Critiques presse (1)


  • Telerama , le 07 septembre 2011
    Traductrice de son état, Nathalie Bauer sait comment se fondre dans la pensée de celui qui écrit. Avec ce troisième roman, elle se révèle une grande romancière, préservant la pudeur d'un jeune homme qui cherche à le rester, au milieu du monstrueux carnage.
    Lire la critique sur le site : Telerama

> voir toutes (3)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par jostein, le 24 septembre 2011

    Si je devais regretter un jour quelque chose de la guerre, ce seraient cette proximité de vues, la camaraderie, la sensation de découvrir le monde et d'appartenir à un tout. (page 137/138)
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par kundry, le 25 octobre 2011

    ...elle griffait sans même sans rendre compte, sans établir de distinction entre les lâches qui abandonnaient leurs animaux, ceux qui les maltraitaient et les autres. J'avais remarqué la veille, au dîner, que la domestique ne lui présentait pas le plat de viande, et je lui demandai si elle avait pour habitude de ne pas en manger. Bien sûr, jeta-telle, comment pourrait-elle regarder dans les yeux veaux, vaches, moutons, poules et autres cochons, l'estomac plein de leurs semblables ?
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par jostein, le 24 septembre 2011

    son royaume, ce territoire que chacun d'entre nous possède au fond de lui, je le savais désormais, et qui oriente le destin, devenant rêve parmi les rêves, rêve suprême à retrouver, à atteindre dans un monde qui, souvent, n'a pas de place pour lui. (page 220)
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (1)

Video de Nathalie Bauer

>Ajouter une vidéo

Elisabetta Rasy : L'obscure ennemie
Dans les locaux du Collège Franco-britannique de la Cité internationale universitaire de Paris, Olivier BARROT évoque l'ouvrage "L'obscure ennemie" (édition le Seuil) d'Elisabetta RASY, traduit de l'italien par Nathalie BAUER. S'ensuit une lecture par l'auteur d'un extrait de son roman. Des photographies de famille et d'illustration ponctuent ses propos.








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Des garçons d'avenir par :

  • Mail
  • Blog

Autres livres de Nathalie
Bauer(1) > voir plus

> voir plus

Lecteurs (18)

> voir plus

Quiz