ISBN : 2707320218
Éditeur : Editions de Minuit (2008)


Note moyenne : 3.83/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres
Les personnages littéraires ne sont pas, comme on le croit trop souvent, des êtres de papier, mais des créatures vivantes, qui mènent une existence autonome à l'intérieur des textes et vont jusqu'à commettre des meurtres à l'insu de l'auteur. Faute de l'avoir compris, ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par lolo71, le 13 octobre 2010

    lolo71
    Je ne suis pas très féru d'essais sur la littérature, je préfère lire les œuvres et m'en faire ma propre interprétation plutôt que de me référer à des théories. Pourtant j'ai ouvert un jour un livre de Pierre Bayard, attiré par son titre provocateur : « Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ? ». Intrigué et charmé, j'ai lu récemment son dernier essai, titillé cette fois-ci par son titre paradoxal : « Le plagiat par anticipation ». Décidé dorénavant à engloutir l'œuvre de ce professeur de littérature à l'université et psychanalyste, j'ai décidé de m'attaquer à cette « Affaire du chien des Baskerville », non sans avoir préalablement relu l'une plus célèbres aventures de Sherlock holmes, dont il ne me restait pratiquement aucun souvenir.
    Alors que dans les ouvrages que j'ai cités il se référait à de nombreuses œuvres pour exposer ses théories, dans celui-ci Bayard s'attache principalement au fameux « Chien des Baskerville » de Conan Doyle, dont il se propose de faire la « critique policière » : « De nombreux meurtres racontés par la littérature n'ont pas été commis par ceux que l'on a accusés. En littérature comme dans la vie, les véritables criminels échappent souvent aux enquêteurs et laissent accuser et condamner des personnages de second ordre. Eprise de justice, la critique policière se donne donc comme projet de rétablir la vérité et, à défaut d'arrêter les coupables, de laver la mémoire des innocents. » Ainsi, Sherlock holmes se serait trompé ? Ce ne serait pas la première fois, comme nous le rappelle Pierre Bayard qui reprend l'enquête, décortique la méthode Holmes, relève les incohérences, repère les maladresses, réinterprète les indices, comble les lacunes pour, au final, disculper le coupable désigné et révéler le véritable meurtrier. le plus beau est que sa démonstration est absolument convaincante.
    La démarche peut sembler sacrilège (comment Sherlock holmes a-t-il pu commettre tant d'erreurs ?), voire surréaliste (comment Conan Doyle lui-même a-t-il pu se tromper ?), mais comme dans les deux ouvrages susnommés, la provocation ou le paradoxe sont pour Bayard le point de départ de réflexions originales sur la littérature, en particulier sur les relations qu'entretiennent les lecteurs avec les œuvres, les lecteurs avec les personnages, et le créateur avec sa création. Bayard nous rappelle qu'une œuvre littéraire n'est pas un objet fermé, complet, que chaque lecteur y apporte sa propre vision, remodelant le récit avec sa propre imagination. J'ai particulièrement aimé l'idée de l'autonomie du personnage de fiction, de sa vie propre, en-dehors de l'œuvre qu'il « habite » (les fans de Jasper Fforde saisiront), pour le lecteur aussi bien que l'auteur. Ainsi de Sherlock holmes (les preuves de son existence autonome existent : le tollé que provoqua sa disparition et surtout sa maison, à Londres, que chacun peut visiter) et Conan Doyle qui entretinrent des rapports conflictuels, peut-être pas étrangères d'ailleurs à la légèreté du grand détective dans cette affaire du chien des Baskerville.
    Bien d'autres idées émaillent l'essai de Pierre Bayard, toutes plus stimulantes les unes que les autres. Sa manière légère et iconoclaste d'aborder les concepts littéraires est réellement plaisante, sans pédanterie. Deux autres œuvres ont été passées à la moulinette de la « critique policière » de Pierre Bayard : « le meurtre de Roger Ackroyd » et « Hamlet » (!). En attendant, partez à la (re)découverte du « Chien des Baskerville » (un conseil : (re)lisez le livre de Conan Doyle avant). Ludique et passionnant.


    Lien : http://plaisirsacultiver.unblog.fr/2010/10/13/laffaire-du-chien-des-..
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    • Livres 3.00/5
    Par Eric75019, le 29 janvier 2011

    Eric75019
    Pierre Bayard revisite la plus célèbre des aventures de Sherlock holmes, en proposant une interprétation totalement différente des éléments de l'enquête. Sa démonstration est construite en quatre volets : 1) un rappel des faits ; 2) une mise en évidence des incohérences de l'enquête officielle ; 3) un essai théorique tentant de prouver l'existence d'un espace intermédiaire situé entre la fiction et le monde réel, lieu de passage où les personnages de fiction peuvent interagir avec les vrais gens et réciproquement, dans cet endroit étrange se déroule un combat mortel entre Sherlock holmes et Conan Doyle lui-même (si j'ai bien tout compris) ; 4) une nouvelle interprétation du roman et de l'enquête, débouchant sur un autre coupable. Dommage, les digressions psychanalytiques sur la reconstruction des univers fictionnels dans l'imaginaire de chaque lecteur et sur les motivations supposées de Conan Doyle à l'égard de son personnage de roman le plus célèbre encombrent un peu la beauté du raisonnement purement policier, et si l'exercice de style tient sa promesse en fin de parcours, nous devons pour y arriver subir une interminable démonstration sans réel rapport avec L'affaire du chien des Baskerville.
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    • Livres 3.00/5
    Par Onclepaul, le 14 février 2011

    Onclepaul
    Souvent les auteurs déclarent que les personnages qu'ils ont créés leur échappent et que la plupart du temps ce qu'ils avaient imaginé évoluait au fil de la rédaction, prenant un chemin qu'ils ne leur avaient pas envisagé. Peut-on dire que le personnage devient indépendant, se détache de son créateur, et n'en fait qu'à sa tête ? Ce qui engendre des petites anomalies dans la rédaction d'un ouvrage pourtant soigneusement pensé. Et le narrateur, qui prend ses aises, émancipé de la tutelle de l'auteur, se prend les pieds dans une intrigue dont pourtant il est le héros, même par procuration, laissant à son géniteur littéraire de réparer les bourdes. Mais celui-ci ne s'en aperçoit pas tout le temps.
    Prenons le cas du docteur Watson et de son célèbre compagnon. Il existe des erreurs dans le descriptif de leurs aventures, qui pourraient parfois prêter à conséquence. Enfin quand j'écris « prenons », c'est plutôt Pierre Bayard qui s'y colle. En effet il décortique la trame du célèbre roman de Conan Doyle, Le chien des baskerville, et a relevé tout au long de sa lecture des invraisemblances, et surtout une méprise grossière concernant l'identité du meurtrier. Et il relève quelques situations, scènes, quelques anomalies en un mot qui ont sûrement échappé à bon nombre de lecteurs. Pourquoi, sinon, Le chien des baskerville serait-il le roman le plus connu de Conan Doyle ?
    D'abord Conan Doyle, fatigué de son héros, le précipite dans les chutes de Reichenbach. Sous l'amicale mais exigeante pression populaire conjointe à des problèmes financiers, il est obligé de le « ressusciter ». Ce qui provoque peut-être une aversion accrue envers ce héros encombrant. Et par la plume de Watson, le brave mais aveugle docteur Watson, il va le mettre en face de problèmes qui sont résolus de manière insatisfaisante. Mais toutefois ses « fausses » solutions sont narrées avec tant d'habileté, tant de machiavélisme, tant de diablerie, que personne ne se rend compte des trucages. Pourtant des indices auraient dû alerter le lecteur. Et c'est là que l'esprit de déduction de Pierre Bayard supplée celui du détective, et démontre les incohérences qui gisent dans la narration, visibles et pourtant cachées. Et d'expliquer une première clé à laquelle peu de personnes se sont intéressées

    Lien : http://mysterejazz.over-blog.com/
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    • Livres 4.00/5
    Par belette2911, le 10 avril 2012

    belette2911
    Bayard repère dans le livre de Conan Doyle des indices que son propre héros n'aurait pas vu (l'auteur nous apprend que le livre fut écrit en 1902, sous la pression et que SACD voulait n'utiliser que le personnage de Watson). Ensuite, tout naturellement, il nous oriente vers un autre coupable.
    Pierre Bayard chicane sur les détails, ruse, se faufile dans les interstices du texte - la littérature est « un univers troué » -, met à nu la mécanique romanesque de Conan Doyle, lutte au flair avec Sherlock Holmes, met peu à peu en doute la fiabilité du narrateur et sur la culpabilité du chien (pourquoi a-t-il poursuivit Baskerville sur le côté et non derrière? Pourquoi n'a-t-il pas touché au cadavre?).
    Sa démonstration ne requiert pas la lecture préalable du roman, mais aussi haletante et implacable.
    Au final, à vous de voir si vous suivez l'auteur dans son délire, dans son interprétation du plus célèbre roman de Conan Doyle, celui qu'il a écrit pour l'argent, celui dans lequel il ne voulait pas faire apparaître son détective, qu'il haïssait de tout son coeur...
    Moi, je n'adhère pas à la théorie de l'auteur, mais elle avait le mérite d'être soulignée et publiée.
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    • Livres 4.00/5
    Par IreneAdler, le 19 janvier 2012

    IreneAdler
    Après la lecture de cet essai, je me suis sentie plus qu'idiote. Comment en effet passer à côté de tout cela. L'avoir lu en VO n'excuse rien.
    Cependant, la lecture en est réjouissante et stimulante, elle oblige à revoir sa manière de lire.
    Bien que Pierre Bayard égratigne le mythe "Sherlock", il donne plus de profondeur et de richesse à l'oeuvre. Comment en effet un meurtre a-t-il pu se produire à l'insu de Conan Doyle. Etait-il à ce point en colère contre son personnage qu'il s'est laissé abuser par un autre des personnages ?
    Une analyse, qui malgré la complexité des notions se lit sans difficulté majeure.
    Un bel ouvrage sur la littérature et ses multiples implications dans la réalité. du moins dans notre réalité.
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Citations et extraits

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  • Par soukee, le 17 avril 2010

    Et dès lors que Le Chien des Baskerville, s'ouvre sur une erreur d'interprétation de Holmes, il est inévitable de se demander si celle-ci ne préfigure pas une erreur plus globale, portant sur l'ensemble du roman, et si, se glissant dans la marge étroite entre loi scientifique et généralité statistique, un assassin n'en aurait pas profité pour échapper à la police et pour couler depuis, en toute impunité, des jours paisibles.
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  • Par brigetoun, le 29 novembre 2009

    Dans la chambre où elle est enfermée depuis plusieurs heures, la jeune fille entend les cris et les rires qui montent de la grande salle. A mesure que la soirée avance et que les esprits s’échauffent sous l’influence de l’alcool, l’angoisse grandit en elle à la pensée du sort que lui réservent les hommes qu’elle entend festoyer, et, au premier rang, le pire de tous, le chef de la bande, Hugo Baskerville, propriétaire dévoyé du manoir qui porte son nom
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  • Par soukee, le 17 avril 2010

    Loin d'être un système fermé, la méthode Holmes laisse ainsi subsister, tant au niveau ponctuel des indices qu'à celui de la construction d'ensemble, des solutions alternatives. Et c'est paradoxalement sa richesse qui la conduit à l'incertitude.
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  • Par soukee, le 17 avril 2010

    Et si l'on suit cette hypothèse, il existe donc, autour du monde littéraire ouvert par l'œuvre, une multitude d'autres mondes possibles que nous pouvons compléter par nos images et nos mots.
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  • Par Onclepaul, le 14 février 2011

    Or les récits des aventures de Sherlock Holmes, et plus particulièrement Le Chien des Baskerville, présentent sur ce point une particularité étonnante, à savoir que les faits ne nous sont pas communiqués par l’auteur lui-même ou par un narrateur omniscient, auquel un certain crédit pourrait être accordé, mais par un compagnon du détective, le docteur Watson
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