> Valérie Gay-Aksoy (Traducteur)

ISBN : 275290391X
Éditeur : Phébus (2010)


Note moyenne : 4.2/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres
Omer, célèbre romancier en panne d'écriture, se lance sur les routes anatoliennes à la recherche de sa vérité et de celle du peuple kurde. Il s'éloigne ainsi de son épouse Elif, la scientifique de renom, elle aussi en plein questionnement : pourquoi leur fils a-t-il déc... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 4.00/5
    Par jmfhcb, le 29 juin 2010

    jmfhcb
    C'est le premier livre de littérature turque que je lis de toute ma vie et ce grâce à Babelio et son opération Masse critique. J'avais choisi ce livre dans la liste pour une simple raison : je voulais découvrir un peu la culture de ce pays. À force d'entendre les partisans et les opposants de l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne embellir ou diaboliser, je ne savais plus trop que penser. Dans ma tête, la littérature sert à s'ouvrir à d'autres mondes et c'est exactement ce qui s'est passé ici. J'ai la chance d'être tombée sur le premier livre traduit en français de Oya Baydar. Cette femme est lucide sur son pays : elle montre les qualités et richesses mais aussi les défauts sans rien cacher.
    On suit une famille : Ömer l'écrivain reconnu, Elif la scientifique de renommée internationale et Deniz le fils. Chacun vit séparément même si Elif et Ömer habitent la même maison. En effet, ces deux là se sont perdus au fil des années. Ce qui les a rapproché c'est leur militantisme mais avec la renommée ce point commun est devenu moins fort. Ömer écrivait avant des livres engagés sur les pauvres, les laissés-pour-compte … mais au fur et à mesure, il a suivi les goûts du public et a commencé à écrire des bleuettes sans aucun intérêt. Il est devenu alcoolique (plus ou moins) et n'arrive plus à écrire. Il s'est mis dans la tête de retrouver sa voix ou une voix en voyageant. Il se retrouve à la gare routière d'Ankara lors d'un attentat. Il fait alors la connaissance de Zelal et Mahmut, deux Kurdes en fuites. La première fuit une sentance de mort déclarée par sa famille car elle s'est retrouvée enceinte à la suite d'un viol (in extremis son père l'a aidé à s'enfuit). le garçon fuit lui les montagnes où il s'est retrouvé à la suite de plein de malheurs. Il faisait des études de médecine pour lesquelles sa famille entière s'est sacrifiée et s'est fait virer pour avoir été fière de son origine kurde. Zelal vient de se faire tirer une balle dans le ventre, son bébé est mort. Ömer va aider les amoureux. En échange ceux-ci lui conseille de partir dans les montagnes kurdes pour retrouver une voix. C'est ce qu'il fait. Tout au long du livre, on va suivre le périple d'Ömer mais aussi la vie (et surtout le passé qui va les rattraper) de Zelal et Mahmut.
    Au même moment, alors qu'Ömer part à l'Est, Elif part à l'Ouest en Scandinavie pour deux congrès scientifiques. C'est une femme froide qui est motivée uniquement par son ambition de devenir de plus en plus connu pour ses travaux. C'est le personnage qu'on a le plus de mal à comprendre à mon avis car elle ne montre aucune faille, aucune faiblesse (la seule que j'ai repéré c'est qu'elle se sent diminuée par rapport aux scientifiques des autres pays comme si elle avait toujours quelque chose à prouver). De passage en Scandinavie, elle en profite pour aller voir son fils qu'elle considère comme un fuyard de la vie. En effet, quand il était jeune, il a très mal vécu la renommée de ses parents et eux ne supportaient pas son côté nonchalants : ils le voulaient combattifs et militants. Après s'être fait renvoyé de l'école, ils l'ont plus ou moins obligés à être photographe de guerre en Irak alors qu'il n'en avait pas envie. Il en est revenu traumatisé et a préféré fuir dans une île norvégienne, que tous les trois ont visité il y a longtemps. Là il a trouvé le bonheur avec Ulla dans un monde protégé où il ne voit pas la misère du monde. Manque de chance, la première fois qu'il emmène Ulla, avec qui il a eu un petit Björn, en Turquie, celle-ci est tuée lors d'un attentat suicide. Elle n'était jamais sorti de son île. La violence du monde a rattrapé Deniz qui s'est re-réfugié dans son île dans laquelle il essaye de retrouve de retrouver un peu de sérénité. Sa mère ne comprend pas son désir d'avoir une vie pépère et va essayer de le faire changer d'avis lors de ce voyage.
    Ce résumé en dit très peu malgré les apparences sur ce livre qui est très très riche. J'ai mis un certain temps à l'apprivoiser à cause d'une écriture différente et nouvelle pour moi . Cependant, une fois fini, il en ressort que c'est un livre qui m'a fait réfléchir parce que l'auteur ne considère pas le lecteur comme quelqu'un de bête. Elle ouvre des pistes sur la question kurde, sur ce que l'on peut attendre du militantisme, de la présence de la violence du monde, qui ne touche pas seulement le Moyen-Orient, de la relation à l'étranger, et même sur un plan personnel de la vie de famille, du bilan d'une vie … mais jamais elle ne conclu pour le lecteur. Je crois que c'est ce qui m'a particulièrement plu dans ce livre ; c'est cette vision intelligente du monde et de la vie.
    Pour tout dire, ce livre a quand même un défaut qui m'a dérouté et parfois agacé. D'une phrase à l'autre, on peut passer du je au il/elle pour parler du même personnage.
    En conclusion, si vous le lisez, ne vous découragez pas. Vous en retirerez forcément quelque chose !

    Lien : http://cecile.ch-baudry.com/2010/06/29/parole-perdue-de-oya-baydar/
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    • Livres 5.00/5
    Par Pouic, le 17 juillet 2010

    Pouic
    Waw. Il y avait une éternité que je n'avais pas lu un livre aussi... puissant. C'est certain : Parole perdue est une lecture dont on ne ressort pas indemne. Les thèmes qui y sont abordés sont nombreux, graves et universels - c'est sans doute pourquoi j'ai entrecoupé ma lecture d'autres romans plus légers, histoire de reprendre mon souffle.
    A travers ses nombreux personnages, Oya Baydar dresse le portrait d'une Turquie déchirée par un véritable clivage est/ouest, axé autour de la minorité kurde opprimée par l'Etat. L'auteur relève le double défi d'expliquer la situation d'un point de vue politique et global, mais aussi de nous la faire vivre de l'intérieur : elle nous emmène dans les montagnes où vivent et meurent les Kurdes, dans les villages où l'armée a instauré un couvre-feu, dans les maisons du deuil qui ne désemplissent jamais, à la table d'un père qui a perdu son fils. Comme toujours au fil de ces 450 pages, elle mêle l'intime et le public.
    Oya Baydar excelle dans l'art de s'insinuer au plus profond des sentiments et des pensées de ses personnages, qui sont éminemment humains, vrais. En se glissant dans leur peau, au détour d'une phrase, elle leur donne un passé, une histoire, des blessures, des forces et des faiblesses : ils existent, peut-être au-delà de ces feuilles de papier. Il est difficile pour moi de vous les décrire en quelques mots car je risquerais de ne pas rendre hommage à leur complexité. Je vais essayer...

    Ömer Eren est l'écrivain qui a perdu la parole, qui n'arrive plus à écrire depuis qu'il est l'auteur de best-sellers sans fond. Il a aussi perdu son fils Deniz, qui vit retiré du monde, fatigué d'en affronter la violence, sans même l'avoir combattue. Ömer fait la rencontre de Zelal et Mahmut, un couple de Kurdes qui fuient la montagne en feu et sont victimes d'une balle perdue (beaucoup de choses sont perdues, dans ce roman). Puis de Jiyan, une sorte de déesse de l'Ouest, en révolte permanente. Elif Eren est la femme de l'écrivain, une scientifique de renom qui tue des souris de laboratoire au nom de l'ambition. Les villes aussi ont une voix, qui parfois est un cri. Ces quelques mots sont dérisoires en comparaison avec la richesse des créatures d'Oya Baydar - cette description est tellement restrictive que j'ai envie de vous demander de l'oublier.
    En plus du thème dramatique du terrorisme et de l'oppression, Oya Baydar veut nous parler des difficiles relations parents-enfants : les célèbres Ömer et Elif Eren auraient voulu que leur Deniz soit à leur hauteur, devienne un Prix Nobel, un médecin sans frontières, un reporter de guerre, qu'il mène des combats dans notre monde à feu et à sang. Pour eux, il n'est que déception car il a choisi de mener une vie simple, de chercher le bonheur dans le refuge d'une île norvégienne. Voila pourquoi il est un fils perdu. Mais le frère de Zelal, habité par le diable depuis qu'il a rejoint les rangs de la guerilla, n'est-il pas lui aussi un fils perdu ? le frère de Mahmut, tué dans la montagne, n'est-il pas un fils perdu ?
    Ömer Eren, poursuivant sa quête de la parole dans l'est de la Turquie, est un étranger dans son propre pays, comme il l'était en voyageant en Suède ou en Chine. Voila un autre fil rouge de ce roman : la peur de l'étranger, le sentiment de rejet, mais aussi le pendant de ces sentiments avec la confiance qui peut naître entre deux inconnus quand on arrive à toucher le coeur de l'autre.
    Oya Baydar est envoûtante dans sa manière originale de quitter son rôle de narrateur extérieur pour tout à coup se glisser dans la peau d'un personnage ou l'autre - si cela peut être déstabilisant les premiers instants, ça devient rapidement un atout. Je voudrais encore souligner que chaque dialogue est d'une profondeur incroyable : il n'y a pas un mot inutile, chaque parole est mesurée et atteint une cible.
    Il me faut bien vous quitter, alors que ce livre époustouflant pourrait faire parler de lui des heures et des heures. Il soulève tant de questions, tant de débats, il met en lumière une situation - qui d'ailleurs dépasse les frontièrs de la Turquie, loin d'être le seul pays où règne l'oppression - qui devrait nous préoccuper. Il montre ce que c'est que de vivre dans un pays où chaque jour est un combat : peut-on seulement l'imaginer ?
    Cette découverte inoubliable, je la dois aux éditions Phébus et à Babelio dans le cadre de son opération Masse Critique : merci à eux !


    Lien : http://livraison.over-blog.com/article-lost-54042759.html
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    • Livres 4.00/5
    Par resmiranda, le 05 juillet 2010

    resmiranda
    J'ai reçu et lu ce roman d'Oya Baydar dans le cadre de ma deuxième participation à l'opération « Masse Critique » de Babelio.
    Je ne regrette absolument pas mon choix. C'est un livre tellement riche, où l'on passe de la beauté à la simple horreur, de l'émotion à la réflexion.
    Bien que j'aie eu un peu de mal au début à appréhender l'écriture d'Oya Baydar qui passe successivement de la première personne à la troisième, une fois suis habituée ça a été un vrai régal de lire ce roman. Oya Baydar a un style pur, rythmé et fluide.
    Je connais assez mal la Turquie et ce roman m'a permise de découvrir un pays riche. Mais il ne faut pas s'y tromper, Oya Baydar a décrit son pays sans complaisance, sa richesse mais aussi les choses terribles qui s'y passent. J'ai tendance à penser qu'elle nous a décrit la vraie Turquie.
    Un livre sur la famille, sur l'identité, le militantisme et l'engagement mais aussi sur l'écriture. Un récit à plusieurs voix à la fois politique et intimiste.
    C'est un roman fort que je vous conseille sans hésitation.
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    • Livres 3.00/5
    Par torevan, le 12 octobre 2011

    torevan
    Éprouvant que ce roman. A la fois dense et lourd, il m'a fallu plusieurs semaines pour le lire. L'ouvrage ne manque pas d'intérêt, loin de là, mais les thèmes abordés par l'auteurs alourdissent la lecture. Dans Parole perdue, l'auteure évoque tout les problèmes connus en Turquie: la violence, la Question kurde, les crimes d'honneurs, les tensions entre Occident/Orient; Kurdes/Turcs; riches/pauvres; parents/enfants. Elle interroge le sens de la vie, de la guerre; raconte la tristesse, la douleur et la souffrance; dénonce la violence et l'oppression. Oya Baydar, en interrogeant la Turquie, vise l'universel.
    La lecture se fait lourde car les thèmes abordés le sont. le rythme est lent. le temps est au gris. le livre pèse. Il y a quelque chose d'oppressant dans ce roman. Cette tension se dissipe légèrement lors de ces quelques passages chaleureux qui appellent à l'Amour, l'empathie et l'humanité. Mais l'environnement est hostile, il n'est pas propice à l'accueil. Les personnages, bien que sympathiques, me semblent loin et distants. Difficile de s'attacher. Je suis et reste étrangère à leur monde, malgré mon identité kurde et ma connaissance de l'épineuse Question kurde qui ne suffisent effectivement pas à emporter mon adhésion.
    Dans sa description du Kurdistan (pour ne pas dire le Sud-Est de la Turquie), ce roman m'a rappelé Neige d'Orhan Pamuk. Sinistre, obscure, le territoire peuplé majoritairement par les Kurdes inquiète et attire. Quel(s) secret(s) abrite-t-il? Un léger voile semble s'être posé sur cette terre où la population ne semble voir la lumière qu'en de très rares occasions. Sur ce territoire aux mille drames, sombre et lugubre, la lumière, lorsqu'elle apparaît, n'en est que plus éclatante et émouvante. Elle réchauffe les coeurs endoloris et meurtris. Elle aide les âmes à survivre.
    Dans ce roman riche et dense, les dialogues, par contraste, se sont révélés un peu pauvre en terme de qualité. En voulant dire beaucoup en peu de temps, l'auteure a quelque peu chargé les discours qui manquaient parfois de crédibilité.

    Lien : http://pelgedar.blogspot.com/2011/10/parole-perdue-oya-baydar_12.html
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    • Livres 5.00/5
    Par mayang, le 22 septembre 2011

    mayang
    Dès le début il faut prêter une grande attention aux personnages: un couple d'intellectuels turcs qui s'éloignent l'un de l'autre un vers l'Est l'autre vers l'Ouest, leur fils parti en Norvège pour les fuir, un jeune couple kurde en rupture de famille. Chacun de ces protagonistes se cherche et cherche une vérité, mais laquelle? L'écrivain, qui a connu elle-même l'exil pour avoir défendu le peuple Kurde durant les années 80, nous emmène dans un voyage initiatique et poétique à la fois. C'est merveilleusement bien écrit et si, comme moi, vous vous laissez bercer par cette musique littéraire vous aurez du mal à le lâcher avant la fin. Un très beau livre!
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Citations et extraits

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  • Par torevan, le 04 octobre 2011

    En fin de compte, les gens trouvent toujours de bonnes excuses pour justifier leurs actes ou leur apathie. Le poids écrasant de figures paternelle et maternelle est vraiment le meilleur prétexte que nos doctes psychologues aient jamais inventé.

    - Vous n'avez peut-être rien fait, mais lorsque j'étais avec vous, j'ai toujours vécu avec le sentiment qu'on attendait quelque chose de moi, et que j'étais incapable de répondre à ces attentes. Ici, personne ne me demande rien. Je n'ai pas à me battre contre moi-même ni à rougir de n'être que ce que je suis. Je ne me traite pas en réprouvé. (...) Rien dans la nature ne renie son essence pour trouver le bonheur, il n'y a rien qui ne soit en parfait accord avec soi-même. Il règne une profonde harmonie, une harmonie que l'homme corrompt et détruit avec son insatiable ambition. La contrainte qu'il exerce mène à la guerre, au sang et à la barbarie. Je désire seulement être une onde d'harmonie, non un rouage de la violence et de la barbarie.
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  • Par resmiranda, le 05 juillet 2010

    Je cherchais une parole, j’entendis une voix…
    J’étais en quête de la parole. Cette parole que j’avais employée à tour de bras, dépensée sans compter, soufflée dans des bulles de savon, dilapidée ; cette première phrase qui marquerait le début de l’histoire et la ferait s’acheminer jusqu’à son terme. La phrase impossible à mettre par écrit, qui se dissout dans la légèreté vaporeuse de la pensée au moment précis où je crois la saisir…La parole perdue…
    Mais j’entendis cette voix, j’oubliais la parole et suivis le cri.

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  • Par torevan, le 06 septembre 2011

    " Il a envie d'étreindre son fils qui avance en sautillant devant lui; de se purifier à son contact, de se baigner dans son innocence, de s'y réfugier. Mais il n'ose pas. Par crainte de lui inoculer cet indéfinissable et abject sentiment. Björn n'a pas à éprouver cela, jamais il ne l'éprouvera. Il connaîtra un bonheur authentique, celui d'être lui-même; sachant que c'est le seul et unique sens de la vie, il coulera des jours sereins au coeur de la nature et saura toujours se respecter. Je le préserverai de la violence. Jamais je ne le laisserai devenir bourreau ni victime. Jamais je n'autoriserai quiconque à lui imposer ses propres valeurs ni l'obligation d'aller décrocher la lune. Peut-être sera-t-il simple pêcheur, peut-être tenancier d'une petite pension n'ayant de clients que pendant la saison des nuits blanches. Je ne permettrai à personne de flétrir son âme ou de le contraindre de quoi que se soit."
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  • Par torevan, le 01 octobre 2011

    Par chez nous, au Kurdistan, quand la poisse s'abat sur votre tête, quand votre cerveau se met à lancer des éclairs et que la rage vous fait voir rouge, le seul endroit où partir se réfugier, ce sont les montagnes qui vous environnent et vous enserrent le coeur. C'est vers les montagnes que se tournent vos regards et vos pas pour enfin apercevoir un horizon dégagé; c'est vers elles que vous tendez l'oreille, c'est leur voix que vous écoutez pour chanter dans votre propre langue. Au commencement, les montagnes n'étaient que des montagnes; elles n'étaient pas synonymes de guerre, de trahison, de guérilla ou de séparatisme kurde. Dans nos contrées où toutes les issues sont bouchées, où toutes les portes sont fermées, où tous les cris sont étouffés, où votre voix s'étrangle à force de hurler, où vous criez dans le désert quand bien même elle s'épancherait... les montagnes sont espoir, liberté, une tribune élevée d'où vous pouvez donner de la voix et lancer votre cri.
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  • Par torevan, le 12 septembre 2011

    Si trop d'ambition est néfaste, son absence vous rend passif, paresseux et vous ôte toute velléité de réussir", disait Elif. Je n'ai jamais eu d'ambition ni de passion, je n'ai jamais cherché à être meilleur que les autres. Peut-être parce que je savais que j'étais incapable de l'être, peut être parce que je n'avais ni l'envie ni l'énergie de me forcer. Je désirais non pas être le meilleur mais le plus aimé. Je voulais être entouré d'amis, sincères, fidèles et dévoués, je voulais que les filles m'accordent de l'attention. Je voulais mener une vie peinarde, riche de bonheur et d'affection.
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