Note moyenne : 3.67/5 (sur 12 notes)
La trilogie Chromozone, Tome 1 : Chromozone2Ajouter à mes livres
Chromozone est un virus électronique militaire qui a dévasté le monde il y a quinze ans. Les hommes se sont depuis repliés en microcommunautés ethnico-politico-fumeuses, au sein de con forteresses inviolables. Mais les grands consortiums comme Karmax refont surface, pou... > voir plus
Le monde n'est plus. Ses chefs, ses organistaions, ses systèmes financiers, militaires, logistiques et d'infrastructures, tout cela a explosé avec le Chromozone, ce virus tentaculaire qui a réduit à zéro la moindre parcelle electronique du monde connu. Plus rien n'est plus, et tout est donc comme avant, mais avec ce soupçon d'ultra-communautarisme qui fait se replier les gens sur leurs semblables. Ce monde est ultra-violent, ségmenté par les communautés, les rapports de force changeant au gré des alliances avec de nouvelles multinationales : GaIa, Zentech... Une technologie du sensible est née des cendres de l'electronique en remplaçant un mal par un autre. Qui détient telle technologie est plus fort que l'autre et lui fait mordre la poussière inéluctablement.
Voilà Stéphane Beauverger qui imagine ce monde impossible à la lueur de trois pesonnages clef : Teitomo, Justune et Gemini. Trois éclairage dans un ciel obsurément plombé par la violence des rapports sociaux. le roman est dense, alletant, livrant une barbarie démeusurée à ces personnages tout aussi implacables. Ce futur est à honnir !
Nous suivrons divers protagonistes, au rôle obscur au départ, dans le sens où l'on se demande bien comment tous ces fils éloignés vont se rejoindre par la suite, comment la fusion s'opèrera. De Marseille à Berlin, en passant par la Bretagne, tous auront néanmoins un rôle déterminant à jouer, du plus infime au plus important. Cette lente synergie, qui trouvera son aboutissement à la fin de ce tome, peut donner l'illusion d'un rythme lent, posé. C'est en effet le cas, mais ce n'est pas pour autant que l'intrigue n'est pas étoffée, car l'ouvrage regorge d'une masse de détails qui n'en sont pas tellement. Et dans ce luxe de fausses contingences, se niche un fil directeur à moitié dissimulé au lecteur : si l'on croit sincèrement aux réactions des personnages, on a en revanche plus de mal à envisager la volonté sous-jacente de l'auteur, dans le sens où il n'y pas de fil directeur bien défini. C'est donc dans ce demi-flou, qui contribue fortement au maintien de la tension, que s'effectue une bonne partie de la lecture. Et finalement le puzzle éparpillé se reconstruit logiquement, naturellement, au point que les dernières scènes relèvent de l'évidence même. Y'a pas à dire, Beauverger maîtrise son sujet de bout en bout, et l'on sent clairement le métier de scénariste dans tout ça.